La France noire appelle à la commémoration de l’abolition de l’esclavage le 10 mai 2017 à Joigny

Prospectus 2017 0003La France noire a le plaisir de vous appeler à assister à la deuxième cérémonie de commémoration de l’abolition de l’esclavage qui aura lieu le 10 mai 2017 sous le patronage de Monsieur Bernard Moraine, maire de Joigny. La manifestation sera animée par la chorale Croq’notes de Brion.

L’exposition sur la traite et l’esclavage des Noirs dans les Amériques sera présentée au public ce jour-là et sera visible dans le hall de la mairie jusqu’au 16 mai. Elle sera ensuite à la disposition des lycées et collèges. Les enseignants et les responsables des centres de documentation et d’information (CDI) intéressés peuvent dès maintenant prendre contact avec La France noire.

Notre exposition, à caractère pédagogique, a la particularité de mettre l’accent sur les résistances africaines à la traite ainsi que les procédés par lesquels les esclaves obtenaient leur liberté avant les abolitions officielles.

Le président

Raphaël ADJOBI

Les Français noirs dans l’océan Indien

                         Les Français noirs dans l’océan Indien

(Une conférence de Luis-Nourredine PITA pour La France noire)

Le mardi 21 février 2017 à 18h30, une conférence ayant pour thème « Les Français noirs dans l’océan Indien »  a rassemblé un peu plus d’une quarantaine de personnes à la Halle aux grains de Joigny. Le conférencier, Luis-Nourredine Pita,  était arrivé de Murcie, en Espagne, pour la circonstance.

Jovinien de naissance, Luis-Nourredine PITA – vice-président de La France noire – a fait une très grande partie de sa carrière d’enseignant à La Réunion. Conseiller pédagogique pour l’éducation nationale, il a sillonné les archipels de l’océan Indien – les Seychelles, les Comores et les Mascareignes (La Réunion, Maurice et Rodrigues) – ainsi que l’Afrique du Sud, le Mozambique et la Tanzanie.

Le conférencier a d’abord replacé l’histoire de ces archipels dans les luttes de possession et d’influence des puissances européennes ; principalement anglaises et françaises. Il a ensuite insisté sur l’évolution du statut des populations de cette région qui sont certainement les plus métissées au monde parce qu’elles sont l’émanation de trois influences : africaine, indienne et chinoise.

En effet, si ces populations n’ont pas connu la traite négrière vers les Amériques, elles ont connu le statut d’esclave* et, après les abolitions, celui de l’indigène appliqué à toutes les colonies françaises. Le code de l’indigénat faisait des « nouveaux citoyens » français une catégorie à part vouée au rôle de sujet. L’indigène ou le sujet français devait par son travail mériter l’accès au titre de citoyen exclusivement réservé à la population de la métropole.

Le conférencier a ensuite abordé la question de l’indépendance des Comores en juillet 1975 après le référendum de 1974. Détaché de Madagascar depuis 1946 avec le statut de Territoire d’outre-mer (Tom), la France va profiter du référendum de 1974 pour amputer cet archipel d’une de ses quatre îles : Mayotte. Si la consultation a montré que l’ensemble de l’archipel des Comores a voté à plus de 96% pour l’indépendance, les voix de Mayotte comptabilisées séparément étaient favorables pour le maintien dans le giron de la France. On pense que c’est la marine Française qui a poussé l’Elysée à annexer purement et simplement Mayotte en se fondant sur son vote favorable à la France. Situation stratégique dans la région oblige ! Depuis, un conflit politique oppose le gouvernement comorien et les autorités françaises. L’Assemblée générale des Nations-Unis – par plus de vingt résolutions – ainsi que l’Union Africaine condamnent cette partition des Comores faite par la France.

Il apparaît aujourd’hui que l’île de Mayotte se trouve sur une voie d’acculturation accélérée, une marche forcée vers les lois de la République française. L’autorité des juges musulmans qui géraient les conflits sociaux n’est plus reconnue. Non seulement les liens de parenté avec les populations des îles sœurs de Comores et particulièrement avec celles d’Anjouan sont niés par la France, mais les populations sont contraintes d’aligner leur nom et prénom (souvent à rallonge) sur le modèle français. Les traditionnelles relations commerciales avec l’Afrique, Madagascar, et les autres îles des Comores subissent désormais des taxes afin d’obliger Mayotte à ne commercer qu’avec la France et plus largement avec la communauté européenne.

Le public de la Halle aux grains de Joigny a été très sensible au drame humain que pose la séparation administrative et juridique de Mayotte de ses îles sœurs des Comores. Une séquence d’environ 10 minutes du documentaire « Mayotte, où va la République »* a été projetée pour illustrer ce drame humain que le pouvoir métropolitain couvre de son silence. Au XIXe siècle, le partage de l’Afrique entre les grandes puissances européennes avait séparé des familles, des villages, des royaumes et causé des traumatismes qui agitent encore ce continent. Nous pensions que cette erreur ne se reproduirait plus. Eh bien, nous avions tort. L’histoire se répète à Mayotte.

Monsieur Bernard Moraine, maire de Joigny, ainsi que Madame Françoise Roure, conseillère départementale, nous ont fait le plaisir d’honorer de leur présence cette première conférence de La France noire. Nous avons été également sensibles à la présence de Madame Célia Davaine, directrice du collège Saint-Jacques, ainsi que celle de Madame Blandine vassaux, directrice de l’école Sainte-Thérèse, de Monsieur Claude Josselin, Adjoint au maire chargé des associations patriotiques.

Le président de La France noire

Raphaël ADJOBI

* L’affaire de l’esclave Furcy, Mohammed Aïssaoui, édit. Gallimard

* Un film de Frédéric Lambolez et Jean-Marie Pernelle, Enquête prod. août 2008