C’est avec un réel plaisir que j’ai lu dans Télérama (n° 3900) l’analyse que François Ekchajzer fait de la collection de documentaires-fictions lancés sur France 2 au début du mois d’octobre 2024. Les questions qu’il formule montrent de façon claire qu’il n’est pas dupe du travail des partisans de « la France blanche et catholique » qui tiennent à enseigner aux jeunes générations que les Français d’aujourd’hui sont la continuité de la même population depuis la nuit des temps. Il a bien senti dans ces documentaires-fictions une invitation à jeter un regard critique sur la variété de la population de la France d’aujourd’hui (sinon à la rejeter). Sa conviction bénéficie de l’éclairage de l’universitaire Sébastien Ledoux.
Notre Histoire de France
Avec cette collection de docu-fictions, à découvrir depuis le 8 octobre, consacré à Vercingétorix, Clovis, Charlemagne, Saint-Louis, Jeanne d’Arc, Henri IV, on se sent projeté dans les manuels scolaires de nos (arrière) grands-parents. « Quand l’historien Ernest Lavisse (1842-1922, ndlr) en a élaboré le contenu pour les écoliers de la IIIe République. Il s’agissait de constituer une communauté de citoyens partageant les mêmes valeurs et la même conception du passé de la France », explique Sébastien Ledoux, maître de conférences à l’université de Picardie-Jules-Verne et spécialiste des enjeux mémoriels. Si la mise en avant de ces « héros » censés avoir fait « notre » histoire pouvait se justifier voilà cent quarante ans, pourquoi continuer à exploiter ces figures totémiques, fût-ce en prenant appui sur l’expertise de spécialistes des périodes concernées ?

Certes, les moyens mis en œuvre et le soin apporté à ce programme le distinguent de Secrets d’histoire, que Stéphane Bern anime depuis dix-sept ans sur France Télévision. Mais pourquoi les téléspectateurs de première partie de soirée n’auraient-ils pas droit à une lecture moins surannée des temps anciens ? Pourquoi leur servir cette histoire des élites couronnées renvoyant fatalement au « roman national » ? Pourquoi ne pas les éclairer plutôt sur l’histoire culturelle et sociale de la Gaule antique, du Moyen Âge et de la Renaissance, réduite ici à quelques notations sur les pratiques homosexuelles dans l’armée de Vercingétorix ou sur la politique scolaire de Charlemagne ?Dans quel but la série ramène-t-elle douze siècles d’histoire à cette poignée de destins hors normes ?

Sans doute pour attirer des spectateurs rétifs à des approches critiques, forcément plus complexes. Mais aussi pour répondre aux inquiétudes de notre temps par des « récits d’enracinement, de réconfort et de réassurance », comme le suggère Sébastien Ledoux. Ressortir ces « grands hommes » et cette femme du « panthéon scolaire » de la IIIe République, et nous les présenter – sans se poser trop de questions – comme les piliers de notre identité [que l’on voudrait évidemment excluante !].
La réaction d’un lecteur publiée dans Télérama n° 3902
Gérard : Tout à fait d’accord avec votre coup de gueule à propos des docu-fictions Notre histoire de France. C’est également cette vision de l’histoire que dénonce François Reynaert dans son livre Nos ancêtres les gaulois et autres fadaises (Fayard 2010). L’histoire de France sans les clichés.
François Ekchajzer – Télérama n° 3900 du 9/10/2024

Cependant, depuis deux décennies, on ne peut pas affirmer que l’Éducation nationale continue à enseigner le racisme, même si les manuels scolaires ou livres destinés à la jeunesse et les panneaux publicitaires demeurent encore truffés des restes de cet esprit des deux derniers siècles.
Mais voilà que depuis plus d’un an (2023 !), dans le silence ou l’indifférence de toutes les institutions nationales proclamant pourtant veiller au non étalage des actes et productions racistes,
En juillet 2024, l’association
Jeunes de Bourgogne et de Franche-Comté, dressez donc l’oreille et regardez du côté de la
Tous les ans, au mois de juin, l’AJFD organise une soirée de solidarité autour d’un repas où les cuisines africaines et antillaises occupent la première place. L’équipe qui entoure
Durant les deux semaines de leur séjour togolais, au-delà de leur contribution au chantier du musée d’Aného, la connaissance de l’histoire locale n’a pas été négligée. Outre la découverte de quelques danses traditionnelles et la vie ordinaire des jeunes du pays,
Bravo à l’équipe dirigeante de l’AJFD d’avoir su persévérer dans les difficultés pour atteindre ce niveau de reconnaissance quant à la qualité de ses projets. Bravo aux jeunes qui ont participé avec enthousiasme à cette première activité de solidarité internationale avec l’association cézycoise.
Je vous écris cette lettre non pour vous faire la leçon, ni pour vous expliquer d’une façon compliquée ce que l’on appelle « racisme » aujourd’hui.