Une semaine très riche aux 3 Granges à Saint-Clément (89)

Du jeudi 11 au mercredi 17 juin, l’association La France noire a exposé « L’invention du racisme et la négation des traces de l’homme noir dans l’Histoire de l’humanité » à l’atelier Les 3 Granges à Saint-Clément (89). La semaine a été marquée par une fin d’après-midi festive le samedi 13 et clôturée par une matinée de rencontres pédagogiques le mercredi 17 juin.

C’est en effet avec un réel plaisir que les ami(e)s de l’atelier Les 3 Granges ont assisté à la conférence de La France noire sur “L’invention du racisme” et partagé les moments poétiques et musicaux qui ont ponctué cette fin d’après-midi conviviale. Un temps de contes, de lectures de textes poétiques et de chants témoignant des convictions et des espoirs d’un monde ouvert à la connaissance de l’Autre. Une fin d’après-midi où les rencontres ont ouvert de nouveaux horizons, des perspectives nouvelles…

La matinée du mercredi 17 juin a permis aux élèves de l’école primaire de Saint-Clément de se confronter à la réalité du racisme. Qu’entend un jeune de 10 ou 11 ans dans la formule « c’est un raciste » ? Qu’est-ce qu’un raciste ? La réflexion s’impose pour une définition claire avant d’aller plus loin dans la connaissance de cette idéologie qui a impacté l’humanité tout entière. Bravo aux jeunes de Saint-Clément, citoyens de demain, pour leur attention aux images de l’exposition et aux explications du conférencier. Merci aux enseignantes qui ont jugé utile que les jeunes aient une idée précise de la naissance et des conséquences du racisme dans les sociétés d’aujourd’hui.

Un grand merci à Bernard et à Thérèse, ces artistes qui – comme le conférencier de La France noire – animent depuis le département de l’Yonne des activités scolaires à travers toute la France. Merci à vous qui êtes venus nombreux pour partager ce moment aux 3 Granges.

Raphaël ADJOBI

L’exposition « L’invention du racisme » au Week-end de l’interculturalité 2026 de Besançon

Les 5, 6 et 7 juin 2026, La France noire était invitée au deuxième Week-end de l’interculturalité de la ville de Besançon avec son exposition « L’invention du racisme et la négation des traces de l’homme noir dans l’histoire de l’humanité ». Une belle occasion pour l’association jovinienne de poursuivre – après Gagny (93) et Dijon (21) – sa relation avec le grand public lui permettant ainsi d’apprécier la qualité du travail qu’elle accomplit auprès des jeunes dans les établissements scolaires. Oui, il est bon que les adultes aient une idée exacte des connaissances que La France noire offre à leurs enfants et petits-enfants.

Le vendredi 5 juin à 17h, après la présentation de l’exposition à la mairie marquant l’ouverture officielle du Week-end de l’interculturalité, il a fallu déménager à l’hôtel de ville pour proposer le lendemain les deux conférences annoncées dans le programme des festivités. Retenez donc qu’à Besançon la mairie et l’hôtel de ville ne sont pas sur le même site. C’est devant un public curieux et intéressé que s’est déroulée chacune des conférences. Les visiteurs ont été unanimes pour dire que la municipalité aurait dû offrir l’exposition sur une plus longue période parce qu’elle mérite l’attention d’un large public.

Ces moments où plusieurs structures se retrouvent à présenter leurs actions sont aussi ceux où l’on fait des rencontres pour des invitations ultérieures. Si nous avons été invités à Besançon, c’est parce que nous avons été vus à Dijon. Et si demain nous sommes invités à Toulouse, c’est parce que quelqu’un nous aura remarqués à Besançon. Merci à Florent Werguet qui est à la base de notre invitation ; merci à Emily Stuyvers, la cheville ouvrière de l’organisation des festivités. Merci à Madame l’adjointe au maire chargée de la culture qui a pris le temps de venir passer un moment avec nous à l’hôtel de ville. Merci aussi aux stagiaires pour leur aide précieuse.

Villeneuve-la-Guyard rejoint Joigny en commémorant l’abolition de l’esclavage dans l’Yonne

Depuis 2016 – déjà 10 ans ! – Joigny était la seule ville de l’Yonne à commémorer l’abolition de l’esclavage pourtant encouragée par les notes ministérielles et l’attention de la Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage (F.M.E) à la moindre ouverture à l’Autre. Merci de tout coeur à la municipalité de Villeneuve-la-Guyard qui vient élargir le cercle de celles et ceux soucieux d’apprendre à mieux connaître la France diverse en couleurs humaines parce qu’elle n’est tout simplement pas exclusivement européenne ! Oui, répétez-le à tous ceux qui vous entourent : la France n’est pas un pays exclusivement européen ! La France de demain commence par cette réalité géographique d’aujourd’hui à partager.

Merci aux familles ayant adhéré à l’idée de la commune de Villeneuve-la-Guyard quant à la connaissance de l’Autre et non à son rejet systématique parce qu’il est visiblement différent. A l’heure où l’association jovinienne “La France noire” propose – sur l’ensemble du territoire grâce au Pass culture – aux collégiens et aux lycéens une exposition rendant hommage aux Blancs et aux Noirs de France, d’Europe et des Amériques ayant défendu les esclaves africains au XVIIIe et au XIXe siècles, il serait bon que nous soyons nombreux à saluer cette commune de l’Yonne qui vient de se déclarer héritière de ce mouvement pour l’égalité et la justice entre les humains.

Raphaël ADJOBI

LA FRANCE NOIRE et la ville de Joigny commémorent l’abolition de l’esclavage le 15 mai 2026

Comme tous les ans depuis mai 2016, l’association La France noire et la ville de Joigny organisent une cérémonie de commémoration de l’abolition de l’esclavage. Cette année, le thème mis en valeur par la Fondation de la Mémoire de l’Esclavage (F.M.E) dont notre association est membre est le 25e anniversaire de la loi Taubira du 21 mai 2001 « tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité ». Dans son article 1, la reconnaissance totale de la traite et de l’esclavage des Noirs (d’Afrique, de Madagascar et de l’Inde) comme crime contre l’humanité est clairement soulignée par cette loi.

Nous profitons de l’occasion pour dire toute notre reconnaissance à la mairie de Joigny pour la poursuite de ce partenariat qui participe à l’instruction des populations de notre commune quant à l’origine de la présence des Noirs dans le paysage français. La cérémonie sera animée par le groupe Le syndicat des bonnes nouvelles”. Ce sera l’occasion de découvrir notre quatrième exposition pédagogique destinée aux collégiens et aux lycéens de France (via le Pass culture et ADAGE) dès la rentrée prochaine et qui a pour titre Les grandes figures du mouvement abolitionniste. Un ciné-débat clôturera ce temps de mémoire le dimanche 17 mai avec le film documentaire LAPO CHAPÉ en présence de la réalisatrice Mélissandre Monatus.

Fin de stage des Croq’Notes à Brion (89)

Comme tous les ans, la chorale Les Croq’Notes a clôturé son stage de printemps par une prestation publique en l’Église Saint-Phal de Brion le dimanche 26 avril de 16h à 17h. Agréable moment qui a réuni les habitué(e)s et les ami(e)s venu(e)s des communes voisines. C’est avec plaisir que La France noire a répondu à l’invitation du groupe pour partager cette heure de franche amitié.

Au moment où l’association La France noire et la ville de Joigny s’apprêtent à commémorer l’abolition de l’esclavage le 15 mai prochain, il est bon de rappeler que durant quatre années consécutives Les Croq’Notes ont accompagné de leurs chants cette cérémonie pour le bonheur des Joviniens. Une longue amitié qui explique cette invitation particulière.

Le concert de gospel de cette année était dirigé par Cassandra Drane. Un répertoire varié a enthousiasmé l’auditoire. C’est un réel plaisir de constater que si le noyau de la chorale demeure, il s’est étoffé grâce à de nouvelles recrues visiblement très heureuses de l’aventure. La mise en valeur de quelques voix nous permettant d’avoir une idée des talents individuels a été très appréciée par le public qui n’a pas été avare en applaudissements.

Merci à toutes et à tous pour ce joyeux après-midi passé en votre compagnie.

Raphaël ADJOBI

Les FABLES FANTASQUES de Bernard Périllat aux 3 Granges à Saint-Clément (89)

Belle soirée à l’atelier les 3 Granges à Saint-Clément le samedi 28 mars dernier. La mise en scène des Fables fantasques (L’Arbre à Musiques, juin 2025) de Bernard Périllat a réuni plus d’une cinquantaine de personnes pour un moment poétique et musical très agréable.

Pierre, Fabienne, Thérèse et Bernard ont réalisé un travail séduisant aussi bien pour ceux qui retrouvaient les textes des Fables fantasques que pour ceux qui les découvraient. Ces derniers ont sûrement été nombreux à vouloir garder une trace des textes entendus. Chaque texte du recueil de Bernard Périllat est une escapade, une situation, une découverte pleine d’étonnantes fantaisies. Et des récits fantasques agrémentés de chansons qui le sont tout autant ne peuvent que réjouir. Oui, c’est ce mélange ou cette communion des différentes voix – celles qui disent et celles qui chantent – qui enchantent assurément.

C’est ici l’occasion de rappeler que nous avons dans l’Yonne, et précisément dans le Sénonais, un atelier qui propose des rencontres dignes de l’attention de toutes celles et tous ceux qui aiment partager d’agréables moments culturels loin des sentiers battus.

Raphaël ADJOBI

LAPO CHAPÉ : un documentaire pour un débat nécessaire

          Le 13 février 2026, les Pays-Bas ont reconnu officiellement que l’esclavage n’est pas seulement une histoire qui nous plonge dans le passé d’une relation violente entre l’Europe et l’Afrique. Ce pays disait clairement qu’aujourd’hui encore cette histoire continue d’imprimer ses marques dans les corps et les esprits des descendants des Africains qui ont été réduits en esclavage. Retenons tous que grâce à une étude clinique menée par l’université d’Amsterdam, les Pas-Bas reconnaissent que les descendants des esclaves portent toujours les séquelles physiques et psychologiques de leurs aïeux.

          Frantz Fanon – psychiatre – avait diagnostiqué ce mal dans Peau noire, masque blanc ; Sabine Belliard l’a illustré par des témoignages très instructifs dans La couleur dans la peau ; Mélissandre Monatus vient de donner la parole aux jeunes de ce XXIe siècle dont la couleur de l’épiderme a hérité du regard négatif et très hiérarchisé imposé par l’histoire esclavagiste européenne dans les Amériques et dans l’océan Indien. Son documentaire LAPO CHAPÉ dit littéralement que dans l’histoire esclavagiste il y a certaines teintes de peau qui permettaient d’échapper à la condition servile. Et cela n’est pas sans conséquence.

          C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai assisté à la projection de LAPO CHAPÉ au cinéma du Palais à Créteil (94). Plus de quatre-vingts personnes étaient présentes pour l’occasion. Les témoignages et les observations furent de grande qualité. Ce documentaire d’environ 35 minutes a le grand avantage d’ouvrir le débat sur un sujet qui concerne en réalité tout le monde mais que personne n’ose aborder publiquement. Le sujet concerne tout le monde parce que le métissage forcé du Noir et du Blanc pendant plus de trois cents ans a laissé des traces dans les consciences et vicié les relations et les fruits des relations entre les personnes auxquelles on a attribué ces deux types de couleur de peau. Comme le fait remarquer Sabine Belliard, dans le groupe ou dans la famille la couleur peut être « appelée à la rescousse et utilisée dans le conflit comme moyen de défense. Elle sert parfois à dire le rejet, l’agressivité, la haine, apparemment utilisée à la manière dont elle l’a été historiquement ».

          LAPO CHAPÉ de Mélissandre Monatus montre de façon poignante une réalité quotidienne faite de souffrances tues, de combats pour exister, de privilèges empoisonnés… Ce documentaire nous fait clairement comprendre que les teintes naturelles de l’épiderme qui, en Afrique, partent de la couleur la plus sombre à la plus claire ont désormais établi un lien étrange entre notre peau et notre intimité psychique. Tout simplement parce que l’histoire est passée par là et qu’il convient de l’interroger pour mieux comprendre celles et ceux qui en portent les séquelles.

Raphaël ADJOBI

Le Sénat français réagit au principe d’inaliénabilité des biens volés aux colonisés

Le bon sens ne guide pas toujours les hommes ; surtout tous ceux qui ont eu un jour – ou ont aujourd’hui – le sentiment d’être les maîtres du Monde. Comment peut-on voler les biens d’autrui, les enfermer chez soi et décréter que ces objets ayant franchi le seuil de sa porte ne peuvent plus jamais être rendus parce que frappés du sceau d’inaliénabilité de sa maison, de son État ? Que peut-on penser, à toutes les époques de l’histoire de l’humanité, d’un individu ou d’un État qui se drape de ce principe pour s’approprier les biens d’autrui ? Quand les colonisés n’avaient pas droit à la parole quant aux attitudes criminelles des colonisateurs, ceux-ci étaient libres d’affirmer avec ferme conviction que « profaner les tombes et amputer les dépouilles d’autochtones de leur crâne après les batailles ou les pillages » (1) était une excellente façon d’enrichir les cabinets de curiosité ou satisfaire les pseudos recherches scientifiques sur les races. Mais à l’heure où la question coloniale traverse toute la société française éclatée sur plusieurs continents et plusieurs océans, s’exprimer comme si la France était un pays exclusivement européen est une insulte dont beaucoup de Français – et surtout beaucoup de nos gouvernants – ne sont même pas conscients. Heureusement, il y a parmi nos compatriotes « blancs » quelques individus qui ont remarqué comme nous que le principe d’inaliénabilité que d’autres brandissent comme la plus belle invention française est mis à mal par le bon sens l’ayant rendu poreux au regard des nombreuses restitutions des biens réclamés par les anciens colonisés. Avouons-le : ces multiples restitutions, officielles ou officieuses, démontrent le discrédit jeté sur une loi déraisonnable qui n’honore nullement notre pays. Devant cette réalité implacable, réjouissons-nous de constater que le Sénat se penche sérieusement sur ce principe d’inaliénabilité. Si ce principe mérite d’être conservé pour tout ce qui concerne les éléments produits par la France (et reconnus comme tels), il importe de trouver des règles pour tout ce qui a été volé, pillé, disons acquis dans la violence ou la duplicité. Merci à Francine Guillou de nous informer sur ce projet du Sénat.

Raphaël ADJOBI

(1) Rémi Guezodje, L’heure de regarder ces crânes en face (Télérama n° 3965). Dans son article, il donne la parole à l’historien Pascal Blanchard, spécialiste de l’empire colonial français, qui assure que « l’État français est extrêmement en retard par rapport aux musées américains ou à la Nouvelle Zélande et l’Australie, qui intègrent [le] travail d’étude et de restitutions dans leurs collections ».

L’article de Francine Guillou

Est-ce la fin du fait du prince et des lois d’espèce ? Le 28 janvier, dans un hémicycle quelque peu dégarni mais solennel, les sénateurs ont adopté en première lecture un texte visant à encadrer la restitution des biens culturels.

Cette loi permettra donc de rendre un bien « dont il est établi ou dont des indices sérieux, précis et concordants font présumer qu’il a fait l’objet, entre le 20 novembre 1815 et le 23 avril 1972, d’une appropriation illicite par vol, pillage, cession ou libéralité obtenues par contrainte ou violence ou d’une personne qui ne pouvait en disposer ».

Elle crée ainsi une possibilité de dérogation au principe d’inaliénabilité des collections nationales, qui obligeait jusqu’alors à passer par des lois dédiées, un processus législatif chronophage et inadapté. Une quinzaine de demandes de restitution ont été reçues par la France, ces dernières années : l’Algérie réclame les effets personnels de l’émir Abdelkader figurant dans les collections du musée de l’Armée, le Bénin attend le retour de la statue du dieu Gou détenu par le musée du Quai Branly-Jacques-Chirac…

La Côte d’Ivoire, le Mali, le Tchad et l’Éthiopie préparent ou ont également fait valoir des demandes. Le texte doit maintenant être débattu à l’Assemblée nationale avant l’été.

Francine Guillou (Télérama n° 3969 du 4 février 2026).

LES VOEUX 2026 DE LA FRANCE NOIRE

Chers abonné(e)s, lectrices, lecteurs, visiteuses et visiteurs de cet espace,

Les membres du bureau ainsi que tous les adhérents de La France noire (de l’hexagone, de la Guadeloupe et de la Martinique) se joignent à nous pour vous souhaiter une bonne année 2026. Qu’elle apporte à chacun d’agréables moments de réjouissance et l’espoir dans les combats qui vous tiennent à cœur.

Nous profitons de l’occasion pour vous dire combien nous sommes heureux de vous savoir nombreux à vous intéresser à l’histoire des Français noirs au sein de la République née à la fin du XVIIIe siècle. Après le livre de Raphaël intitulé Les Français noirs et la République, Une histoire mouvementée, Delphine Gardey vient à son tour de publier Le corps noir de la République rendant compte de « l’histoire des parlementaires colonisés de France, de la Révolution à la départementalisation » ; en d’autres termes, une chronologie des soubresauts de la représentation des territoires coloniaux au sein de notre Assemblée nationale, où se lisait à la fois volonté d’émancipation et volonté d’exploitation.

Et comme un cadeau tombé du ciel, Abd Al Malik vient de nous gratifier de la version cinématographique du plus long combat juridique mené par un esclave noir au début du XIXe siècle pour faire valoir sa dignité et sa légitimité au sein des institutions françaises. L’affaire de l’esclave Furcy, l’essai de Mohammed Aïssaoui publié en 2010 qu’Abd Al Malik met en scène, montre que pour être libre ou faire respecter son humanité – hier comme aujourd’hui – il y a deux voies qui s’offrent à l’opprimé : la voie judiciaire ou celle de la violence. Durant des siècles, les esclaves Africains ont fait usage de ces deux voies selon les circonstances. Nous espérons de tout cœur que vous ferez un bel accueil à ce film dont la sortie est prévue le 14 janvier 2026.

Merci pour votre précieuse confiance.

Amitiés.

Françoise ROURE & Raphaël ADJOBI