Le Collège Laurent Monnier à Saint-Aubin (39 – Jura) a accueilli notre exposition sur l’esclavage

Saint-Aubin sept.2022 B          Le vendredi 23 septembre 2022, l’exposition « Les résistances africaines à la traite et les luttes des esclaves pour leur liberté dans les Amériques » a été accueillie au collège Laurent Monnier à Saint-Aubin dans le Jura. Grâce au projet pédagogique du professeur d’histoire et géographie, M. Yoann Frelin – qui avait déjà vu cette exposition en 2018 à Saint-François de Sales à Dijon où il exerçait – la direction de l’établissement a donné son accord pour que les élèves des classes de quatrième élargissent leurs connaissances sur « La formation de la personne et du citoyen ».

Saint-Aubin 2022 Raph          En effet, l’exposition de La France noire ne se contente pas de présenter la traite et l’esclavage des Noirs dans les Amériques. Comme son titre l’indique, elle met l’accent sur les luttes pour la liberté. A partir des luttes contre les captures, la déportation et « l’esclavagisation » (ou « esclavisation »), on peut aborder d’autres formes de liberté : liberté d’opinion, de circulation… C’est surtout l’occasion pour les élèves, selon M. Yoann Frelin, de « faire preuve d’esprit critique, et s’indigner contre l’esclavage. [Apprendre à] se battre pour les libertés pour tous et lutter contre les discriminations ». En clair, il appartient à chaque enseignant de faire preuve d’imagination avec ce bel outil pédagogique que nous tenons à la disposition de tous. Et dans notre exposition, la lutte des femmes esclaves pour leur liberté de procréer ou de ne pas procréer éclaire parfaitement le combat des femmes d’aujourd’hui à disposer librement de leur corps. Sur ce chapitre, notre collègue n’a pas manqué de citer Beloved de Toni Morrison ; récit dans lequel une mère est hantée par le fantôme de sa fille qu’elle a tuée pour lui éviter d’être esclave comme elle. Sa vie de cauchemars illustre donc parfaitement le lourd tribut payé par les Noirs pour leur liberté. Ce qui est totalement absent des manuels scolaires.

Saint-Aubin Jura 2022 Loli          Merci à Monsieur le directeur pour l’accueil, et merci de tout cœur à notre collègue documentaliste pour le précieux coup de main à l’installation et à la désinstallation de l’exposition et pour les échanges très intéressants sur la réalité sociale de cette zone du Jura limitrophe de la Côte d’Or, caractérisée par la faible densité de sa population ; état de chose expliquant la rareté des structures ou réseaux culturels. Nous sommes totalement d’accord avec nos deux collègues pour dire que vivre et étudier dans une zone éloignée des grands réseaux culturels demande beaucoup d’imagination pour rivaliser avec les zones qui en sont pourvues. Aussi nos collègues jugent-ils nécessaire la venue de porteurs de connaissances dans cette partie de leur département afin de briser l’isolement, source de pauvreté en matière de culture. La France noire, née dans une petite ville de l’Yonne (89), connaît bien ce souci. Oui, aujourd’hui il est possible de faire venir à soi la culture. Et parce que leurs différents projets sont fort intéressants, nos collègues de Saint-Aubin constituent un exemple à suivre pour les enseignants des petits établissements de province. Oui, ensemble, faisons circuler les connaissances !

Saint-Aubin réduitRaphaël ADJOBI

Le retour de la soirée des retrouvailles de La France noire

Retrouvailles 16 spt. 22          Après deux années de respect de la mesure de l’État interdisant les rencontres de groupe, les membres de La France noire viennent de renouer avec leur soirée annuelle des retrouvailles – à Looze (89) le vendredi 16 septembre 2022. Bien sûr, La France noire étant une association nationale, nos amis de Guadeloupe et des département métropolitains lointains n’étaient malheureusement pas présents. Toutefois, nous les avons associés à cette rencontre en ayant une pensée pour eux.

Retrouvailles sept 22 B          Les participants à ces dernières retrouvailles ont surtout partagé un agréable moment de convivialité. En effet, au-delà de la cérémonie de commémoration de l’abolition de l’esclavage célébrée chaque 10 mai en partenariat avec la mairie de Joigny et l’assemblée générale annuelle de l’association en juin, un moment de retrouvailles hors de toute tension est nécessaire. C’est pourquoi les membres de La France noire ont choisi de se retrouver tous les ans – au moment de la rentrée scolaire ; le caractère pédagogique de l’association oblige – pour passer un moment ensemble et apprendre à mieux se connaître. Mais c’est aussi l’occasion pour tous d’apprécier la mise en œuvre des projets arrêtés à l’assemblée générale de Juin : les perspectives de l’année scolaire 2022-2023 sont excellentes parce que nous enregistrons un accroissement des demandes d’intervention auprès des établissements. D’autre part, le médiatique historien Pascal Blanchard – spécialiste de l’histoire coloniale de la France – accepte notre invitation à Joigny pour deux conférences le jeudi 4 mai 2023 dans le cadre de la commémoration de l’abolition de l’esclavage.

Retrouvailles coupées          Nous pouvons donc dire qu’après deux années de marche assez laborieuse due au COVID, La France noire retrouve sa vitesse de croisière.

Raphaël ADJOBI

Réunion de rentrée de LA FRANCE NOIRE en Île-de-France

Déjeuner de travail 21 août 2022          Le dimanche 21 août 2022, deux membres du bureau de notre association ont rencontré l’équipe de l’antenne de l’Île-de-France pour un déjeuner de travail – deux mois après son installation officielle en juin dernier. Au programme des échanges, deux sujets essentiels : d’une part, agir pour obtenir des adhésions afin de rendre viable l’antenne locale ; d’autre part, obtenir durant le premier trimestre de l’année scolaire une dizaine de rendez-vous avec des chefs d’établissement pour leur proposer nos expositions pédagogiques.

          Les membres du bureau ont remis à nos amis des cartes d’adhésion à proposer à leurs interlocuteurs lors des échanges informels. Par ailleurs, dans le but de susciter des soutiens ou des adhésions, une « conférence-sensibilisation » sur le travail pédagogique de La France noire pourrait être organisée à Sartrouville fin septembre/début octobre. A nos amis de trouver une salle et de fixer une date. Nous espérons qu’en découvrant l’une de nos expositions pédagogiques lors de cette rencontre, les uns et les autres comprendront l’utilité de soutenir une association portée par des spécialistes et donc qui ne nécessite pas d’actions collectives sur le terrain de l’enseignement. En effet, même quand on n’est pas médecin, on peut par exemple donner de l’argent aux médecins qui mènent le combat contre le cancer parce que cette cause nous tient à cœur ! Ce qui veut dire que nous n’avons pas besoin – sous le prétexte d’avoir fait un don – d’aller sur le terrain avec ces médecins. Nous avons tous besoin de reconnaître la qualité des spécialistes et leur faire confiance quant à ce qu’ils peuvent apporter à la société en soutenant financièrement leur action – quand celle-ci nous semble utile. A ce propos, je recommande vivement aux membres de La France noire la lecture du livre de notre collègue Carole Reynaud-Paligot : Le tour de France de Flora Tristan (Éd. Tautem, 2022). Ce livre montre comment, grâce aux soutiens des âmes généreuses, la jeune militante a contribué à la création de syndicats d’ouvriers dans de nombreuses villes de France.

Carte d'ahésion Île-de-France          S’il est toujours agréable et même nécessaire qu’une association ait une vie festive pour entretenir la flamme militante des membres, personne ne doit perdre de vue l’objectif principal de La France noire : apporter des connaissances sur la contribution des Noirs à l’Histoire de France en complément de l’enseignement ordinaire que reçoivent nos enfants et petits-enfants. D’ailleurs, dans sa lettre du 10 janvier 2022, Madame la rectrice a eu ces mots fort réjouissants à l’adresse de notre association : « Nous restons attachés à notre partenariat qui vient en complément de l’action ministérielle ».

          Enfin, pour que d’autres découvrent notre association, il appartient à chaque membre d’en faire la promotion autour de lui en partageant nos publications. Sans les partages, la multiplication des réseaux sociaux ne sert à rien. Outre son site avec un blog, La France noire dispose d’une chaîne Youtube ; pour y accéder, tapez Youtube puis : La France noire info. Faisons donc connaître nos deux outils de communication autour de nous afin que les Français soient de plus en plus nombreux à s’intéresser à nos actions pédagogiques et mémorielles.

Raphaël ADJOBI

La France noire/Île-de-France, première antenne de notre association

Île de France          Enfin, la première antenne de La France noire est installée ! C’est dans les Yvelines (78), à Sartrouville, que siège La France noire/Île-de-France. Et c’est Suzanne Ekima, l’une des rares personnes a avoir adhéré à notre association par Internet, c’est-à-dire sans avoir aucun lien avec l’un des membres du siège social à Joigny, qui en devient la présidente. C’est donc à elle que revient la charge de constituer un groupe d’animatrices et animateurs pour faire rayonner La France noire en Île-de-France.

          Le dimanche 26 mai, Suzanne a donc réuni autour d’elle un noyau familial pour entendre Raphaël Adjobi et Françoise Parry (président et secrétaire) expliquer l’importance des deux piliers qui structurent l’association et qui doivent aussi structurer l’antenne de Sartrouville (78) : la commémoration annuelle de l’abolition de l’esclavage de 1848 en partenariat avec la mairie locale, et l’établissement de contacts avec les collèges et les lycées de la région pour favoriser les actions de La France noire auprès de la jeunesse grâce à ses trois expositions pédagogiques itinérantes. Donc un ancrage dans la vie d’une cité du département d’où partira le faisceau de notre idéal de fraternité en direction des jeunes de toute l’Île-de-France : mieux connaître l’autre pour respecter sa différence.

Groupe C          La nouvelle présidente nous a déclaré : « Depuis quelques années, je cherchais à m’engager dans une association sans trouver celle qui me convienne vraiment. J’ai même pensé à en créer une. Et en cherchant sur Internet, je suis tombée sur le site de La France noire. Je n’ai pas hésité ! C’était exactement l’association que je cherchais ». En effet, si le travail nourrit l’homme, c’est l’engagement qui donne un sens à sa vie, à son humanité. Conscient de cela, l’État français encourage les collèges et les lycées à consacrer une semaine à la réflexion sur l’engagement des jeunes citoyens et les invite à solliciter les associations à venir partager avec les élèves leurs expériences. Devant la baisse de l’implication des adultes dans le bénévolat – sauf parmi les plus anciens – il apparaît nécessaire d’intéresser assez tôt la jeunesse à l’engagement à travers la vie associative. Il s’agit d’un appel à repenser notre vie française ensemble pour une France et un monde plus solidaires.

          Le potentiel des Yvelines pour une plus grande fraternité nationale grâce à une meilleure connaissance du passé que les Français noirs et blancs ont en commun est absolument énorme ! C’est en effet là où la diversité de la population est grande que le message de fraternité de La France noire par la connaissance de notre passé commun a des chances de prospérer plus rapidement. Malheureusement c’est là aussi que les Noirs encouragés à croire au mythe du mérite par la réussite personnelle – en tournant le dos à leur passé – sont plus nombreux ! « Il faut oublier le passé douloureux ! Pourquoi remuer le passé ?». Or celui qui ne sait pas d’où il vient et pourquoi il est Français avec une carnation qui rappelle l’Afrique ne peut pas vraiment savoir qui il est et où il va ! Chacune de ces personnes doit savoir que si la France commémore des moments douloureux de notre passé – par exemple les deux grandes guerres, les déportations pendant la seconde, le génocide des juifs – c’est justement parce qu’il est scientifiquement reconnu qu’il faut mettre des mots sur les traumatismes pour guérir et avancer plus sereinement dans la vie sans reproduire les mêmes maux.

Groupe D          Retenons donc que « Oublier le passé, ne pas parler du traumatisme subi» est un argument d’une époque révolue ! Lutter contre cette pensée destructrice afin de permettre aux uns et aux autres d’apporter leur concours à l’instruction de la jeunesse en soutenant le travail pédagogique qui touche à l’histoire des Français noirs est donc la grande tâche de nos représentants à Sartrouville ! Heureusement, ceux-ci savent que le travail de notre association se fait en partenariat avec l’Éducation nationale qui lui a accordé l’agrément académique. Une marque de soutien et d’encouragement indéniable. L’essentiel n’est donc pas de passer son temps à compter le nombre des adhérents mais le nombre de jeunes qui accéderont aux savoirs que propose La France noire en Île-de-France.

Raphaël ADJOBI

Discours autour de l’exposition « Léopold Sédar Senghor, l’Africain universel »

Extrait du discours du président de l’association LA FRANCE NOIRE prononcé le 10 mai 2019 dans les salons de l’Hôtel de ville de Joigny (89) devant les autorités de la commune à l’occasion de la commémoration de l’abolition de l’esclavage.

Commémoration 2019          Nous sommes reconnaissants à l’association « Mémoires et partages », dont le siège est à Bordeaux, qui a réalisé l’exposition que nous présentons aujourd’hui. L’association a aussi une antenne au Sénégal ; ce qui explique, en partie, le thème de cette exposition : « Senghor, l’Africain universel ».

          La figure de Léopold Sédar Senghor nous rappelle un pan de notre Histoire commune : l’histoire coloniale de notre pays.

          Léopold Sédar Senghor est né sujet français à Joal, en Afrique, dans le territoire français du Sénégal. Comme tous les sujets français des colonies, sa vie va se construire dans le système colonial qui avait bien entendu besoin d’administrateurs locaux pour certaines fonctions. Mais, comme nous le savons tous, c’est la passion de la littérature qui va triompher en lui, et plus particulièrement l’amour de la poésie.

          On retient souvent de lui le poète et le chantre de la négritude – c’est-à-dire celui qui plaide pour la reconnaissance d’une histoire et d’une culture noires participant à une civilisation de l’universel au-delà des différences des traditions. Mais Senghor c’est aussi le sujet français très soucieux de remplir ses devoirs envers sa patrie, puisqu’il a participé à la deuxième guerre mondiale dans un régiment d’infanterie colonial.

Senghor Universel          Je voudrais ici m’attarder un peu sur un fait de l’histoire de cet homme ; un fait de son histoire qui nous éclaire sur l’histoire de la France avec les Noirs d’Afrique. Léopold Sédar Senghor étant noir et né dans une colonie française d’Afrique était sujet français et non pas citoyen français. Et ce n’est pas du tout la même chose ! Il pouvait participer à l’effort de guerre contre l’Allemagne mais ne pouvait entrer dans la fonction publique française métropolitaine. Sujet français, il lui a fallu demander la nationalité française afin de postuler au concours d’agrégation de grammaire et entrer ainsi dans l’enseignement en France en 1935.

          Mais alors, me direz-vous, quelle était la nationalité d’un sujet français ? Eh bien, il n’y en avait pas ! Senghor né au Sénégal n’était pas sénégalais ; puisque le Sénégal n’était pas une nation indépendante, la nationalité sénégalaise n’existait pas ! Avant d’obtenir la nationalité française, Senghor était donc officiellement « un Français sans papier » aussi bien au Sénégal qu’en France. C’était cela la réalité de la situation de tous les Africains des colonies françaises jusqu’en 1960.

          Ce n’est donc qu’en 1960, à 54 ans, à l’indépendance du Sénégal – et de presque toutes les colonies françaises d’Afrique – que Senghor, citoyen Français seulement à partir de 1935, va devenir Sénégalais. Senghor, un Noir né au Sénégal était donc Français avant de devenir sénégalais ! (aucun Français d’origine européenne ne peut se vanter d’avoir eu un tel parcours).

          Mesdames et messieurs, imaginez maintenant tous ces Africains « Français sans papier » et sans nationalité parce que « sujet français » – comme Senghor au départ – venus en France pendant les deux guerres mondiales et qui sont souvent restés en métropole ; imaginez tous ces Africains « Français sans papier » qui sont venus en France pour la reconstruction de la mère patrie à partir de 1946 ; imaginez tous ces Africains qui arrivaient en France après 1960 alors que les jeunes États indépendants n’avaient pas encore une administration pour identifier leurs populations et leur délivrer une nationalité (sénégalaise, gabonaise, malienne…). Si vous imaginez tout cela, alors, mesdames et messieurs, vous comprenez parfaitement pourquoi en France, jusqu’à la fin des années 1980, on employait plutôt l’expression « sans papier » pour désigner les Africains de France ou les Africains-Français et non le mot « immigrés ». Les moins jeunes parmi nous peuvent témoigner que c’était cela la réalité : avant les années 1990, « sans papier » était pour ainsi dire le statut des anciens « sujets français » ou des Africains des anciennes colonies françaises.

          Retenons donc que cette exposition retrace l’histoire d’un Français « sans papier » – mais qui devait, si nécessaire, verser son sang pour la France.

N’est-ce pas le fait de ne pas enseigner cette histoire qui cultive l’ignorance, et par voie de conséquence le racisme que l’on prétend vouloir combattre ? Pour combattre le racisme, il serait bon de commencer par cesser la culture de l’ignorance qui l’entretient.

Raphaël ADJOBI

Le lycée Benjamin Franklin d’Orléans accueille l’exposition « L’invention du racisme »

Orléans Racisme janvier 2022          Après avoir accueilli durant trois années consécutives notre exposition sur « Les Noirs illustres et leur contribution à l’histoire de France », les professeurs documentalistes du lycée Benjamin Franklin ont décidé cette année de proposer à leurs collègues notre exposition sur « L’invention du racisme ». A la fin du mois de novembre, quand nous avons reçu le planning des interventions, le petit mot qui l’accompagnait nous avait vraiment fait plaisir : « En à peine deux heures, il était plein ! La qualité de vos précédentes interventions a marqué les mémoires ».

          Effectivement, le mardi 4 et le jeudi 6 janvier 2022, La France noire a effectué 13 heures d’intervention pour rencontrer environ 300 élèves ! Des heures de rencontres qui ont permis aux jeunes de découvrir que le racisme est à la fois un système de pensée et de comportement dont la mise en place a été bien réfléchie, bien argumentée et bien illustrée. Leur indignation est chaque fois très grande devant la perpétuation, en ce XXIe siècle, des images publicitaires que les adultes ont dû imaginer pour imprimer durant plus d’un siècle et demi dans l’esprit des populations dites « blanches » une image négative de l’homme dit « noir ». « Pourquoi les adultes continuent-ils à faire cela ? », se demandent-ils. Et quand ils découvrent l’eugénisme, cette volonté de constituer en Europe une population de « blancs purs » débarrassés des « blancs impurs », ils restent sans voix !

          Les enseignants quant à eux étaient très heureux de voir les jeunes prendre conscience du fait que le racisme n’est pas une plaisanterie, un jeu passager dans la vie des individus. Tous ont montré leur désir d’exploiter la venue de l’exposition pour établir des échanges supplémentaires avec les jeunes et aussi pour travailler sur le dépliant que nous leur avons laissé – afin que la page ne soit pas rapidement tournée. C’est dire que nous n’avons pas trouvé dans ce lycée des enseignants sûrs de posséder la vérité. Car « quiconque est sûr de posséder la vérité est définitivement enfermé dans cette certitude ; il ne peut donc plus participer aux échanges. […] Or, la vérité ne se possède pas, elle se cherche. Ceux qui prétendent la détenir sont ceux qui ont abandonné la poursuite du chemin vers elle » (Albert Jacquard).

Orléans janvier 2022 V          L’expérience que partage La France noire avec cet établissement est tout à fait magnifique ! Depuis notre premier passage, l’équipe des professeurs documentalistes s’est transformée en vrais animateurs d’un espace culturel. Un « espace exposition » est même aménagé au sein du CDI. Pour eux, il n’est plus seulement question de la gestion de la documentation et du flux de l’occupation d’un lieu ; il est aussi question de l’animer en proposant régulièrement aux enseignants la possibilité de lever le nez des manuels scolaires et de regarder le monde qui nous entoure avec des personnes engagées dans la vie de notre société, dans la vie de nos cités : des conférenciers, des expositions avec ou sans conférencier, des troupes de théâtre…. Cette dernière activité est suspendue, compte tenu de la situation sanitaire.

          Merci aux professeurs documentalistes pour l’accueil – toujours chaleureux – et pour la bonne organisation des deux journées. Merci à tous pour les compliments sur la qualité de notre exposition, sur l’équilibre entre les images et les textes qui la composent.

Raphaël ADJOBI

° Lire l’article de National Geographic (nationalgeographic.fr) : Quand les généticiens ont mis fin au concept de races humaines.

« La France noire » finit l’année 2021 dans le Loiret !

          La France noire a terminé le premier trimestre de l’année scolaire 2021–2022 par deux journées d’intervention dans un collège du Loiret – le lundi 13 et le vendredi 17 décembre. C’est la quatrième fois que notre association intervient dans cet établissement scolaire.

Ferrières déc. 2021          Nous avons eu le grand plaisir de constater que les forts négriers – jamais présentés dans les manuels scolaires et autres livres d’histoire – illustrant notre exposition « Les résistances africaines à la traite et les luttes des esclaves pour leur liberté dans les Amériques », n’étaient pas inconnus d’une collègue qui a une vraie passion pour cette thématique. Rares sont en effet ceux qui savent que la chasse et la déportation des Africains vers les Amériques étaient organisées par des émissaires des royaumes européens installés dans des châteaux forts construits sur les côtes africaines.

Fort Saint-Georges texte revu          Non, les capitaines des navires négriers européens n’allaient pas négocier avec les Africains mais avec d’autres Européens installés sur place pour le compte de leur royaume ! C’est à partir de ces forts que les émissaires des rois européens organisent les captures et vendent les Africains aux capitaines négriers. C’est là-bas, en Afrique que les royaumes européens s’enrichissent ! C’est pourquoi les forts étaient très bien défendus. Quant à l’armateur et son capitaine, c’est en vendant les captifs auprès des colons installés dans les Amériques qu’ils peuvent faire fortune. Il faut dire que cette collègue a lu NO HOME de Yaa Gyasi (Calman-Lévy) ; livre très imparfait quant à la peinture de la culture Akan mais qui a le mérite de rendre compte – de manière romanesque bien entendu – d’une réalité historique : l’affreuse captivité des Africains durant des semaines dans les forts européens avant leur déportation dans les Amériques. Les cachots des forts négriers étaient aussi immondes que les cales des navires ! Tous les historiens français ont négligé l’étape des forts négriers dans ce qu’ils appellent « commerce triangulaire » qui en réalité ne se faisait qu’entre Européens. Les Africains quant à eux n’étaient que des rabatteurs soumis que l’on payait avec des pacotilles venues d’Europe. 

          La leçon que je retiens de cette rencontre : là où l’enseignement de l’histoire peine à instruire, un roman, même imparfait, accomplit une œuvre magnifique ! 

Fort de Gorée texte revuFort Kormantin 3Fort Ghana texte revuRaphaël ADJOBI

« Pierre Larousse » (89) invite « La France noire » pour la quatrième fois !

Toucy décembre 2021          Dans le cadre de sa « semaine de l’engagement citoyen », la Cité scolaire Pierre Larousse de Toucy (89) a invité pour la quatrième fois La France noire pour présenter son exposition « Les résistances africaines à la traite et la lutte des esclaves pour leur liberté dans les Amériques » aux lycéens et aux collégiens.

          En effet, à la demande des enseignants du lycée, la rencontre pédagogique avec La France noire a été cette fois ouverte aux lycéens. La journée du lundi 6 décembre leur a donc été réservée, et ils se sont montrés très intéressés par le contenu de notre exposition. Les quatrièmes ont été accueillis à leur tour le vendredi 10 décembre. Comme d’habitude, le temps d’échange avec l’intervenant est celui où les jeunes ont témoigné de l’attention qu’ils ont portée aux différents panneaux de l’exposition. Ils étaient environ 220 à participer à cette rencontre.

          Nous remercions les organisateurs qui, tous les ans, nous mettent dans de bonne condition de travail et prennent soin des intervenants durant la pause de la mi-journée.

Raphaël ADJOBI

La première déléguée départementale de La France noire

Suzanne EKIMA          Notre association va enfin pouvoir s’ancrer dans un autre département que l’Yonne (89) qui abrite son siège. Il y a quelques mois, La France noire avait enregistré l’adhésion de Suzanne EKIMA, responsable d’exploitation au sein d’une association d’aide à domicile dans les Yvelines (78). L’enthousiasme qu’elle a manifesté en découvrant nos travaux et nos interventions pédagogiques nous a poussés à chercher à mieux la connaître. A la mi-août, Françoise Parry (secrétaire et trésorière) et moi-même (président), avons donc fait le déplacement à Sartrouville pour la rencontrer.

Sartrouville avec Adoum 4         Suite à nos discussions, Suzanne a accepté d’être la déléguée de La France noire dans son département et plus largement dans la région parisienne. Afin de l’aider à faire connaître notre association dans sa zone d’action, une manifestation sera proposée à une municipalité des Yvelines autour de l’une de nos trois expositions pédagogiques. Ce projet sera mis en route quand les mesures sanitaires relatives à la COVID-19 le permettront.

          Merci à notre première déléguée pour son engagement qui nous fait plaisir. La France noire travaillera à mettre à sa disposition les documents publicitaires nécessaires à son action. Nous espérons qu’autour d’elle se constituera, avec le temps, une équipe dynamique qui nous fera connaître non seulement auprès des établissements scolaires mais également auprès des mairies de la région parisienne.

Raphaël ADJOBI