Alexis de TOCQUEVILLE et Gustave de BEAUMONT ou DE LA FORTUNE DES LIVRES (une analyse de Raphaël ADJOBI)

Alexis de Tocqueville et Gustave de Beaumont, tous deux issus de l’aristocratie française, furent amis de jeunesse et compagnons de voyage aux États-Unis et en Irlande au moment de la révolution française de 1830. A leur retour de ce périple, ils publièrent ensemble un rapport sur les prisons en 1833. En 1835, Tocqueville publie De la démocratie en Amérique, et Beaumont Marie ou l’esclavage aux États-Unis. Deux livres majeurs en ce début du XIXe siècle mais qui auront des fortunes différentes.

Dès 1835, le livre de Tocqueville est traduit en anglais et connaît un immense succès de l’autre côté de l’Atlantique ; le second tome est traduit en 1840. Cette popularité s’explique par la bonne opinion des États-Unis dont fait montre son auteur, mais aussi parce que la bourgeoisie américaine naissante apprécie la compagnie des personnes issues de la noblesse française.

« L’Américain de Tocqueville est avant tout un Américain du Nord, habituellement de la Nouvelle-Angleterre, d’origine britannique ou allemande », donc blanc (Nell Irving Painter, Histoire des Blancs, Max Milo Éd., 2019). Les Blancs du Sud des États-Unis ne font pas partie des Américains typiques tels qu’il veut les montrer à ses contemporains*. Selon lui, à cause de l’esclavage, l’Américain du sud est vicié dès sa naissance par une sorte de dictature domestique qui le rend violent, altier, manquant de la détermination nécessaire pour réussir : « L’Américain du sud aime la grandeur, le luxe, la gloire, le bruit, les plaisirs, l’oisiveté surtout ; rien ne le contraint à faire des efforts pour vivre, et comme il n’a pas de travaux nécessaires, il s’endort et n’en entreprend même pas d’utiles […]. L’esclavage n’empêche donc pas les Blancs de faire fortune, il les détourne de le vouloir ».

Quant aux Noirs, ils sont des détails négligeables que Tocqueville a laissés à son compagnon Gustave de Beaumont le soin d’en faire la matière de son livre. En négligeant l’hétérogénéité raciale du pays – ce qui suppose des frictions – « il minimise l’un des problèmes majeurs de la politique et de la culture américaine » (Nell Irving Painter, Histoire des Blancs). C’est donc l’éloge de cette Amérique blanche du nord, ingénieuse qui réussit, qui lui semble conforme à une société démocratique et égalitaire. Bien sûr, quand tout ce qui pose problème est écarté, on ne peut que réussir la société parfaite ! Voilà donc l’image idyllique des États-Unis peinte par un Français que les Blancs de ce pays vont populariser pour leur grand plaisir et faire par la même occasion la fortune de son auteur.

Malheureusement pour Tocqueville les États-Unis n’ont jamais été uniquement blancs !

A vrai dire, Tocqueville a eu le temps de prendre conscience de la réalité hétérogène de la société américaine et du danger de « grandes révolutions » que lui font courir les inégalités qu’elle entretient entre populations noires et populations blanches. Mais comme le montre très bien Nell Irving Painter, aborder longuement et sérieusement ce problème serait détruire ou déformer l’image égalitaire qu’il a construite de ce pays au départ.

L’autre Amérique qu’il a vue mais qu’il refuse de prendre en compte pour laisser intacte son œuvre, c’est son compagnon de voyage Gustave de Beaumont qui s’en charge. Plutôt que de se lancer dans une théorie explicative, celui-ci écrit un roman – Marie ou l’esclavage aux États-Unisqui présente l’esclavage, et donc les Noirs, comme partie intégrante de la société américaine et non comme un simple détail. Les scènes de la vie quotidienne que les deux aristocrates ont vues et sur lesquelles ils ont sûrement échangé – puisque Tocqueville renvoie son lecteur à l’œuvre de son ami – et que montre le roman persuadent n’importe quel lecteur que devant la démocratie vertueuse théorisée par Tocqueville se dressent des barrières aussi infranchissables qu’en Europe. Dans ce pays, dit-il, la règle de la souillure qui affirme qu’« une seule goutte de sang suffit » pour faire d’une personne apparemment blanche un Noir prévaut partout et constitue un grand frein à une véritable démocratie. Les Américains, selon lui, appartiennent à une aristocratie héréditaire basée sur la croyance en une mythologie de sang souillé et en des origines qu’ils ne voient pas et ne connaissent pas.

Tout le monde comprend pourquoi le livre de Tocqueville, le flatteur de l’Amérique blanche, a été aussitôt traduit en anglais et popularisé aux États-Unis, alors que celui de Gustave de Beaumont a dû attendre cent-vingt-trois ans – jusqu’en 1958 – pour connaître le même sort. Nell Irving Painter – l’autrice de Histoire des Blancs – mentionne qu’il n’y eut aucune édition pratique en livre de poche pendant cent soixante-quatorze ans. Il a fallu attendre 2009 pour cela ! L’historienne américaine termine son étude sur le traitement inégal réservé aux deux hommes dans son pays par cette histoire éclairante à propos d’un livre destiné à saluer le travail des deux Français : « En 1938, George Wilson Pierson publia Tocqueville and Beaumont in America, qui donnait de leur séjour une étude savante, en s’appuyant sur leurs carnets et leur correspondance. Quand John’s Hopkins University Press republia cet ouvrage en 1996, le contenu était exactement le même, mais le nom de Beaumont avait disparu du titre qui désormais se résumait à Tocqueville in America ». Et l’autrice de Histoire des Blancs conclut : « Et c’est ainsi, à petit bruit mais pour toujours, que Beaumont et ses États-Unis agités et multiraciaux ont cédé la place à ceux de Tocqueville, une Amérique égalitaire, démocratique, d’hommes blancs ».

* Ne perdons pas de vue que le souci premier de l’aristocrate Tocqueville est de gagner de l’argent.

Raphaël ADJOBI

COMMENT LES IRLANDAIS SONT DEVENUS BLANCS de Noël Ignatiev (une analyse de Raphaël Adjobi)

Dans ce livre, Noël Ignatiev laisse de côté la déportation des Irlandais par les Anglais au XVIIe siècle dans leurs colonies des Amériques – pour les soumettre au travail forcé alimentant ainsi les caisses de la Couronne. Il s’intéresse plutôt à la fin du XVIIIe et surtout au XIXe siècle. En effet, l’intention de l’auteur est de montrer simplement « comment les Irlandais catholiques, une race opprimée en Irlande, sont devenus membres d’une race d’oppresseurs en Amérique ». Durant cette période, les Irlandais sont arrivés sur le continent américain en même temps que des milliers d’Européens, souvent des travailleurs sous contrat ou engagés (contraints à quelques années de servitude avant de retrouver leur liberté), des prisonniers pour dette… Tous « soumis à des conditions d’exploitation atroce, beaucoup mouraient avant le terme de leur contrat ».

Dès que les Irlandais ont commencé à débarquer massivement, on les affecta à tous les travaux pénibles sur les voies ferrées et les canaux où « ils travaillaient pour de bas salaires et dans de dangereuses conditions ». Surtout que pour beaucoup de chefs d’entreprise « Les nègres coûtent trop cher pour être risqués [sur les canaux] ; si les Paddies passent par dessus bord ou se cassent le dos, personne ne perdra rien ». Et dans le sud esclavagiste, « on les employait parfois dans les cas pour lesquels il eût été absurde de risquer la vie d’un esclave », assure Noël Ignatiev. Retenons donc qu’à leur arrivée aux États-Unis, les Irlandais se sont retrouvés mêlés aux Noirs, « partageant avec eux emplois et lieux d’habitation ». Aussi, dans les quartiers pauvres, on trouvait « des dizaines de Noirs et de Blancs entassés dans la promiscuité, accroupis ou allongés sur le sol nu, et se protégeant du froid en se couvrant le corps de chiffons dégoûtants ramassés au hasard », dit un rapport de Philadelphie publié en 1853. Conséquence de cette promiscuité : « le recensement de 1850 fut le premier à introduire une classe d’individus regroupés sous le nom de “mulâtres” ; il en dénombrait 406 000 dans tout le pays, dont 15 000 en Pennsylvanie ».

Quand les Irlandais inventent la “Color line” en poussant à l’union sacrée des Blancs

Il convient de dire que de nombreux Irlandais qui arrivaient « affamés et désespérés, étaient prêts à travailler pour un salaire inférieur à celui des personnes de couleur libres, et les embaucher relevait du simple bon sens capitaliste ». En quelques décennies donc, presque toutes les tâches subalternes qu’accomplissaient les Noirs ont été occupées par les Irlandais, alors que les deux groupes constituaient l’essentiel du prolétariat non qualifié dans le Nord. Des autorités publiques au commun des Américains, on disait des Irlandais qu’ils étaient « les nègres blancs » ou des « nègres à l’envers » ; et les Noirs étaient qualifiés d’« Irlandais enfumés ». Frederick Douglas dira ; « L’Irlandais, en adoptant les tâches qui nous étaient réservées, adopte aussi notre déchéance ». Il avait bien vu ; et les caricaturistes s’en donneront à cœur joie.

Mais il n’a pas échappé aux Irlandais qu’ils étaient arrivés dans « une société dans laquelle la couleur jouait un rôle essentiel dans la fixation de la position sociale ». Ils vont très vite s’adapter à ce modèle auquel il n’étaient pas habitués. Maintenant qu’ils ont évincé les Afro-Américains de tous les secteurs qui leur semblaient destinés, et que désormais c’étaient eux les affamés et les désespérés, ils vont actionner la ligne de la couleur – la « color line ». Dans les usines, les travaux de construction, chez les garagistes, les menuisiers, les emplois domestiques… les Irlandais exigeaient qu’aucun Noir ne soit autorisé à travailler avec eux. Ainsi, en offrant leurs services pour un salaire inférieur, les Noirs ne parviendront pas à faire jouer la logique capitaliste de la loi du marché. Les Irlandais militaient dans des syndicats pour le maintien des Noirs en esclavage chez les planteurs du Sud pour qu’ils ne viennent pas concurrencer la main d’œuvre blanche dans les métiers subalternes qu’ils occupaient dans le Nord. Pour eux, les deux secteurs d’activité – les travaux des champs et les travaux subalternes des villes – sont de l’esclavage : un esclavage non salarié pour les Noirs et un esclavage salarié pour les Blancs, voilà ce qu’ils voulaient ! Dès lors se multiplieront les discours qui feront l’apologie de l’esclavage qui rend les Noirs heureux tandis que l’ouvrier blanc souffre dans le Nord. Aussi, après une longue analyse des querelles ou animosités entre les nombreux groupes issus d’horizons différents, Noël Ignatiev conclut : « Il faut voir dans les premiers syndicats ouvriers […] des institutions destinées à assimiler les Irlandais à l’Amérique blanche ». Et il ajoute plus loin que « c’est l’assimilation des Irlandais à la race blanche qui a rendu possible le maintien de l’esclavage ».

Quand les Irlandais auront envahi tous les secteurs d’activité subalternes et qu’ils ne voudront pas les quitter, ils vont revendiquer la citoyenneté avec tous les droits supérieurs à ceux des Afro-Américains en raison de leur couleur de peau. Ils vont pouvoir exploiter la loi de 1790 adoptée lors du premier congrès des États-Unis stipulant que seules les personnes « blanches » pouvaient devenir des citoyens naturalisés. C’est pendant cette période de l’assimilation des Irlandais à la blanchité que vont se multiplier les attaques contre les Noirs et les abolitionnistes. Tout le chapitre 5 du livre (qui en compte 6) est consacré à la démonstration de la complaisance des autorités publiques devant les violences contre les Afro-Américains sommés de ne pas résister car cela encouragerait les Blancs à être davantage violents. Et tout cela avec la multiplication des droits pour les Blancs non applicables aux Noirs. Il ne faut donc pas s’étonner que les États-Unis aient choisi à un moment de leur histoire la ségrégation raciale comme solution “juste et équitable” pour maintenir la paix sociale et permettre aux Blancs de prospérer sans concurrence. Ce qui fait dire à Noël Ignatiev que « La suprématie blanche n’était pas une faille à la démocratie américaine, mais faisait au contraire partie de sa définition ».

Raphaël ADJOBI

Titre : Comment les Irlandais sont devenus blancs, 292 pages.

Auteur : Noël Ignatiev

Éditeur : Smolny, 2024 pour la traduction française.

Exposition « AUX ORIGINES : Regards croisés sur le racisme et les discriminations » (l’avis de Raphaël ADJOBI)

Quand on est dirigeant d’une association nationale qui œuvre depuis bientôt dix ans pour faire connaître le visage du racisme à travers les mots et les images en plongeant à l’origine de ce fléau inventé par l’Europe, l’exposition Aux origines : regards croisés sur le racisme et les discriminations proposée par le musée de La Porte dorée (ou Musée de l’immigration), on n’apprend rien de nouveau ; mais je me permets ici de donner mon avis sur son intérêt pour le public.

Cette exposition donne la parole aux Français d’aujourd’hui, et même aux jeunes (à travers une vidéo), pour dire ce qu’ils vivent quotidiennement ; pour qu’ils disent ce que veut dire « être discriminé », ce que veut dire « subir le racisme ». Aux origines est donc avant tout un miroir tendu à la France et qui semble dire :« C’est ainsi que nous vivons dans notre pays ». On se dit alors, en tant que visiteur, que ce que nous regardons sur les chaînes de télévision et écoutons sur les radios n’est pas la France mais une fable politique. En d’autres termes, cette exposition est une invitation à éteindre plus souvent le téléviseur et à rechercher davantage de mixité dans les relations humaines par la lecture, le cinéma, les activités d’ouverture à l’Autre.

Il y a aussi dans cette exposition un point de vue percutant sur la racialisation des êtres en quatre schémas censés définitifs et enseignés comme une vérité universelle. Cette force du message se lit dans le titre du montage qui invite à dépasser l’assignation des individus à des identités uniques et réductrices : “Quand les catégories échouent” ! L’œuvre « met en évidence l’écart entre les catégories raciales, culturelles ou historiques (enseignées) et la réalité des expériences vécues. Face à la diversité concrète des couleurs de peau, de visages et des corps, les oppositions simples et les hiérarchies factices ne tiennent plus ». Ce montage mérite d’être montré aux jeunes, les citoyens de demain, leur donnant une idée exacte du monde où les êtres humains n’ont jamais été séparés par des barrières immuables ; ce qui explique leur très grande diversité de couleurs et de formes. Sur un autre pan de mur, que sépare le passage de la déambulation, est installé un deuxième montage qui se passe de commentaire : il s’agit d’une série d’images de sculptures grecques et romaines montrant des formes galbées d’hommes et de femmes n’ayant rien à voir avec la population européenne que chacun connaît mais présentées et reproduites à travers les siècles comme l’image du Blanc éternel. La réalité du monde d’un côté et l’imaginaire européen de l’autre !

Le sujet que l’on ne peut éviter quand on aborde le racisme c’est le mensonge ou la falsification de l’histoire. A ce propos, chacun doit retenir que l’histoire est un récit et que par voie de conséquence quand il fait état de la rencontre entre au moins deux personnes ou deux populations, il doit être tenu pour partiel et partial, sinon faux, tant que l’on n’a pas la version de l’autre partie ! Un an après la guerre de sécession aux États-Unis d’Amérique (1861 – 1865) est publié un livre illustré racontant l’événement du point de vue des esclavagistes du sud ; les esclaves africains n’y figurent pas ! Pour leur rappeler la réalité de l’histoire qui suppose le regard des différents protagonistes ou acteurs, l’artiste Kara Walker a ajouté de grandes silhouettes noires par-dessus ces images anciennes. En perturbant ainsi les scènes du livre illustré avec des corps qui traduisent la violence et les vies effacées par le récit officiel, l’artiste questionne l’histoire et ses silences. Le visiteur a la nette impression que chaque silhouette noire hante chacune des scènes du récit officiel pour dire sa vacuité.

Chaque fois que l’on visite une exposition au musée de la Porte Dorée ou de l’immigration, c’est la diversité ethnique et culturelle des visiteurs avec la présence de nombreux jeunes ou adolescents qui impressionne. En regardant cette population composite, je ne peux m’empêcher de penser aux compatriotes des campagnes de l’hexagone qui ont rarement l’occasion de vivre des moments pareils. Être aussi nombreux et divers à tendre vers la même direction est un moment qui nourrit la cohésion sociale et nationale.

Raphaël ADJOBI

° L’exposition est visible jusqu’au 23 août 2026.

Oppression raciale et oppression nationale ou coloniale (une présentation de Raphaël ADJOBI)

Comment les Irlandais sont devenus Blancs de Noël Ignatiev est plein d’enseignements. Il permet de comprendre comment les opprimés puis esclavagisés Irlandais catholiques sont parvenus à faire partie de l’union sacrée des oppresseurs blancs en Amérique – pour reprendre la formule de l’historienne américaine Nell Irvin Painter (L’histoire des Blancs, éd. Max Milo, 2019). Cela oblige le lecteur à plonger dans la fange des travailleurs européens dans les siècles de la déportation des Africains et leur mise en esclavage dans le Nouveau Monde.

Parmi les nombreux enseignements du livre, le premier qui m’a séduit est la distinction opérée entre « oppression raciale » et « oppression nationale » (que nous appellerons aussi coloniale). A vrai dire, c’est une idée reprise par l’auteur à son compatriote et intellectuel américain Theodore W. Allen. Selon celui-ci, la différence entre les deux oppressions tient à la composition du groupe qui détient le pouvoir de domination. Sous un système de domination nationale (ou coloniale) comme celui que la Grande-Bretagne a imposé à l’Inde ou la France à plus d’une dizaine de territoires africains, ou celui que les États-Unis continuent d’imposer à Porto Rico, la puissance conquérante exerce sa domination en incorporant à l’appareil dirigeant certains membres des classes supérieures de la population soumise. Il s’agit donc d’une domination avec des traîtres au regard de nombreux dominés ! Sous un système d’oppression raciale, la domination de l’élite ou de la puissance conquérante s’appuie sur le soutien des classes laborieuses issues du groupe oppresseur. C’est dire que la domination raciale s’exerce au sein d’un territoire national où résident des populations reconnues comme des minorités, ou au sein d’une colonie de peuplement – et cela avec un marqueur reconnaissable par tous (la couleur de la peau ou l’origine). La domination raciale peut être officialisée (ségrégation aux États-Unis, apartheid en Afrique du sud) ou s’exercer par des mesures institutionnelles discriminatoires visant les minorités nationales ou autochtones.

Force est de constater que quand la domination raciale ne compartimente pas officiellement les populations, elle ne facilite pas leur cohabitation parce que l’élite dirigeante prend toutes les dispositions pour rendre les classes sociales inférieures qui lui ressemblent – par la couleur de la peau ou l’origine – complices de sa politique de discrimination à l’égard des minorités. Ce qui fait dire à Theodore W. Allen que « la marque distinctive de l’oppression raciale [c’est la réduction] de tous les membres d’un groupe opprimé à un même statut social indifférencié, un statut situé en dessous de celui de n’importe quel membre de n’importe quelle classe sociale » du groupe dominant. « La race blanche se trouve par conséquent composée de tous ceux qui ont en commun les privilèges liés à la peau blanche dans cette société », conclut Noël Ignatiev avant d’ajouter : « ses membres les plus infortunés bénéficient d’un statut supérieur à celui des membres les plus favorisés du groupe qui en est exclu », c’est-à-dire du groupe non-blanc. Et malheur à une personne non-blanche qui tenterait de se hisser à des fonctions habituellement dévolues à la population blanche !

Quand l’Irlande était une colonie anglaise

Retenons que lorsqu’un peuple européen colonise un autre peuple européen, le résultat est le même. Aussi Noël Ignatiev tient à nous montrer que « L’Irlande du XVIIIe siècle constitue un cas classique d’oppression raciale. Les catholiques y étaient connus sous le nom d’autochtones irlandais, de Celtes ou de Gaëls (mais aussi de “papistes” et autres appellations peu flatteuses), et on les considérait – et ils parlaient souvent d’eux-mêmes – comme une “race” plutôt que comme une nation. Les Lois pénales leur imposaient un statut de caste auquel nul Irlandais, quelle que soit sa richesse, ne pouvait se soustraire. La hiérarchie de race et de classe était assurée par Les Dissidents, qui étaient pour la plupart des fermiers presbytériens, des artisans et de petits commerçants, descendants des soldats installés par Cromwell [1649-1650, conquête de l’Irlande] et des Écossais installés plus tard en Ulster ». Et pour ces Dissidents [Dissenters] qui constituaient la majorité des non-catholiques du groupe dirigeant, « le plus minable des protestants avait au moins, à défaut d’autre chose, la consolation de se dire qu’il faisait partie de la race dominante » (W. E. H. Lecky, History of Ireland in the Eighteenth). Noël Ignatiev termine ce sombre tableau par ces mots : « Sous le joug protestant, la masse des Irlandais – c’est-à-dire les catholiques – vivait dans des conditions de misère si extrêmes qu’elles provoquèrent la pitié et la condamnation » de penseurs anglais et anglo-irlandais.

* Selon Noël Ignatiev, quelques-unes de ces absurdités ont été soulignées par Barbara J. Fields dans son article « Ideology and Race in American history ».

Raphaël ADJOBI

Titre : Comment les Irlandais sont devenus Blancs, 291 pages

Auteur : Noël Ignatiev

Éditions : Smolny, 2024 pour la traduction française.

UNE POUPÉE EN CHOCOLAT (Amandine GAY) ou l’enfant adoptée soucieuse de l’Histoire

@ Note de l’autrice : « Dans cet ouvrage, le féminin inclut le masculin, et est utilisé sans discrimination, afin d’alléger le texte ». Mon billet respecte ce choix.

En France, l’adoption transnationale ou transraciale qui domine le marché est toujours présentée comme un sujet de spécialistes parlant d’enfants qu’il faut sauver et aider à intégrer la société française. Aussi, dans un univers où la production académique est dominée par les parents adoptants, les travailleuses sociales, les professionnelles de santé mentale et les représentantes des agences d’adoption, il est tout à fait réjouissant d’entendre une adoptée clamer tout haut qu’elle n’est pas une éternelle enfant et qu’elle a droit à la parole, qu’elle a son mot à dire par rapport non seulement au système qui structure l’adoption mais aussi par rapport à l’éducation des adoptées vouées à être assimilées ou broyées.

Amandine Gay n’est pas tendre avec les institutions françaises et internationales qui ne se soucient guère de la persistance de l’inégalité de traitement entre les enfants issus du Sud-global et ceux du Nord-global, ni avec les agences d’adoption dont le rôle est éminemment politique et demeure empreint de l’esprit colonial, ni avec les familles adoptantes dont nombreuses sont ouvertement racistes ou suprémacistes*. Même si la sienne a été infiniment aimante, elle n’a pas échappé à l’ignorance des pratiques qui auraient permis à leur fille noire de se forger une personnalité contre la négrophobie française. Oui, retenez tous que quotidiennement les personnes à la peau foncée, issue de l’esclavage, de la colonisation ou adoptées (aujourd’hui forcément d’Afrique, d’Asie, de l’Amérique) subissent indifféremment le racisme et le suprémacisme blanc. L’amour d’une famille adoptante blanche ne protège pas l’enfant noir de tout horizon, l’enfant asiatique, amérindien, du racisme blanc !

Un livre à lire absolument par toutes les familles pour avoir un moment de réflexion sur le sens de ce que l’on appelle justement « une famille » – malheureusement toujours perçue sous l’angle du « lien du sang » ou « lien biologique ». Le chapitre consacré à l’adoption plénière qui se rapporte à cette idée est très instructif et éclaire la notion de l’enfant dans les pays occidentaux. Retenez que dans les communautés africaines, amérindiennes et sud-asiatiques, « l’intérêt supérieur de l’enfant est inextricablement lié à l’intérêt supérieur de la communauté et vice versa ». Aussi, les adoptées transraciales tiennent-elles à redéfinir ce que l’Europe entend par « L’intérêt supérieur de l’enfant » afin d’avoir à leur disposition « la boîte à outils [leur] permettant de se construire et de s’approprier petit à petit [leur] identité » qui n’a rien à voir avec la blanchité.

Un autre point de ce livre que je ne voudrais absolument pas passer sous silence est la profondeur de l’ignorance des Français, de nos gouvernants et de nos institutions quant aux travaux destinés à nous permettre de mieux connaître l’Autre. Quand il s’agit de la recherche spécifique touchant l’automobile, l’aéronautique, les armes (mécaniques ou nucléaires), la France est prête à imiter les autres puissances mondiales au point de rivaliser avec elles. Mais quand il s’agit des soins à apporter aux humains, elle met tout le monde dans le même sac pour ne pas faire de recherches spécifiques. De là son très grand retard par rapport aux pays anglo-saxons sur bon nombre de thématiques. Amandine Gay (réalisatrice), Olivier Pascal-Mousselard (journaliste), François-Xavier Fauvelle (historien), et bien d’autres, ont été obligés de goûter aux sources étrangères pour nous permettre de voir sous un autre angle ce qui nous est enseigné dans nos écoles, lycées et universités.

Raphaël ADJOBI

Titre : Une poupée en chocolat, 355 pages

Auteur : Amandine Gay

Éditeur : La Découverte, 2021.

* Concernant le suprémacisme des familles blanches adoptantes, deux vidéos récemment publiées par deux jeunes filles noires adoptées corroborent les sentiments de l’autrice. Dans la première vidéo, l’adolescente témoigne en ces termes : « Être une fille noire adoptée par une famille blanche qui parle des bienfaits de la colonisation… (mine dépitée)… Je vais écrire un livre ! … Lors d’une discussion, mon daron m’a dit que la colonisation n’a pas fait que du mal. Qui en 2026 parle encore comme çà ? Mon daron m’a regardée dans les yeux et il m’a dit çà !… Il a dit : “oui, on leur a apporté l’éducation, on leur a apporté la culture”… J’étais tellement en bug que je le regardais comme çà ! (yeux écarquillés)… Je dis : “Papa, regarde-moi. Papa ça va ? Je ne te dérange pas trop ?”… Pour lui, en Afrique, il n’y avait pas de culture avant. Il n’y avait pas d’éducation. Il n’y avait que des sauvages ». La seconde vidéo est un reportage de TV monde+ dans lequel une adolescente dit que dans sa famille blanche, elle est la seule personne qui n’a pas droit aux bises lors des fêtes familiales. Chaque fois, elle sait très bien quelles sont les personnes de sa famille qui ne lui feront pas la bise. « Et pourtant, c’est ma famille », conclut-elle.

L’Institut du Monde Arabe présente « Esclaves en Méditerranée »

Le grand intérêt de l’exposition proposée en cette année 2026 jusqu’au 19 juillet par l’Institut du Monde arabe est de rappeler aux Européens et aux Arabes (Moyen-orientaux) que l’exploitation de la force physique de l’autre pour son profit personnel est une pratique ordinaire entre ces deux groupes depuis l’Antiquité – et cela autour de la Méditerranée ; une pratique qui a atteint son apogée entre le XIIe et le XVIIIe siècles avec la multiplication des guerres entre chrétiens et musulmans.

La grande lacune de cette exposition est d’avoir passé sous silence l’origine du mot « esclave » ; ce qui a pour conséquence de ne pas montrer au public comment le mot « serviteur » (servus) – désignant celui qui est aux services de ou aux ordres de – a été supplanté par le nom commun « esclave » (esclavus/sclavus – déformation de “slave”) entre le XIIe et le XIIIe siècle ; cela aurait montré qu’à cette époque il y avait une population particulièrement ciblée par cette pratique arabo-européenne*, même si toutes les populations autour de la Méditerranée étaient touchées par le phénomène.

Par ailleurs, il est tout à fait dommage que cette exposition ne soit pas accompagnée ou prolongée d’un catalogue. Riche en œuvres picturales et en sculptures du XVIIIe et XIXe siècles, cette exposition est une sorte de vulgarisation du livre d’Alexandre SKIRDA intitulé La traite des Slaves du VIIIe au XVIIIe siècle (sous-titre : L’esclavage des Blancs) – même si, comme je l’ai dit plus haut, le mot Slave n’est jamais prononcé. Comme le dit le dicton, il faut rendre à césar ce qui appartient à César : rendons à Alexandre SKIRDA son œuvre dont le début de la quatrième de couverture dit clairement ceci : « L’esclavage inhérent au monde antique n’est pas réapparu au XVIIIe siècle en Europe avec la traite de Noirs à usage colonial vers les Antilles et l’Amérique. C’est ignorer son importance en Europe du haut Moyen Âge et dans les pays slaves. Utilisé pour la première fois en 937, le terme latin sclavus/slaves remplacera ainsi le grec doulos et le latin servus pour désigner l’esclave ».

Dans sa lettre à Alexandre SKIRDA datée du 30 septembre 2010, Jacques Heers (1924 – 2013), Professeur honoraire à la Sorbonne, écrit : « Cher Monsieur, J’ai lu votre livre avec beaucoup d’intérêt et de plaisir car vous êtes l’un des seuls à avoir osé un sujet que la plupart des auteurs se gardent d’évoquer même en quelques lignes. » Oui, l’esclavage des slaves est un sujet tabou en France ! L’autre livre qui en parle longuement est Histoire des Blancs de l’Américaine Nell Irvin Painter (éd. Max Milo, 2019).

* Les actuels Slovènes, Croates, Tchèques, Moraves, Slovaques, Polonais, Serbes, Bulgares, Roumains, Moldaves, Biélorusses, Ukrainiens et Russes (quatrième de couverture du livre).

Raphaël ADJOBI

Le collège Les Guilleraults à Poully-sur-Loire (58 – Nièvre) accueille l’exposition « L’invention du racisme »

Du lundi 18 au vendredi 22 mai 2026, La France noire a été l’invitée du collège Les Guilleraults à Pouilly-sur-Loire pour présenter aux jeunes de l’établissement son exposition L’invention du racisme et la négation des traces de l’homme noir dans l’histoire de l’humanité. C’était pour le conférencier de notre association un réel plaisir de renouer le contact avec la Nièvre, six ans après des interventions au collège Notre-Dame de Cosne-Cours-sur-Loire en 2019 puis en 2020.

Mais avant d’aller plus loin, il importe de dire ici notre infinie reconnaissance à la collègue professeure documentaliste et à Madame la directrice qui croient, comme nous, que les campagnes où la mixité des populations françaises est absolument faible sont celles où se propagent et s’entretiennent aisément les discours et les habitudes racistes. Par conséquent, je dirai sincèrement que tous les enseignants qui prennent pour prétexte l’absence de mixité ethnique dans leur établissement pour ne pas s’intéresser aux thématiques touchant certains pans de notre histoire qui impactent nos relations ont tort. Je dis donc merci Mesdames !

C’est avec beaucoup d’attention que les classes ont écouté le conférencier de La France noire et ont découvert les différents aspects de l’exposition. De toute évidence, les élèves étaient étonnés des faits expliquant le racisme. Et les moyens mis en œuvre pour propager cette idéologie ainsi que les images pseudo-scientifiques la justifiant, comme les publicités et les bandes dessinées, ont beaucoup retenu leur attention.

La collègue professeure documentaliste, au fait de la circulation dans l’établissement des propos nourris par le racisme, a profité de l’occasion pour demander aux élèves de la dernière classe de dire ce qu’ils avaient retenu de la découverte de l’exposition et de la rencontre avec le conférencier. Je retiendrai deux réactions : un élève a dit qu’il appréciait beaucoup d’avoir pour la première fois assisté à une conférence sur une thématique connue de tout le monde mais dont on sait peu de chose ; le deuxième qui avait connaissance de la frise imagée censée représenter l’évolution de l’homme a dit qu’il croyait cette représentation scientifique et donc vraie. Il était heureux de savoir que la représentation proposait un enseignement mensonger. Merci chère collègue d’avoir permis l’émergence de ces sincères sentiments des jeunes.

Merci à tous les collègues qui ont découvert notre exposition en même temps que les élèves et aussi à toutes celles et tous ceux qui sont passés y faire un tour. Merci à Madame la directrice de nous avoir accordé un peu de son temps pour apprécier notre travail. Merci à la collègue qui a associé la deuxième partie du tire de l’exposition « la négation des traces de l’homme noir dans l’histoire de l’humanité » à « la négation des traces de la femme dans l’histoire de l’humanité » rappelant ainsi que les deux combats sont liés depuis le XVIIIe siècle.

Raphaël ADJOBI

Une semaine très riche aux 3 Granges à Saint-Clément (89)

Du jeudi 11 au mercredi 17 juin, l’association La France noire a exposé « L’invention du racisme et la négation des traces de l’homme noir dans l’Histoire de l’humanité » à l’atelier Les 3 Granges à Saint-Clément (89). La semaine a été marquée par une fin d’après-midi festive le samedi 13 et clôturée par une matinée de rencontres pédagogiques le mercredi 17 juin.

C’est en effet avec un réel plaisir que les ami(e)s de l’atelier Les 3 Granges ont assisté à la conférence de La France noire sur “L’invention du racisme” et partagé les moments poétiques et musicaux qui ont ponctué cette fin d’après-midi conviviale. Un temps de contes, de lectures de textes poétiques et de chants témoignant des convictions et des espoirs d’un monde ouvert à la connaissance de l’Autre. Une fin d’après-midi où les rencontres ont ouvert de nouveaux horizons, des perspectives nouvelles…

La matinée du mercredi 17 juin a permis aux élèves de l’école primaire de Saint-Clément de se confronter à la réalité du racisme. Qu’entend un jeune de 10 ou 11 ans dans la formule « c’est un raciste » ? Qu’est-ce qu’un raciste ? La réflexion s’impose pour une définition claire avant d’aller plus loin dans la connaissance de cette idéologie qui a impacté l’humanité tout entière. Bravo aux jeunes de Saint-Clément, citoyens de demain, pour leur attention aux images de l’exposition et aux explications du conférencier. Merci aux enseignantes qui ont jugé utile que les jeunes aient une idée précise de la naissance et des conséquences du racisme dans les sociétés d’aujourd’hui.

Un grand merci à Bernard et à Thérèse, ces artistes qui – comme le conférencier de La France noire – animent depuis le département de l’Yonne des activités scolaires à travers toute la France. Merci à vous qui êtes venus nombreux pour partager ce moment aux 3 Granges.

Raphaël ADJOBI

Les grandes figures du mouvement abolitionniste : FREDERICK DOUGLASS

« S’il est un homme né en esclavage, qui réalisa le souhait insatisfait de millions d’esclaves, c’est Frederick Douglass », assure Howard Zinn dans le chapitre IX de son volumineux Histoire populaire des États-Unis, de 1492 à nos jours (édité en 1980 aux E.U et en 2002 en France par les Éditions Agone). Esclave expédié à Baltimore pour y travailler comme serviteur et ouvrier dans les chantiers navals pour le compte de son maître, il s’arrangea pour apprendre à lire et à écrire. En 1838, âgé de vingt et un an, il s’enfuit vers le Nord et deviendra le Noir le plus célèbre de son époque.

Il était convaincu que la honte de l’esclavage ne devait pas retomber uniquement sur le Sud de son pays mais sur la nation américaine tout entière qui en était complice. Le 4 juillet 1852, lors de la commémoration de l’indépendance des États-Unis, il prononça un discours qui mériterait d’être étudié dans tous les États d’Europe et des Amériques marqués par la diversité de leurs populations du fait de leur histoire esclavagiste et coloniale. En 1857, il déclarait : « L’histoire entière du progrès de la liberté humaine apporte la preuve que toutes les concessions faites jusqu’à ce jour en son auguste nom ont été imposées par la lutte. […] Sans lutte, pas de progrès ». Et il ajoute : « Ceux qui prétendent militer pour la liberté tout en condamnant l’activisme veulent semer sans d’abord labourer la terre. Il veulent la pluie sans les éclairs et les tonnerres ». Or, chacun doit retenir que « Le pouvoir ne cède rien sans qu’on le lui impose. Il ne l’a jamais fait et ne le fera jamais » !

L’exposition « L’invention du racisme » au Week-end de l’interculturalité 2026 de Besançon

Les 5, 6 et 7 juin 2026, La France noire était invitée au deuxième Week-end de l’interculturalité de la ville de Besançon avec son exposition « L’invention du racisme et la négation des traces de l’homme noir dans l’histoire de l’humanité ». Une belle occasion pour l’association jovinienne de poursuivre – après Gagny (93) et Dijon (21) – sa relation avec le grand public lui permettant ainsi d’apprécier la qualité du travail qu’elle accomplit auprès des jeunes dans les établissements scolaires. Oui, il est bon que les adultes aient une idée exacte des connaissances que La France noire offre à leurs enfants et petits-enfants.

Le vendredi 5 juin à 17h, après la présentation de l’exposition à la mairie marquant l’ouverture officielle du Week-end de l’interculturalité, il a fallu déménager à l’hôtel de ville pour proposer le lendemain les deux conférences annoncées dans le programme des festivités. Retenez donc qu’à Besançon la mairie et l’hôtel de ville ne sont pas sur le même site. C’est devant un public curieux et intéressé que s’est déroulée chacune des conférences. Les visiteurs ont été unanimes pour dire que la municipalité aurait dû offrir l’exposition sur une plus longue période parce qu’elle mérite l’attention d’un large public.

Ces moments où plusieurs structures se retrouvent à présenter leurs actions sont aussi ceux où l’on fait des rencontres pour des invitations ultérieures. Si nous avons été invités à Besançon, c’est parce que nous avons été vus à Dijon. Et si demain nous sommes invités à Toulouse, c’est parce que quelqu’un nous aura remarqués à Besançon. Merci à Florent Werguet qui est à la base de notre invitation ; merci à Emily Stuyvers, la cheville ouvrière de l’organisation des festivités. Merci à Madame l’adjointe au maire chargée de la culture qui a pris le temps de venir passer un moment avec nous à l’hôtel de ville. Merci aussi aux stagiaires pour leur aide précieuse.