Exposition : NOUS ET LES AUTRES, des préjugés au racisme (Muséum de Bordeaux)

Expo. Racisme Bordeaux          Des membres de l’association La France noire se sont rendus à Bordeaux le 25 novembre pour visiter l’exposition NOUS ET LES AUTRES, des préjugés au racisme. Initialement programmée du 11 mai 2022 au 5 février 2023, l’exposition se poursuivra jusqu’au 19 février au Muséum de Bordeaux ; signe d’un réel succès. D’ailleurs, le catalogue qui l’accompagne est épuisé !

          En effet, sur place, c’est un réel plaisir de voir un public nombreux et curieux des origines européennes de l’invention des races et leur hiérarchisation. Même si les préjugés et la tendance à essentialiser* l’autre semblent vieux comme le monde, la racialisation des populations de la terre, vulgarisée par des expositions coloniales, est une œuvre européenne qui semble marquer durablement l’humanité tout entière. Oui, tout le monde semble aujourd’hui convenir avec le sociologue et historien Gérard Noiriel (Introduction à la socio-histoire, La Découverte, 2006) que nous vivons dans un monde où le passé pèse sur le présent. Et tout laisse croire – au regard des discours politiques et médiatiques – que les effets de cette racialisation, qui a justifié l’esclavage et la colonisation, se ressentiront sûrement durant plusieurs siècles après nous, si les jeunes générations ne s’en préservent pas. Ouvrir les pages sombres de cette entreprise de grande envergure afin de bien comprendre ce que veut dire être raciste est donc l’objectif que le Musée de l’Homme (à Paris) propose aux visiteurs à travers cette belle exposition au Muséum de Bordeaux.

          Bravo aux deux commissaires scientifiques de l’exposition : Évelyne Heyer (professeure en anthropologie génétique au Muséum national d’histoire naturelle) et Carole Reynaud-Paligot (professeure d’histoire à l’université Paris-I et à la Maison des Sciences de l’Homme-Paris Nord – que La France noire a accueillie pour deux conférences à Joigny en mai 2022). Après Paris en 2017-2018 et Bordeaux en 2022-2023, il faut espérer qu’une autre grande ville de France recevra cette magnifique exposition dans l’intérêt de tous les citoyens.

          Pour l’heure, nous recommandons vivement aux enseignants proches de la capitale girondine de se donner la peine d’aller découvrir « NOUS ET LES AUTRES » afin d’avoir les outils nécessaires pour parler aisément du racisme à leurs élèves. Ils verront alors la nécessité de leur faire découvrir un jour l’exposition pédagogique itinérante de La France noire sur « L’invention du racisme et la négation des traces de l’homme noire dans l’histoire de l’humanité » ; un outil de vulgarisation des recherches sur les origines du racisme et l’ampleur de ses dégâts au XIXe et au XXe siècles.

*Essentialiser : réduire l’identité d’un individu à des particularités morales, des aptitudes intellectuelles ou des caractères psychologiques supposés immuables et transmis de génération en génération au sein d’un groupe humain.

Raphaël ADJOBI

Le « Pass Culture » contre les déserts culturels

Pass Culture La France noire 2022          Chacun doit désormais retenir que le « Pass Culture » est une institution des ministères de l’Éducation nationale et de la Culture ayant pour objectif de « renforcer l’accès à la culture et de diversifier les activités culturelles » des collégiens et lycéens. Il est aussi un outil de valorisation des artistes et gens de lettres souvent obligés de mendier en proposant des rémunérations dérisoires quand ils veulent apporter leurs connaissances aux jeunes dans les établissements scolaires.

          Pour bien apprécier ce que propose l’État, il convient de rappeler les pratiques habituelles vis à vis de la culture avant la mise en place du « Pass culture » ; en d’autres termes, un état des lieux pour comprendre la nouvelle vision des choses.

La place de la culture dans les établissements avant 2022

          Partons de notre expérience personnelle avec notre région : la Bourgogne-Franche-comté. Depuis plusieurs années scolaires, celle-ci octroie 10et 11€ respectivement à chaque lycéen de l’enseignement général et de l’enseignement technique au titre de la promotion de la culture. Combien d’enseignants sont-ils au courant de ce dispositif régional ? Combien de lycéens peuvent-ils dire en avoir profité grâce à des interventions extérieures ? Qu’en est-il dans votre région ? Par ailleurs, une semaine (ou une journée) pour promouvoir l’engagement citoyen de l’élève lui permettant de se nourrir des expériences des associations était en vigueur depuis de nombreuses années. Dans votre région, combien d’établissements se plient-ils à cette mesure et invitent des associations sur leur budget de fonctionnement ?

          Devant l’évidente carence de la culture au sein des établissements scolaires – parce que les recommandations ministérielles en la matière enthousiasment peu d’équipes pédagogiquespar un décret daté du 6 novembre 2021 modifié par l’arrêté du 20 septembre 2022 est mise en œuvre sur le plan national une structure dénommée « Pass culture » permettant aux jeunes scolarisés au collège et au lycée d’accéder plus facilement à la culture et aux loisirs. Cette mesure à deux volets : un volet individuel (chaque jeune accède à des contenus culturels via une application Internet grâce à un crédit mis à sa disposition) et un volet collectif (via l’établissement scolaire, les classes doivent bénéficier de l’intervention d’acteurs portant des actions à valeur culturelle). Intéressons-nous à ce dernier volet qui participe à la diversification des connaissances de la jeunesse par le biais d’autres adultes que les professeurs des établissements scolaires.

La notion de culture clairement définie

          La partie collective du « Pass culture » permet aux enseignants de financer des activités d’éducation artistique et culturelle pour leur classe. Ici, il n’est pas question de sport et de voyage ! Ce volet qui s’appliquait en 2021 aux élèves de la quatrième à la terminale des établissements publics et privés sous contrat a été élargi aux classes de sixième et cinquième par le décret du 20 septembre 2022. Voici les grandes règles qui mettent en évidence tout l’intérêt de ce dispositif.

Règle n° 1 : les ministères de l’Éducation nationale et de la culture présentent une liste de porteurs de réalisations (arts, ateliers, conférences, expositions, lectures…) qui correspondent à sa définition de la culture sur une plateforme appelée ADAGE. Une liste qui a le mérite de permettre aux professeurs de choisir les acteurs culturels selon leur besoin, leur goût et leurs convictions en restant en accord avec la ligne directrice de l’État. Pour les intervenants, il s’agit clairement de l’obtention de l’agrément ministériel après l’agrément académique.

Règle n° 2 : les établissements scolaires ne reçoivent pas d’argent pour cette mission culturelle mais dispose d’un compte à débiter¹ mis à leur disposition par le biais de la base de donnée ADAGE où sont référencés les acteurs culturels homologués. Le budget de fonctionnement toujours jugé trop maigre par certains ne peut donc plus servir d’argument pour priver les jeunes d’activités culturelles !

Règle 3 : Combien chaque établissement scolaire français peut-il dépenser par année au titre de la culture pour les élèves ? Avant l’intégration des classes de sixième et de cinquième au système le 25 août 2022, voici les plafonds des dépenses tels qu’ils étaient définis :

Pass Culture Plafonds des dépenses

En clair, selon le tableau ci-dessus, si par exemple un établissement scolaire compte 4 classes de quatrième avec une moyenne de 25 élèves – (4 x 25) 100 élèves – il dispose de (100 x 25) 2500à dépenser durant l’année scolaire. Aux professeurs du niveau des classes de quatrième d’un tel établissement de dépenser cette somme en choisissant les intervenants parmi les acteurs culturels de la liste ADAGE ! Bien sûr, un établissement peut inviter un intervenant non homologué et le rémunérer sur son budget de fonctionnement comme cela se fait actuellement. Ces plafonds des dépenses, tout à fait conséquents, constituent une valorisation du travail des acteurs culturels dont la rémunération repose sur des tarifications précises que tout le monde peut consulter sur plusieurs sites Internet (SGDL, Auteurs…). L’État a compris que la culture a un prix ! Et rémunérer les artistes et les gens de lettres au juste prix, c’est les respecter.

Le « Pass Culture », une arme contre les déserts culturels

Conclusion ou lœil du ministère de l’Éducation nationale et de la culture : S’il appartient au chef d’établissement de mettre en place le système du « Pass Culture », toute la liberté de son utilisation revient aux enseignants et surtout aux documentalistes qui sont les animateurs des établissements scolaires. Eux seuls seront jugés ! En effet, les projets ou choix des professeurs seront « publiés sur une cartographie des écoles et établissements scolaires. […] Cet affichage des réservations des utilisateurs du “Pass Culture” participe à la reconnaissance des dynamiques culturelles de chaque école ou établissement scolaire ». En clair, l’Éducation nationale saura dans quels établissements travaillent les professeurs qui savent ce que veut dire Culture et se servent des outils culturels mis à leur disposition pour ouvrir l’esprit des jeunes au monde ! Diversifier les sources des connaissances des jeunes, c’est déjà faire soi-même preuve de curiosité. Reconnaissons aussi que ce dispositif est un excellent moyen de permettre aux établissements éloignés des grandes villes de faire venir à eux la culture ; il est évident que nous allons vers un régime d’égalité en matière de consommation de la culture. Le « Pass Culture » s’avère donc une arme contre les déserts culturels !

Raphaël ADJOBI

1. A la mention « le remboursement est crédité par virement au compte de l’établissement sur la base de la validation des contremarques conformément aux modalités prévues […] Ces contremarques ayant valeur de réalisation du service proposé » s’ajoute le fait que les acteurs culturels fournissent les références de leur compte bancaire à la plateforme ADAGE.

Black Far West : une contre-histoire de l’Ouest américain

Cow-boys          Tous ceux qui ont vu l’intégralité du documentaire Black Far West, le samedi 15 octobre 2022 sur la chaîne Arte, ont pu entendre l’un des derniers intervenants – un Blanc – dire de manière claire et nette que « chaque génération doit réécrire son histoire. L’histoire ne change pas ; mais notre perception de l’histoire change. Ce que nous choisissons d’inclure ou d’exclure diffère de génération en génération ». Et un autre intervenant, un Noir, a ajouté : « Nous voulons tous la vérité ; mais peu de gens veulent entendre la vérité. Beaucoup de gens ne veulent entendre que ce qui les met à l’aise. Ainsi, mettent-ils de côté les choses qui les mettent mal à l’aise. On aime que les gens nous disent qu’on a raison. On n’aime pas que l’on nous dise qu’on a tort ».

          Nous pourrions arrêter là l’analyse du documentaire et dire qu’il appartient à chacun d’interroger sa conscience par rapport à ce qu’il entend régulièrement raconter autour de lui ou dans les manuels scolaires concernant l’histoire de son pays. Oui, chacun peut continuer à vivre avec ce qu’il retient ou pas comme leçon du documentaire. Cependant notre but étant d’instruire la jeunesse qui n’est nullement responsable de ce que ses aïeux ont fait, nous tenons tout de même à ce qu’elle sache que la jouissance insolente ou la perpétuation sans vergogne de certains héritages la rendrait complice du crime ou du mensonge qui leur est attaché. Notre ferme intention est donc de préserver cette jeunesse d’un récit erroné qu’elle pourrait véhiculer sans scrupule pour nourrir plus tard des discours politiques méprisants clamant que certains parmi nous n’ont pas d’histoire. Oui, celui qui affirme que l’Autre n’a pas d’histoire n’a pas d’estime pour lui. Et pendant trop longtemps, c’est ce que les États-Unis d’Amériques – et d’autres pays aussi – ont raconté à leurs citoyens et au monde entier.

Le cavalier solitaire          Il apparaît clairement dans Black Far West que les héros blancs popularisés par le cinéma et qui constituent la culture des parents des jeunes collégiens, lycéens, et étudiants d’aujourd’hui étaient en fait des Noirs qui se sont illustrés dans les Amériques. C’est donc toute une narration de plus d’un siècle, tout un imaginaire construit sur le mensonge qui s’écroule pour les plus de 50 ans. Ce documentaire est l’histoire de l’Amérique dans laquelle Blancs, Noirs et autochtones dit Amérindiens occupent pleinement leur place ; alors que jusque-là les Blancs (visages pâles) occupaient toutes la place face aux Amérindiens (peau rouge) considérés comme des sauvages, le mal dont il fallait triompher. Le chaînon oublié dans le récit de la conquête de l’Ouest américain était donc le Noir. Et c’est sur leur contribution à l’histoire des État-Unis d’Amérique que ce documentaire met l’accent.

Le mythe des héros blancs de la conquête de l’Ouest

Cow-boy James Bakeworth          Quelle désillusion pour les adultes de plus de 40 ou 50 ans de découvrir que l’histoire de Davy Crockett qui a bercé leurs années télé en noir et blanc n’est rien d’autre que celle du métis Américain James Bakeworth (1798 – 1866) qui avait trouvé refuge chez les Amérindiens et combattu à leurs côtés avant de servir dans l’armée fédérale contre eux. Ses prouesses racontées dans son autobiographie parue en 1854 n’ont pas été jugées dignes d’entrer dans l’histoire. La vie de Davy Crockett, nourrie sans doute de celle de J. Bakeworth, si. En effet, au début du cinéma jusqu’à la fin du XXe siècle, pour être un héros, il fallait être blanc. Quelle désillusion d’apprendre que le héros blanc du film Le Justicier du Far West, ressemblant beaucoup à Zoro, n’est en fait que le blanchiment de l’histoire du plus grand Sheriff (adjoint) du Far West américain qui est un Noir. Il avait un cheval blanc et se déguisait souvent en cow-boy (métier méprisé exercé majoritairement au départ par des Noirs) pour approcher les criminels qu’il voulait arrêter. Les prouesses de Bass Reeves – car c’est de lui qu’il s’agit – ont inspiré des films comme Le shérif est en prison (une parodie du Far West) ou encore The Lone Ranger (de Gore Verbinski) – le cavalier solitaire qui va inspirer bien de mythes jusqu’aux récits des bandes dessinées. Quelle désillusion de découvrir que le métier de cow-boy, idéalisé et popularisé par le cinéma, est né avec les esclaves noirs qui s’occupaient des troupeaux. On les appelait « garçon » (boy) pour ne pas avoir à les appeler par leur nom !

Cow-boy - Mary Fields          Quant au récit de la fameuse conquête de l’Ouest qui a laissé croire au monde entier que les Européens ont dû déployer des prouesses pour venir à bout d’un univers sauvage, le documentaire dit clairement que c’est là encore un mythe monté de toutes pièces et popularisé par les films hollywoodiens. La réalité est que les Noirs – les Buffalo Soldiers (honorés par Bob Marley dans une de ses chansons) – ont servi de bras armé au gouvernement fédéral pour arracher aux Amérindiens leurs terres et les donner aux Blancs. A partir d’avril 1889, ceux-ci n’ont eu qu’à se ruer sur le butin pour devenir propriétaires ; et cela dans une mise en scène théâtrale ! Voilà donc pulvérisé le mythe de la conquête de l’Ouest par les Blancs !

          N’est-ce pas vrai que la vérité finit toujours par triompher ? Terminons donc avec cette réflexion de David Grann tirée de son livre La note américaine : « L’histoire est un juge impitoyable. Elle expose au grand jour nos erreurs les plus tragiques, nos imprudences et nos secrets les plus intimes ; elle jouit de son recul sur les événements avec l’arrogance d’un détective qui détiendrait la clef du mystère depuis le début ».

Raphaël ADJOBI

* Toutes les images sont de la revue Télérama

Le collège Saint-Michel à Reims (51) a accueilli notre exposition sur l’esclavage

Reims oct. 2022          Le collège Saint-Michel à Reims est le premier établissement scolaire de la Marne a accueillir une exposition de La France noire. C’est dans un grand CDI, lumineux, en forme de V – créant pour ainsi dire deux départements – que Madame Bindi, la professeure documentaliste, a accueilli notre exposition Les résistances africaines à la traite et les luttes des esclaves pour leur libertés dans les Amériques, pour le grand plaisir des classes de quatrième.

Reims 2          En prolongement de leur cours sur l’esclavage, les élèves ont été très surpris de découvrir des images et des faits qu’ils n’avaient jamais imaginés. Leur attention était donc grande face au récit du conférencier. « L’histoire, vous la racontez, et cela ne peut que les captiver ! » a dit la professeure documentaliste satisfaite de l’écoute attentive des élèves. Effectivement, le conférencier ne fait pas un énième cours d’histoire ; il raconte l’histoire de la traite et de l’esclavage pour faire émerger des figures humaines éprises de liberté, faisant ressortir davantage la violence des méthodes mises en place pour briser cette soif de liberté. Merci Madame Bindi d’avoir vu juste.

Reims Mme Bindi texte          Pendant une semaine – du lundi 10 au vendredi 14 octobre – élèves et enseignants ont visité librement l’exposition. Celle-ci a même servi de support à un travail proposé par la professeure documentaliste aux élèves d’un autre niveau que la quatrième. Soucieuse de toujours proposer aux enseignants et aux élèves des connaissances nouvelles, Madame Bindi a déjà un projet pour l’année prochaine : accueillir notre exposition sur le racisme.

Raphaël ADJOBI

Marronnage : l’art de briser ses chaînes

Marronnage tableaux double          Durant tout l’été 2022, jusqu’au 24 septembre, La Maison de l’Amérique latine – 217, boulevard Saint-Germain (Paris 7e) – a abrité une exposition sur l’art produit par les Africains déportés dans les Amériques et qui ont réussi à fuir le travail forcé imposé par les esclavagistes du Suriname et de la Guyane française pour constituer des villages dans la forêt amazonienne.

Marronnage peignes série          «Ils ont réinventé leur liberté, et même tenté de renverser l’ordre colonial. Entre le milieu du XVIIe siècle et la fin du XVIIIe siècle, six communautés se sont ainsi successivement fondées par marronnage : Saamaka, Dyuka, Paamaka, Boni/Aluku, Matawaï et Kwinti. Engagés dans des combats contre l’armée hollandaise, ces peuples ont su dès 1760 imposer des traités pour faire reconnaître leur souveraineté» disait le texte présentant l’exposition qui laisse clairement comprendre que les héros noirs pour la liberté ne sont pas seulement Haïtiens mais de tous les coins et recoins des Amériques. Le marronnage est en effet inhérent à toutes les sociétés qui furent soumises à la traite négrière et à l’esclavage. L’aire de son développement inclut donc toute la Caraïbe* et quasiment toute l’Amérique du sud où l’on célèbre aujourd’hui les anciens quilombos du Brésil et les palenques de l’Amérique dite hispanophone ; des termes qui renvoient à des villages d’Africains libres. On trouve aussi des traces du marronnage en Amérique du nord, aux États-Unis évidemment. Et concernant les marrons du Suriname et de la Guyane française, le texte ajoute : «La paix revenue, un siècle plus tard, avec le plaisir de créer, naît sous leurs doigts l’amour du beau, de la grâce».

Marronnage La chaise-fauteuil          En effet, cette belle exposition montrait ces deux pans de l’histoire de ces Africains marrons, c’est-à-dire qui ont réussi à fuir la servitude à laquelle ils étaient destinés. La première partie était faite d’images de la vie quotidienne (vie d’esclave ou de captif et vie de marron) accompagnées de textes explicatifs suffisamment courts pour ne pas rendre la visite fastidieuse. La deuxième partie – qui était clairement l’objectif principal de l’exposition – présentait des objets de la vie ordinaire de ces Africains des Amériques ainsi que des œuvres qu’ils ont créées pour le plaisir ou alliant plaisir et utilité : les peignes qui se déclinent en une multitude de formes témoignent de cette dernière volonté. Et outre les tambours, on trouve dans ces objets l’awalé – un jeu très répandu chez les peuples Akan du Golfe de Guinée – la chaise-fauteuil (en deux éléments détachables), et le tabouret Akan qui rappelle celui de l’Ancienne Égypte.

Tembé Loli          Mais ce qui retient de manière particulière l’attention du visiteur, ce sont les œuvres que tout le monde s’accorderait à qualifier d’artistiques parce que considérées comme le fruit de la seule imagination de l’artiste créateur. Elles impressionnent et séduisent par leurs lignes sinueuses et leurs couleurs souvent vives. Cependant, comme l’écrit Christiane Taubira dans l’introduction du catalogue de l’exposition, « Sait-on comment nommer un ouvrage ou une œuvre à forte charge culturelle que l’on observe ou que l’on admire, s’agit-il d’art, d’artisanat, voire d’artisanat artistique ? ». Et pour que l’on comprenne bien le fond de sa pensée justifiant cette question, elle ajoute plus loin : « Les sociétés opprimées intégraient dans leurs récits et leurs préceptes la présence de leurs observateurs, de leurs oppresseurs ». Retenons donc que toutes ces œuvres chatoyantes à forte charge culturelle ne sont certainement pas innocentes, même si elles semblent s’éloigner clairement de leurs origines africaines. L’oppression et la lutte laissent des traces ! D’autre part, quand on observe ces œuvres, on ne peut exclure l’influence amérindienne. Nous sommes donc d’accord avec Christiane Taubira lorsqu’elle dit : «On ne peut ignorer que tous les territoires de traite et d’esclavage, dans les Amériques et les Caraïbes, étaient peuplés d’Amérindiens à l’arrivée des Européens, navigateurs ou colons. Par conséquent, le marronnage, également pratiqué par les Amérindiens, a donné lieu à des alliances…. [et] a ainsi brassé les cultures, les savoirs, les langues, permis le partage de techniques de chasse, de pêche, d’agriculture, la circulation de connaissances en pharmacopée, et bien entendu sur les matériaux utiles à l’artisanat» et…. aux productions dites artistiques.

Raphaël ADJOBI

* Caraïbe : le terme désignait à l’origine la population autochtone – décimée par les Européens – qui occupait les îles situées entre les actuelles Amérique du nord et Amérique du sud. La Caraïbe (ou les Caraïbes) renvoie donc aux îles de l’océan Atlantique et du pourtour du continent américain appelé Amérique centrale.

 

Le Collège Laurent Monnier à Saint-Aubin (39 – Jura) a accueilli notre exposition sur l’esclavage

Saint-Aubin sept.2022 B          Le vendredi 23 septembre 2022, l’exposition « Les résistances africaines à la traite et les luttes des esclaves pour leur liberté dans les Amériques » a été accueillie au collège Laurent Monnier à Saint-Aubin dans le Jura. Grâce au projet pédagogique du professeur d’histoire et géographie, M. Yoann Frelin – qui avait déjà vu cette exposition en 2018 à Saint-François de Sales à Dijon où il exerçait – la direction de l’établissement a donné son accord pour que les élèves des classes de quatrième élargissent leurs connaissances sur « La formation de la personne et du citoyen ».

Saint-Aubin 2022 Raph          En effet, l’exposition de La France noire ne se contente pas de présenter la traite et l’esclavage des Noirs dans les Amériques. Comme son titre l’indique, elle met l’accent sur les luttes pour la liberté. A partir des luttes contre les captures, la déportation et « l’esclavagisation » (ou « esclavisation »), on peut aborder d’autres formes de liberté : liberté d’opinion, de circulation… C’est surtout l’occasion pour les élèves, selon M. Yoann Frelin, de « faire preuve d’esprit critique, et s’indigner contre l’esclavage. [Apprendre à] se battre pour les libertés pour tous et lutter contre les discriminations ». En clair, il appartient à chaque enseignant de faire preuve d’imagination avec ce bel outil pédagogique que nous tenons à la disposition de tous. Et dans notre exposition, la lutte des femmes esclaves pour leur liberté de procréer ou de ne pas procréer éclaire parfaitement le combat des femmes d’aujourd’hui à disposer librement de leur corps. Sur ce chapitre, notre collègue n’a pas manqué de citer Beloved de Toni Morrison ; récit dans lequel une mère est hantée par le fantôme de sa fille qu’elle a tuée pour lui éviter d’être esclave comme elle. Sa vie de cauchemars illustre donc parfaitement le lourd tribut payé par les Noirs pour leur liberté. Ce qui est totalement absent des manuels scolaires.

Saint-Aubin Jura 2022 Loli          Merci à Monsieur le directeur pour l’accueil, et merci de tout cœur à notre collègue documentaliste pour le précieux coup de main à l’installation et à la désinstallation de l’exposition et pour les échanges très intéressants sur la réalité sociale de cette zone du Jura limitrophe de la Côte d’Or, caractérisée par la faible densité de sa population ; état de chose expliquant la rareté des structures ou réseaux culturels. Nous sommes totalement d’accord avec nos deux collègues pour dire que vivre et étudier dans une zone éloignée des grands réseaux culturels demande beaucoup d’imagination pour rivaliser avec les zones qui en sont pourvues. Aussi nos collègues jugent-ils nécessaire la venue de porteurs de connaissances dans cette partie de leur département afin de briser l’isolement, source de pauvreté en matière de culture. La France noire, née dans une petite ville de l’Yonne (89), connaît bien ce souci. Oui, aujourd’hui il est possible de faire venir à soi la culture. Et parce que leurs différents projets sont fort intéressants, nos collègues de Saint-Aubin constituent un exemple à suivre pour les enseignants des petits établissements de province. Oui, ensemble, faisons circuler les connaissances !

Saint-Aubin réduitRaphaël ADJOBI

Le retour de la soirée des retrouvailles de La France noire

Retrouvailles 16 spt. 22          Après deux années de respect de la mesure de l’État interdisant les rencontres de groupe, les membres de La France noire viennent de renouer avec leur soirée annuelle des retrouvailles – à Looze (89) le vendredi 16 septembre 2022. Bien sûr, La France noire étant une association nationale, nos amis de Guadeloupe et des département métropolitains lointains n’étaient malheureusement pas présents. Toutefois, nous les avons associés à cette rencontre en ayant une pensée pour eux.

Retrouvailles sept 22 B          Les participants à ces dernières retrouvailles ont surtout partagé un agréable moment de convivialité. En effet, au-delà de la cérémonie de commémoration de l’abolition de l’esclavage célébrée chaque 10 mai en partenariat avec la mairie de Joigny et l’assemblée générale annuelle de l’association en juin, un moment de retrouvailles hors de toute tension est nécessaire. C’est pourquoi les membres de La France noire ont choisi de se retrouver tous les ans – au moment de la rentrée scolaire ; le caractère pédagogique de l’association oblige – pour passer un moment ensemble et apprendre à mieux se connaître. Mais c’est aussi l’occasion pour tous d’apprécier la mise en œuvre des projets arrêtés à l’assemblée générale de Juin : les perspectives de l’année scolaire 2022-2023 sont excellentes parce que nous enregistrons un accroissement des demandes d’intervention auprès des établissements. D’autre part, le médiatique historien Pascal Blanchard – spécialiste de l’histoire coloniale de la France – accepte notre invitation à Joigny pour deux conférences le jeudi 4 mai 2023 dans le cadre de la commémoration de l’abolition de l’esclavage.

Retrouvailles coupées          Nous pouvons donc dire qu’après deux années de marche assez laborieuse due au COVID, La France noire retrouve sa vitesse de croisière.

Raphaël ADJOBI

« La France noire » à la fête des associations 2022 de Joigny

Visiteur 2022          Le dimanche 11 septembre 2022, la ville de Joigny (89 – Yonne) a organisé une fête des associations locales afin de leur permettre de faire découvrir au public leur spécificité ainsi que leurs activités. Un moment de vie conviviale réussie, après deux années de grande torpeur qui ont quelque peu vidé certaines organisations de leur vitalité par manque de rencontres entre membres ou avec le public.

3 Visiteuses          La fête initialement prévue sur l’aire de parking de la salle omnisport à la sortie de la ville a finalement – heureusement ! – retrouvé son espace habituel : le marché couvert et sa belle et immense esplanade qui fait face à l’Hôtel de ville. Un beau travail d’organisation a permis l’installation rapide d’une soixantaine d’associations. La marque d’une fête réussie c’est l’affluence. Et la fête était belle parce que le public était nombreux à découvrir les associations et à se montrer curieux à leurs prestations. La France noire a été très sollicitée ! Il faut dire que les panneaux pédagogiques présentés ne pouvaient que retenir l’attention des visiteurs et provoquer des réflexions sur la bêtise humaine. Malheureusement, nous avons constaté que toutes les familles blanches ayant des enfants noirs ou métis et toutes les femmes noires ayant des enfants métis n’ont pas daigné s’arrêter ou même jeter un regard du côté de notre stand. Il était même impossible de croiser leur regard ! Cela donne à réfléchir quant au comportement des Noirs et des Blancs ayant en charge l’éducation d’enfants noirs ou métis. Peut-être entendent-ils l’intégration comme une injonction à ne pas jeter un œil vers le passé ou vers la réalité ?

Pascal et Françoise          Merci à Gabrielle (Villeneuve/Yonne) et à Rémy (Chamvres), ainsi qu’à cette collègue – professeure de français, latin et grec (en Seine et Marne) – et à sa fille qui travaille en Inde ; ces dernières ont montré un grand intérêt pour notre travail et ont désiré garder le contact avec notre association pour deux éventuels projets. Merci aussi à ce couple de la Mission locale installé dans notre département à la faveur du COVID-19 qui nous a permis de découvrir leur travail sur la citoyenneté. En effet, il est à retenir que la fête des associations est aussi une occasion qui leur est offerte pour se découvrir les unes les autres et établir si possible des relations de coopération.

  • Photo du bas : Françoise Parry et Pascal Compaoré (membres du Conseil d’administration de La France noire) 

Raphaël ADJOBI

Jocelyne Béroard et l’amère patrie

Jocelyne BéroardLa chanteuse et parolière martiniquaise du célèbre groupe Kassav dit comment la France fabrique des frustrés qui sont obligés de chercher ailleurs leur inspiration pour respirer. Son récit confirme le fait que la France de la laïcité prône la cécité sur la diversité pour ne voir qu’une population incolore, inodore, agréable à voir ! Alors, dit la Martiniquaise, « j’ai commencé à aimer mes cheveux crépus à l’adolescence, grâce aux écrits des Black Panthers et aux artistes afro-américains de Stax et Motown. […] Avec le mouvement « Black and proud », je me suis sentie revivre et j’ai adopté la coupe afro ».

Extrait des propos recueillis par Anne Berthod – Télérama du 20 au 26 août 2022

° Amère patrie : « Clairement, le Zouk n’a pas été reconnu à sa juste valeur par les médias français ; en 1985, aucune télé n’a parlé de notre premier Zénith, à part une émission de foot où nous avions un copain. Idem pour les producteurs, qui ne se sont intéressés à nous que parce que nous avions du succès en Afrique. Certains nous avaient même suggéré au début d’abandonner le créole pour chanter en français ; Or, notre public a toujours été très mélangé. C’est dommage que la France ne mette pas mieux en avant sa diversité. On nous répète sans cesse : « vous êtes la France ». Or, nous sommes à 8000 kilomètres et notre histoire est différente. Les Antilles ont tout appris de la France, mais la France n’a rien compris aux gens de là-bas. Heureusement dans le groupe, nous n’avons jamais laissé l’amertume nous dominer. C’est la force de Kassav et de sa musique. Antidote aux idées négatives. […] Quarante ans plus tard, les Antillais restent fiers d’avoir eu un groupe qui les représente sans édulcorer leur culture ».

° Esclavage (enfouissement de la mémoire de l’esclavage) : « Il n’y a pas eu d’esclaves chez les Béroard, répétait mon père. Évidemment, c’est plus compliqué. Mon père descendait d’un Béroard blanc, mais la couleur de sa peau prouve qu’il avait aussi des aïeux d’origine africaine. Seulement, comme de nombreux Antillais, il n’avait pas envie de faire son arbre généalogique. Personne n’a envie d’être descendant d’esclaves, parce que c’est une douleur, un souvenir horrible, au point que les anciens esclaves ont préféré l’oubli. Ils sont devenus libres en silence, pour ne pas risquer de raviver le passé*. Le traumatisme de la longue traversée en fond de cale dans des conditions épouvantables, l’anéantissement de leur humanité, le rabaissement constant des femmes noires et des hommes noirs, qui voyaient leur compagne accoucher d’enfants métis… tout cela a laissé des traces indélébiles. De tout cela, mes parents ne disaient rien. La notion même de race était chez nous un non-dit ».

* Malheureusement, on ne devient jamais libre en silence ; on a jamais élevé au rang de héros de la liberté des gens qui sont demeurés dans le silence.

Jocelyne Béroard 2° Beauté noire : « À 20 ans, je suis partie à Caen pour faire des études de pharmacie. À mon arrivée en France, j’ai été choquée de lire des articles sur « la beauté noire », comme si c’était quelque chose d’exceptionnel ! Imaginez un article sur la « beauté blanche »…. J’ai moi-même pris tardivement conscience de ce que représentait ma peau noire. Mes parents ne m’ont pas éduquée avec cette notion de différence. Dans mon école de bonnes sœurs, fréquentée essentiellement par les descendants des anciens maîtres, on disait que la maîtresse faisait des préférences : la question du racisme, pourtant bien réel, ne se posait pas. Nos standards de beauté étaient définis par nos Barbie d’importation et nos poupées Bella blondes aux yeux bleues. Moi-même je passais des heures tous les matins à démêler mes cheveux ».

° Bonnes manières et pas de langue créole ! : « J’ai reçu, avec mes cinq frères et sœurs, ce qu’on appelle une éducation bourgeoise. Cela signifiait, dans une société antillaise encore marquée par l’esclavage et l’image de sauvage qu’avait l’Africain, se comporterconvenablement, apprendre les bonnes manières pour obtenir le respect. Parce que si vous étiez malpoli, les portes se refermaient*. Pour ma mère, professeur d’anglais, et pour mon père, chirurgien dentiste, cette éducation à la française était la clef de la réussite. […]… pas une carrière d’artiste ou de chanteuse. […] A l’école, j’apprenais que mes ancêtres les Gaulois vivaient de la pêche et de la cueillette. A la maison, nous parlions uniquement le français […] Le créole était la langue de la rue. C’était la langue du juron, une langue puissante dont les mots, surtout négatifs, prenaient tout de suite un sens plus fort. Quand les insultes fusaient en français, pour viser comme d’habitude les mères et les putains, personnes ne s’en émouvait, alors qu’en créole, cela pouvait finir en combat. […] Nous avions interdiction de le parler, mais nous pouvions le chanter dans certaines circonstances – parce que c’était aussi la langue des chanté Nwel (chants de Noël), des chansons de carnaval… En outre, ma mère ne pouvait s’empêcher de me rapporter certaines phrases en créole, pour m’en montrer toutes les saveurs. En me faisant découvrir sa beauté, elle m’a, en sourdine, donné l’amour de cette langue».

* En d’autres termes, ce sont les Français blancs qui jugent si vous êtes malpoli ou pas et qui vous ouvrent ou vous ferment les portes !

° Culture noire : « J’ai commencé à prendre conscience de ce qui constituait ma culture noire en lisant un texte du percussionniste Henri Guédon ; ce musicien antillais à l’éducation bourgeoise, comme la mienne, y parlait des musiques au tambour, que l’on n’écoutait jamais à la maison, mais qui me faisait vibrer. […] A Caen, dans la diaspora, j’ai enfin eu accès au reste du monde. Parmi mes amis antillais, Lionel, Guadeloupéen, avait beaucoup lu, notamment sur l’histoire des indépendances africaines. Il m’a fait découvrir tout un pan de ma culture ».

Propos recueillis par Anne Berthod ; la première photo est de Cyrille Choupas pour Télérama

Réunion de rentrée de LA FRANCE NOIRE en Île-de-France

Déjeuner de travail 21 août 2022          Le dimanche 21 août 2022, deux membres du bureau de notre association ont rencontré l’équipe de l’antenne de l’Île-de-France pour un déjeuner de travail – deux mois après son installation officielle en juin dernier. Au programme des échanges, deux sujets essentiels : d’une part, agir pour obtenir des adhésions afin de rendre viable l’antenne locale ; d’autre part, obtenir durant le premier trimestre de l’année scolaire une dizaine de rendez-vous avec des chefs d’établissement pour leur proposer nos expositions pédagogiques.

          Les membres du bureau ont remis à nos amis des cartes d’adhésion à proposer à leurs interlocuteurs lors des échanges informels. Par ailleurs, dans le but de susciter des soutiens ou des adhésions, une « conférence-sensibilisation » sur le travail pédagogique de La France noire pourrait être organisée à Sartrouville fin septembre/début octobre. A nos amis de trouver une salle et de fixer une date. Nous espérons qu’en découvrant l’une de nos expositions pédagogiques lors de cette rencontre, les uns et les autres comprendront l’utilité de soutenir une association portée par des spécialistes et donc qui ne nécessite pas d’actions collectives sur le terrain de l’enseignement. En effet, même quand on n’est pas médecin, on peut par exemple donner de l’argent aux médecins qui mènent le combat contre le cancer parce que cette cause nous tient à cœur ! Ce qui veut dire que nous n’avons pas besoin – sous le prétexte d’avoir fait un don – d’aller sur le terrain avec ces médecins. Nous avons tous besoin de reconnaître la qualité des spécialistes et leur faire confiance quant à ce qu’ils peuvent apporter à la société en soutenant financièrement leur action – quand celle-ci nous semble utile. A ce propos, je recommande vivement aux membres de La France noire la lecture du livre de notre collègue Carole Reynaud-Paligot : Le tour de France de Flora Tristan (Éd. Tautem, 2022). Ce livre montre comment, grâce aux soutiens des âmes généreuses, la jeune militante a contribué à la création de syndicats d’ouvriers dans de nombreuses villes de France.

Carte d'ahésion Île-de-France          S’il est toujours agréable et même nécessaire qu’une association ait une vie festive pour entretenir la flamme militante des membres, personne ne doit perdre de vue l’objectif principal de La France noire : apporter des connaissances sur la contribution des Noirs à l’Histoire de France en complément de l’enseignement ordinaire que reçoivent nos enfants et petits-enfants. D’ailleurs, dans sa lettre du 10 janvier 2022, Madame la rectrice a eu ces mots fort réjouissants à l’adresse de notre association : « Nous restons attachés à notre partenariat qui vient en complément de l’action ministérielle ».

          Enfin, pour que d’autres découvrent notre association, il appartient à chaque membre d’en faire la promotion autour de lui en partageant nos publications. Sans les partages, la multiplication des réseaux sociaux ne sert à rien. Outre son site avec un blog, La France noire dispose d’une chaîne Youtube ; pour y accéder, tapez Youtube puis : La France noire info. Faisons donc connaître nos deux outils de communication autour de nous afin que les Français soient de plus en plus nombreux à s’intéresser à nos actions pédagogiques et mémorielles.

Raphaël ADJOBI