Rappel de notre soirée projection-débat du mardi 27 mars 2018

Une petite affiche pour vous rappeler notre soirée projection-débat du mardi 27 mars. Ce projet se situe dans le cadre des festivités marquant le 170e Anniversaire de l’abolition de l’esclavage (1848 – 2018).

Projection-débat Rappel

Un pot de l’amitié sera proposé à la fin de la rencontre.

L’article de L’Yonne Républicaine sur l’intervention de La France noire au collège Saint-Étienne de Sens le lundi 5 mars. Vous pouvez aussi le lire sur le site du Journal en choisissant l’option gratuite avec, au préalable, une publicité : en cliquant ici.

  • Quelques observations : Il ne s’agissait pas d’une exposition sur les Noirs de France mais sur la traite et l’esclavage des Noirs dans les Amériques. D’autre part, il ne s’agit pas pour la France noire de « rétablir » des faits mais « les dire » afin que chacun ait la liberté de les intégrer ou non au récit sur la traite et l’esclavage.

Yonne Républicaine 7 mars 2018

L’exposition pédagogique de La France noire vue par Liss Kihindou

Liss KihindouLiss Kihindou, professeure de lettres et écrivaine, a reçu « Les résistances africaines à la traite et les luttes des esclaves pour leur liberté dans les Amériques » dans son établissement (Saint-Grégoire à Pithiviers – 45) et a trouvé les mots justes pour parler de la portée pédagogique de ce travail que La France noire offre aux enseignants.

Extrait de son article publié sur son blog Valets des livres.

Capture Liss Kihindou

VISITES PÉDAGOGIQUES – AGENDA 2017 – 2018

Agenda 2017 - 2018 FIN

La visite de notre exposition au collège et lycée Saint-Grégoire de Pithiviers (45)

Pithiviers avec Liss             La sortie de l’exposition « Les résistances africaines à la traite et les luttes des esclaves pour leur liberté dans les Amériques » à Pithiviers était attendue depuis septembre 2017. C’est en effet notre amie et adhérente de La France noire Inès Kihindou (à droite sur la photo) – Liss pour les intimes et les internautes – qui a été la première à retenir notre travail pour son établissement.

Nous avons trouvé au collège et lycée Saint-Grégoire une équipe soudée depuis des années autour de l’esclavage et l’histoire des Noirs de France. Tous les ans, à tous les niveaux, les enseignants s’obligent à faire étudier un livre ou à initier une activité ayant un lien direct avec ces sujets. Combien d’établissements français œuvrent ainsi, de manière régulière et continue, à la cohésion nationale par une meilleure connaissance de l’histoire de l’autre ? En découvrant cet esprit d’équipe autour d’une thématique partagée par tous, nous avons immédiatement compris que notre exposition n’était que le prolongement logique d’une pratique pédagogique de l’établissement. L’attention des élèves devant le discours de l’intervenant en est la plus belle preuve.

Merci à Liss, l’organisatrice de cette visite et à tous les collègues qui nous ont entourés de leur attention. Nous espérons avoir pleinement répondu à l’attente de tous.

Raphaël ADJOBI Pithiviers St-Grégoire27913001_1715180485209102_7145771619769693955_o

Le programme des activités 2018

Voici un récapitulatif de nos activités pour 2018. Afin que tout le monde soit informé des visites pédagogiques qui seront menées dans les établissements scolaires, nous avons tenu à mentionner dans ce programme celles qui ont été officiellement enregistrées. Nous avons élargi nos visites aux lycées. A ces derniers, en plus de notre exposition sur « Les résistances africaines à la traite et les luttes des esclaves pour leur liberté dans les Amériques », nous proposons, en première partie, une conférence ayant pour thème  « De la Déclaration des droits de l’homme à l’abolition de l’esclavage ». 

Par ailleurs, les membres du bureau vous signalent que nos projets ont été portés à la connaissance de Madame la députée de la troisième circonscription de l’Yonne le 14 septembre 2017 avec une demande de soutien réitérée le 29 décembre 2017. Nous sommes bien évidemment dans l’attente de sa réponse qui, n’en doutons point, ne saurait tarder.

Les membres du bureau

Capture Programme 2018 B

Amandine Gay (réalisatrice) et Nicolas Fargues (romancier), même combat.

images Ouvrir la voix                               Je ne suis pas une héroïne

A la fin de l’année 2017, Amandine Gay a fait entendre la voix des femmes noires vivant dans une France dont la norme est la couleur blanche, grâce à son film-documentaire Ouvrir la voix. Avec son roman Je ne suis pas une héroïne*, Nicolas Fargues lui emboîte le pas pour souligner lui aussi que les institutions de notre pays et le regard de la majorité blanche ne portent pas sur nos compatriotes noires les mêmes jugements que sur les femmes blanches, ne les renvoient pas aux mêmes références culturelles, sociales, humaines. En d’autres termes, les Français blancs peinent à voir dans une femme noire française une femme tout court.

Comme pour illustrer sa pensée, à travers les récits amoureux de la jeune Gérald, Nicolas Fargues nous livre – à la manière d’Amandine Gay – une somme de clichés et de préjugés dont est accablée la femme noire française ou belge ; des lieux communs chosifiants et animalisants que nos compatriotes blancs gagneraient à découvrir pour se voir de bon biais, comme dirait Montaigne. D’autre part, il n’a pas échappé à l’auteur que, « La France ayant du mal à reconnaître et à intégrer ses minorités, il était devenu plus naturel pour un jeune Français noir de cette génération dite consciente de s’identifier à la langue des Droits civiques américains qu’aux valeurs prétendument inclusives de la République ».

C’est le livre des défis ! Quand un homme entreprend d’écrire un récit à la première personne en se mettant à la place d’une femme, c’est déjà troublant. Si en plus de cela, cet écrivain est un Blanc et le personnage principal une Noire, le trouble nous conduit à redoubler d’attention pour ne pas perdre pied. Une plongée étourdissante dans la peau et l’esprit d’une jeune française noire de son époque, voilà donc l’incroyable prouesse narrative que nous propose Nicolas Fargues. Je ne suis pas une héroïne est, de toute évidence, un roman politique sur l’identité française ; et pour cette raison, il mérite l’attention d’un très large public.

  • Nicolas Fargues, Je ne suis pas une héroïne, Éditions P.O.L. 2018

Raphaël ADJOBI

Bilan partiel des visites pédagogiques 2017 – 2018

Amilly 3Depuis la rentrée scolaire, en septembre dernier, l’existence de notre exposition dans sa nouvelle présentation a été largement portée à la connaissance des différents établissements scolaires de l’Yonne et des départements environnants.

Durant ce premier trimestre, nous sommes intervenus dans deux établissements de l’Yonne (Collège Jean BERTIN à Saint Georges-sur-Baulche et Albert CAMUS à Auxerre) et dans un établissement du Loiret (Collège Robert Schumann à Amilly).

Pour 2018, trois autres établissements ont sollicité notre visite (deux dans l’Yonne et un dans le Loiret). Espérons que 2018, année du 170e anniversaire de l’abolition de l’esclavage, incitera plus de collèges à prendre du recul et à découvrir notre exposition sur « Les résistances africaines à la traite et les luttes des esclaves pour leur liberté dans les Amériques ».

20171201_110920            Les professeurs d’histoire que nous avons rencontrés ont unanimement reconnu la grande qualité de notre travail et découvert avec beaucoup d’intérêt les résistances en Afrique et dans les Amériques pendant la traite et l’esclavage des Noirs Outre-Atlantique ; faits absents des manuels scolaires. Les trois établissements visités sont prêts à renouveler la demande de visite pour leurs classes de 4e. Cela est très réjouissant et encourageant !

Amilly 4            Force est de constater tout de même que malgré l’intérêt qu’elle suscite, notre exposition n’a pas été, pour le moment, davantage sollicitée ; et cela pour deux raisons :

° La première tient au fait que les budgets des établissements étaient déjà bouclés ; ceux qui nous ont reçus – ou qui sont prêts à nous recevoir – ont dû faire un effort exceptionnel motivé par l’intérêt du sujet. Nous retenons donc que c’est en mai que notre travail doit être annoncé afin qu’il soit éventuellement intégré dans les projets pédagogiques et faire l’objet de demande de subvention ou de budget approprié.

° la deuxième raison est liée au  choix de l’interlocuteur. Nous retenons qu’il est préférable de s’adresser aux chefs d’établissement qui seuls ont le pouvoir de motiver leurs troupes et orienter leur regard vers ce qui peut apporter un plus aux élèves, même s’il ne faut pas négliger le contact avec les professeurs documentalistes.

20171121_141525            Nous tiendrons compte de ces expériences pour améliorer la communication avec les collèges et les lycées afin d’espérer multiplier les interventions et atteindre notre objectif : mieux faire connaître les pans de notre histoire qui impliquent les Noirs de France.

Merci à tous de continuer à accorder votre confiance aux membres du bureau et du conseil d’administration de notre association. Merci de tout cœur à tous de faire confiance à celui qui a la lourde et délicate charge de réaliser le contenu pédagogique des expositions.

Raphaël ADJOBI

La conférence de La France noire devant les membres du Club Kiwanis d’Auxerre

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Le lundi 13 novembre 2017, La France noire a eu l’honneur d’être l’invitée de la section départementale du club Kiwanis international d’Auxerre pour donner une conférence sur « Les résistances africaines à la traite et les luttes des esclaves pour leur liberté dans les Amériques ».

kiwanis-logo

J’avais commencé mon exposé par une définition de l’histoire qui passe parmi nous pour une science alors qu’elle est un récit dont le contenu s’éloigne de la vérité dès lors que le narrateur néglige ou travestit certains faits devant le structurer. Puis j’ai insisté sur l’immensité de l’Afrique qui est comparable aux États-Unis, l’Europe et la Chine mis ensemble. Par conséquent, avais-je dit, il convient de ne jamais la considérer comme  homogène, physiquement et humainement. Ensuite, j’avais pris soin de délimiter les zones du continent africain qui connaissaient la pratique de l’esclavage comme l’Europe – le servage n’étant rien d’autre qu’un mot issu du latin désignant l’esclavage – avant de souligner que la zone forestière l’ignorait totalement. Pour preuve, j’avais fait remarquer à l’assistance que la fin de la traite négrière atlantique au milieu du XIXe siècle a coïncidé avec la fin de la traite et de l’esclavage dans cette partie de l’Afrique. Cela est un fait historique indéniable. D’ailleurs, à la fin du XIXe siècle, les déportations et les assassinats des chefs africains opposés à la colonisation européenne – avec son lot de travaux forcés – constituent des preuves supplémentaires de la non-pratique de cette forme d’asservissement de l’homme par l’homme dans la zone forestière africaine.

J’avais ensuite développé l’étrange avalanche des abolitions de l’esclavage à partir de la fin du XVIIIe siècle ; étrange avalanche des abolitions parce que l’apogée de l’esclavagisme se situe effectivement au XVIIIe siècle. Pourquoi les abolitions se multiplièrent-elles au moment même où les royaumes européens étaient de plus en plus riches grâce à la traite et à l’esclavage des Noirs ? J’avais alors établi un lien entre la perte de ses 13 colonies d’Amériques en 1783 et l’engagement de la Grande Bretagne à mettre fin à la traite négrière atlantique à partir de 1807. Par ailleurs, en n’appliquant pas l’abolition de l’esclavage prononcée par le Portugal en 1761, le Brésil signifiait à cet état européen qu’il était indépendant ! Les colonies se rebellaient donc contre les royaumes dont ils dépendaient. J’avais montré comment la France de Napoléon Bonaparte a plaidé et obtenu de la Grande-Bretagne la poursuite, durant quelques années supplémentaires, la déportation des Africains dans ses colonies d’Amérique. Pour terminer, j’avais insisté sur le fait que c’est dans cette période de conflit entre les royaumes européens et leurs colonies que s’étaient multipliées les rébellions d’esclaves. Tout cela voulait dire que les abolitions de l’esclavage étaient le fait de circonstances économiques et de la volonté des esclaves de saisir une situation de conflit entre les Amériques et l’Europe et nullement une question uniquement philanthropique.

La France noire remercie les membres du Club Kiwanis pour leur écoute attentive, signe de l’intérêt qu’ils portaient au sujet. Un merci particulier à monsieur le président qui a pris le risque d’accepter la proposition de cette conférence qui lui a été faite par Madame Marie-Aimée Siopathis. Un agréable moment qui nous a permis de découvrir une équipe ouverte à la connaissance de l’autre pour mieux respecter sa différence. Idéal cher au cœur de La France noire.

Raphaël ADJOBI