Conférence-débat au Cercle Condorcet du sénonais (89) autour du livre LES FRANҪAIS NOIRS ET LA RÉPUBLIQUE

        Une soirée conférence-débat bien agréable a eu lieu le 24 septembre 2025 à Sens (89) autour du livre LES FRANҪAIS NOIRS ET LA RÉPUBLIQUE, une histoire mouvementée de Raphaël ADJOBI. Une soirée organisée par le Cercle Condorcet du sénonais dont le dynamisme n’est plus à démontrer au regard du grand nombre de conférenciers invités chaque année dans cette cité bourguignonne abritant la première cathédrale gothique de France : Marylène Pathous-Mathis, Olivia Gazalé…

          Intervenant dans les collèges et les lycées avec trois expositions pédagogiques homologuées par l’Éducation nationale pour le compte de l’association La France noire dont il est le fondateur et le coprésident, l’auteur des Français Noirs et la République a d’emblée souligné l’atmosphère d’incertitude dans laquelle baignent les Français noirs en ce début du XXIe siècle quant à leur légitimité. Et cela malgré quatre siècles de présence en terre de France ! Il a d’une part donné des exemples de cette légitimité constamment contestée entraînant une vie de profonde incertitude et donc de crainte, mais il a d’autre part souligné l’espoir que nourrit en leur cœur la grande curiosité du public français devant les objets patrimoniaux centenaires témoignant d’une relation longue, ensanglantée et compliquée entre la France et l’Afrique que quelques institutions n’hésitent plus à exhumer.

          Ne devons-nous pas tous souhaiter que ces efforts qui nourrissent l’espoir soient encouragés par nos gouvernants pour alimenter la fraternité nationale ? Le conférencier a pour sa part plaidé pour une plus large transmission des connaissances du passé que la France partage avec l’Afrique pour que tous les Français noirs ne soient pas regardés comme des immigrés n’ayant aucun passé commun avec les Français blancs. Quant au public, il a participé au succès de cette soirée grâce à ses prises de parole pour des questions, des observations ou des analyses de faits du passé.

          Merci au Cercle Condorcet du sénonais – et à son président Jean-Pierre Chignardet – pour cette invitation qui souligne son intérêt pour le travail de l’auteur au sein de l’association La France noire. Merci de tout cœur à Bernard Périllat dont les qualités de poète que sont la curiosité et la volonté de toujours côtoyer d’autres horizons ont permis cette invitation. Merci aussi à Bernard PERNUIT qui a consacré du temps à l’invité et lui a permis de découvrir la belle cathédrale gothique de Sens dont certaines sculptures témoignent des dévotions des chrétiens locaux mais aussi de leurs querelles intestines et même parfois de l’esprit vengeur du clergé à l’égard de ses ennemis. Et surtout merci au Cercle Condorcet du sénonais qui a offert cette visite au conférencier !

Raphaël ADJOBI

CERCLE CONDORCET DU SÉNONAIS (CCS) : conférence – débat autour du livre LES FRANÇAIS NOIRS ET LA RÉPUBLIQUE

Le Cercle Condorcet est un ensemble d’associations implantées sur tout le territoire français et dans un certain nombre de pays étrangers. Fidèle à l’esprit de la Ligue française de l’enseignement (et de l’éducation permanente) qui a porté ce groupement d’associations sur les fonts baptismaux en 1987, le Cercle Condorcet du Sénonais (CCS) promeut l’esprit critique permettant de combattre la désinformation ; et dans la pratique, afin que ce projet soit visible pour toutes et pour tous, il tient à « donner aux citoyens l’occasion de se réunir afin d’affiner leur réflexion et jouer pleinement leur rôle dans le débat public, pour une démocratie enrichie et renouvelée » (Wikipédia). Et c’est justement là que ce projet rencontre celui de la collection Questions contemporaines des Éditions l’Harmattan qui a choisi de publier le dernier essai de Raphaël ADJOBI, fondateur et coprésident de l’association La France noire. Dirigée par le trio formé par les universitaires Jean-Paul Chagnollaud, Bruno Péquignot et Denis Rolland, cette collection a un objectif clair : « offrir un espace de réflexion et de débat à tous ceux, chercheurs, militants ou praticiens, qui osent penser autrement, exprimer des idées neuves et ouvrir de nouvelles pistes à la réflexion collective ». L’association La France noire profite de la rencontre de ces deux idéaux pour s’exprimer publiquement hors du circuit scolaire (collèges et lycées) où elle évolue depuis huit ans ! Rendez-vous donc à SENS (89) le mercredi 24 septembre à 18h30 autour du livre LES FRANÇAIS NOIRS ET LA RÉPUBLIQUE avec Raphaël ADJOBI.

LES JOURNEES DES MEMOIRES DE L’ESCLAVAGE 2025 A JOIGNY (89) avec l’école Sainte-Thérèse

          Annoncé en même temps que la cérémonie de commémoration de l’abolition de l’esclavage du 9 mai 2025 à Joigny, par les affiches et les flyers, la projection du film NI CHAÎNES NI MAÎTRES de Simon Moutaïrou au cinéma Agnès Varda le lundi 12 mai dans cette ville n’a pas bénéficié d’un compte rendu par notre association. Le succès de cette soirée-débat, qui a réuni plus d’une soixantaine de personnes, est resté comme un secret parce que nous avons commis l’erreur de ne pas l’avoir immortalisé par des images.

          Heureusement, la visite de notre exposition à Agnès Varda, quelques jours plus tard, par les élèves de CM2 du groupe scolaire Saint-Jacques/Sainte-Thérèse nous permet de vous en parler ici en ayant le sentiment de vous informer utilement.

          En effet, toutes les associations et tous les établissements scolaires de France qui envisageraient de faire de ce film français un outil pédagogique dont l’importance a été soulignée en octobre 2024* par le Directeur adjoint de la Fondation pour la Mémoire de l’esclavage (F.M.E), Pierre-Yves Bocquet, doivent désormais savoir qu’il peut être utilement accompagné de l’exposition de La France noire intitulée Marronnage, l’appel de la Liberté. Cette exposition permettra à toutes celles et à tous ceux qui verront le film d’aller au-delà de la beauté du récit qui la structure et de la force des images pour découvrir les différents aspects de la fuite des esclaves africains et son impact dans certaines sociétés des Amériques et de l’océan Indien de ce XXIe siècle.

          Proposée au public dans la salle d’exposition du cinéma Agnès Varda jusqu’au samedi 31 mai 2025, Marronnage, l’appel de la forêt a reçu la visite des CM2 de l’école primaire Sainte Thérèse – comme nous l’avons dit plus haut – grâce à la curiosité d’une professeure des écoles soucieuse de partager cette qualité avec les élèves dont elle a la charge. Bravo Madame ! Vous n’êtes pas de celles et ceux qui déplorent le manque de curiosité des plus jeunes alors qu’eux-mêmes n’osent jamais sortir des sentiers battus de notre histoire nationale.

          Pour terminer cette brève page, je voudrais sincèrement remercier notre secrétaire Annie BIARD, qui est également chargée de nos actions dans notre localité, pour l’enthousiasme avec lequel elle a pris en main l’organisation de la cérémonie de commémoration du 9 mai ainsi que la rencontre autour du film NI CHAÎNES NI MAÎTRES le 12 mai. Merci également à Monsieur Richard ZEIGER, deuxième adjoint au maire de Joigny, qui a honoré de sa présence la rencontre avec les élèves de l’école primaire Sainte-Thérèse de Joigny. Il a même pris la parole pour inviter les jeunes présents à faire montre d’attention à certaines pages de notre histoire touchant l’esclavage outre-atlantique.

* L’article de Pierre-Yves Bocquet : https://www.lagrandeconversation.com/societe/lignorance-qui-signore-a-propos-de-la-reception-mediatique-du-film-ni-chaines-ni-maitres/

Raphaël ADJOBI

Le lycée René Auffray à Clichy accueille LES NOIRS ILLUSTRES ET LEUR CONTRIBUTION A L’HISTOIRE DE FRANCE

          Le jeudi 16 et le vendredi 17 janvier 2025, La France noire était au lycée René Auffray pour présenter aux jeunes son exposition sur Les Noirs illustres et leur contribution à l’Histoire de France. Le séjour dans cet établissement de la région parisienne a été organisé par notre collègue documentaliste – Madame Véronique Gauweiler – qui avait le souci de diversifier les connaissances des lycéens. Cinq enseignants ont inscrit leurs différentes classes aux dix heures de rencontres prévues avec le conférencier de notre association. Merci à eux d’encourager ainsi la collègue documentaliste qui fait preuve d’imagination pour dynamiser la vie culturelle de l’établissement.

          Au regard de notre expérience d’intervenant, c’est le premier établissement où la diversité de la population scolaire est très évidente. Ce qui suppose qu’une connaissance des multiples populations qui ont forgé la citoyenneté française d’aujourd’hui s’y impose. Et l’occasion a été donnée au conférencier de souligner de manière particulière ce fait afin que chacun puisse savoir comment et pourquoi il est Français.

          Dans la galerie des portraits de notre exposition, Solitude et Louis Delgrès – des résistants au rétablissement de l’esclavage prononcé en 1802 par Napoléon – ont retenu l’attention de nombreux lycéens. Et si certains ont reconnu qu’ils ignoraient totalement la part nègre de l’écrivain Alexandre Dumas dont ils connaissaient le nom et les titres de certaines oeuvres, d’autres, plus nombreux, se sont arrêtés sur les figures de Charles N’Tchoréré et de Madhiba, deux soldats français issus des colonies dont les actions d’éclat les ont séduits. Chose très réjouissante parce qu’elle est la preuve que les jeunes sont capables de sortir des sentiers battus jalonnés par les célébrités sans cesse mis au-devant de la scène.

         C’est toujours avec un grand plaisir que nous découvrons des établissements où les professeur(e)s documentalistes jouissent d’une certaine liberté d’action et proposent aux enseignants des voies pour varier les connaissances des jeunes. Et c’est le cas du lycée René Auffray avec notre collègue Véronique Gauweiler. Nous savons tous que nos centres d’intérêt sont variés et parfois différents ou divergents. Il importe donc que nous soyons respectueux de ceux qui s’intéressent à d’autres savoirs et enrichissent par voie de conséquence la jeunesse. Surtout quand il s’agit de nos histoires françaises que nous ne pouvons nous permettre d’ignorer.

Raphaël ADJOBI

Journée singulière de LA FRANCE NOIRE à Ambérieu-en-Bugey (01 – Ain)

          Invitée par notre jeune collègue Antoine Bedin pour l’accompagner dans son projet engagé avec ses classes qu’il a inscrites au concours de La flamme de la liberté organisé tous les ans par la Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage (F.M.E) dirigée par Monsieur Jean-Marc Ayrault, l’équipe pédagogique s’est retrouvée face à des enseignants heureux de découvrir un outil pédagogique qu’ils ne soupçonnaient pas ; un outil pédagogique accompagné par un conférencier qu’ils ont unanimement apprécié. Celui-ci n’oubliera JAMAIS le visage rayonnant de certain(e)s de ses collègues lors de sa prestation !

            Avant même d’aller plus loin, l’équipe pédagogique de La France noire tient à remercier Madame la proviseure qui a tenu à l’accueillir pour lui souhaiter la bienvenue. Merci Madame d’avoir pris le temps de jeter un œil à l’exposition. Enfin, merci de nous avoir témoigné votre satisfaction quant à sa qualité visuelle pour susciter l’intérêt des jeunes.

            A vrai dire, c’est la personnalité faite d’un franc enthousiasme du collègue Antoine Bedin qui a drainé les autres enseignants et leurs élèves vers le CDI où était installée l’exposition Les résistances africaines à la traite et les luttes des esclaves pour leur liberté dans les Amériques. Au lieu d’une demi-journée, c’est en fait une journée entière que l’équipe de La France noire a passée avec un grand plaisir au lycée des métiers Alexandre Bérard. Le trésorier de la France noire – Pascal Compaoré – qui a intégré pour la circonstance l’équipe pédagogique a observé, comme nous auparavant, qu’avant l’intérêt des jeunes pour la qualité de l’exposition, c’est celui qu’ils portent à la qualité du discours du conférencier que tous les observateurs peuvent et doivent retenir. En effet, c’est le discours de la reconnaissance des histoires françaises des uns et des autres négligées ou jamais racontées dans le grand livre de l’Histoire de France qu’est l’école qui suscite l’attention des élèves ! Pour preuve : le conférencier et lui ont été les témoins d’une scène inédite : trois jeunes approchent le conférencier pour le remercier vivement de la qualité de son discours. Le premier des trois lui dit sans détour : « mon grand-père est Noir ; il est Antillais ». Le trésorier de l’association et le conférencier ont été quelque peu obligés de lui dire qu’ils sont l’un et l’autre les grands-parents de jeunes Blancs ! Et c’est parce qu’ils ne veulent pas que leurs petits-enfants blancs ou noirs aient honte de leurs aïeux que l’association La France noire milite pour une instruction qui apprenne aux jeunes à se connaître pour mieux respecter leurs différences au sein de la République qu’ils ont reçue en héritage. Car à sa naissance, la république n’était pas blanche ! Elle était blanche et noire dès 1794 ! Cela est incontestable et doit être connue de tous ! Et c’est d’ailleurs ce que la seconde république a voulu rappeler à tous en faisant sculpter la première Marianne noire en 1848 ! Mais combien sommes-nous à savoir cela et à l’enseigner ?*

           Merci à tous, et surtout aux jeunes porteurs du projet avec leur professeur Monsieur Bedin. Vos questions, vos observations et vos sentiments sur les panneaux de l’exposition ont permis au conférencier de vous conduire plus loin dans la connaissance de la lutte des esclaves noirs pour leur liberté dans les Amériques. Chose hier ignorée et qui a permis de ne retenir que la glorification de quelques Européens dans nos livres et espaces publics. Votre travail sur les héros noirs de la lutte pour la liberté – que nous ne dévoilerons pas ici – sera la preuve de votre volonté de réparer une injustice. Merci donc à vous !

Raphaël ADJOBI

* https://lafrancenoire.com/2021/09/19/les-tribulations-de-la-marianne-noire-de-1848/       

La rentrée littéraire à LA FRANCE NOIRE !

Trois membres de l’association LA FRANCE NOIRE terminent l’année 2024 en publiant chacun un livre ; et cela dans des domaines différents. Présentation dans l’ordre de parution.

Luís-Nourredine PITA : membre du conseil d’administration de La France noire. Docteur en philosophie et professeur de lettres modernes, il vient de publier son premier roman : Errance – Un chemin lumineux le 18/10/2024 (Le Lys bleu Éditions).

Liss KIHINDOU : membre du conseil d’administration de La France noire. Docteure en littérature francophone et professeure de lettres modernes, elle vient de publier son deuxième roman destiné à la jeunesse (à partir de 10 ans) le 8/11/2024 : Kinokia et les ancêtres (Éditions L’Harmattan). Critique littéraire, elle totalise quatre essais sur des sujets très différents.

Raphaël ADJOBI : coprésident de La France noire. Docteur en littérature française et comparée et professeur de lettres modernes, il est le troisième membre de l’association à s’illustrer à la fin de cette année avec Les Français noirs et la République – une histoire mouvementée, publié le 28/11/2024 (Éditions L’Harmattan, collection Questions contemporaines). Critique littéraire depuis 2006, ce livre est son deuxième essai.

Le Musée de Meaux présente « L’Empire colonial dans la Grande Guerre »

Meaux combatre loin de chez soi          « Combattre loin de chez soi » est le titre choisi par le Musée de la Grande Guerre à Meaux pour rendre hommage aux hommes des colonies françaises faits soldats en quelques jours pour venir défendre la France (mère patrie) contre l’Allemagne. Une exposition magnifique, vivante parce qu’elle raconte l’histoire des populations venues de tous les coins du monde dans le sillage de quelques militaires français blancs. Impliqués dans un conflit dont ils ignoraient les tenants et les aboutissants, leur hardiesse sur les différents fronts est à la fois admirable et émouvante. Il fallait, leur disait la propagande de l’époque, défendre la civilisation contre la barbarie. Des non-Blancs qui défendent la civilisation dont ils sont exclus, cela donne à réfléchir.

          On peut dire que les chercheuses et chercheurs d’aujourd’hui qui travaillent aux expositions montrant la contribution des populations non européennes à la vie française le font dans un esprit de vérité ou d’objectivité et de justice ; tout à fait à l’opposé des discours politiques tendant à minimiser cette contribution ou à la passer sous l’éteignoir. C’est d’ailleurs cette volonté se situant loin des discours politiques qui fait dire à ces femmes et ces hommes du monde de la recherche qu’ils accomplissent une tâche sensible. Toutes et tous redoutent constamment la censure politique des élus locaux et des gouvernants comme hier on redoutait les foudres sorboniques (Rabelais – Gargantua / par référence à l’université de la Sorbonne qui faisait de la théologie la reine des sciences).

Meaux soldats en convalescence          Imaginez donc : non seulement le musée rend compte de la mobilisation humaine des colonies, mais il montre aussi leur mobilisation économique ! En d’autres termes, non seulement ce musée montre que les colonisés viennent verser leur sang sur les différents fronts, mais encore que ceux restés dans les colonies doivent travailler pour nourrir la France en guerre : « Les colonies fournissent pendant la guerre 2,5 millions de tonnes de matières premières : métaux, blé, riz, bois, caoutchouc, café… L’appel concerne principalement l’Afrique subsaharienne où des champs de commandement sont mis en place, c’est-à-dire des cultures forcées, que les cultivateurs doivent produire sur ordre des administrateurs ». Qui peut dire qu’on lui a enseigné cela sur les bancs de l’école ou qu’il l’enseigne ?

          Par ailleurs, « L’Empire fait appel à une main d’œuvre ouvrière issue de ses colonies. Mais, face aux difficultés de recrutement, des ouvriers étrangers [aux colonies françaises], notamment chinois (36 740), viennent en plus participer à l’effort de guerre dans l’industrie et l’agriculture ».

Meaux soldats coloniaux          Deux espaces du musée sont consacrés à des films documentaires : l’un s’attache à la géographie de l’empire colonial français et son évolution dans l’espace et le temps. Le deuxième, trop long selon moi, délivre l’actualité du musée au travers des visiteurs. Une randonnée organisée dans le parc du musée par un groupe de descendants de Marocains (association ? Collectif de parents ?), après la visite de l’exposition, est l’occasion pour les randonneurs d’exprimer leur fierté d’être des Français à part entière par le sang versé de leurs aïeux. Séduite par le travail des chercheuses et des chercheurs, une collègue affirme qu’aucun cours d’histoire avec les manuels dont nous disposons ne vaut la visite de cette exposition. De toute évidence (un parking vide de voitures particulières, mais trois cars présents), les établissements scolaires du département – et sans doute de toute l’Île-de-France – profitent pleinement de cette exposition visible jusqu’au 30 décembre 2024.

          Il est heureux de voir certains musées faire l’effort d’étendre les thématiques de leurs expositions à la diversité des histoires françaises pour coller au vrai visage de la France – tel qu’elle a tenu à le montrer lors des jeux Olympiques de Paris 2024. Malheureusement, ces initiatives ne semblent pas attirer certaines populations scolaires par un manque de volonté des établissements de varier les connaissances des élèves. Comme le fait remarquer un article de Télérama, le Pass culture mis en place par l’État n’a pas permis de diversifier les savoirs des élèves. Les postures de nos élus et de nos gouvernants qui empoisonnent constamment l’atmosphère ont produit dans les milieux scolaires comme dans les milieux artistiques un effet flagrant : un repli sur des projets « zéro risque », qui n’alimentent ni controverse ni débat de société. Loin des grandes métropoles, on se contente de projets de pur divertissement ou de ce que propose le patrimoine local où l’Autre est absent. Et forcément, « On sent poindre la fracture entre les grandes villes et les autres, comme si une partie de nos concitoyens [peuvent] tout voir, tout entendre, et une autre [doit] être mise sous cloche, préservée. Mais préservée de quoi, au juste ? De la culture, de la diversité, du féminisme, de l’homosexualité, de l’inclusion, du partage ? Une partie de la population française ne devrait plus avoir accès qu’au pur divertissement ? C’est infantilisant, bêtifiant, méprisant pour certains de nos concitoyens » et particulièrement pour les jeunes qui seront les citoyens de demain (Olivier Milot – Télérama n° 3897 du 21 au 27 septembre 2024).

Raphaël ADJOBI

La rentrée 2024 – 2025 à La France noire

Retrouvailles annuelles : Le vendredi 13 septembre, une dizaine des membres de La France noire se sont retrouvés pour un moment convivial, et aussi pour partager les projets en gestation.

Retrouvailles Françoises ParryLa soirée a commencé par un vibrant hommage à Françoise Parry, qui a été non seulement chargée depuis 2016 du secrétariat et de la trésorerie mais a également œuvré pour faire bénéficier à la France noire du soutien de ses connaissances personnelles. C’est ce dernier travail qui a permis à notre association d’avoir une assise locale notable dès 2017.

Ce fut aussi l’occasion pour la coprésidente, Françoise Roure, de nous faire le compte rendu de sa participation – le 3 septembre dernier – à la journée des retrouvailles annuelles de la Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage au siège de cette institution à Paris. Cette journée présidée par Monsieur Jean-Marc Ayrault a permis aux participant(e)s d’échanger sur les projets de la F.M.E pour les scolaires avec le concours de la flamme de la liberté, mais aussi sur les stratégies à mettre en place pour encourager les communes à commémorer l’abolition de l’esclavage chaque 10 mai – conformément aux recommandations de la lettre annuelle du premier ministre qu’elles reçoivent toutes.

Retrouvailles sept groupe AEnfin, la secrétaire, Annie Biard, chargée également des actions locales a exposé les projets de films-débats pour l’année 2024 – 2025. Parmi ces projets filmiques, Ni chaînes ni Maîtres de Simon Moutaïrou, qui a bénéficié du partenariat de la F.M.E, a particulièrement retenu notre attention. Un effort particulier sera fait pour que sa programmation dans notre localité bénéficie d’une belle publicité. Concernant les autres films, les membres sont appelés à communiquer leurs choix à Annie afin de l’aider à arrêter son programme. Dans la liste qui leur a été soumise, citons Toussaint Louverture (Philippe Niang), Beloved (Jonathan Demme), Amistad (Stephen Spielberg), Harriet (Kasi Lemmons), The birth of Nation (Mate Parker), La couleur des sentiments (Tate Taylor), Belle (Amma Asante), Les oubliés de la liberté (Guy Deslauriers)…

La fête des associations à Joigny : deux jours après cette agréable soirée où, pour la première fois le coprésident Raphaël Adjobi n’était pas le seul à porter la parole de l’association – et cela grâce à la nouvelle direction arrêtée lors de l’assemblée générale du 28 juin 2024 – les membres du Conseil d’administration ont participé à la fête des associations organisée par la ville de Joigny le dimanche 15 septembre.

Françoise Roure BlogL’occasion était belle pour La France noire qui a brillé par ses panneaux accrocheurs mais visiblement dérangeants pour celles et ceux qui feignaient de ne pas les voir. Retenons surtout la curiosité de ces visiteurs (comme Olivier, arrivé récemment de l’Alsace, que nous espérons revoir) et surtout de ces mères de familles (dont une est enseignante) qui se réjouissaient de l’existence d’une structure proposant des connaissances sur d’autres pans de notre histoire, de l’histoire de France. Je n’oublierai jamais cette mère qui m’a chanté une chanson raciste apprise à l’école. A sa grande surprise, son fils – aujourd’hui un adolescent – a appris la même chanson mais avec des paroles différentes !

Septembre 2024 AMerci aux membres du bureau et du Conseil d’administration pour leur implication qui a fait de notre stand un lieu d’échange permanent. Signalons que la coprésidente, Françoise Roure, a eu l’occasion d’échanger avec le maire Nicolas Soret et la conseillère départementale Frédérique Colas ; les deux élus lui ont semblé avoir compris que notre volonté d’animer notre cité ainsi que notre département, et aussi d’apporter à la jeunesse des connaissances sur des pans méconnus de notre histoire, a besoin de leur soutien.

Raphaël ADJOBI

Comment éduquer les jeunes à la citoyenneté mondiale ou nationale

          Le jeudi 6 juin 2024, La France noire a fait le déplacement à Beaune (21 – Côte d’Or), au lycée Étienne-Jules Marey, où elle a participé aux « 11èmes rencontres régionales de l’éducation à la citoyenneté mondiale en Bourgogne-Franche-Comté ». La journée a été animée par Mme Natacha Lanaud-Lecomte, conseillère de la rectrice de région académique et déléguée régionale académique aux relations européennes, internationales et à la coopération.

Beaune juin 2024 A          La matinée a été marquée par la conférence de Mme Marie-José Cantier, formatrice et experte pédagogique au sein de l’École des droits humains et de la Terre (EDDHT), sur le thème de l’« Éducation aux droits humains et à la paix » – qui était aussi le thème de ces 11èmes rencontres de BFC-International (Bourgogne-Franche-Comté International). Une conférence rythmée par la présentation du « contexte, (des) enjeux et (les) perspectives nationales ». En effet, il était utile de souligner que c’est après le traumatisme de la 2nde guerre mondiale que les pays vainqueurs ont décidé d’un texte qui consacre le droit de la personne humaine (1948). La notion de dignité apparaît avec force dans cette Déclaration universelle des droits de l’homme (1), à côté de celles de liberté et d’égalité. Ces trois catégories de droit montrent clairement l’évolution des sociétés humaines qui avaient au XVIIIe siècle défini, par exemple, la liberté de penser.

          Les exercices proposés aux participants ont montré à tous la nécessité pour les adultes de s’approprier les 30 articles de la Déclaration universelle des droits de l’homme ainsi que quelques unes des conventions qui les ont élargis ou les ont rendus plus contraignants (1984 : convention contre la torture ; 1965 : convention contre toutes les formes de discrimination raciale…). En effet, comme l’a si bien souligné la conférencière, si on fait de l’éducation aux droits humains, c’est parce que nous savons que ces droits ne sont pas respectés. Aussi, pour un renouvellement de la société favorable à la paix, il convient de mobiliser les enfants dès le plus jeune âge au fait que chaque être humain a droit au respect et à la dignité.

          Il faut très tôt apprendre aux jeunes que les rencontres font tomber les idées préconçues ; que l’on se transforme parce qu’on se confronte à des personnes ayant des idées différentes, des couleurs différentes, des manières différentes de vivre et de voir le monde. Il n’est donc pas trop tôt d’établir des liens entre les thématiques enseignées (comme l’histoire de l’esclavage) et la société dans laquelle évoluent les jeunes. Il ne faut pas enseigner l’histoire ou certains thèmes littéraires à la manière d’un médecin légiste qui travaille sur des corps sans vie n’ayant aucune conscience du présent pour forger des réflexions par rapport au monde qui les entoure. Les élèves ne sont pas des corps sans vie qui ne se posent pas de questions, qui n’envisagent pas l’avenir en analysant les limites que la société leur impose. Non, les savoirs doivent aider les jeunes à comprendre notre diversité aussi bien nationale que mondiale. C’est ainsi que les enseignants donneront à leurs élèves une éducation qui éveille leur conscience, c’est ainsi qu’ils leur offriront des expériences qui les aideront à s’engager pour la paix.

Beaune texte couleur A          Aussi, La France noire a beaucoup apprécié la prise de parole du collègue représentant Monsieur le proviseur du lycée Étienne-Jules Marey qui abritait cette rencontre. A partir du constat d’une flagrante lacune en langues étrangères des élèves* de la ville de Beaune – pourtant très touristique avec des populations venant du monde entier – l’établissement a pris la ferme résolution de multiplier les stages des élèves à l’étranger, de multiplier les partenariats avec des établissements européens, d’organiser des séjours linguistiques à Malte. Les élèves reviennent transformés de ces sorties : autonomes, sachant gérer un budget, ravis d’avoir pour la première fois été confrontés à des personnes de cultures différentes…

Beaune texte couleur B          En ce milieu d’année 2024 où les événements politiques ont fait prendre conscience à une grande majorité de Français que la peur de l’autre gouverne l’esprit de beaucoup au point de porter une grave atteinte aux valeurs de la République, il était réjouissant de connaître l’existence d’une structure comme Bourgogne-Franche-Comté International qui œuvre depuis des années pour le respect des droits humains sur son aire géographique en proie de manière criante au rejet de l’autre. Il faut que des structures semblables soient plus nombreuses à ne pas cacher leur humanité et à transmettre leurs savoirs aux jeunes pour que la peur de l’autre s’éloigne.

(1) A ne pas confondre avec la déclaration française des droit de l’homme et du citoyen de 1789.

* Dans Il faut remettre le français au centre de l’enseignement (éd. Les impliqués, 2021), J’ai consacré un chapitre à ce sujet.

Raphaël ADJOBI

Le collège Pablo Picasso à Châlette-sur-Loing découvre le travail de « La France noire »

          La France noire a passé les journées du lundi 17 et du vendredi 21 juin 2024 au collège Pablo Picasso à Châlette-sur-Loing (45) où, pour la première fois, les enseignants ont découvert – en même temps que leurs élèves – notre exposition sur l’esclavage. Ce premier déplacement dans ce collège du Loiret a été possible grâce à notre collègue professeure documentaliste, Aude Garcia del Prado, qui avait apprécié Les résistances africaines à la traite et les luttes des esclaves pour leur leur liberté dans les Amériques lorsqu’elle était en fonction à Ferrière-en-Gâtinais (Loiret). « Si vous êtes d’accord, nous partons pour des années de collaboration », a-t-elle lancé avec le sourire. Bien sûr, une telle proposition ne peut que faire plaisir à La France noire

Pablo Picasso Ch-sur-Loing 3          La journée du lundi 17 juin a permis aux élèves de 5è, attendus en 4è à la rentrée prochaine, d’avoir un avant-goût d’un sujet de leur programme d’histoire : l’esclavage des Noirs dans les Amériques ! Une classe de troisième et une de quatrième ont aussi profité de la présence du conférencier. Une journée très satisfaisante aux dires des élèves eux-mêmes – selon leurs mots adressés directement au conférencier ou par l’intermédiaire de Madame Roux, leur professeure d’histoire qui a préparé avec la professeure documentaliste notre venue au collège Pablo Picasso.

Pablo Picasso Ch-sur-Loing 1          Le vendredi 21 juin, ce sont quatre classes de 4è qui ont participé à la rencontre. Pour ces élèves, c’était évidemment le prolongement du cours d’histoire sur l’esclavage qu’ils ont eu quelques mois auparavant. Découvrir le monde de la traite et de l’esclavage des Noirs dans les Amériques sous l’angle de leur opposition à la condition qui leur était faite est toujours un choc pour les jeunes. En effet, avoir pour la première fois sous les yeux cette résistance à l’esclavage qui a justifié l’invention d’outils et de techniques de torture, aussi bien que des théories pour reléguer le Noir au rang des animaux, est absolument nécessaire pour comprendre certaines idées et attitudes d’aujourd’hui. Alors, on devine bien que les questions et les observations n’ont pas manqué.

Pablo Picasso ajout 2          La France noire dit bravo à tous les jeunes pour leur curiosité et surtout pour leur grande attention aux explications du conférencier. Merci aux collègues Aude Garcia del Prado et Emelyne Roux pour leur souci de permettre aux élèves d’acquérir des savoirs complémentaires aux manuels scolaires, et aussi pour l’accueil. Merci à tous les autres collègues qui ont adhéré au projet d’élargir les connaissances des jeunes dont ils ont la charge.

Raphaël ADJOBI