En attendant notre projet de groupe permettant à un grand nombre des membres de notre association de découvrir le PARIS NOIR, c’est notre coprésidente, Françoise Roure, qui a eu le plaisir de faire ce circuit à l’invitation de la F.M.E. Elle nous parle aussi de la réunion qui a suivi cette balade.
La Fondation pour la mémoire de l’esclavage a invité les associations amies à découvrir Paris sous un angle nouveau : le Paris Noir.
A l’origine de cette expérience Kévi Donat, guide d’origine martiniquaise, témoigne que les touristes étrangers sont souvent surpris par la diversité qu’ils rencontrent au cœur de Paris, d’où la création de circuits de visites avec le parti pris de présenter les monuments et quartiers de Paris, et plus précisément des Ve et VIe arrondissements, qui permettent de parler du passé colonial de la France et de l’importance de la capitale comme lieu de rencontre des artistes ou intellectuels noirs venus des Outres Mers, mais aussi des États-Unis ou d’ailleurs.
Notre circuit démarre devant le Panthéon, avec le panthéonisé Alexandre Dumas, dont la grand-mère paternelle était haïtienne. Dans le film intitulé ‘L’autre Dumas’ sorti en 2010, ses origines ne sont pas évoquées ; comme elles sont peu connues du grand public. Ce film est d’ailleurs axé sur Auguste Maquet, son collaborateur qualifié de ‘nègre littéraire’ (en anglais on parle de ghost writer, la comparaison est intéressante !). C’est d’ailleurs l’occasion pour notre guide d’indiquer la bataille menée pour imposer le terme de prête-plume à la place du mot nègre, cette utilisation datant du XVIIIe siècle et faisant référence à l’exploitation des populations noires d’Afrique. Elle fut d’ailleurs popularisée dans un pamphlet raciste visant ce même Alexandre Dumas.
Peu d’autres personnalités noires sont au Panthéon.
Félix Eboué, petit-fils d’un couple né dans l’esclavage, partisan de De Gaulle pour une France Libre face au régime de Vichy. Il est le premier homme noir présent au Panthéon.
Joséphine Baker, espionne pour la France Libre dans les années 1940, elle s’est battue toute sa vie contre le racisme et les discriminations.
D’autres ont leur nom gravé sur des plaques installées au sein du Panthéon : Louis Delgrès, Toussaint Louverture, Aimé Césaire.
Après le Panthéon, direction le Jardin des plantes pour découvrir ‘Le Cri, l’Écrit’ une sculpture commémorant l’abolition de l’esclavage. Cette œuvre de Fabrice Hyber est constituée de 3 maillons de chaîne, le premier, à moitié enfoui dans le sol, représente les racines, le deuxième, fermé et entier, illustre l’esclavage, et le troisième, ouvert, commémore l’abolition de l’esclavage.
Un endroit idéal pour revenir sur l’histoire de l’abolition de l’esclavage, et pour évoquer la marche des 150 ans de l’abolition de l’esclavage en 1998. La loi Taubira sera promulguée 3 ans plus tard.
Kévi insiste sur la rupture que représente cette marche. Les générations précédentes voulaient devenir des Français comme les autres, durant cette marche les manifestants brandissent des panneaux soulignant l’histoire de leurs ancêtres « Descendants d’esclaves et fiers de nos aïeux ! ».
Entre nous, un débat s’installe sur l’importance de l’enseignement, de la formation. Le représentant d’une association déplore que l’histoire ne soit pas toujours enseignée de la même manière, et prend l’exemple d’Haïti, dont il est question dans les manuels scolaires des lycées professionnels, mais pas dans ceux des lycées d’enseignement général, fréquentés par nos dirigeants de demain.
A quelques pas de cette sculpture se trouve notre prochaine étape : le Sénat, décor idéal pour évoquer le destin de Gaston Monnerville, grand oublié de la République. Cet homme né en Guyane, dont les grands-parents antillais ont connu l’esclavage, aurait pu devenir le premier président noir de la République Française. Pendant plus de 20 ans, il fut président du Conseil de la République puis du Sénat. Élève brillant, avocat, homme politique aux multiples mandats, résistant, Gaston Monnerville, au CV impressionnant, est pourtant méconnu des Français. Opposé à la présidentialisation du régime, il s’attire l’hostilité du général de Gaulle à la fin des années soixante. Ceci-ci explique-t-il cela ?
Sur le chemin de la Sorbonne, notre groupe empreinte la rue Monsieur le Prince pour découvrir une plaque sur la façade d’un immeuble où vécu l’écrivain américain Richard Wright entre 1948 et 1959. A cette époque, il fuit les USA, la ségrégation et le maccarthysme pour s’installer en France où il peut vivre et exprimer ses idées librement. Il est accueilli par Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre dans ce quartier latin.
D’autres auteurs américains ont suivi son chemin, comme James Baldwin, mais dans des conditions moins confortables, ou Chester Himes.
En poursuivant dans la rue Monsieur le Prince, nous passons devant une plaque à la mémoire de Malik Oussekine…
L’arrivée place de la Sorbonne est l’occasion d’évoquer le premier Congrès international des écrivains et artistes noirs à la Sorbonne, organisé en 1956 par la revue Présence Africaine autour d’intellectuels noirs venus du monde entier. Présence Africaine c’est aussi le nom d’une libraire créée dans les années soixante dans la même mouvance, à deux pas de là, rue des écoles.
La Sorbonne permet d’évoquer l’importance des femmes dans les mouvements intellectuels parisiens, comme les sœurs Nardal qui facilitent les rencontres entre les intellectuels et les artistes noirs présents à Paris. Elles ont en partie inspiré le courant littéraire de la négritude. Paulette Nardal, la plus connue, fut la première femme noire à étudier à la Sorbonne.
Suzanne Lacascale a elle aussi étudié à la Sorbonne. Son grand-père paternel était un esclave guadeloupéen affranchi en 1838. Première femme de couleur à obtenir le baccalauréat en 1904, elle est aussi l’une des premières femmes non blanches à publier un livre en France.
Ainsi s’achève ce circuit, après avoir également évoqué Suzanne Césaire qui était bien plus que ‘la femme de’, et Frantz Fanon, auteur d’un ouvrage visionnaire « Peau noire, masques blancs » où il questionne les notions d’identité, d’assimilation, de racisme à l’encontre des personnes noires, à travers son expérience d’Antillais installé dans l’Hexagone.
Françoise ROURE
Infos pratiques
3 circuits différents sont proposés dans Paris, autour des Ve et VIe arrondissements.
Devis à demander. Ordre de grandeur : pour 25 personnes 500€, 20€ par personne.
Les contacter via leparisnoir@gmail.com
Ne pas hésiter à dire qu’on fait partie des associations amis de la FME
Kévi Donat vient de sortir un livre sur le Paris Noir : À la découverte du Paris noir – Balade au cœur de l’histoire noire de la Ville lumière
Réunion suite à la balade Paris Noir
-Thème de l’année 2026 : les 25 ans de la loi Taubira
-Volonté de la FME de donner en 2026 une dimension internationale aux cérémonies de commémoration de l’abolition de l’esclavage.
-Rappel des 3 axes de la FME : histoire, culture, citoyenneté.
-Beaucoup de réponses aux appels à projet, ne peuvent pas aider à la hauteur des demandes, aimeraient faire plus.
-Rappel sur l’exposition : c’est notre histoire
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panneaux en 4 thèmes
1) La France et la naissance de l’esclavage colonial
2) L’apogée du système esclavagiste au 18ème siècle
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L’explosion du système et les abolitions
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Après l’abolition : héritages et mémoires de l’esclavage
-Communication sur l’exposition consacrée à 20 figures résistantes contre l’esclavage
10 femmes et 10 hommes
Exposition installée dans les gares fin 2024. Désormais en format portable, visuels disponibles pour impression si besoin, accompagnés d’un livret pédagogique et des vidéos.
https://www.vousnousils.fr/esclavage-expo
-Tour de table avec les projets pour 2026


Le jeudi 11 décembre 2025, le réseau régional multi-acteurs Bourgogne-Franche-Comté international
C’est notre ami Yves Gaucher (président de Lacim du sénonais) qui a délivré le mot de bienvenue aux participants en sa qualité d’administrateur de BFC International. Ce fut un réal plaisir de retrouver les ami(e)s de l’Yonne : outre Yves et Marie-Thérèse Gaucher, Sophie Montagne représentait l’association cézycoise Avenir des jeunes filles de Dapaong (AJFD). Je profite de l’occasion pour les remercier d’avoir aidé à la désinstallation de l’exposition.
La France noire a été sollicitée par BFC international pour présenter son exposition 
Du lundi 24 au vendredi 28 novembre 2025,
Ce sont les classes de 5
Retenons tout de suite qu’il y a au collège Marie-Noël de Joigny (89) un club de lutte contre le racisme ! Quelle merveilleuse idée ! Au regard de l’enthousiasme manifesté par quelques uns de ses membres à la découverte de notre exposition, on peut se demander pourquoi les initiateurs de cette belle
Du mardi 14 au vendredi 17 octobre 2025
Merci
Le vendredi 26 septembre, à 18h30, 10 membres de notre association qui ont pu se libérer se sont retrouvés à Saint-Julien-du-Sault dans le cadre des retrouvailles annuelles de La France noire. Pas de doute : les membres présents avaient eu une petite pensée pour les absents au moment d’ouvrir les premières bouteilles (« ça va les faire venir !! »). Merci à notre hôtesse – l’artiste qui nous a prêté son bel atelier – d’avoir passé un moment en notre compagnie.
Ce rendez-vous annuel est très important pour notre association parce qu’il est le moment où nous mettons entre parenthèses nos projets – même s’il nous arrive de les évoquer – pour favoriser les échanges permettant de mieux nous connaître. Et mieux nous connaître, c’est déjà mettre des noms sur les visages ou des visages sur les noms, c’est découvrir les passions, les attentions, le degré d’engagement ou de militantisme des uns et des autres.
Merci à toutes et à tous pour votre présence, pour vos rires, vos sourires, vos plaisanteries, vos anecdotes hilarantes qui ont rendu ce moment très agréable.
Avec l’espoir que nous serons un peu plus nombreux l’année prochaine, les membres présents vous embrassent très fort. Nous avons une petite pensée pour tous nos adhérents qui sont loin et qui nous soutiennent et partagent avec nous en esprit ces moments qui forgent la vie d’une association.
Une soirée
I
Ne devons-nous pas tous souhaiter que ces efforts qui nourrissent l’espoir soient encouragés par nos gouvernants pour alimenter la fraternité nationale ?
Le
Annoncé en même temps que la cérémonie de commémoration de l’abolition de l’esclavage du 9 mai 2025 à Joigny, par les affiches et les flyers, la projection du film
Proposée au public dans la salle d’exposition du cinéma Agnès Varda jusqu’au samedi 31 mai 2025,
Pour terminer cette brève page, je voudrais sincèrement remercier notre secrétaire Annie BIARD, qui est également chargée de nos actions dans notre localité, pour l’enthousiasme avec lequel elle a pris en main l’organisation de la cérémonie de commémoration du 9 mai ainsi que la rencontre autour du film NI CHAÎNES NI MAÎTRES le 12 mai. Merci également à Monsieur Richard ZEIGER, deuxième adjoint au maire de Joigny, qui a honoré de sa présence la rencontre avec les élèves de l’école primaire Sainte-Thérèse de Joigny. Il a même pris la parole pour inviter les jeunes présents à faire montre d’attention à certaines pages de notre histoire touchant l’esclavage outre-atlantique.
Le jeudi 16 et le vendredi 17 janvier 2025,
Dans la galerie des portraits de notre exposition,
Invitée par notre jeune collègue Antoine Bedin pour l’accompagner dans son projet engagé avec ses classes qu’il a inscrites au concours de La flamme de la liberté organisé tous les ans par la Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage (F.M.E) dirigée par Monsieur Jean-Marc Ayrault, l’équipe pédagogique s’est retrouvée face à des enseignants heureux de découvrir un outil pédagogique qu’ils ne soupçonnaient pas ; un outil pédagogique accompagné par un conférencier qu’ils ont unanimement apprécié. Celui-ci n’oubliera JAMAIS le visage rayonnant de certain(e)s de ses collègues lors de sa prestation !
A vrai dire, c’est la personnalité faite d’un franc enthousiasme du collègue Antoine Bedin qui a drainé les autres enseignants et leurs élèves vers le CDI où était installée l’exposition Les résistances africaines à la traite et les luttes des esclaves pour leur liberté dans les Amériques. Au lieu d’une demi-journée, c’est en fait une journée entière que l’équipe de La France noire a passée avec un grand plaisir au lycée des métiers Alexandre Bérard. Le trésorier de la France noire – Pascal Compaoré – qui a intégré pour la circonstance l’équipe pédagogique a observé, comme nous auparavant, qu’avant l’intérêt des jeunes pour la qualité de l’exposition, c’est celui qu’ils portent à la qualité du discours du conférencier que tous les observateurs peuvent et doivent retenir. En effet, c’est le discours de la reconnaissance des histoires françaises des uns et des autres négligées ou jamais racontées dans le grand livre de l’Histoire de France qu’est l’école qui suscite l’attention des élèves ! Pour preuve : le conférencier et lui ont été les témoins d’une scène inédite : trois jeunes approchent le conférencier pour le remercier vivement de la qualité de son discours. Le premier des trois lui dit sans détour : « mon grand-père est Noir ; il est Antillais ». Le trésorier de l’association et le conférencier ont été quelque peu obligés de lui dire qu’ils sont l’un et l’autre les grands-parents de jeunes Blancs ! Et c’est parce qu’ils ne veulent pas que leurs petits-enfants blancs ou noirs aient honte de leurs aïeux que l’association La France noire milite pour une instruction qui apprenne aux jeunes à se connaître pour mieux respecter leurs différences au sein de la République qu’ils ont reçue en héritage. Car à sa naissance, la république n’était pas blanche ! Elle était blanche et noire dès 1794 ! Cela est incontestable et doit être connue de tous ! Et c’est d’ailleurs ce que la seconde république a voulu rappeler à tous en faisant sculpter la première Marianne noire en 1848 ! Mais combien sommes-nous à savoir cela et à l’enseigner ?*
Merci à tous, et surtout aux jeunes porteurs du projet avec leur professeur Monsieur Bedin. Vos questions, vos observations et vos sentiments sur les panneaux de l’exposition ont permis au conférencier de vous conduire plus loin dans la connaissance de la lutte des esclaves noirs pour leur liberté dans les Amériques. Chose hier ignorée et qui a permis de ne retenir que la glorification de quelques Européens dans nos livres et espaces publics. Votre travail sur les héros noirs de la lutte pour la liberté – que nous ne dévoilerons pas ici – sera la preuve de votre volonté de réparer une injustice. Merci donc à vous !