Outre la très belle critique littéraire de mon dernier essai réalisée par l’écrivaine Liss Kihindou à travers une vidéo, trois autres réactions de lecteurs m’invitent à prodiguer un conseil à celles et ceux qui n’ont pas encore lu Les Français noirs et la République, une histoire mouvementée.
S’il est vrai que l’introduction du livre s’impose comme un préalable – pour en saisir l’esprit – les chapitres de la première partie sont absolument indépendants les uns des autres et peuvent donc être lus dans le désordre. Pour ceux qui ne sont pas forcément des amoureux des récits historiques, les enchaîner les uns après les autres pourraient s’avérer quelque peu fastidieux. Aussi, j’ai conseillé à une amie de lire la deuxième partie – “Où en est la France aujourd’hui” – puis de revenir aux chroniques historiques qui constituent la première partie. Résultat, cette remarque que je partage avec vous : « J’ai terminé ton livre selon la méthode que tu préconisais. Et cela a suscité une foule d’idées à partager […] et ma sidération quant au genre de questions que tu as dû affronter entre autres. Enfin, ce livre est un cadeau culturel. Ton combat est au final exigeant et courageux ».
Quelques jours plus tard, je reçois le courriel d’une collègue dont l’établissement a accueilli durant trois années consécutives l’une de nos expositions. Elle a instinctivement adopté la méthode de lecture que je préconise : « Je suis en train de lire votre livre. Outre le fait qu’il est très intéressant, je dois avouer que j’ai au préalable lu le chapitre consacré aux “tribulations de La France noire” que j’ai particulièrement savouré ! Je dois dire que je suis [désireuse] de voir la réaction des collègues trop bien pensants ! »
Ces deux avis rejoignent celui de Bernard, un nouvel ami, qui m’écrit ces mots : « Votre livre est plein de sagesse et de colère. Je ressors de cette lecture heureuse avec une énergie et une force nouvelles. Un grand merci ».
Pas de témoignage de lecteurs africains-français !
Mise à part l’écrivaine et critique littéraire Liss Kihindou, citée plus haut, aucun lecteur noir ne m’a encore fait savoir son sentiment quant aux idées développées et défendues dans ce dernier essai. La République née en 1792 a intégré les populations noires comme citoyens français en 1794 en abolissant l’esclavage et en accueillant un député noir à la Convention nationale (Assemblée nationale) : Jean-Baptiste Belley ! Mais très vite, une monarchie impériale va mettre la jeune République sous l’éteignoir durant près de 50 ans. Celle-ci va émerger à nouveau en 1848. Et durant son règne éphémère, elle a réussi à réitérer son attachement à une France blanche et noire en abolissant une nouvelle fois l’esclavage et en symbolisant, pour la première fois, la Liberté sous les traits d’une femme noire : la première Marianne noire ! (1) Jusqu’au début du XXe siècle, les ennemis de la République vont chercher à faire disparaître cet autre visage de la France – une volonté claire de nier l’appartenance des Noirs à la République, de les invisibiliser. Quand un compatriote noir vient ouvrir ces pages de notre histoire commune pour mieux comprendre et interroger les comportements d’aujourd’hui, les Français noirs peuvent-ils se permettre de garder le silence ? J’espère de tout coeur qu’ils ne tiennent pas, comme d’autres, à couvrir notre passé commun du voile du silence par leur indifférence.
(1) : https://lafrancenoire.com/2021/09/19/les-tribulations-de-la-marianne-noire-de-1848/#comments
Raphaël ADJOBI

Tous les deux ans, le
Notre collègue Pierre-Louis Boggio, professeur d’histoire et initiateur du projet, n’a malheureusement pas pu voir sa réalisation pour des raisons de santé. C’est donc l’écrivaine et critique littéraire Liss Kihindou, professeure de Français dans cet établissement, qui a pris les choses en main malgré le poids de ses charges à cette période de l’année. Merci à elle de m’avoir fait bénéficier de l’enthousiasme de ses élèves pour l’installation et la désinstallation de l’exposition.
Si notre travail sur l’esclavage a évidemment trouvé son public parce que faisant partie du programme officiel et adopté depuis 2017 par les professeurs des classes de 4e soucieux d’élargir leurs connaissances en même temps que celles des jeunes, le choix de celle sur la racisme pour les cinquièmes relève du jugement des équipes pédagogiques ; et cela au regard des besoins qu’elles constatent dans l’évolution sociale des jeunes. En effet, j’avoue qu’en construisant cette exposition, je ne pensais absolument pas que les collègues des collèges la destineraient essentiellement aux classes de cinquième alors qu’elle est demandée pour les lycéens sans distinction de niveau. Cette quasi unanimité montre que partout en France, les enseignants des collèges se rejoignent quant au niveau de classe qui doit bénéficier de connaissances sur le racisme avant qu’il ne s’ancre trop avant dans les habitudes.
Il est vraiment dommage de constater que l’