Chacun doit désormais retenir que le « Pass Culture » est une institution des ministères de l’Éducation nationale et de la Culture ayant pour objectif de « renforcer l’accès à la culture et de diversifier les activités culturelles » des collégiens et lycéens. Il est aussi un outil de valorisation des artistes et gens de lettres souvent obligés de mendier en proposant des rémunérations dérisoires quand ils veulent apporter leurs connaissances aux jeunes dans les établissements scolaires.
Pour bien apprécier ce que propose l’État, il convient de rappeler les pratiques habituelles vis à vis de la culture avant la mise en place du « Pass culture » ; en d’autres termes, un état des lieux pour comprendre la nouvelle vision des choses.
La place de la culture dans les établissements avant 2022
Partons de notre expérience personnelle avec notre région : la Bourgogne-Franche-comté. Depuis plusieurs années scolaires, celle-ci octroie 10€ et 11€ respectivement à chaque lycéen de l’enseignement général et de l’enseignement technique au titre de la promotion de la culture. Combien d’enseignants sont-ils au courant de ce dispositif régional ? Combien de lycéens peuvent-ils dire en avoir profité grâce à des interventions extérieures ? Qu’en est-il dans votre région ? Par ailleurs, une semaine (ou une journée) pour promouvoir l’engagement citoyen de l’élève lui permettant de se nourrir des expériences des associations était en vigueur depuis de nombreuses années. Dans votre région, combien d’établissements se plient-ils à cette mesure et invitent des associations sur leur budget de fonctionnement ?
Devant l’évidente carence de la culture au sein des établissements scolaires – parce que les recommandations ministérielles en la matière enthousiasment peu d’équipes pédagogiques – par un décret daté du 6 novembre 2021 modifié par l’arrêté du 20 septembre 2022 est mise en œuvre sur le plan national une structure dénommée « Pass culture » permettant aux jeunes scolarisés au collège et au lycée d’accéder plus facilement à la culture et aux loisirs. Cette mesure à deux volets : un volet individuel (chaque jeune accède à des contenus culturels via une application Internet grâce à un crédit mis à sa disposition) et un volet collectif (via l’établissement scolaire, les classes doivent bénéficier de l’intervention d’acteurs portant des actions à valeur culturelle). Intéressons-nous à ce dernier volet qui participe à la diversification des connaissances de la jeunesse par le biais d’autres adultes que les professeurs des établissements scolaires.
La notion de culture clairement définie
La partie collective du « Pass culture » permet aux enseignants de financer des activités d’éducation artistique et culturelle pour leur classe. Ici, il n’est pas question de sport et de voyage ! Ce volet qui s’appliquait en 2021 aux élèves de la quatrième à la terminale des établissements publics et privés sous contrat a été élargi aux classes de sixième et cinquième par le décret du 20 septembre 2022. Voici les grandes règles qui mettent en évidence tout l’intérêt de ce dispositif.
Règle n° 1 : les ministères de l’Éducation nationale et de la culture présentent une liste de porteurs de réalisations (arts, ateliers, conférences, expositions, lectures…) qui correspondent à sa définition de la culture sur une plateforme appelée ADAGE. Une liste qui a le mérite de permettre aux professeurs de choisir les acteurs culturels selon leur besoin, leur goût et leurs convictions en restant en accord avec la ligne directrice de l’État. Pour les intervenants, il s’agit clairement de l’obtention de l’agrément ministériel après l’agrément académique.
Règle n° 2 : les établissements scolaires ne reçoivent pas d’argent pour cette mission culturelle mais dispose d’un compte à débiter¹ mis à leur disposition par le biais de la base de donnée ADAGE où sont référencés les acteurs culturels homologués. Le budget de fonctionnement toujours jugé trop maigre par certains ne peut donc plus servir d’argument pour priver les jeunes d’activités culturelles !
Règle 3 : Combien chaque établissement scolaire français peut-il dépenser par année au titre de la culture pour les élèves ? Avant l’intégration des classes de sixième et de cinquième au système le 25 août 2022, voici les plafonds des dépenses tels qu’ils étaient définis :

En clair, selon le tableau ci-dessus, si par exemple un établissement scolaire compte 4 classes de quatrième avec une moyenne de 25 élèves – (4 x 25) 100 élèves – il dispose de (100 x 25€) 2500€ à dépenser durant l’année scolaire. Aux professeurs du niveau des classes de quatrième d’un tel établissement de dépenser cette somme en choisissant les intervenants parmi les acteurs culturels de la liste ADAGE ! Bien sûr, un établissement peut inviter un intervenant non homologué et le rémunérer sur son budget de fonctionnement comme cela se fait actuellement. Ces plafonds des dépenses, tout à fait conséquents, constituent une valorisation du travail des acteurs culturels dont la rémunération repose sur des tarifications précises que tout le monde peut consulter sur plusieurs sites Internet (SGDL, Auteurs…). L’État a compris que la culture a un prix ! Et rémunérer les artistes et les gens de lettres au juste prix, c’est les respecter.
Le « Pass Culture », une arme contre les déserts culturels
Conclusion ou l’œil du ministère de l’Éducation nationale et de la culture : S’il appartient au chef d’établissement de mettre en place le système du « Pass Culture », toute la liberté de son utilisation revient aux enseignants et surtout aux documentalistes qui sont les animateurs des établissements scolaires. Eux seuls seront jugés ! En effet, les projets ou choix des professeurs seront « publiés sur une cartographie des écoles et établissements scolaires. […] Cet affichage des réservations des utilisateurs du “Pass Culture” participe à la reconnaissance des dynamiques culturelles de chaque école ou établissement scolaire ». En clair, l’Éducation nationale saura dans quels établissements travaillent les professeurs qui savent ce que veut dire Culture et se servent des outils culturels mis à leur disposition pour ouvrir l’esprit des jeunes au monde ! Diversifier les sources des connaissances des jeunes, c’est déjà faire soi-même preuve de curiosité. Reconnaissons aussi que ce dispositif est un excellent moyen de permettre aux établissements éloignés des grandes villes de faire venir à eux la culture ; il est évident que nous allons vers un régime d’égalité en matière de consommation de la culture. Le « Pass Culture » s’avère donc une arme contre les déserts culturels !
Raphaël ADJOBI
1. A la mention « le remboursement est crédité par virement au compte de l’établissement sur la base de la validation des contremarques conformément aux modalités prévues […] Ces contremarques ayant valeur de réalisation du service proposé » s’ajoute le fait que les acteurs culturels fournissent les références de leur compte bancaire à la plateforme ADAGE.

Tous ceux qui ont vu l’intégralité du documentaire
Il apparaît clairement dans Black Far West que les héros blancs popularisés par le cinéma et qui constituent la culture des parents des jeunes collégiens, lycéens, et étudiants d’aujourd’hui étaient en fait des Noirs qui se sont illustrés dans les Amériques. C’est donc toute une narration de plus d’un siècle, tout un imaginaire construit sur le mensonge qui s’écroule pour les plus de 50 ans.
Quelle désillusion pour les adultes de plus de 40 ou 50 ans de découvrir que l’histoire de Davy Crockett qui a bercé leurs années télé en noir et blanc n’est rien d’autre que celle du métis Américain
Quant au récit de la fameuse conquête de l’Ouest
Le collège Saint-Michel à Reims est le premier établissement scolaire de la Marne a accueillir une exposition de La France noire. C’est dans un grand CDI, lumineux, en forme de V – créant pour ainsi dire deux départements – que Madame Bindi, la professeure documentaliste, a accueilli notre exposition
En prolongement de leur cours sur l’esclavage, les élèves ont été très surpris de découvrir des images et des faits qu’ils n’avaient jamais imaginés. Leur attention était donc grande face au récit du conférencier.
Pendant une semaine – du lundi 10 au vendredi 14 octobre – élèves et enseignants ont visité librement l’exposition. Celle-ci a même servi de support à un travail proposé par la professeure documentaliste aux élèves d’un autre niveau que la quatrième. Soucieuse de toujours proposer aux enseignants et aux élèves des connaissances nouvelles, Madame Bindi a déjà un projet pour l’année prochaine : accueillir notre exposition sur le racisme.
Durant tout l’été 2022, jusqu’au 24 septembre,
«Ils ont réinventé leur liberté, et même tenté de renverser l’ordre colonial. Entre le milieu du XVIIe siècle et la fin du XVIIIe siècle, six communautés se sont ainsi successivement fondées par marronnage : Saamaka, Dyuka, Paamaka, Boni/Aluku, Matawaï et Kwinti.
En effet, cette belle exposition montrait ces deux pans de l’histoire de ces Africains marrons, c’est-à-dire qui ont réussi à fuir la servitude à laquelle ils étaient destinés.
Mais ce qui retient de manière particulière l’attention du visiteur, ce sont les œuvres que tout le monde s’accorderait à qualifier d’artistiques parce que considérées comme le fruit de la seule imagination de l’artiste créateur. Elles impressionnent et séduisent par leurs lignes sinueuses et leurs couleurs souvent vives. Cependant, comme l’écrit Christiane Taubira dans l’introduction du catalogue de l’exposition, « Sait-on comment nommer un ouvrage ou une œuvre à forte charge culturelle que l’on observe ou que l’on admire, s’agit-il d’art, d’artisanat, voire d’artisanat artistique ? ». Et pour que l’on comprenne bien le fond de sa pensée justifiant cette question, elle ajoute plus loin :
Le vendredi 23 septembre 2022, l’exposition
En effet, l’exposition de
Merci à Monsieur le directeur pour l’accueil, et merci de tout cœur à notre collègue documentaliste pour le précieux coup de main à l’installation et à la désinstallation de l’exposition et pour les échanges très intéressants sur la réalité sociale de cette zone du Jura limitrophe de la Côte d’Or, caractérisée par la faible densité de sa population ; état de chose expliquant la rareté des structures ou réseaux culturels. Nous sommes totalement d’accord avec nos deux collègues pour dire que
Raphaël ADJOBI
Après deux années de respect de la mesure de l’
Les participants à ces dernières retrouvailles ont surtout partagé un agréable moment de convivialité.
Nous pouvons donc dire qu’après deux années de marche assez laborieuse due au COVID, La France noire retrouve sa vitesse de croisière.
La fête initialement prévue sur l’aire de parking de la salle omnisport à la sortie de la ville a finalement – heureusement ! – retrouvé son espace habituel : le marché couvert et sa belle et immense esplanade qui fait face à l’Hôtel de ville.
Merci à Gabrielle (Villeneuve/Yonne) et à Rémy (Chamvres), ainsi qu’à cette collègue – professeure de français, latin et grec (en Seine et Marne) – et à sa fille qui travaille en Inde ; ces dernières ont montré un grand intérêt pour notre travail et ont désiré garder le contact avec notre association pour deux éventuels projets. Merci aussi à ce couple de la
La chanteuse et parolière martiniquaise du célèbre groupe Kassav dit comment la France fabrique des frustrés qui sont obligés de chercher ailleurs leur inspiration pour respirer. Son récit confirme le fait que la France de la laïcité prône la cécité sur la diversité pour ne voir qu’une population incolore, inodore, agréable à voir ! Alors, dit la Martiniquaise, « j’ai commencé à aimer mes cheveux crépus à l’adolescence, grâce aux écrits des Black Panthers et aux artistes afro-américains de Stax et Motown. […] Avec le mouvement « Black and proud », je me suis sentie revivre et j’ai adopté la coupe afro ».
° Beauté noire :
Le dimanche 21 août 2022, deux membres du bureau de notre association ont rencontré
S’il est toujours agréable et même nécessaire qu’une association ait une vie festive pour entretenir la flamme militante des membres, personne ne doit perdre de vue
Il convient de retenir tout de suite que comme le système colonial – excellemment dépeint par le romancier congolais Emmanuel Dongala dans