LA FRANCE NOIRE à la découverte du Paris noir avec la Fondation pour la Mémoire de l’esclavage (le 28 octobre 2025)

En attendant notre projet de groupe permettant à un grand nombre des membres de notre association de découvrir le PARIS NOIR, c’est notre coprésidente, Françoise Roure, qui a eu le plaisir de faire ce circuit à l’invitation de la F.M.E. Elle nous parle aussi de la réunion qui a suivi cette balade.

          La Fondation pour la mémoire de l’esclavage a invité les associations amies à découvrir Paris sous un angle nouveau : le Paris Noir.

          A l’origine de cette expérience Kévi Donat, guide d’origine martiniquaise, témoigne que les touristes étrangers sont souvent surpris par la diversité qu’ils rencontrent au cœur de Paris, d’où la création de circuits de visites avec le parti pris de présenter les monuments et quartiers de Paris, et plus précisément des Ve et VIe arrondissements, qui permettent de parler du passé colonial de la France et de l’importance de la capitale comme lieu de rencontre des artistes ou intellectuels noirs venus des Outres Mers, mais aussi des États-Unis ou d’ailleurs.

          Notre circuit démarre devant le Panthéon, avec le panthéonisé Alexandre Dumas, dont la grand-mère paternelle était haïtienne. Dans le film intitulé ‘L’autre Dumas’ sorti en 2010, ses origines ne sont pas évoquées ; comme elles sont peu connues du grand public. Ce film est d’ailleurs axé sur Auguste Maquet, son collaborateur qualifié de ‘nègre littéraire’ (en anglais on parle de ghost writer, la comparaison est intéressante !). C’est d’ailleurs l’occasion pour notre guide d’indiquer la bataille menée pour imposer le terme de prête-plume à la place du mot nègre, cette utilisation datant du XVIIIe siècle et faisant référence à l’exploitation des populations noires d’Afrique. Elle fut d’ailleurs popularisée dans un pamphlet raciste visant ce même Alexandre Dumas.

Peu d’autres personnalités noires sont au Panthéon.

Félix Eboué, petit-fils d’un couple né dans l’esclavage, partisan de De Gaulle pour une France Libre face au régime de Vichy. Il est le premier homme noir présent au Panthéon.

Joséphine Baker, espionne pour la France Libre dans les années 1940, elle s’est battue toute sa vie contre le racisme et les discriminations.

D’autres ont leur nom gravé sur des plaques installées au sein du Panthéon : Louis Delgrès, Toussaint Louverture, Aimé Césaire.

          Après le Panthéon, direction le Jardin des plantes pour découvrir ‘Le Cri, l’Écrit’ une sculpture commémorant l’abolition de l’esclavage. Cette œuvre de Fabrice Hyber est constituée de 3 maillons de chaîne, le premier, à moitié enfoui dans le sol, représente les racines, le deuxième, fermé et entier, illustre l’esclavage, et le troisième, ouvert, commémore l’abolition de l’esclavage.

          Un endroit idéal pour revenir sur l’histoire de l’abolition de l’esclavage, et pour évoquer la marche des 150 ans de l’abolition de l’esclavage en 1998. La loi Taubira sera promulguée 3 ans plus tard.

Kévi insiste sur la rupture que représente cette marche. Les générations précédentes voulaient devenir des Français comme les autres, durant cette marche les manifestants brandissent des panneaux soulignant l’histoire de leurs ancêtres « Descendants d’esclaves et fiers de nos aïeux ! ».

          Entre nous, un débat s’installe sur l’importance de l’enseignement, de la formation. Le représentant d’une association déplore que l’histoire ne soit pas toujours enseignée de la même manière, et prend l’exemple d’Haïti, dont il est question dans les manuels scolaires des lycées professionnels, mais pas dans ceux des lycées d’enseignement général, fréquentés par nos dirigeants de demain.

          A quelques pas de cette sculpture se trouve notre prochaine étape : le Sénat, décor idéal pour évoquer le destin de Gaston Monnerville, grand oublié de la République. Cet homme né en Guyane, dont les grands-parents antillais ont connu l’esclavage, aurait pu devenir le premier président noir de la République Française. Pendant plus de 20 ans, il fut président du Conseil de la République puis du Sénat. Élève brillant, avocat, homme politique aux multiples mandats, résistant, Gaston Monnerville, au CV impressionnant, est pourtant méconnu des Français. Opposé à la présidentialisation du régime, il s’attire l’hostilité du général de Gaulle à la fin des années soixante. Ceci-ci explique-t-il cela ?

          Sur le chemin de la Sorbonne, notre groupe empreinte la rue Monsieur le Prince pour découvrir une plaque sur la façade d’un immeuble où vécu l’écrivain américain Richard Wright entre 1948 et 1959. A cette époque, il fuit les USA, la ségrégation et le maccarthysme pour s’installer en France où il peut vivre et exprimer ses idées librement. Il est accueilli par Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre dans ce quartier latin.

D’autres auteurs américains ont suivi son chemin, comme James Baldwin, mais dans des conditions moins confortables, ou Chester Himes.

En poursuivant dans la rue Monsieur le Prince, nous passons devant une plaque à la mémoire de Malik Oussekine…

          L’arrivée place de la Sorbonne est l’occasion d’évoquer le premier Congrès international des écrivains et artistes noirs à la Sorbonne, organisé en 1956 par la revue Présence Africaine autour d’intellectuels noirs venus du monde entier. Présence Africaine c’est aussi le nom d’une libraire créée dans les années soixante dans la même mouvance, à deux pas de là, rue des écoles.

          La Sorbonne permet d’évoquer l’importance des femmes dans les mouvements intellectuels parisiens, comme les sœurs Nardal qui facilitent les rencontres entre les intellectuels et les artistes noirs présents à Paris. Elles ont en partie inspiré le courant littéraire de la négritude. Paulette Nardal, la plus connue, fut la première femme noire à étudier à la Sorbonne.

          Suzanne Lacascale a elle aussi étudié à la Sorbonne. Son grand-père paternel était un esclave guadeloupéen affranchi en 1838. Première femme de couleur à obtenir le baccalauréat en 1904, elle est aussi l’une des premières femmes non blanches à publier un livre en France.

          Ainsi s’achève ce circuit, après avoir également évoqué Suzanne Césaire qui était bien plus que ‘la femme de’, et Frantz Fanon, auteur d’un ouvrage visionnaire « Peau noire, masques blancs » où il questionne les notions d’identité, d’assimilation, de racisme à l’encontre des personnes noires, à travers son expérience d’Antillais installé dans l’Hexagone.

Françoise ROURE

Infos pratiques

3 circuits différents sont proposés dans Paris, autour des Ve et VIe arrondissements.

Devis à demander. Ordre de grandeur : pour 25 personnes 500€, 20€ par personne.

Les contacter via leparisnoir@gmail.com

Ne pas hésiter à dire qu’on fait partie des associations amis de la FME

Kévi Donat vient de sortir un livre sur le Paris Noir : À la découverte du Paris noir – Balade au cœur de l’histoire noire de la Ville lumière

Réunion suite à la balade Paris Noir

-Thème de l’année 2026 : les 25 ans de la loi Taubira

-Volonté de la FME de donner en 2026 une dimension internationale aux cérémonies de commémoration de l’abolition de l’esclavage.

-Rappel des 3 axes de la FME : histoire, culture, citoyenneté.

-Beaucoup de réponses aux appels à projet, ne peuvent pas aider à la hauteur des demandes, aimeraient faire plus.

-Rappel sur l’exposition : c’est notre histoire

  1. panneaux en 4 thèmes

1) La France et la naissance de l’esclavage colonial

2) L’apogée du système esclavagiste au 18ème siècle

  1. L’explosion du système et les abolitions

  2. Après l’abolition : héritages et mémoires de l’esclavage

-Communication sur l’exposition consacrée à 20 figures résistantes contre l’esclavage

10 femmes et 10 hommes

Exposition installée dans les gares fin 2024. Désormais en format portable, visuels disponibles pour impression si besoin, accompagnés d’un livret pédagogique et des vidéos.

https://www.vousnousils.fr/esclavage-expo

-Tour de table avec les projets pour 2026

LA FRANCE NOIRE invitée aux 2es Rencontres régionales de la lutte contre les discriminations par l’éducation à la citoyenneté mondiale

          Le jeudi 11 décembre 2025, le réseau régional multi-acteurs Bourgogne-Franche-Comté international (BFC International) a réuni plus de quatre-vingts personnes autour des moyens de lutter contre les discriminations. En effet, à travers la participation d’acteurs associatifs, d’élus et de représentants d’institutions qui réfléchissent et agissent sur le terrain, BFC International a voulu cette rencontre pour « favoriser un dialogue multi-acteurs et un partage de connaissances au service de l’intérêt général ». Avoir connaissance de ce qui se fait dans notre région en matière de lutte contre les discriminations, contre le racisme, mais aussi des moyens mis en oeuvre pour aider les démunis à connaître leur droit pour mieux se défendre est absolument nécessaire quand on est soucieux de la consolidation du vivre-ensemble et de la cohésion sociale.

          C’est notre ami Yves Gaucher (président de Lacim du sénonais) qui a délivré le mot de bienvenue aux participants en sa qualité d’administrateur de BFC International. Ce fut un réal plaisir de retrouver les ami(e)s de l’Yonne : outre Yves et Marie-Thérèse Gaucher, Sophie Montagne représentait l’association cézycoise Avenir des jeunes filles de Dapaong (AJFD). Je profite de l’occasion pour les remercier d’avoir aidé à la désinstallation de l’exposition.        La France noire a été sollicitée par BFC international pour présenter son exposition « L’invention du racisme et la négation des traces de l’homme noire dans l’histoire de l’humanité » avec à l’appui deux conférences. Nous sommes très reconnaissants à ce réseau régional pour avoir permis à notre exposition de rencontrer pour la première fois un public d’adultes. L’attention accordée aux panneaux présentés et les nombreuses photos prises par les participants témoignent du succès rencontré par notre travail. Quant au conférencier, il a été vivement félicité par de nombreux participants et pourrait même être invité par la ville de Besançon l’année prochaine.

Raphaël ADJOBI

RETOUR AU COLLÈGE PIERRE-AUGUSTE RENOIR À FERRIÈRES-EN-GÂTINAIS (45)

          Du lundi 24 au vendredi 28 novembre 2025, La France noire a été accueillie au collège Pierre-Auguste Renoir à Ferrières-en-Gâtinais (45 – Loiret), pour 10 heures de conférence sur notre exposition L’invention du racisme et la négation des traces de l’homme noir dans l’histoire de l’humanité. Et cela grâce à l’intérêt que notre collègue Eva Fakam porte aux thématiques qui, par leur vue sortant de l’ordinaire, dynamisent quelque peu notre système d’enseignement et permettent aux jeunes de jeter un regard analytique sur la société qui les entoure.

          Ce sont les classes de 5e à la 3e qui ont participé à cette rencontre avec le conférencier. Celui-ci retient que plus que partout ailleurs les élèves ont été très nombreux à venir personnellement lui témoigner leur reconnaissance non seulement pour la qualité de l’exposition mais aussi pour la justesse de ses explications. Très émouvant d’entendre les jeunes argumenter leur sentiment personnel ! Et notre collègue Eva Fakam ayant initié ce retour de notre association à Pierre-Auguste Renoir – qui avait reçu durant quatre années consécutives notre exposition sur l’esclavage – de nous écrire ces mots : « L’exposition a été très bien reçue par les élèves et j’espère qu’elle les conduira doucement mais sûrement à avoir une attitude plus respectueuse envers les différences ».

          Pour sa part, La France noire est très heureuse de constater qu’il y a des enseignant(e)s conscient(e)s des conséquences actuelles de la gestion racialiste du passé que nous avons en commun par les pseudo-scientifiques européens du XIXe et du XXe siècle et qui jugent nécessaire de réagir : permettre aux jeunes générations d’être confrontées à l’ampleur du travail de déconstruction des préjugés qui les attend s’ils veulent vivre dans un monde plus juste et plus respectueux des différences.

Raphaël ADJOBI

VERDICT DU PROCÈS DES 11 MARTINIQUAIS impliqués dans le déboulonnage de 3 statues de l’époque esclavagiste et coloniale

          Deux dates à retenir, et un verdict qui honore la Justice ! 22 mai 2020, jour historique où les trois statues de l’époque esclavagiste et coloniale sont tombées en Martinique. 17 novembre 2025, jour du jugement des 11 personnes impliquées dans le déboulonnage de ces effigies. Verdict du tribunal correctionnel : 9 des prévenus sont relaxés ; 2 sont condamnés mais dispensés de peine. En d’autres termes, les 11 prévenus sont ressortis du tribunal sans condamnation effective.

          Ce verdict dit clairement que « les citoyens ont le droit à la désobéissance civile », le droit de défendre une cause qui agite le débat public, le droit d’avoir une position, une posture qui peut ne pas plaire au pouvoir en place, et cela sans tomber sous le coup de la loi – surtout quand les idées exprimées sont anticoloniales et antiesclavagistes. Selon le tribunal, « condamner un tel acte – qui est évidemment un acte politique (ne portant pas atteinte à la vie, à l’honneur, à la dignité de quiconque) serait une ingérence disproportionnée dans l’exercice de la liberté d’expression », a souligné l’un des avocats. Retenons donc que la Justice refuse de se mêler du débat politique, parce que le déboulonnage des trois statues était un acte politique commis dans le cadre d’un débat politique pour attirer l’attention de l’État et des citoyens !

          Tous les Français doivent retenir que le déboulonnage des statues de Victor Schoelcher, de Joséphine de Beauharnais, et de Pierre B. d’Esnambuc souligne la légitimité du débat sur la place des symboles de l’époque coloniale et esclavagiste qui polluent nos espaces publics. Surtout quand celles et ceux qui les défendent ignorent totalement comment les statues et les noms de rues se sont répandus dans ces espaces.

          Selon nous, ce verdict du tribunal de Fort-de-France est très réconfortant parce qu’il nous dit que la Justice de notre pays refuse d’être la caisse de résonance de ceux qui détiennent les pouvoirs et l’argent et qui croient que la raison est forcément de leur côté. On peut d’ailleurs se demander dans cette affaire qui a déposé la plainte ? Qui s’est déclaré propriétaire de ces statues pour demander justice ? Qui s’est senti offensé, blessé, insulté au point de porter plainte ? Si l’État veut honorer des hommes et des femmes qu’il juge dignes de l’estime de la majorité des citoyens, il dispose du Panthéon pour cela. S’il s’agit des descendants des esclavagistes qui s’accrocheraient à ces vestiges du passé, qu’ils sachent qu’il ne leur est pas interdit de les posséder dans leurs cercles privés. L’espace public n’est nullement le lieu d’exprimer sa volonté de puissance ou celle de ses aïeux par rapport à ceux d’autres compatriotes ! Attitude tout à fait malsaine. C’est pourquoi nous pouvons être pleinement d’accord avec cette jeune Martiniquaise qui dit que ce verdict va dans le sens du mieux vivre ensemble, car il n’est pas épanouissant et il n’est pas juste de grandir « entourés de symboles insultants ». Que le lecteur retienne cela ! Ces paroles nous emmènent à paraphraser celles d’un personnage de Sourires de loup de Zadie Smith à l’attention de cette catégorie de citoyens accrochés aux effigies de leurs aïeux qu’ils savent pourtant insultantes pour leurs compatriotes noirs :

est-ce que c’est vraiment aussi compliqué que ça, est-il vraiment impensable que Noirs et Blancs, coincés sur ces multiples territoires dispersés sur plusieurs océans et plusieurs continents qui constituent la France d’aujourd’hui, nous ne puissions parvenir à nous traiter les uns les autres comme des citoyens français aspirant aux mêmes idéaux comme lorsque nos aïeux combattaient côte à côte le même ennemi ?

Raphaël ADJOBI

JAMES (de Percival Everett)

          Le souvenir de l’esclavage continue de hanter les mémoires des Afro-américains qui en trouvent l’expression à travers la littérature. C’est ainsi que le prix Pulitzer 2025 de la fiction a été attribué au roman James de Percival Everett, roman dont le thème principal est l’esclavage. Il s’agit d’une réécriture du roman de Mark Twain, Les aventures de Huckleberry Finn, mais racontée d’après le point de vue de l’esclave, Jim, à la première personne.

          Lorsque Sadie, l’épouse de Jim, surprend une conversation selon laquelle Miss Watson, la « missa » de son mari, a le projet de le vendre à la Nouvelle Orléans, elle l’en informe. Sans hésiter, Jim décide de s’enfuir dans le nord afin de gagner suffisamment d’argent pour racheter sa femme et sa fille Lizzie. Jim devient donc un esclave fugitif avec toutes les conséquences qui en découlent. Il se réfugie d’abord sur une île où le hasard fait qu’il retrouve un jeune garçon fuyant la violence et l’alcoolisme de son père , Huck qu’il connaît très bien. S’ensuit alors un récit émaillé de nombreuses péripéties et des rebondissements parfois à la limite du crédible. Mais le lecteur est emporté par ce récit d’aventures et par la leçon d’histoire qu’il nous donne : la vie des esclaves à la veille de la guerre de Sécession, la violence permanente qui les maintient dans un état où ils peuvent être fouettés, battus, pendus pour des prétextes plus ou moins futiles, comme le vol d’un crayon, et les femmes violées sans possibilité de se défendre.

          En prélude du roman, quatre chansons extraites du carnet de Daniel Decatur Emmet nous rappelle que ce compositeur américain est le fondateur de la première troupe de blackface.

          Le personnage éponyme Jim/James, comme cette double identité, parle un double langage « petit nègre » pour les blancs et le langage « blanc » qu’il feint d’ignorer mais qu’il utilise avec ses compagnons d’infortune. Il l’enseigne aussi à leurs enfants : on « gagne toujours à donner aux Blancs ce qu’ils veulent », et ce qu’ils veulent « c’est un être inférieur à fouler au pied ». Aussi le décalage est constant entre ce qu’il montre aux Blancs et ce qu’il est réellement : un homme qui sait lire et écrire, deux interdictions fondamentales qui pesaient sur les populations noires esclavagisées, et convoquer des philosophes comme Voltaire ou Alan Locke, qu’il a pu lire en cachette et dont les livres l’accompagnent dans sa fuite.

          Au fond même de cette situation sans issue, la détermination de James à libérer sa femme et sa fille reste inébranlable malgré les obstacles rencontrés comme la nature hostile, un fleuve Mississipi immense, dangereux mais prodigue en poissons-chats, et des personnes bonnes ou mauvaises mais dont il faut toujours se méfier. Dans cette histoire terrible, haletante, surgit parfois des pointes d’humour et on ne sait plus qui est vraiment noir ou vraiment blanc, les différences de couleur de peau s’effacent devant l’humanité ou l’inhumanité des situations ou des êtres.

          Un beau roman qui se lit d’une traite et une belle idée de cadeau de Noël.

Annie BIARD

Titre : James, 288 pages

Auteur : Percival Everett

Éditeur : Éditions de l’Olivier, 2025

LE PROCÈS DES 11 MARTINIQUAIS POUR DÉBOULONNAGE DE TROIS STATUES GLORIFIANT LE RÉCIT DE LA FRANCE BLANCHE : une répétition de l’abolition tronquée de 1848 !

          Le procès fait en ce mois de novembre 2025 aux 11 Martiniquais ayant participé au déboulonnage de trois statues d’hommes blancs de l’époque esclavagiste et coloniale dans leur département mérite un regard attentif et une analyse précise pour comprendre l’équité du balancier de la Justice de notre pays.

          Il convient de retenir que c’est au bout d’une vingtaine d’années de demande des activistes de la Martinique auprès des autorités locales, quant à l’inacceptable présence – parce qu’insultante – des effigies de trois personnages de notre histoire coloniale et esclavagiste, que leur décision fut prise de les déboulonner en mai 2020. Et cela quelques jours avant la mort de George Floyd aux États-unis. Ce constat dit clairement que l’écoute de l’Autre pour prendre en compte sa peine ou sa souffrance, qui est la plus grande forme d’équité, de justice, que la République doit à chacun de ses citoyens, a été négligée ou rejetée par la France. Sur ce sujet, il faut lire le chapitre « Faut-il déboulonner certaines statues » de mon livre Les Français noirs et la République – Une histoire mouvementée (L’Harmattan, 2024).

Aucun Français n’est censé ignorer l’histoire de l’esclavage des Noirs

          Je ne voudrais donc pas m’attarder sur les raisons qui ont poussé les Martiniquais à déboulonner les statues de Victor Schoelcher (dans une insultante posture paternaliste à l’égard d’une enfant noire) et de Joséphine de Beauharnais, puisque j’y ai consacré un chapitre dans mon livre que je viens de citer. Lire, c’est écouter l’Autre ! Ne lisez pas que les compatriotes blancs ! Lisez aussi les Français noirs pour compléter votre connaissance de l’Histoire de France.

          Rappelons que comme à notre époque Christiane Taubira, membre du gouvernement, avait été chargée de défendre ce qui est devenu le mariage pour tous, Victor Schoelcher était à son époque secrétaire d’État du gouvernement en place chargé du programme de l’abolition de l’esclavage avec indemnisation des colons ; ce qui aboutira à la mise au travail forcé des nouveaux citoyens jusqu’en 1946 ! En d’autres termes, l’un et l’autre étaient au service de l’État et ne peuvent donc pas être personnellement tenus pour responsables du résultat obtenu au point d’être glorifiés ou détestés ! L’inévitable détestation ou admiration des populations de ces faces émergées des actions de l’État doit donc être vue, chaque fois, comme un message clair adressé à l’État lui-même. C’est ce que chaque citoyen doit retenir ; et c’est ce que l’Histoire doit retenir ! Quant à Joséphine de Beauharnais, elle était l’épouse de Napoléon Bonaparte qui avait rétabli en 1802 l’esclavage aboli par la première république en 1794. Ce tableau me semble assez clair pour comprendre la contestation de la légitimité de ces deux personnages dans l’espace public martiniquais. J’ajouterai que personne, même pas la République, n’a le droit d’imposer aux citoyens de tel ou tel département des figures à honorer, surtout quand les populations les ont en horreur ! PERSONNE ! Sauf les suprémacistes convaincus de détenir la lumière devant éclairer le reste du monde condamné à les considérer comme des dieux incontestables ! Qui a déjà écouté les Martiniquais pour connaître leurs héros qui les ont libérés ou étaient sur le point d’y parvenir au moment de la proclamation officielle de l’abolition de l’esclavage ? D’ailleurs, sur son site, la Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage (F.M.E) éclaire les citoyens et l’État français sur la posture des Martiniquais à l’égard de Victor Schoelcher : https://memoire-esclavage.org/statue-de-victor-schoelcher-fort-de-france

        Maintenant, abordons plus largement la raison du déboulonnage de la troisième statue représentant un personnage que presque personne ne connaît en métropole. Les descendants des Africains en Martinique savent très bien que leurs aïeux ont été forcés par les colons blancs de remplacer les autochtones de l’île : les Arawak et les Kalidago, exterminés par Pierre d’Esnambuc (1585 – 1636) au moment de l’installation des colons français. Aujourd’hui, personne ne peut mentionner un seul descendant de ces deux peuples dans la population française ! Voilà une triste réalité appelée génocide et qui a pleinement atteint son but ! Et pourtant, Pierre d’Esnambuc avait une statue qui trônait en bienfaiteur digne d’admiration – selon l’administration française – sur une place publique de l’île avant sa destruction en juillet 2020 ! C’est croire que la disparition de presque toutes les statues de Christophe Colomb sous le ciel des Amériques – avec les manifestations qui ont suivi la mort de George Floyd – ne semble pas un enseignement pour nos autorités quant au fait que le terme « découvreur » de peuples étrangers est désormais considéré par des milliards d’êtres humains à travers le monde comme une insulte, voire une inqualifiable et détestable arrogance.

La République complice des suprémacistes békés ?

          En France, on déboulonne régulièrement des statues. Démonstration est faite dans mon livre cité plus haut. Celle de l’abbé Pierre, accusé d’agressions sexuelles, a été déboulonnée en septembre 2024 à Norges-la-ville en Bourgogne (21 – Côte d’or) et son image retirée des affiches publicitaires d’une fondation bien connue. Posons-nous cette question pour voir plus clair dans ce débat : qui juge de la dignité ou non de la présence de telle ou telle effigie dans les espaces publics ? Réponse : elles sont là grâce à des cercles d’amis, des partisans qui courtisent les officiels de l’État ! C’EST TOUT ! Personne en France ne peut soutenir le contraire ! Les représentants de l’État ne doivent donc pas négliger ce fait au risque de se rendre complices des offenses que cause la présence en certains lieux de certaines de ces statues. Voilà pourquoi, à la suite des Martiniquais, des centaines de statues ont été déboulonnées par des citoyens à travers le monde après la mise à mort raciste de l’Américain George Floyd.

          De toute évidence, l’enjeu de ce procès est de refuser aux Français noirs la légitimité de leur histoire française au sein de la République. En effet, le déboulonnage des trois statues était une revendication de la reconnaissance de leur légitimité – et donc de leur voix, de leur sentiment – au sein de la République. Les Martiniquais refusent que la République se rende complice des descendants des esclavagistes, ces békés qui tiennent à perpétuer les figures des crimes esclavagistes et coloniaux et les injustices qui les accompagnent comme œuvres civilisatrices dignes d’être honorées – même là où les blessures du passé sont encore vivaces. Ils savent que c’est cette complicité de l’État avec les aïeux des békés qui avait abouti à l’indemnisation des colons au lieu des esclaves au moment de la deuxième abolition de l’esclavage. Chaque citoyen français doit graver cela dans son esprit au moment de discuter des revendications de nos compatriotes des outre-mer.

          Malheureusement, nous n’avons plus en France d’intellectuels reconnus capables de porter une voix forte pouvant être entendue quand il s’agit de défendre la légitimité contestée d’un groupe social issu de notre histoire coloniale ou esclavagiste. Aussi l’expulsion de l’homme noir de l’histoire de l’humanité officialisée par les théories racialistes du XIX siècle – mais contestée au XXe siècle- a fini par triompher en ce début du XXIe siècle au sein du pouvoir politique républicain pour autoriser ce procès.

          Que chacun retienne ceci : aujourd’hui, la figure de Victor Schoelcher et celle de l’abbé Pierre sont contestées – pour des raisons différentes ; et la statue de chacun est déboulonnée parce que devenue gênante. Et la preuve que le procès des 11 Martiniquais est une contestation de la légitimité des Français noirs se trouve dans le fait que chaque action que ceux-ci posent pour sortir de l’invisibilité et accéder à une égalité de considération et de traitement avec le citoyen blanc est jugée par nos autorités comme une atteinte à l’ordre public ! Cela est un fait incontestable clairement démontré dans mon livre afin que personne ne demeure ignorant de l’institution de l’injustice à l’égard des Noirs au cœur de la République.

Raphaël ADJOBI

Nathacha APPANAH PRIX FEMINA 2025… mais pas le niveau suffisant pour être Française !

          La France détient l’art singulier d’humilier les descendant(e)s de ses anciennes colonies. Un art devenu risible. Nathacha APPANAH, la journaliste et écrivaine originaire de l’île Maurice (1), en est l’amère exemple. Prix Fémina 2025 pour son roman La nuit au cœur, elle n’aurait pas, selon l’administration française, le niveau suffisant pour obtenir la nationalité française.

          « Pour prouver son niveau de français, elle a envoyé ses grades de chevalier et d’officier des arts et des lettres, deux décorations remises par l’État français » au regard de ses nombreuses publications littéraires (Carole Lefrançois dans Télérama n° 3949 du 17/09/2025 p.141). « L’administration m’a répondu que ces honneurs ne correspondaient pas à un diplôme, ce que je savais, mais je me disais que peut-être avec mon curriculum vitae et les douze romans publiés, cela suffirait… ». NON ! Elle a été retoquée ! Quant à l’artiste Oxmo Puccino51 ans – il a beau partager ses questionnements avec tous les Français, c’est seulement cette année, en juillet 2025, qu’il a obtenu la nationalité française (avec l’aide de son entourage professionnel, précise-t-il) après trois tentatives infructueuses ; lui, qui vit à Paris depuis qu’il a 1 an ! « Lors de l’entretien […] l’on m’a posé des questions sur la culture française et demandé de réciter les paroles de la Marseillaise » (Télérama du 15/10/2025). L’administration de notre pays douterait-elle de la qualité de l’enseignement reçu dans nos établissements scolaires ? Quand en France un Blanc, premier ministre, n’est pas disqualifié pour avoir clamé publiquement que l’île de la Réunion est située dans l’océan Pacifique – et devient une décennie plus tard ministre des outre-mer ! – une partie de la population française a toutes les raisons de croire que les dirigeants de notre République sont injustes devant nos ignorances respectives.

          En effet, la France blanche a ses raisons que la raison ne connaît pas. Par exemple, c’est elle qui décide de classer les artistes et les écrivains qui n’ont pas la peau blanche dans telle ou telle catégorie de population de la terre, dans telle ou telle type de culture.

          Tenez, en matière de publications, le premier roman de Nathacha Appanah Les rochers de Poudre d’or – sorti en 2003 fut d’office classé dans la collection Continents noirs, chez Gallimard. L’autrice garde encore le souvenir de la déception ressentie alors : « Peut-être que j’avais oublié ma couleur de peau, peut-être que j’avais oublié d’où je venais… Bon sang ! Lisez-nous pour notre intention, pour les risques littéraires que nous prenons, ne nous lisez pas comme des sociologues déguisés, des anthropologues… mais pour le langage, l’émotion et ce personnage qui fait vous mettre à sa place » (Entretien avec Carole Lefrançois – Télérama).

          Et elle a pleinement raison parce que vous ne trouverez pas dans une collection étiquetée NOIR les titres comme Zamore et Mirza (1785) – drame en trois actes d’Olympe de Gouges, Ourika (1823) de Claire de Duras, Bug-Jargal (1826) de Victor Hugo, ou Alma (2020) de Timothée de Fombelle, dont les héros et héroïnes sont Noir(e)s”. Qui oserait aller chercher Georges d’Alexandre Dumas au rayon littérature francophone ?

(1) L’île a appartenu à la France de 1715 à 1810 avant de devenir colonie anglaise jusqu’en 1968.

Raphaël ADJOBI

BLACK BOY de Richard Wright (une analyse d’Annie BIARD)

          Le pouvoir de la littérature sur la construction de l’individu n’est plus à reconnaître. La lecture de Black Boy de Richard Wright en est un exemple flagrant.

          Cette autobiographie, publiée en 1945, est un des premiers romans écrit par un Afro-Américain. Elle retrace son enfance et son adolescence dans le Sud des États-Unis dans les États du Mississipi et du Tennessee, au début du XXe siècle.

          Dans ces États du Sud, une ségrégation raciale, violente et stricte, règne et s’appuie sur les lois Jim Crow, mises en place à la fin du XIXe siècle et dont le but est de tenir sous-domination les Afro-Américains.

          Tout au long de son récit, Richard Wright dépeint la violence quotidienne au sein de sa famille, qui ne connaît que les coups en matière d’éducation, puis en grandissant la violence des Blancs qui se manifeste de façon totalement inattendue et incompréhensible pour l’enfant ou l’adolescent qu’il est. Cet apprentissage de la vie se fait donc sous le signe de la peur, une peur omniprésente que ce soit dans les relations familiales ou dans la société.

          Sous le signe également de la faim, de la pauvreté avec une mère devenue paralysée, obligée de retourner chez la grand-mère qui affiche une religiosité intransigeante et insupportable pour l’auteur.

          Ce qui est admirable dans ce roman, c’est que cet enfant noir, toujours en lutte pour sa survie, résiste à la soumission, seul contre tous, Noirs ou Blancs. Il va découvrir que d’autres mondes existent à travers la lecture de romans qu’il se procure en cachette. Dans le Sud ségrégationiste, les Noirs ne doivent ni lire ni penser par eux-mêmes. Ces auteurs qu’il découvre vont lui servir de guide et renforcer la confiance en lui qu’il peut sortir de cette assignation et se construire une autre vie. Mais ces possibilités ne peuvent se réaliser qu’en quittant le Sud.

          Ce récit permet de ressentir pleinement l’atmosphère de racisme, de haine et de violence qui régnaient dans ces États malgré la fin de l’esclavage et qui imprégnaient toujours les esprits et les comportements de la population blanche comme des marques ineffaçables.

Annie BIARD

         

LETTRES SAUVAGES de Bernard Périllat (une analyse de Liss Kihindou)

Les poètes ont une façon de dire les choses qui leur est propre. D’un récit, d’une rêverie, d’une peine, d’un combat personnel, de tout ce qui fait le monde qui nous entoure (animal, végétal, minéral…), l’imagination du poète en fait une œuvre qui surgit comme un précipité dans un vase. Une trace visible, posée là ! Une marque tangible que le lecteur curieux découvre par un travail de décomposition comme pour suivre avec délectation le chemin parcouru par l’auteur pour y parvenir. Chaque texte est donc une invitation au voyage. Et si le lecteur a une âme quelque peu sensible à la poésie, il arrive qu’il s’exclame : « Mon Dieu, que c’est si bien fait ! Tisser une si belle toile avec des mots ! » Douteriez-vous de ce que je dis ? Tenez, lisez ceci :

Lettre de la fourmi soldate

J’étais allongé dans l’herbe. Une fourmi soldate me demanda :

« Quelle est ton utilité sur terre ? Tu ne vois pas que tu te mets en

travers de notre route et de la marche du monde ? »

Au lieu d’écraser cette fourmi impertinente, je lui réponds :

« Attends ! Laisse-moi me mettre à ton diapason… »

« Ne me parle pas de diapason, vous êtes en train de casser les

harmonies naturelles. Réponds à ma question ! »

Que répondre ? Aucune harmonie chez nous : la loi de la guerre !

Marche ou crève !

« À quoi sert votre cerveau puissance 10 ? Il y a quelque chose qui ne

tourne pas rond chez vous ! »

C’est vrai ! Nous avons deux jambes, mais nous marchons sur la tête.

Nous épuisons les ressources naturelles… Nous nous épuisons,

portant aux nues ceux qui nous dominent.

« Vous avez peut-être besoin d’aide pour vous débarrasser de vos

tyrans ? Nous pouvons entrer en eux par les narines, la bouche, les

oreilles, le trou du cul et les ronger de l’intérieur. »

Des chevaux de Troie par milliards !

« Nous sommes prêtes, pour notre survie à tous. »

                                                                                                             20 mars 2021

Je vous laisse découvrir l’analyse des LETTRES SAUVAGES de Bernard Périllat par la poétesse Liss kihindou. Ce n’est pas souvent que l’on a le plaisir de voyager dans les pages d’un poète la main dans celle d’un autre poète ou poétesse qui veut bien nous servir de guide.

Bonne Lecture. Et puisque Noël frappe à nos portes, pensez à glisser ce livre comme cadeau à un(e) ami(e) qui aime lire ou écrire (ou les deux à la fois) – A commander chezn votre libraire ou chez l’Éditeur : L’Arbre à Musiques 10, rue Rubens 75013 Paris. Cliquez pour accédez à l’article de Liss Kihindou.

Le collège Marie-Noël de Joigny (89) accueille l’exposition L’INVENTION DU RACISME

          Retenons tout de suite qu’il y a au collège Marie-Noël de Joigny (89) un club de lutte contre le racisme ! Quelle merveilleuse idée ! Au regard de l’enthousiasme manifesté par quelques uns de ses membres à la découverte de notre exposition, on peut se demander pourquoi les initiateurs de cette belle œuvre n’ont-ils pas pensé plus tôt au travail de l’association La France noire qui a son siège dans cette ville ? En tout cas, nous sommes très reconnaissants à notre collègue Delphine MAZA qui a eu l’excellente idée de permettre aux enseignants de cet établissement scolaire d’exploiter le savoir-faire de notre association dont les travaux sont approuvés par l’Éducation nationale et la Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage (F.M.E).

          Du mardi 14 au vendredi 17 octobre 2025, La France noire est intervenue pendant 9 heures devant les élèves de quatrième et troisième pour leur montrer que la diversité de la population de la France d’aujourd’hui s’explique par deux histoires qui ont donné naissance à un phénomène connu de tous : le racisme ! En effet, ce n’est pas parce que les « Blancs » sont racistes qu’ils ont entrepris la mise en esclavage des Africains et le partage de leur continent ou la conquête des autres continents. C’est bien parce qu’ils ont voulu justifier leur volonté de prédation alimentée par l’appât du gain qu’ils ont inventé le racisme : catégorisation et hiérarchisation des êtres humains. Ce qui suppose dans leur esprit des êtres supérieurs et des êtres inférieurs selon des critères arrêtés par eux-mêmes. C’est la mise en pratique de cette théorie de la supériorité des « Blancs » sur les autres peuples de la terre que l’exposition souligne en y ajoutant des preuves de l’origine de la diversité des êtres humains à partir de l’Afrique, leur origine commune.

          Merci aux collègues qui ont montré une grande attention au travail de l’intervenant afin d’en tirer quelque profit pour l’instruction des jeunes. Merci à notre collègue Arnaud, professeur documentaliste, qui a été une aide précieuse durant cette semaine et surtout pour l’installation et la désinstallation de l’exposition.

Raphaël ADJOBI