En cette deuxième quinzaine de décembre 2025, la ville de Joigny (89) est en deuil. Bernard Moraine est décédé le lundi 15 décembre à l’âge de 71 ans. Maire de Joigny de 2009 à 2020, plus que tout autre, il est celui qui aura marqué la cité jovinienne de son empreinte de militant associatif et non par ses titres, diplômes et affectations de haut fonctionnaire de l’État. Bernard était un “enfant de la cité” épris de justice mais qui ne bombait jamais le torse face à ses adversaires.
C’est au début des années 2000, alors que j’étais le président de la F.C.P.E (Fédération des Conseils de Parents d’Élèves) de l’Yonne, que j’ai rencontré pour la première fois Bernard Moraine. L’association des Parents d’élèves l’avait sollicité pour animer une soirée de théâtre interactif organisée dans les salons de la mairie de Joigny avec la compagnie Le Sablier venue de Dijon. Des années plus tard, en 2016, nous nous retrouverons pour organiser ensemble la première commémoration de l’abolition de l’esclavage en partenariat avec cette municipalité de l’Yonne. Et c’était lui le maire de la commune ayant accepté la main tendue de l’association LA FRANCE NOIRE pour mieux faire connaître la contribution des Noirs à l’Histoire de France à travers cette cérémonie nationale !
Tous les ans, nous avions rendez-vous pour préparer cette cérémonie à laquelle il tenait à associer toutes les voix humanistes – françaises et étrangères – qui faisaient partie de son imaginaire de militant et aussi de son affection personnelle. Je sais par exemple qu’il avait une grande admiration pour Christiane Taubira.
C’est donc grâce à Bernard Moraine que LA FRANCE NOIRE s’est peu à peu enracinée dans la cité jovinienne pour devenir une interlocutrice visible. ET grâce à la confiance générée en notre association par cette relation avec la municipalité qu’il dirigeait, LA FRANCE NOIRE a eu le courage d’affronter les adversités qui ne manquaient pas.
Mais si j’admirais Bernard, c’était surtout pour son sens de la réalité de la société française. Il lisait cette réalité à travers la ville de Joigny par rapport au quartier de La Madeleine et tout ce qui lui était rattaché – y compris les deux grands établissements publics que sont le collège et le lycée. Quartier voué au mépris, La Madeleine répondait aux échéances électorales de la République par le mépris ! Quand on ne compte pas, on ne vote pas ! Quelques malins comptent d’ailleurs sur cette désaffection des méprisés pour prospérer politiquement. Habitant de ce quartier, il avait compris que si celles et ceux qui y vivaient se levaient pour exprimer leurs sentiments dans les urnes, il avait toutes les chances d’obtenir le mandat de ses concitoyens. C’est ce qu’il fit et c’est ainsi il devint le maire de la commune à laquelle il communiqua sa jovialité qui était très appréciée. Au terme de ses deux mandats, les inégalités alors criantes entre le centre et la périphérie de Joigny se sont considérablement estompées. Voilà une preuve visible de son combat pour l’égalité – même si celle-ci demeure toujours relative.
Raphaël ADJOBI

Les poètes ont une façon de dire les choses qui leur est propre. D’un récit, d’une rêverie, d’une peine, d’un combat personnel, de tout ce qui fait le monde qui nous entoure (animal, végétal, minéral…), l’imagination du poète en fait une œuvre qui surgit comme un précipité dans un vase. Une trace visible, posée là ! Une marque tangible que le lecteur curieux découvre par un travail de décomposition comme pour suivre avec délectation le chemin parcouru par l’auteur pour y parvenir. Chaque texte est donc une invitation au voyage. Et si le lecteur a une âme quelque peu sensible à la poésie, il arrive qu’il s’exclame : « Mon Dieu, que c’est si bien fait ! Tisser une si belle toile avec des mots ! » Douteriez-vous de ce que je dis ? Tenez, lisez ceci :
Je vous laisse découvrir l’analyse des
Une nuit, autour du feu, hommes et femmes parlèrent des étoiles. Non pas de leur lumière ni de leurs formes, mais de leur son. Pour eux, le ciel n’était pas muet : les étoiles chantaient, vibraient, envoyaient des messages que l’on pouvait percevoir à condition d’être assez ouvert et attentif.
Pour les Bochimans, ne pas entendre les étoiles n’était pas une simple carence : c’était la preuve d’une déconnexion avec la vie, avec la terre et avec l’univers. Cela signifiait avoir perdu la communion originelle qui fait de l’être humain une part du tout.
Ce qui, pour nous, n’est qu’un ciel lointain et muet, était pour eux une symphonie. Et peut-être que leur tristesse n’était pas seulement pour lui, mais pour l’humanité entière, qui, au nom du progrès, a cessé d’écouter.
Dans son dernier roman, Les deux visages du monde, l’écrivain américain présente « une jeune artiste afro-américaine qui revient, le temps d’un été, dans la petite ville dont est originaire sa famille, et où vit encore sa grand-mère, pour dénoncer au moyen de son art le passé esclavagiste d’une région où le suprémacisme blanc n’a pas dit ses derniers mots ».






Le jeudi 18 et le vendredi 19 janvier 2024,
Nous consacrons un nouvel article au livre d’Aurélien Aramini parce qu’au-delà de son analyse démontrant l’absence de racisme chez les jeunes – sinon, tout au plus un « racisme » primaire – il contient les réponses à des interrogations qui ont longtemps occupé notre esprit devant l’absence d’ouverture des établissements scolaires aux intervenants extérieurs portant des projets culturels ou de lutte contre certains phénomènes sociaux. Attitude qui, avouons-le, nous avait conduits à douter de leur réelle volonté d’œuvrer pour une plus grande ouverture des jeunes à l’Histoire de France tenant compte de sa diversité. Ce livre est donc venu nous éclairer quant à la réalité du terrain.
En février 1979, naît ZISKAKAN (Jusqu’à quand ?) sous la forme d’une association culturelle regroupant chercheurs, historiens, poètes et musiciens ayant pour but la valorisation de la culture réunionnaise ; notamment la langue créole et le maloya, cette musique porteuse de l’histoire de l’île mais qui ne se pratiquait que dans la clandestinité.
Selon Sébastien Folin, à La Réunion, Ziskakan, c’est l’équivalent des Rolling Stones ! Et il a voulu montrer le combat culturel du groupe en faveur du créole. Mais au-delà du groupe, « c’est un portrait impressionniste de la créolité réunionnaise » qu’il a réussi : « c’est une culture insulaire que l’on retrouve aux Seychelles, à Maurice, à la Martinique… Jusqu’en Louisiane !
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