Bernard Moraine et les débuts de LA FRANCE NOIRE

En cette deuxième quinzaine de décembre 2025, la ville de Joigny (89) est en deuil. Bernard Moraine est décédé le lundi 15 décembre à l’âge de 71 ans. Maire de Joigny de 2009 à 2020, plus que tout autre, il est celui qui aura marqué la cité jovinienne de son empreinte de militant associatif et non par ses titres, diplômes et affectations de haut fonctionnaire de l’État. Bernard était un enfant de la cité épris de justice mais qui ne bombait jamais le torse face à ses adversaires.

          C’est au début des années 2000, alors que j’étais le président de la F.C.P.E (Fédération des Conseils de Parents d’Élèves) de l’Yonne, que j’ai rencontré pour la première fois Bernard Moraine. L’association des Parents d’élèves l’avait sollicité pour animer une soirée de théâtre interactif organisée dans les salons de la mairie de Joigny avec la compagnie Le Sablier venue de Dijon. Des années plus tard, en 2016, nous nous retrouverons pour organiser ensemble la première commémoration de l’abolition de l’esclavage en partenariat avec cette municipalité de l’Yonne. Et c’était lui le maire de la commune ayant accepté la main tendue de l’association LA FRANCE NOIRE pour mieux faire connaître la contribution des Noirs à l’Histoire de France à travers cette cérémonie nationale !

          Tous les ans, nous avions rendez-vous pour préparer cette cérémonie à laquelle il tenait à associer toutes les voix humanistes – françaises et étrangères – qui faisaient partie de son imaginaire de militant et aussi de son affection personnelle. Je sais par exemple qu’il avait une grande admiration pour Christiane Taubira.

          C’est donc grâce à Bernard Moraine que LA FRANCE NOIRE s’est peu à peu enracinée dans la cité jovinienne pour devenir une interlocutrice visible. ET grâce à la confiance générée en notre association par cette relation avec la municipalité qu’il dirigeait, LA FRANCE NOIRE a eu le courage d’affronter les adversités qui ne manquaient pas.

          Mais si j’admirais Bernard, c’était surtout pour son sens de la réalité de la société française. Il lisait cette réalité à travers la ville de Joigny par rapport au quartier de La Madeleine et tout ce qui lui était rattaché – y compris les deux grands établissements publics que sont le collège et le lycée. Quartier voué au mépris, La Madeleine répondait aux échéances électorales de la République par le mépris ! Quand on ne compte pas, on ne vote pas ! Quelques malins comptent d’ailleurs sur cette désaffection des méprisés pour prospérer politiquement. Habitant de ce quartier, il avait compris que si celles et ceux qui y vivaient se levaient pour exprimer leurs sentiments dans les urnes, il avait toutes les chances d’obtenir le mandat de ses concitoyens. C’est ce qu’il fit et c’est ainsi il devint le maire de la commune à laquelle il communiqua sa jovialité qui était très appréciée. Au terme de ses deux mandats, les inégalités alors criantes entre le centre et la périphérie de Joigny se sont considérablement estompées. Voilà une preuve visible de son combat pour l’égalité – même si celle-ci demeure toujours relative.

Raphaël ADJOBI

LETTRES SAUVAGES de Bernard Périllat (une analyse de Liss Kihindou)

Les poètes ont une façon de dire les choses qui leur est propre. D’un récit, d’une rêverie, d’une peine, d’un combat personnel, de tout ce qui fait le monde qui nous entoure (animal, végétal, minéral…), l’imagination du poète en fait une œuvre qui surgit comme un précipité dans un vase. Une trace visible, posée là ! Une marque tangible que le lecteur curieux découvre par un travail de décomposition comme pour suivre avec délectation le chemin parcouru par l’auteur pour y parvenir. Chaque texte est donc une invitation au voyage. Et si le lecteur a une âme quelque peu sensible à la poésie, il arrive qu’il s’exclame : « Mon Dieu, que c’est si bien fait ! Tisser une si belle toile avec des mots ! » Douteriez-vous de ce que je dis ? Tenez, lisez ceci :

Lettre de la fourmi soldate

J’étais allongé dans l’herbe. Une fourmi soldate me demanda :

« Quelle est ton utilité sur terre ? Tu ne vois pas que tu te mets en

travers de notre route et de la marche du monde ? »

Au lieu d’écraser cette fourmi impertinente, je lui réponds :

« Attends ! Laisse-moi me mettre à ton diapason… »

« Ne me parle pas de diapason, vous êtes en train de casser les

harmonies naturelles. Réponds à ma question ! »

Que répondre ? Aucune harmonie chez nous : la loi de la guerre !

Marche ou crève !

« À quoi sert votre cerveau puissance 10 ? Il y a quelque chose qui ne

tourne pas rond chez vous ! »

C’est vrai ! Nous avons deux jambes, mais nous marchons sur la tête.

Nous épuisons les ressources naturelles… Nous nous épuisons,

portant aux nues ceux qui nous dominent.

« Vous avez peut-être besoin d’aide pour vous débarrasser de vos

tyrans ? Nous pouvons entrer en eux par les narines, la bouche, les

oreilles, le trou du cul et les ronger de l’intérieur. »

Des chevaux de Troie par milliards !

« Nous sommes prêtes, pour notre survie à tous. »

                                                                                                             20 mars 2021

Je vous laisse découvrir l’analyse des LETTRES SAUVAGES de Bernard Périllat par la poétesse Liss kihindou. Ce n’est pas souvent que l’on a le plaisir de voyager dans les pages d’un poète la main dans celle d’un autre poète ou poétesse qui veut bien nous servir de guide.

Bonne Lecture. Et puisque Noël frappe à nos portes, pensez à glisser ce livre comme cadeau à un(e) ami(e) qui aime lire ou écrire (ou les deux à la fois) – A commander chezn votre libraire ou chez l’Éditeur : L’Arbre à Musiques 10, rue Rubens 75013 Paris. Cliquez pour accédez à l’article de Liss Kihindou.

LE SILENCE ET LE BRUIT

Dans son livre Le monde perdu du Kalahari, l’explorateur Laurens van der Post raconta une rencontre qui le transforma à jamais. Parmi les peuples indigènes du désert, il découvrit un univers où la nature n’était pas une notion lointaine, mais une expérience vivante, quotidienne, sacrée. Une nuit, autour du feu, hommes et femmes parlèrent des étoiles. Non pas de leur lumière ni de leurs formes, mais de leur son. Pour eux, le ciel n’était pas muet : les étoiles chantaient, vibraient, envoyaient des messages que l’on pouvait percevoir à condition d’être assez ouvert et attentif.

Lorsque Laurens avoua qu’il n’entendait rien, qu’il ne voyait qu’un ciel silencieux, ils crurent d’abord qu’il plaisantait. Mais en comprenant qu’il disait vrai, ils s’attristèrent. Ils le regardèrent avec compassion, comme on regarde quelqu’un privé de quelque chose d’essentiel.

Pour les Bochimans, ne pas entendre les étoiles n’était pas une simple carence : c’était la preuve d’une déconnexion avec la vie, avec la terre et avec l’univers. Cela signifiait avoir perdu la communion originelle qui fait de l’être humain une part du tout.

C’est alors que Laurens comprit la fracture qui sépare le monde occidental – qui a bâti machines et cités saturées de bruit – de celui de ceux qui savaient encore écouter le silence profond, celui où chante le cosmos.

Ce qui, pour nous, n’est qu’un ciel lointain et muet, était pour eux une symphonie. Et peut-être que leur tristesse n’était pas seulement pour lui, mais pour l’humanité entière, qui, au nom du progrès, a cessé d’écouter.

Le monde littéraire, 22 août 2025

Dans la préface de son livre Histoire du silence, Alain Corbin écrit :

« Dans le passé, les hommes goûtaient la profondeur et les saveurs du silence. Ils le considéraient comme la condition du recueillement, de l’écoute de soi, de la méditation, de l’oraison, de la rêverie, de la création ; surtout comme le lieu intérieur d’où la parole émerge. […] Le silence témoignait de l’intensité de la rencontre amoureuse et semblait la condition de la fusion. Il présageait la durée du sentiment. Désormais, il est difficile de faire silence, ce qui empêche d’entendre cette parole intérieure qui calme et qui apaise. La société enjoint de se plier au bruit afin d’être partie du tout plutôt que de se tenir à l’écoute de soi ».

DAVID JOY, écrivain américain blanc, nous parle de l’appropriation culturelle et du suprémacisme blanc

Dans son dernier roman, Les deux visages du monde, l’écrivain américain présente « une jeune artiste afro-américaine qui revient, le temps d’un été, dans la petite ville dont est originaire sa famille, et où vit encore sa grand-mère, pour dénoncer au moyen de son art le passé esclavagiste d’une région où le suprémacisme blanc n’a pas dit ses derniers mots ».

Propos recueillis par Yoann Labroux Satabin (Télérama 3907 – 27/11/2024)

« Ici [dans ce livre], je n’écris pas seulement du point de vue des femmes, j’écris du point de vue de femmes noires [Toya Gardner et sa grand-mère, ndlr]. Ces fossés de genre et de race que je franchis reposent sur des écarts qui impliquent un immense pouvoir, parce que je suis un homme blanc américain. Je peux faire d’énormes erreurs, qui auront des conséquences bien réelles. Aussi, je me devais de prendre le temps et de faire le travail du mieux possible, justement parce qu’il n’est pas sans conséquence. […] J’ai commencé à écrire ce roman en 2011. J’ai écrit tous mes autres romans parallèlement à celui-ci. […]

Je n’ai discuté de ces enjeux avec aucun de mes amis noirs, tout simplement parce que ce n’est pas de leur responsabilité de m’éclairer.

J’ai relu comme un étudiant les écrivains afro-américains Ernest J. Gaines, James Baldwin, Toni Morrison ou Crystal Wilkinson.

Et si une maladresse – sans doute inévitable – est pointée du doigt, je sais qu’être orgueilleux ou sur la défensive ne résoudra rien. C’est le moment de se taire et d’écouter. En acceptant cette vulnérabilité, on travaille dans un climat plus sûr.

Nous aimons croire que le suprémacisme blanc a un visage. Qu’il ressemble à un membre du Ku Klux Klan, avec une robe et une capuche blanches, devant une croix enflammée. Qu’il ressemble à une bande d’hommes blancs en colère marchant dans Charlottesville, en Virginie, avec des torches à la main. Et c’est le cas. Mais ce n’est pas ce suprémacisme blanc qui m’effraie le plus. Il y en a un autre, bien plus subtil. Qui se manifeste par la pratique du voter suppression [suppression des votants], qui vise à écarter des listes électorales des millions d’électeurs noirs. Par un racisme éducatif ou institutionnel. Par le fait que je risque moins d’être arrêté par la police au volant de ma voiture que mon ami Shawn A. Cosby [romancier également publié chez Sonatine]. Et que, si c’est le cas, mon véhicule ne sera probablement pas fouillé, contrairement au sien. C’est ainsi que fonctionne la suprématie blanche au quotidien. Tout comme le patriarcat, les deux étant intimement liés. Ces phénomènes ne sont d’ailleurs pas propres aux États-Unis.

LES BLANCS DOIVENT SE CONFRONTER A CETTE REALITE PAR LA LITTERATURE

Mon dernier roman est aussi une façon de forcer les personnages blancs, et par extension les lecteurs blancs, à participer aux conversations qu’ils refusent toujours d’avoir. […] Je reviens à ce que Toni Morrison a déclaré au journaliste Charlie Rose lors d’une interview au début des années 1990 : si la seule façon de se sentir grand est d’obliger les autres à s’agenouiller, c’est qu’il y a un très grave problème. Et trente ans plus tard, nous avons toujours une Amérique où les Blancs refusent de faire ce travail, d’être mis mal à l’aise face à l’histoire. De la même façon que les Français ont d’ailleurs du mal à évoquer leur passé de colonisateurs.

Je pense donc qu’il y a urgence. Nous ne devrions pas tant nous sentir honteux ou coupables de ce sombre passé que coupables de continuer à en être les bénéficiaires et de ne pas nous exprimer. Il serait honteux pour moi de savoir que je suis le descendant d’esclavagistes et de continuer à profiter d’un système de suprématie blanche tout en me taisant. Ce que le personnage de Toya essaie de faire dans Les deux visages du monde – et moi aussi par extension – c’est de prendre toute la laideur que nous gardons au fond de nos poches et de la mettre sur la table. Politiquement, on assiste au dernier sursaut de quelques-uns pour s’accrocher à ces institutions suprémacistes et patriarcales en train de s’effondrer. Je crois sincèrement que les nouvelles générations évoluent vers davantage de progressisme. Nous avançons vers plus de justice sociale, et cela effraie les personnes dont le seul pouvoir repose sur des facteurs comme la race et le sexe. […]

[…] L’identité rurale évolue, et pas seulement aux États-Unis [Effectivement en France aussi]. De plus en plus de gens vivant dans les grandes villes veulent acheter une propriété à la campagne, font soudain grimper les prix de l’immobilier, et ceux qui vivent là depuis toujours n’ont plus les moyens de rester. [Et aux États-Unis comme en France], un parti politique profite de ce moment pour faire de l’étranger un bouc émissaire. La raison pour laquelle votre culture s’éteint n’est alors plus le capitalisme mais l’arrivée des Mexicains (pour les États-Unis) et des subsahariens (pour la France) qui piquent vos emplois ».

David Joy : Les deux visages du monde, traduit de l’anglais (États-Unis) par Jean-Yves Cotté, éd. Sonatine, 432 pages.

Le conférencier de LA FRANCE NOIRE vu par les jeunes du lycée Benjamin Franklin (Orléans – 45)

Retrouvons ici les témoignages des élèves du lycée Benjamin Franklin que nous avons rencontrés en janvier 2024 autour de notre exposition « Les résistances africaines à la traite et les luttes des esclaves pour leur liberté dans les Amériques ». Plutôt que de vous livrer le contenu des trois dernières pages que nous n’avons pas publiées en mai dernier, nous choisissons de vous présenter les propos de tous les jeunes renvoyant à la prestation du conférencier, c’est-à-dire à la question « Qu’avez-vous pensé de la conférence à laquelle vous avez assistée ? » ; question posée par les professeurs documentalistes.

° Élèves de 2TRPM

V. Louis : « Bien et intéressant ». E. B. Nasr’Allah : « j’ai apprécié la conférence car c’était intéressant ».

T. Kenji : « Pour connaître le passé de la France et toutes les étapes qu’elle a suivies au cours de l’histoire pour que la nouvelle génération ne fasse pas les mêmes erreurs que par le passé. Explications claires, j’ai bien aimé, c’était bien animé ».

L. Ethan : « J’ai bien aimé car ça m’a fait apprendre beaucoup de choses ».

A. Jule : « J’ai trouvé que la conférence était bien car j’ai pu apprendre davantage sur l’histoire de l’Afrique et des Africains en France ».

A. Schadrack : « J’ai bien aimé la conférence car le monsieur nous a bien expliqué l’esclavage, il nous parlait avec passion et envie. Grâce à lui, j’en ai appris sur l’esclavage ».

A. Yanis : « J’ai trouvé ça intéressant de parler de ce qu’il se passait avant dans le monde. Mais aussi de montrer les discriminations que les Noirs ont pu subir dans le passé ».

° Élèves de TEDPI

C. Kenzo : « J’ai trouvé intéressant d’en apprendre plus sur l’esclavage, car j’ai l’impression que c’est un sujet vraiment peu abordé que ce soit dans les livres ou à l’école. J’ai même appris […] que l’esclavage existait encore, je croyais que cela n’existait plus ».

C. Lorane : « J’ai bien aimé la conférence parce que j’ai appris de nouvelles choses sur l’esclavage ».

M. Aymen : « J’ai pu assister à la conférence sur le sujet de l’esclavage, j’ai trouvé cette exposition très intéressante ça m’a permis d’avoir plus de connaissances sur l’esclavage, c’était très bien présenté. J’étais très content d’avoir pu assister à cette conférence ».

T. Djelika : « J’ai bien aimé j’ai appris des choses que je savais pas avant cette conférence ».

M. Mahiedine : « L’histoire des Français noirs, depuis l’époque coloniale jusqu’à aujourd’hui, montre comment cette communauté a enrichi la diversité culturelle de la France et contribué de manière importante à la société ».

K. Elidé : « L’histoire des Français noirs est importante pour reconnaître et comprendre leur contribution à la société française, ainsi que les défis qu’ils ont pu rencontrer. Cela favorise l’inclusion, la diversité, et permet de mieux appréhender l’évolution de la France en tant que nation plurielle ».

Dans mon livre Il faut remettre le français au centre de l’enseignement, je soulignais l’importance que l’Éducation nationale doit attacher à l’exploitation des connaissances universitaires des intervenants extérieurs pour appuyer l’instruction de la jeunesse. Les propos des lycées me donnent raison. Les connaissances techniques des enseignants pour réussir les examens sont une choses ; lever la tête pour établir des liens entre ces connaissances et la réalité du monde qui nous entoure ne doit pas être négligé.

Les élèves du lycée Benjamin Franklin (45) témoignent, après avoir découvert l’exposition « Les résistances africaines à la traite… »

Exposition N°1 Revue agré. académ.Le jeudi 18 et le vendredi 19 janvier 2024, La France noire a rencontré les jeunes du lycée Benjamin Franklin d’Orléans autour de son exposition « Les résistances africaines à la traite et les luttes des esclaves pour leur liberté dans les Amériques ». Un mois plus tard, nous est parvenue une enveloppe du CDI de ce lycée contenant les témoignages des étudiants ayant participé aux rencontres. Nous n’hésitons pas au plaisir de partager avec vous les deux premières pages de ce document qui en compte cinq. Merci à nos collègues et amis Guyonne Duvauferrier et Sébastien Villepou qui ont pensé à recueillir ces témoignages à partir des questions suivantes :

– Qu’avez-vous pensé de la conférence à laquelle vous avez assisté ? Et de l’exposition ? Développez votre réponse.

– Quelles sont les images ou textes qui vous ont marqués dans cette exposition ? Pourquoi ?

BTS :

R. Gaspard : « Très bonne conférence, une explication claire et soignée, l’intervenant nous a montré pourquoi il était présent et son discours était vivant. Il nous a expliqué clairement sans déborder sur d’autres sujets ».

« J’ai été marqué par le masque que portaient les femmes car cela est immoral ».

D. Christophe : « Très bien, très instructives »

« L’image des esclaves dans la fosse, on dirait des bêtes dans des cages, cela renvoie bien la cruauté des êtres humains afin de réaliser des profits ».

D. Nathan : « C’était très intéressant et instructif. »

« L’image ci-dessus, avec l’esclave portant un masque de fer est marquante. On a l’impression de voir un chien avec une muselière, ce qui prouve complètement la déshumanisation totale des esclaves qui ne sont plus considéraient comme des êtres humains mais comme des objets sans valeur. C’est triste ».

D. Gaëtan : « J’ai bien aimé cette exposition car elle a été d’une part très instructive et aussi elle m’a fait prendre conscience à quel point les personnes noires avaient pu souffrir et à quel point ils ont contribué à notre culture et à la défense de la France durant les guerres ».

« J’ai été choqué de voir des images représentant des esclaves marqués au fer rouge comme du bétail ».

L. Erwan : « Les images de violence et la violence de celle-ci ».

C. Valentine : « J’ai trouvé cette conférence très intéressante, et qu’il vaut mieux se connaître et apprendre à respecter sa différence. Le monsieur de la conférence était captivant et expliquait très bien. Parler d’événements aussi tragiques permet de prendre conscience de certaines choses et de réaliser qu’on n’est pas si mal ».

« L’image qui m’a marquée durant cette exposition est l’image ci-dessus avec l’instrument de torture. Je la trouve marquante car il faut avoir un instrument pour ne pas se suicider donc ça montre bien l’horreur de l’esclavage. Ils doivent créer un instrument pour maintenir leurs serviteurs en vie. L’autre image qui m’a marquée est l’image où les gens étaient en captivité dans une fosse de plus de 3 mètres, accrochés avec des chaînes les uns aux autres. Elle était choquante car on dirait des animaux mis en captivité, des animaux dangereux qu’il faut tenir à distance pour ne pas attraper des maladies ou se faire mordre ».

P. Malo : « J’ai bien aimé la conférence ça nous a permis d’en apprendre plus sur l’esclavage ». « L’image avec le dos frappé ».

S. Jaad : « Cette conférence m’a permis de mieux comprendre les difficultés et les conditions de vie qu’ont subies les noirs durant cette période ».

P. Marius : « Très bonne conférence avec beaucoup d’explications et de détails ».

C. Benoît : C’était très intéressant la conférence comme l’exposition car c’est important de ne pas oublier cette partie de l’histoire ».

L. Nadir : « C’était très intéressant car je ne connaissais pas l’histoire des noirs français ».

Y. Hfid : « Grâce à cette conférence, j’ai pu voir plusieurs aspects éclairants et approfondis de l’esclavage et de la contribution des noirs dans l’histoire française ».

K. Batuhan : « C’était une très belle exposition. Cela nous a permis de découvrir en détail ce que les esclaves ont subi durant ces années-là. J’ai été marqué d’apprendre qu’il y a eu 2 fois une abolition de l’esclavage en France ».

S. Licina : « C’était une très bonne conférence. J’ai appris beaucoup de choses sur l’histoire des Noirs de France que je ne connaissait pas avant ».

« Les images qui m’ont marqué sont toutes les images des esclaves qui se font torturer par les blancs. Cela me montre la cruauté des hommes ».

B. Charly : « Cette conférence était intéressante pour comprendre les histoires, tout ce qu’il s’est passé durant des siècles ».

« L’image du texte qui m’a marqué c’est l’image de Samory Touré car cela m’a permis d’apprendre puis de voir ce qu’il s’est passé en 1884 et 1885 au Gabon ».

B. Jawad : « Je pense que la conférence était bien construite, pour ma part j’ai tout compris mais j’ai remarqué qu’il y avait beaucoup trop d’affiches et de données sans trop d’indications de sens de lecture. Mais à part cela j’ai fortement apprécié cette intervention qui était riche en apprentissages ».

« C’est l’affiche sur le dos d’un ancien esclave des Amériques à subies à la suite d’une tentative de fuite vers la liberté. On voit des cicatrices abominables à la suite de sa tentative de fuite qui choquent ».

N.B. : Nous avons volontairement évité de mentionner les noms de famille.

Du racisme des jeunes – 2e partie (Aurélien Aramini)

Du racisme des jeunes          Nous consacrons un nouvel article au livre d’Aurélien Aramini parce qu’au-delà de son analyse démontrant l’absence de racisme chez les jeunes – sinon, tout au plus un « racisme » primaire – il contient les réponses à des interrogations qui ont longtemps occupé notre esprit devant l’absence d’ouverture des établissements scolaires aux intervenants extérieurs portant des projets culturels ou de lutte contre certains phénomènes sociaux. Attitude qui, avouons-le, nous avait conduits à douter de leur réelle volonté d’œuvrer pour une plus grande ouverture des jeunes à l’Histoire de France tenant compte de sa diversité. Ce livre est donc venu nous éclairer quant à la réalité du terrain.

          Certes, quelques brefs propos de chefs d’établissement et de professeur(e)s documentalistes nous avaient laissé deviner des situations ayant quelque peu agité leur univers. Un chef d’établissement nous avait même dit : « Nous faisons appel aux gens, mais après leur passage, c’est pire qu’avant ». Formule que nous retrouvons dans le livre d’Aurélien Aramini. A une professeure documentaliste qui nous avait confié que les choses ne s’étaient pas bien passées avec le précédent intervenant, je lui avais demandé si cela tenait à la qualité de la personne ou à la thématique de son message. Elle m’avait répondu : « Les deux ! ». Mais nous pensions que ces situations étaient rares et ne pouvaient être à l’origine de cette réticence générale que nous constations. Eh bien, nous nous sommes trompés. Aujourd’hui, nous comprenons pourquoi une académie a commandé une enquête semblant répondre à cette question : « est-ce qu’il y a du racisme et de l’antisémitisme parmi les jeunes collégiens et lycéens au point de justifier la présence d’une brigade de lutte contre ces phénomènes ? » Si vous avez lu notre précédent article sur le livre d’Aurélien Aramini, vous savez qu’il a démontré que la réponse à cette question est NON ! Même si l’existence d’un racisme primaire latent alimenté par les préjugés des parents est bien réel.

          Parmi toutes les expériences rapportées dans Du racisme des jeunes, une a retenu notre attention parce que nous estimons qu’elle s’apparente à l’organisation d’un zoo humain comme aux temps des colonies. Pour mener leur projet de lutte contre le racisme, des associations organisent des rencontres avec des migrants au sein des établissements scolaires. Et parfois, c’est un vent d’inquiétudes et d’angoisse qui s’abat sur les élèves blancs ! Certains disent qu’ils ne se sentent pas bien en présence des migrants. D’autres disent qu’ils ont peur parce qu’ils n’ont jamais vu autant de Noirs à la fois. Pour expliquer ces sentiments, le principal d’un collège dit : « Notre groupe de jeunes, c’était essentiellement des gens de Centrafrique qui étaient là, donc très noirs de peau, très grands, entre vingt et vingt-cinq ans ; quand ils sont arrivés au collège [….] on a des gamins qui ne se sont pas sentis bien. Ils se sont sentis en danger ». Le principal rapporte les propos des parents qui ont appelé le soir disant « J’ai ma fille – ou mon fils – qui est rentrée de l’école, elle n’était pas bien, il y avait des Noirs dans le collège, mais qu’est-ce qui s’est passé ? » Ou encore « Comment se fait-il qu’il y avait des Noirs dans le collège ? » La professeure d’histoire rapporte les propos d’une famille qui s’était montrée particulièrement véhémente : « C’est inadmissible, on aurait dû avertir les enfants qu’ils allaient faire des cauchemars »… Une jeune fille a même assuré avoir été agressée par un migrant ! « Je me rappelle, dit la professeure d’histoire, la gamine avait fabulé… ». En lisant ces détails, on peut se demander si les organisateurs de cette rencontre n’auraient pas bien fait de mettre ces migrants dans un enclos pour la sécurité des jeunes collégiens.

          La lutte contre le racisme qui donne lieu à des expériences de toutes sortes et à des maladresses dans les propos des intervenants ne fait plus l’unanimité auprès des chefs d’établissement. On peut même dire qu’ils sont presque tous devenus suspicieux. Face aux échecs des actions de lutte contre le racisme ou l’antisémitisme qu’il a relevés, Aurélien Aramini pose cette question : « La lutte contre le racisme et l’antisémitisme ne sera-t-elle pas d’autant plus efficace qu’elle sera inscrite dans le cadre du discours professoral tout en étant adossée à un savoir constitué et non à une activité purement militante ? » En d’autres termes, ne faudrait-il pas sérieusement penser à confier cette tâche aux enseignants – qui traiteront ces deux thématiques dans le cadre des cours – et non à des militants ? Par exemple, dit l’auteur, « mener une action efficace de lutte contre l’antisémitisme consiste justement à l’inscrire dans un cadre pédagogique clairement construit ». Et Isabelle Giovanna, membre d’une fondation juive va dans son sens en disant qu’ « il est scientifiquement légitime d’inscrire la question de l’antisémitisme dans l’histoire plurielle des génocides ou dans l’étude des préjugés racistes ». Et une professeure d’histoire fait remarquer que traiter ce sujet avec les élèves n’entraîne pas de contestation par le fait qu’elle l’aborde toujours dans le contexte de la seconde guerre mondiale. « Mais il n’en va pas de même lorsqu’il s’agit de traiter de l’antisémitisme dans le cadre de la lutte contre le racisme dans la société d’aujourd’hui ».

          Le transfert de cette « lutte » contre le racisme et l’antisémitisme vers les enseignants semble déjà être amorcé dans le cadre du Pass culture où il est demandé aux intervenants dans les établissements scolaires de produire un CV justifiant un savoir universitaire. De son côté, la Fondation pour la mémoire de l’esclavage demande la même chose aux personnes qui veulent voir leur travail labellisé par l’institution. Il y a donc une réelle volonté de rassurer les chefs d’établissement. Mais pour que les enseignants sur le terrain prennent en main l’enseignement de l’histoire du racisme, il faudra commencer par l’intégrer dans les programmes universitaires.

Raphaël ADJOBI

Du racisme des jeunes, Aube, 2022 – Aurélien Aramini.

Du racisme et des jeunes (Aurélien Aramini)

Du racisme des jeunes          Nos collégiens et lycéens sont-ils racistes ? Au regard des demandes formulées par les équipes pédagogiques auprès des acteurs culturels pour mener des actions de lutte contre le racisme, on peut croire que cette lutte cherche à combattre des manifestations identifiées du racisme au sein des établissements scolaires. Voilà pourquoi le collègue Aurélien Aramini a mené l’enquête auprès des élèves, des professeurs, des chefs d’établissement et des acteurs culturels et mémoriels « dans le cadre d’une mission académique en lien avec la plateforme Pira (Plateforme internationale sur le racisme et l’antisémitisme) ».

          Très vite, Aurélien Aramini fait ce constat flagrant : ce que les adultes et les jeunes eux-mêmes interprètent comme du racisme, « ce sont les insultes des uns et les ressentiments des autres qui constituent un ensemble d’interactions conflictuelles » de groupes auxquels les élèves s’identifient. En effet, « chez [ceux] avec lesquels je me suis entretenu, le racisme n’est pas exprimé et ressenti comme l’affirmation théorique de l’existence deraces qui diviseraient l’humanité en une hiérarchie rigide » et qu’ils s’appliqueraient à intégrer à leurs pratiques culturelles ou sociales. Et il précise son analyse en ces termes : « Le racisme renvoie bien plus simplement au constat d’une polarisation conflictuelle de la société entre les individus ou des groupes identifiés comme différents : les Blancs, le Français d’une part et les Arabes, le Noir, celui qui a des origines d’autre part ». Retenez bien l’expression « celui qui a des origines » renvoyant à certains groupes identifiés différents. Oui, les élèves reconnaissent que ces interactions conflictuelles sont moins motivées par la couleur de peau que l’origine (religieuse, géographique…).

          Bien sûr, fait remarquer l’auteur, « il n’est pas impossible toutefois que certains enfants soient au contact d’une idéologie structurée et constituée » représentant le troisième et dernier niveau caractérisant le racisme (le niveau tertiaire). Mais ce qui distingue le milieu scolaire, ajoute-t-il, c’est ce racisme primaire, que nous avons constaté, qui se nourrit peu à peu d’un racisme secondaire exprimé par les parents : un racisme qui relève plutôt « de l’ignorance et de la peur de l’inconnu » qui permet la formation de préjugés racistes dans le milieu familial. Oui, les équipes pédagogiques, les intervenants extérieurs et les élèves eux-mêmes – selon Aurélien Aramini – attribuent la formation des préjugés racistes au milieu familial. Voilà pourquoi pour tous l’école se présente comme le lieu où l’élève doit pouvoir entendre un autre discours sur l’Autre que celui véhiculé dans le milieu familial.

          Convenons donc avec notre collègue qu’ « il faut se garder de projeter sur les propos des élèves les débats de la scène médiatique ». Et les intervenants extérieurs doivent comprendre que ce n’est pas une lutte contre le racisme qui doit être menée dans les établissements scolaires mais des connaissances qu’ils doivent y apporter pour préserver les élèves de ce fléau. Rangez donc vos armes et slogans antiracistes et munissez-vous de connaissances qui instruisent ! Il ne faut pas attendre que ce racisme primaire ait le temps de se cristalliser en préjugés raciaux persistants puis en idéologie structurée et dévastatrice. C’est ce que l’association La France noire a compris et s’est fixé comme objectif dès sa création : offrir aux jeunes générations des savoirs pouvant les prémunir de cette bêtise humaine qui perdure parmi nous. Il serait bon, en effet, que chaque jeune Français sache quand, pourquoi et comment le racisme a été inventé, et quels ont été et quels sont ses impacts sur les sociétés humaines. Savoir, c’est prévenir. Et le sage sait qu’il vaut mieux prévenir que guérir. Après tout cela, si certains tiennent vraiment à lutter contre le racisme, à se confronter à lui, il leur faut changer de terrain et d’interlocuteur : qu’ils aillent au-devant des familles et des porteurs d’une idéologie raciste construite s’affirmant dans le suprématisme.

Raphaël ADJOBI 

Titre : Du racisme et des jeunes, 226 pages

Auteur : Aurélien Aramini

Éditeur : L’Aube, 2022

ZISKAKAN et le combat pour la diversité culturelle en France (Un documentaire de Sébastien Folin)

Ziskakan          En février 1979, naît ZISKAKAN (Jusqu’à quand ?) sous la forme d’une association culturelle regroupant chercheurs, historiens, poètes et musiciens ayant pour but la valorisation de la culture réunionnaise ; notamment la langue créole et le maloya, cette musique porteuse de l’histoire de l’île mais qui ne se pratiquait que dans la clandestinité. Jusqu’à quand durera l’effacement de la culture créole ? Jusqu’à quand durera l’uniformisation des esthétiques et des récits destinés aux jeunes générations ? Une lutte qui, selon le site Bretagne actuelle, rappelle « les heures sans fin de notre histoire bretonne, basque, catalane, corse, alsacienne… (Une histoire réunionnaise) oubliée, effacée et toujours ignorée dans les manuels scolaires. Nos ancêtres les Gaulois… Comme un rouleau compresseur, le roman national écrase toute idée de la différence, surtout si elle contredit deux siècles de mensonges républicains ». En cette année 2023, c’est donc de La Réunion, à l’autre bout du monde que nous vient cette autre voix qui demande à avoir droit de cité. Le documentaire que Sébastien Folin – né à Madagascar et élevé à La Réunion – consacre à ZISKAKAN nous fait « comprendre pourquoi et comment il était urgent et nécessaire de défendre cette culture créole » comme le fait cette association qui rayonne depuis 1979 par le biais de la musique.

Sébastien Folin          Selon Sébastien Folin, à La Réunion, Ziskakan, c’est l’équivalent des Rolling Stones ! Et il a voulu montrer le combat culturel du groupe en faveur du créole. Mais au-delà du groupe, « c’est un portrait impressionniste de la créolité réunionnaise » qu’il a réussi : « c’est une culture insulaire que l’on retrouve aux Seychelles, à Maurice, à la Martinique… Jusqu’en Louisiane ! Tous ces peuples se sont retrouvés dans des endroits qui n’étaient pas les leurs, oppresseurs comme opprimés. […] La Réunion, c’est une île peuplée de pirates, de malfrats, de cadets… Qui avaient subi l’oppression en Europe et qui l’ont fait subir ici. Et comme les esclaves, ils sont arrivés par bateau. Tout le monde est arrivé par la mer à La Réunion. Cette histoire là ne nous est pas racontée. Moi j’ai 53 ans, et à l’école j’ai appris que mes ancêtres étaient Gaulois. Je n’ai jamais rien appris de mes origines indiennes. […] Partout, ces multiples arrivées ont créé des cultures spontanées. Cette créolité est souvent maladroitement présentée comme le résultat d’un métissage. C’est ça bien sûr, mais c’est aussi une solitude qu’il fallait combler. C’est de l’amour, mais aussi du sang et des larmes. Pour La Réunion, on occulte souvent ces deux derniers. Car derrière ce vivre ensemble, on édulcore la dimension complexe du créole ».

Une histoire universelle :

ZISKAKAN 2          « Vous Bretons (Bretagne actuelle), vous avez mené des combats identiques. Comme nous, vous avez vécu l’effacement de l’identité. Vous vivez peut-être encore l’oppression culturelle, voire son aliénation, la fameuse assimilation qu’on associe souvent à des gens de couleur. Il était interdit de parler sa langue vernaculaire. Nos histoires ont ça en commun. […] Je suis Réunionnais et ma force c’est que les intervenants m’ont dit des choses qu’ils n’auraient jamais dites à quelqu’un qui n’était pas de là-bas. Je pense sincèrement que j’ai eu des choses… […] des choses sont arrivées spontanément comme Alain Mayendu qui parle de l’assassinat de son grand-père […] qui mettait de la poudre sur son visage pour être blanc à l’église. Ce n’aurait pas été un réunionnais derrière la caméra, on aurait peut-être pas entendu ça (dans le documentaire) […] Ziskakan n’est pas qu’une histoire locale. L’esclavage n’est pas que l’histoire de La Réunion, c’est l’histoire de France. Dans toutes les régions de France, on a vécu les mêmes choses : le déplacement des populations, l’enlèvement des enfants, etc. Après, il ne faut pas tout mettre au même niveau. La déportation de 40 millions d’Africains dans le monde, c’est unique. Mais des souffrances, il y en a eu dans toutes les régions du monde. Raconter l’histoire est donc fondamentale pour qu’on arrive tous à se retrouver autour d’une histoire commune. Sinon, on en voudra toujours à quelqu’un. Ce film s’inscrit dans cette démarche. […] Je veux que tout le monde se dise : c’est notre histoire. A l’occasion de la remise du Prix de l’Académie Charles Cros, j’échangeais avec une manageuse, elle est Irlandaise, et me l’a confirmé : c’est notre histoire ! (avaient été ses mots) »

La nécessité de découvrir la culture de l’autre :

          « Je suis militant. Tant que chacun gardera son histoire dans son coin, on ne pourra pas construire notre Nation. Être français, c’est connaître l’histoire des Bretons, des Réunionnais, des Parisiens… Et c’est aussi partager la même langue. Ce qu’on défend dans le film, c’est le créole et le français. Pas le créole partout et tout le temps. « Respectez-nous, ne nous écrasez pas » : c’est ça le combat de Ziskakan. Ce n’est pas le créole à la place du français ».

° Extraits de l’article de l’entretien accordé à Bretagne actuelle par Sébastien Folin – réalisateur du documentaire Ziskakan – 53 minutes. Première diffusion nationale : Lundi 1er mai 2023 à 23h40 sur France 3. A voir et à revoir en replay sur France TV.

° L’explication du nom de l’association qui est aussi celui du groupe musical vous est donné à la fin du film, dans une belle ambiance.

Raphaël ADJOBI (pour la mise en forme).