Enfin, la première antenne de La France noire est installée ! C’est dans les Yvelines (78), à Sartrouville, que siège La France noire/Île-de-France. Et c’est Suzanne Ekima, l’une des rares personnes a avoir adhéré à notre association par Internet, c’est-à-dire sans avoir aucun lien avec l’un des membres du siège social à Joigny, qui en devient la présidente. C’est donc à elle que revient la charge de constituer un groupe d’animatrices et animateurs pour faire rayonner La France noire en Île-de-France.
Le dimanche 26 mai, Suzanne a donc réuni autour d’elle un noyau familial pour entendre Raphaël Adjobi et Françoise Parry (président et secrétaire) expliquer l’importance des deux piliers qui structurent l’association et qui doivent aussi structurer l’antenne de Sartrouville (78) : la commémoration annuelle de l’abolition de l’esclavage de 1848 en partenariat avec la mairie locale, et l’établissement de contacts avec les collèges et les lycées de la région pour favoriser les actions de La France noire auprès de la jeunesse grâce à ses trois expositions pédagogiques itinérantes. Donc un ancrage dans la vie d’une cité du département d’où partira le faisceau de notre idéal de fraternité en direction des jeunes de toute l’Île-de-France : mieux connaître l’autre pour respecter sa différence.
La nouvelle présidente nous a déclaré : « Depuis quelques années, je cherchais à m’engager dans une association sans trouver celle qui me convienne vraiment. J’ai même pensé à en créer une. Et en cherchant sur Internet, je suis tombée sur le site de La France noire. Je n’ai pas hésité ! C’était exactement l’association que je cherchais ». En effet, si le travail nourrit l’homme, c’est l’engagement qui donne un sens à sa vie, à son humanité. Conscient de cela, l’État français encourage les collèges et les lycées à consacrer une semaine à la réflexion sur l’engagement des jeunes citoyens et les invite à solliciter les associations à venir partager avec les élèves leurs expériences. Devant la baisse de l’implication des adultes dans le bénévolat – sauf parmi les plus anciens – il apparaît nécessaire d’intéresser assez tôt la jeunesse à l’engagement à travers la vie associative. Il s’agit d’un appel à repenser notre vie française ensemble pour une France et un monde plus solidaires.
Le potentiel des Yvelines pour une plus grande fraternité nationale grâce à une meilleure connaissance du passé que les Français noirs et blancs ont en commun est absolument énorme ! C’est en effet là où la diversité de la population est grande que le message de fraternité de La France noire par la connaissance de notre passé commun a des chances de prospérer plus rapidement. Malheureusement c’est là aussi que les Noirs encouragés à croire au mythe du mérite par la réussite personnelle – en tournant le dos à leur passé – sont plus nombreux ! « Il faut oublier le passé douloureux ! Pourquoi remuer le passé ?». Or celui qui ne sait pas d’où il vient et pourquoi il est Français avec une carnation qui rappelle l’Afrique ne peut pas vraiment savoir qui il est et où il va ! Chacune de ces personnes doit savoir que si la France commémore des moments douloureux de notre passé – par exemple les deux grandes guerres, les déportations pendant la seconde, le génocide des juifs – c’est justement parce qu’il est scientifiquement reconnu qu’il faut mettre des mots sur les traumatismes pour guérir et avancer plus sereinement dans la vie sans reproduire les mêmes maux.
Retenons donc que « Oublier le passé, ne pas parler du traumatisme subi» est un argument d’une époque révolue ! Lutter contre cette pensée destructrice afin de permettre aux uns et aux autres d’apporter leur concours à l’instruction de la jeunesse en soutenant le travail pédagogique qui touche à l’histoire des Français noirs est donc la grande tâche de nos représentants à Sartrouville ! Heureusement, ceux-ci savent que le travail de notre association se fait en partenariat avec l’Éducation nationale qui lui a accordé l’agrément académique. Une marque de soutien et d’encouragement indéniable. L’essentiel n’est donc pas de passer son temps à compter le nombre des adhérents mais le nombre de jeunes qui accéderont aux savoirs que propose La France noire en Île-de-France.
Raphaël ADJOBI


Elle devait être inaugurée en 2021. Enfin, c’est chose faite ce 25 juin 2022 ! Certes, dès l’année dernière, la mairie avait permis aux associations qui avaient réellement besoin d’un local pour leurs activités – souvent hebdomadaires – d’occuper les salles qui leur revenaient. Mais l’acte officiel n’était toujours pas posé. Et c’est le représentant de l’État, en la personne de Monsieur Rachid Kaci sous-préfet de Sens, et l’élu de la commune Monsieur Nicolas Soret, qui ont inauguré ce beau bâtiment aux salles lumineuses. Était présent, Monsieur Bernard Moraine, maire honoraire de la ville.
Après la visite des locaux et les deux actes symbolisant l’inauguration – le dévoilement de la plaque et la coupure du ruban – le public a écouté le discours du maire qui a mis l’accent sur la place importante des associations au sein d’une cité. Puis, ce fut au tour du sous-préfet de dire sa joie de découvrir ce joyau que représente cette maison des associations au coeur de la commune de Joigny. Déjà, la grande salle – ou la la salle d’honneur – a trouvé son nom : Benoît Herr, adjoint au maire en charge de la communication et de l’événementiel, décédé en janvier 2020.
Ce fut une belle occasion pour les différents présidents et représentants des associations joviniennes de se retrouver pour un moment convivial autour des personnalités locales et d’échanger entre elles. Les deux années écoulées sans activité, pour la plupart d’entre elles, ont laissé des traces difficiles à effacer ; des traces devenues parfois des difficultés à surmonter. Mais parce qu’elles constituent le sel des cités, les associations ne désespèrent pas. Et c’est dans la bonne humeur qu’elles ont bu le verre de l’amitié en compagnie des élus et du représentant de l’État en espérant des jours meilleurs grâce au soutien des différentes institutions départementales et régionales. Cette maison mise à leur disposition est déjà une preuve que leurs élus sont attentifs à leurs efforts et à leur dynamisme et tiennent à les encourager.
La France noire était représentée à cette cérémonie par Françoise PARRY, Chantal HARDY et Raphaël ADJOBI.
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En effet, si hier on luttait pour s’assurer le pain quotidien, aujourd’hui on veut bien être à côté de ceux qui décident de son prix. Et Rachel Kéké l’a bien compris. La règle commune devrait être :
Espérons que ceux qui estiment que par leur métier et leur manque de diplôme valorisant, la gouvernante d’un hôtel parisien – Rachel Kéké – et le boulanger de Besançon – Stéphane Ravacley – salissent la vie de notre Assemblée nationale seront rappelés par les Français vraiment intelligents à revoir ce que veut dire 
Audrey-Flore Ngomsik est docteure en chimie physique et chimie analytique de l’université Pierre et Marie Curie à Paris. Installée depuis peu en Belgique, elle est cofondatrice de « Trianon sientific communication » avec le Dr Markus Fanselow. Après un parcours universitaire sans avoir eu de modèle, elle milite pour plus de diversité là où les décisions se prennent (reproduction d’une vidéo publiée sur sa page facebook).