Du lundi 20 au vendredi 24 février 2023, le lycée Saint-Germain à Auxerre (89 – Yonne) a accueilli pour la deuxième fois une exposition de La France noire. Les professeures documentalistes, en accord avec le proviseur de l’établissement, ont tenu à profiter du Pass culture pour offrir aux jeunes l’occasion de découvrir les conditions dans lesquelles est né le racisme, et comment s’est organisée sa propagation.
Il n’est pas inutile de dire ici que les adultes trop soucieux de la quiétude intellectuelle des élèves les privent de connaissances. Par le passé, c’est par le même souci de la quiétude intellectuelle des femmes et des esclaves qu’on les a éloignés des livres pour les priver de connaissances afin de les maintenir dans la sujétion des mâles et des maîtres. Que ces adultes-là sachent que c’est un réel plaisir de voir les jeunes surpris de découvrir l’origine du racisme et aussi d’avoir pour la première fois – grâce à notre exposition – l’occasion de rattacher des images des comportements des hommes aux théories des racialistes (des inventeurs des races humaines) du XIXe siècle.
En effet, quand les jeunes prennent conscience de l’ampleur de l’immixtion du racisme dans la science, dans la publicité jusqu’en ce XXIe siècle, dans les actes devenus populaires comme jeter des bananes aux joueurs noirs sur un terrain de football ou se décaper la peau pour la blanchir, ils ne peuvent que se poser cette question : comment lutter contre le racisme ? Voici la réponse de l’un d’entre eux à son camarade qui a posé la question : « Je ne crois pas qu’en quelques décennies ou même en un siècle on pourra faire disparaître le racisme. Il est trop profondément ancré dans nos sociétés ». Devant la classe montrant un visage perplexe, la réponse du conférencier s’imposait : « Ne nous soucions pas du temps que cela prendra. L’essentiel est de commencer à semer des connaissances montrant comment le racisme s’est construit et comment il s’exprime encore aujourd’hui. Et c’est ce que fait l’association La France noire, contrairement à ceux qui se contentent de donner des leçons de morale. Nous vous apportons des connaissances pour que chacun apprenne à reconnaître les propos, les actes et les images qui perpétuent le racisme depuis deux siècles. Vous êtes jeunes, vous êtes la France de demain ; c’est vous qui dirigerez ce pays, c’est vous qui le construirez. Si vous voulez une France plus fraternelle que celle que nous vous offrons aujourd’hui, si les connaissances que nous vous apportons peuvent vous préserver de toutes les images et des propos que contient cette exposition, alors, grâce à une meilleure connaissance de notre histoire commune et au respect de vos différences, vous contribuerez à faire reculer le racisme ».
Après cela, quel plaisir immense de voir des jeunes vous quitter comme ayant une mission à accomplir ! Merci à Monsieur le proviseur d’avoir pris le temps de venir assister à une séance de cette exposition-conférence de La France noire.
Moment inoubliable dans la vie d’un conférencier : le lundi 20 février, un incident technique a retardé l’arrivée d’un groupe d’élèves à l’exposition-conférence. Évidemment, au moment où le conférencier entame le temps d’échange avec le groupe, la sonnerie met fin à la séance. La professeure demande alors aux élèves de se lever et de céder la place au groupe suivant. « Non madame, c’est intéressant ! On veut rester pour la suite !», crient-ils. Pour éviter la mutinerie qui s’annonçait, le conférencier propose aux élèves de les intégrer aux groupes qui passeront les deux jours suivants. Soulagés, ils quittent la salle avec des « mercis monsieur ». N’est-ce pas là une preuve du succès de cette exposition ?
Raphaël ADJOBI

Qui a dit que le passé colonial n’intéresse pas les Français au point d’entrer dans les manuels scolaires ?
Il est tout à fait malheureux de
Bien sûr, son travail fait penser à Sempé. Mais quiconque s’arrête à cette figure
L’exposition s’est déroulée du 8 septembre au 28 octobre 2022
Raphaël ADJOBI
Dans sa série d’émissions intitulée « La case du siècle », France 5 avait publié en avril 2021 un documentaire montrant une Meghan Markle en princesse différente, indépendante, rebelle. A l’image de Diana, elle était présentée comme une militante qui sait s’identifier à tous les sujets oubliés, en souffrance dans le royaume britannique. Il faut dire qu’enfant, Meghan admirait Diana.
Tous les médias assurent aujourd’hui qu’à son époque, Diana avait subi sans broncher les diktats du protocole pendant plusieurs années avant d’affirmer sa différence. Meghan par contre est allée beaucoup plus vite. Mais avec le temps, tout le monde comprend désormais qu’il ne s’agissait pas d’une simple imitation de l’idole de son enfance.
C’était le point d’orgue d’un racisme latent à l’égard du couple dans les médias et sur Internet. Dans le passé, dit le journaliste Max Forster (CNN), la tradition était d’ignorer ce genre de chose. Mais le couple a refusé d’accepter cela. « Ils ont fait bloquer le site sur le net. Ils ont passé du temps à chercher les trolls pour les empêcher de répandre leur haine. » Quinze jours après la naissance, sur l’insistance de la grand-mère Elizabeth II, Harry présente son fils nouveau-né aux voraces objectifs de la presse royale. Bien sûr, certains réactionnaires du royaume étaient impatients de savoir si Archie ressemblait à sa mère ou à son père, c’est-à-dire, s’il était plutôt Noir ou Blanc. En pensant encore une fois au parcours de Didier Eribon, je formule cette question :
Ce que tout le monde ne savait pas et que va révéler le couple princier plus récemment, c’est qu’avant la venue au monde d’Archie, des membres de la famille royale s’étaient inquiétés de la couleur de peau du futur prince ! Par ailleurs, le prince Harry lui-même a confirmé le fait que les commentaires racistes dans la famille royale sont bien connus. Bien sûr, le privilège des Blancs à l’égard des Noirs est le même que s’octroient les riches, les aristocrates et les bourgeois à l’égard des pauvres ; ils ne voient que ce qu’ils veulent voir, alors que les autres doivent tout voir (Erri de Luca –