Chaque fois qu’un Français noir, dans l’exercice de sa fonction, fait connaître une blessure raciste venue d’un individu de la majorité blanche, partageons-la. Ne permettons pas que l’on dise, dans 20 ou 30 ans, que l’expression du racisme ne blessait personne à notre époque. Ne permettons pas que, demain, des compatriotes blancs continuent à dire avec assurance : “ On ne peut plus rien dire. On ne peut plus plaisanter”. Faisons en sorte que chacun sache que nous militons, à notre manière, pour que notre époque se distingue comme celle d’un combat collectif pour l’égalité et donc contre les ennemis de l’égalité républicaine.
Raphaël ADJOBI
VOICI LE COURRIER REҪU PAR LA VICE-PRÉSIDENTE DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE D’UN CERTAIN M. JOURDAIN

Les mots de la vice-présidente
Dans la France d’aujourd’hui, les racistes expriment sans complexe leur nostalgie de l’esclavage et de la colonisation, leur haine de nos personnes et de notre réussite. Voir une femme noire au perchoir de l’assemblée, c’est voir leur hiérarchie sexiste et raciste, ainsi que leurs privilèges s’effondrer. Et ils ont la rage.
Ils croient nous humilier, nous intimider, nous faire peur. Ils se trompent.
Ce pays c’est aussi le nôtre. On est là et on y reste. Nos arrière grands-parents ont été soumis et exploités avec une violence inouïe pour en faire une « grande puissance ». Nos grands-parents se sont battus pour le libérer du nazisme. Nos parents l’ont construit. Les nôtres et nos familles le font tourner.
Tout ce qu’on a, on s’est battus pour l’arracher, et on en arrachera encore plus. Nous combattrons le racisme avec force, et pas seulement pour nous-mêmes. Pour nous faire baisser les yeux, il faudra nous les crever. Vive nous. Vive la nouvelle France !
Nadège Abomangoli (députée LFI de Seine-Saint-Denis) sur sa page X
Le Parisien (site Internet) écrit :
Celui qui se présente comme un certain « M. Jourdain » revendique son statut d’« homme blanc » ainsi que son nom de famille. Ce qui, selon ses dires, lui conférerait « plus de mérite » à occuper la vice-présidence de l’Assemblée nationale.
Sans aucune marque d’indignation ou de condamnation, le site du journal Le Parisien fait de la lettre de « M. Jourdain » un fait divers quelconque. Comme le dirait Salomé Saqué (journaliste, auteur de RÉSISTER), au nom de la neutralité, on nous livre du brut. Or, dit-elle, livrer du brut est une prise de position politique parce qu’en journalisme la neutralité n’existe pas.
De son côté, son collègue Aly DIOUARA – également député LFI – a reçu un courrier tout aussi éloquent : « T’aime pas la police. Jamais elles viendront à ton secours. Je peux me défouler tranquille et tu ne vas strictement rien faire. Juste encaisser comme ta généalogie. Voleur ! A l’époque, on t’aurait coupé les mains… ».
Comme le fait remarquer Aly Diouara, quand les gouvernants eux-mêmes voient certains de leurs compatriotes ou collègues comme des “Français de papiers”, le citoyen raciste se sent pousser des ailes pour passer à l’acte.

Merci pour ce travail. À chaque fois que l’on attaque les nôtres, nous pouvons enfin répondre : oui, l’humain compte. Je choisis donc d’adresser mon soutien à Nadège Abomangoli, Madame la Députée, qui, avec intelligence et sens du service public, sert la France avec courage et honnêteté, malgré la jalousie et l’ignorance de certains.
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Merci d’être de ce combat. Non, nous ne devons pas laisser le terrain à l’ennemi. Il faut que chaque fois qu’il s’y présente, il nous y trouve. C’est la seule façon de lui montrer qu’il n’ y a pas d’un côté les Français légitimes, et de l’autre les Français illégitimes – selon le critère de la couleur de peau.
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