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Le travail de La France noire exposé à Saint-Martin-de-Seignanx (Landes 40)

La mairie de Saint-Martin-de-Seignanx (40) a loué notre exposition « Les résistances africaines à la traite et les luttes des esclaves pour leur liberté dans les Amériques » pour accompagner ses activités autour de la commémoration nationale de l’abolition de l’esclavage le 10 mai. Bravo à Madame Camille VENANT qui, en portant ce projet au sein de sa commune, permet aux populations de sa région de découvrir le travail de La France noire  !

La commémoration de l’abolition de l’esclavage à Joigny sous le regard de Léopold Sédar Senghor

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Le maire de Joigny, Monsieur Bernard Moraine, a assisté à la cérémonie en compagnie de Mme la députée Michèle Crouzet, Mme la Conseillère départementale Françoise Roure, et de M. Nicolas Soret Conseiller départemental et président de la communauté de communes du jovinien.


Extrait du discours du président de La France noire


              Nous sommes reconnaissants à l’association « Mémoires et partages », dont le siège est à Bordeaux, qui a réalisé l’exposition que nous présentons aujourd’hui. L’association a aussi une antenne au Sénégal ; ce qui explique le thème de cette exposition : « Senghor, l’Africain universel ».

         La figure de Léopold Sédar Senghor nous rappelle un pan de notre Histoire commune : l’histoire coloniale de notre pays.

         Léopold Sédar Senghor est né sujet Français à Joal, en Afrique, dans le territoire français du Sénégal. Comme tous les sujets français des colonies, sa vie va se construire dans le système colonial qui avait bien entendu besoin d’administrateurs locaux pour certaines fonctions. Mais, comme nous le savons tous, c’est la passion de la littérature qui va triompher en lui, et plus particulièrement l’amour de la poésie.

         On retient souvent de lui le poète et le chantre de la négritude – c’est-à-dire celui qui plaide pour la reconnaissance d’une histoire et d’une culture noires participant à une civilisation de l’universel au-delà des différences des traditions. Mais Senghor c’est aussi le sujet français très soucieux de remplir ses devoirs envers sa patrie, puisqu’il a participé à la deuxième guerre mondiale dans un régiment d’infanterie coloniale.

100_1416         Je voudrais ici m’attarder un peu sur un fait de l’histoire de cet homme ; un fait de son histoire qui nous éclaire sur l’histoire de la France avec les Noirs d’Afrique. Léopold Sédar Senghor étant noir et né dans une colonie française d’Afrique était sujet français et non pas citoyen français. Et ce n’est pas du tout la même chose ! Il pouvait participer à l’effort de guerre contre l’Allemagne mais ne pouvait entrer dans la fonction publique française métropolitaine. Sujet français, il lui a fallu demander la nationalité française afin de postuler au concours d’agrégation de grammaire et entrer ainsi dans l’enseignement en France en 1935.

         Mais alors, me direz-vous, quelle était la nationalité d’un sujet français ? Eh bien, il n’y en avait pas ! Senghor né au Sénégal n’était pas sénégalais ; puisque le Sénégal n’était pas une nation indépendante, la nationalité sénégalaise n’existait pas ! Avant d’obtenir la nationalité française, Senghor était donc officiellement « un Français sans papier » aussi bien au Sénégal qu’en France. C’était cela la réalité de la situation de tous les Africains des colonies françaises jusqu’en 1960.

100_1418         Ce n’est donc qu’en 1960, à 54 ans, à l’indépendance du Sénégal –  et de presque toutes les colonies françaises – que Senghor, citoyen Français, va devenir Sénégalais.

         Mesdames et messieurs, imaginez maintenant tous ces Africains « Français sans papier » – comme Senghor au départ – venus en France pendant les deux guerres mondiales et qui sont souvent restés en métropole ; imaginez tous ces Africains « Français sans papier » qui sont venus en France pour la reconstruction de la mère patrie à partir de 1946 ; imaginez tous ces Africains qui arrivaient en France après 1960 alors que les jeunes Etats indépendants n’avaient pas encore une administration pour identifier leurs populations et leur délivrer une nationalité (sénégalaise, gabonaise, malienne…). Si vous imaginez tout cela, alors, mesdames et messieurs, vous comprenez parfaitement pourquoi en France, jusqu’à la fin des années 1980, on employait plutôt l’expression « sans papier » pour désigner les Africains de France et non le mot « immigrés ». Les moins jeunes parmi nous peuvent témoigner que c’était cela la réalité : avant les années 1990, « sans papier » était pour ainsi dire le statut des Africains des anciennes colonies françaises.

              Retenons donc que cette exposition retrace l’histoire d’un Français « sans papier » – mais qui devait, si nécessaire verser son sang pour la France. 100_1410

La France noire dans le magazine AMINA (entretien réalisé par Liss KIHINDOU)

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Comment est née l’idée de cette association ?

L’idée est partie d’un travail avec une classe de 5è en 2012. Suite à la lecture de Cannibale, le désormais célèbre roman de Didier Daeninckx, j’avais réalisé avec mes élèves une exposition sur «Les expositions coloniales» en y intégrant quelques figures noires françaises célèbres. Face au franc succès de ce travail présenté lors des portes ouvertes de l’établissement, je me suis dit que l’expérience méritait d’être poursuivie.

Qu’entendez-vous par « La France noire » ?

Le nom de l’association est choisi en réponse à toutes celles et tous ceux qui pensent que la France est blanche et catholique. Non, la France n’est pas blanche ! Elle ne l’est pas, de manière officielle, depuis 1848, date de l’abolition de l’esclavage. La France a aussi participé à la colonisation de l’Afrique et a fait des Noirs ses sujets jusqu’au début des années 1960. Les nouvelles générations doivent absolument savoir ces vérités. Quant aux adultes qui ne sont pas habitués à associer le nom France au mot «noir», nous leur offrons l’occasion de prendre une nouvelle habitude conforme à la réalité. Précision non négligeable : nous avons l’agrément académique – donc l’autorisation de l’Education nationale – pour faire ce travail.

Votre action est-elle bien accueillie ? Quels sont vos partenaires ?

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, militer pour l’enseignement d’une histoire qui ressemble à la réalité de la diversité de la population française est très bien accueilli dans les établissements scolaires. L’Education nationale prône l’enseignement de la citoyenneté. Cela nous encourage à nous appuyer sur la vérité scientifique pour amener les jeunes à changer leur regard sur eux-mêmes et sur les autres, à entendre un discours différent de ceux qui se veulent officiels. Pour consolider nos bases dans le paysage national, nous avons établi un partenariat avec la mairie de Joigny (89 Yonne) pour commémorer chaque 10 mai l’abolition de l’esclavage. Par ailleurs, nous avons le soutien du Conseil départemental et du crédit Mutuel. Mais nous ne pourrons rayonner qu’en établissant des partenariats avec d’autres associations comme Afrique sur Loire, par exemple.

Vous avez réalisé des expositions remarquables, que vous proposez aux établissements scolaires. Ceux-ci vous ouvrent-ils facilement les portes ? Quelle est la réaction des élèves ?

Nos expositions ainsi que les discours qui les accompagnent sont très appréciés des élèves et des enseignants. C’est très réjouissant. Par exemple, les élèves comprennent très vite la logique de l’esclavage des Noirs dans les Amériques qui consiste à terroriser par la violence des êtres habitués à la liberté. J’aime leurs applaudissements à la fin de mes interventions… Malheureusement, les établissements scolaires ne s’ouvrent pas aussi aisément aux intervenants extérieurs. Dans le système administratif de l’Education nationale, il n’est pas évident de savoir à quelle porte frapper. A vrai dire, il faut surtout compter avec la sensibilité de la personne qui recevra l’information concernant nos expositions. Il convient aussi de retenir que dans cet univers, le bouche-à-oreille fonctionne mieux que le courrier postal ou électronique.

Vous avez à ce jour noué plusieurs contacts, notamment avec des ambassades africaines, sont-elles toutes prêtes à vous accompagner ?

D’une façon générale, les ambassades africaines refusent d’aider les associations françaises. Est-ce une question de devoir de réserve ? En tout cas, les courriers que nous avons reçus disent qu’elles ne disposent pas de budget pour aider les associations. Seuls des hommes sensibles à l’idéal de fraternité que nous prônons à travers nos expositions acceptent de nous recevoir et nous aider. C’est ce qu’ont fait les ambassadeurs du Togo et de la Guinée, chacun à sa manière.

Quelle est votre plus grande fierté et quel est votre plus grand regret, depuis que vous avez commencé cette aventure ?

C’est chaque fois une grande fierté pour moi d’entendre les élèves me poser cette question : «pourquoi ne nous enseigne-t-on pas tout ce que vous nous dites ?» C’est la preuve qu’ils ont compris que les manuels scolaires n’ont pas toujours raison. Il est important d’apprendre à douter afin de sortir de l’ombre pour aller vers la lumière. Par ailleurs, avoir exposé à l’ambassade du Togo, sans avoir aucun lien avec ce pays, a été pour moi une belle conquête. Je n’oublierai jamais cette main tendue de Son Excellence M. Calixte Madjoulba qui nous a permis de rebondir alors que les demandes d’intervention étaient rares au premier semestre 2018. Un regret – qui ne doit pas en être un puisque le fait ne dépendait pas de nous – c’est de ne pas avoir pu exposer à l’Unesco, à Paris, alors que nous étions programmés pour le 19 novembre 2018 et que l’historien Pascal Blanchard avait accepté d’être le parrain de notre association pour plaider sa cause auprès des ambassadeurs africains. Mais nous n’avons pas renoncé à ce projet.

La France noire au lycée Saint-Germain (Auxerre 89)

Du lundi 14 au vendredi 18 janvier, le lycée professionnel Saint-Germain d’Auxerre a abrité notre exposition « Les résistances africaines à la traite et les luttes des esclaves pour leur liberté dans les Amériques ». L’occasion nous a permis de rencontrer des collègues – dont Mme Serre, la professeure documentaliste –  très impliqués dans l’éducation à la citoyenneté des jeunes générations. Monsieur Cholet, le proviseur, a même tenu à nous rencontrer afin de mettre en place un partenariat avec La France noire dans le cadre de la commémoration de l’abolition de l’esclavage le 10 mai 2019.

L’article de l’Yonne Républicaine du 16/01/2019

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Lundi matin avait lieu au lycée professionnel Saint-germain l’inauguration d’une exposition pédagogique itinérante sur l’esclavage, élaborée par l’association La France noire de Joigny.

     Cette exposition retrace en une vingtaine de panneaux fort instructifs l’histoire de l’esclavage avec son cortège d’atrocités, tout en mettant en lumière les résistances africaines à la traite ainsi que les luttes des Africains pour garder ou regagner leur liberté.

     « Cet aspect des choses est généralement passé sous silence , fait remarquer Raphaël ADJOBI, président de La France noire.

     « ça m’a donné envie de faire des recherches »

      Et l’intéressé de poursuivre : « De même, il n’y a jamais eu d’esclaves à vendre en Afrique, car les négriers récompensaient tout simplement leurs rabatteurs. C’est donc par la violence et la corruption que les Noirs étaient capturés et déportés. D’ailleurs, l’expression commerce triangulaire était un euphémisme employé par les négriers pour se donner bonne conscience et faire croire que les Noirs étaient déjà des esclaves en Afrique ». Pour la documentaliste Chantal SERRE, qui a fait venir cette exposition dans l’établissement, « il est important de montrer que les Noirs étaient eux-mêmes des acteurs de leur émancipation ».

     « Cette exposition a changé ma façon de voir les choses. Elle m’a donné envie de faire des recherches sur le Net », confiait Yacine, en seconde administration.

La France noire et les « forums citoyenneté » des collèges et des lycées

Paul Bert 8        Durant ce premier semestre de l’année scolaire 2018 – 2019, nous avons enregistré 9 demandes d’intervention. Très réjouissant ! Espérons que le deuxième semestre sera aussi fructueux.

Nous avons noté que dans le cadre du parcours citoyen des élèves, les collèges et les lycées sont de plus en plus nombreux à organiser une journée ou une semaine de l’engagement citoyen – ou encore forum citoyenneté – pour faire « grandir » les futurs citoyens dont ils ont la charge.

Ferrières 3        Cette journée ou cette semaine mise à part est un principe heureux parce qu’il dispose l’esprit des enseignants et celui des élèves à profiter pleinement des occasions qui leur sont offertes à travers les différents intervenants issus d’associations ou d’institutions de l’Etat. Ainsi, à aucun moment, les uns et les autres ne montrent de l’empressement à reprendre le cours de leur pratique ordinaire. Résultat : dans chacun des établissements où nous avons été invités, nous avons beaucoup apprécié non seulement l’écoute attentive des élèves ainsi que leur intérêt pour le travail qui leur était présenté mais aussi les échanges que nous avons eus avec les enseignants. C’est pour nous une grande satisfaction d’avoir recueilli, à la fin de chaque intervention, le sentiment de chacune ou chacun de nos collègues.

Nous espérons donc recevoir davantage d’invitations dans le cadre de cette journée ou semaine de l’engagement citoyen parce que le profit est indiscutablement plus grand pour les élèves. Ce temps particulier qui demande l’engagement de tous les enseignants leur permet souvent de poursuivre, avec la classe, la discussion autour du sujet présenté par l’intervenant. Ce suivi immédiat est une excellente chose pour les élèves. Savoir prendre le temps d’apprécier ce que l’on vient de voir ou de lire est une excellente manière d’avancer dans la maîtrise des connaissances. D’ailleurs, les collègues savent très bien que les répercussions des visites pédagogiques sont plus grandes lorsque le projet est partagé ou porté par une équipe plutôt que par une seule personne que les autres suivent malgré eux.

Terminons par quelques beaux compliments entendus çà et là : « un travail très professionnel » (une professeure d’histoire du collège Pierre-Auguste Renoir de Ferrières-en-Gâtinais – 45 Loiret) ; « c’est vraiment captivant » (une collègue du collège Pierre Larousse à Toucy – 89 Yonne) ; « une belle exposition qui invite au silence… au recueillement » (Madame l’adjointe de direction du collège Paul Bert à Auxerre – 89 Yonne).

Raphaël ADJOBI

Bilan partiel image 2

Deuxième participation de la France noire à la fête des associations de Joigny

            Pour sa deuxième participation à la fête des associations de Joigny, La France noire a présenté au public quelques panneaux de ses deux expositions pédagogiques itinérantes. Et bien sûr, les visiteurs se sont montrés davantage curieux en prenant le temps de découvrir notre association et ses projets pédagogiques à destination des collégiens et des lycéens. Quel plaisir, en effet, de voir les gens prendre le temps de lire les cinq panneaux présentés ! Nous espérons que certains rejoindront notre association pour l’aider à grandir dans l’Yonne. Nous pourrons alors dire que non seulement la fête a été belle mais aussi qu’elle a été fructueuse.

            Merci à toutes et à tous pour votre soutien.

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Raphaël ADJOBI, Françoise Parry (secrétaire et trésorière) et Philippe Bouvier (membre du Conseil d’administration).

La France noire à la fête des associations du jovinien le dimanche 23 septembre 2018

Pour la deuxième fois, depuis sa création en 2015, notre association va participer à la fête des associations du jovinien sous le marché couvert de la ville de Joigny le 23 septembre 2018. Les membres du bureau et du conseil d’administration de la France noire mettront tout en œuvre pour faire de cette occasion un moment de communication avec la population locale. Mieux nous faire connaître à Joigny sera notre objectif essentiel ! Nous aurons le souci de montrer la singularité de notre association : une association porteuse de projets pédagogiques et citoyens à destination de la jeunesse par le biais des collèges et des lycées.

Les stands seront ouverts au public de 10h30 à 16h30

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Fête des asso. 2016

                           Adresse de La France noire : 53, rue des Saints 89300 Joigny

Collège Saint François de Sales de Dijon (21), dernière étape de nos visites pédagogiques 2017-2018

C’est au collège Saint François de Sales de Dijon que notre association  a passé sa dernière journée d’intervention pédagogique 2017-2018. Le contenu du dépliant qui nous a été remis (ci-dessous) témoigne de l’accueil chaleureux que nous y avons reçu ; un accueil orchestré par les collègues documentalistes Anne Mézières et Sophie Horem que nous remercions de tout cœur. Vivement l’année prochaine !

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