Nous savons le personnage de Tintin et son inventeur racistes – parce que tous deux sont fils d’une époque où le Noir était officiellement présenté comme un être non évolué, un être aux capacités intellectuelles et morales jugées primaires. En d’autres termes un « humain » inférieur proche du singe qui serait l’ancêtre de l’homme. Une non-personne.
Cependant, depuis deux décennies, on ne peut pas affirmer que l’Éducation nationale continue à enseigner le racisme, même si les manuels scolaires ou livres destinés à la jeunesse et les panneaux publicitaires demeurent encore truffés des restes de cet esprit des deux derniers siècles. L’étude des bandes dessinées du XIXe et du XXe siècles réalisée par Fredrik Strömberg (Images noires, PLG, janvier 2020) est en effet éloquente quant à la culture du racisme en Europe. Un racisme entretenu par des adultes, bien entendu. Par ailleurs, le livre d’Odile Tobner intitulé Du racisme français (Les Arènes, 2007) donne un bel éclairage de cet esprit qui persiste dans notre société à travers les propos d’intellectuels et d’hommes politiques. Mais à l’heure où nombreux sont les mouvements qui prônent une meilleure prise en compte de la dignité de l’autre (La Fondation pour la mémoire de l’Esclavage, le MRAP, La Ligue des droits de l’homme, Mémoires et partages, La France noire…), on s’attendrait à une certaine retenue de la part des écrivains et artistes partisans de l’infériorisation des Noirs dans les espaces publics et les canaux de communication et des savoirs.
Mais voilà que depuis plus d’un an (2023 !), dans le silence ou l’indifférence de toutes les institutions nationales proclamant pourtant veiller au non étalage des actes et productions racistes, l’éditeur Dupuis vendait aux Français et aux Belges une bande dessinée qui présente tous les personnages noirs sous les traits de singes ! Alors que tous les personnages blancs étaient peints sous les traits d’êtres humains reconnaissables par tous comme tels. Et aucun Blanc ayant eu Spirou et la Gorgone bleue entre les mains n’a osé s’indigner sur un quelconque réseau social ! Pas une bibliothèque de France, un CDI des collèges et des lycées, n’a jugé opportun d’attirer l’attention d’un mouvement de lutte contre le racisme ! Comme dirait le chroniqueur Jean-Michel Apathie, « ça dit quelque chose de nous, de notre regard, de ne pas avoir vu cela » avant les Africains-Français ! Et il ajoute : « Dans la maison d’édition, il y a des gens qui vérifient, valident. On se demande comment tout ceci peut se produire en 2024 ».
Et comme l’artiste, un homme de plus de 80 ans – donc nourri de Tintin au Congo et des autres bandes dessinées dont parle l’historien Fredrik Strömberg dans Images noires – a répondu benoîtement aux indignations qu’il s’agit d’une caricature, je lui réponds ici que dessiner un Noir sous les traits d’un singe n’est pas une caricature mais l’expression d’une culture blanche qui assigne au Noir une place inférieure dans l’échelle des êtres et dont il est un pur produit. Cela est incontestable, sauf quand on est sénile. Le chroniqueur Jean-Michel Apathie et tous les autres Blancs qui ont jeté un œil à l’album raciste n’ont pas vu Spirou et les autres personnages blancs sous les traits d’un quelconque animal symbolisant l’homme blanc pour croire qu’il s’agit bien de caricatures. Ce sont donc bien les adultes racistes – nombreux dans toutes les institutions – qui veulent pérenniser ce qu’ils ont appris comme un précieux héritage devant être transmis. Quant aux jeunes que j’ai entendus lors de la conférence d’une collègue que j’avais invitée à Joigny, ils ont assuré que leurs querelles n’ont rien à voir avec cette infériorisation de l’autre, que cette expulsion du Noir à la périphérie de l’humanité est l’œuvre de leurs parents et de leurs grands-parents.
Voilà pourquoi La France noire ne va pas vers les jeunes avec la volonté de combattre le racisme ! Non ! La France noire va vers eux pour leur offrir non seulement des outils pour comprendre comment est né le racisme et comment il s’est propagé, mais aussi des outils pour reconnaître les images et les propos racistes que les adultes véhiculent dans la société française. Notre volonté est de tenter de les préserver du racisme de leurs aïeux. Et visiblement, dans cette tâche, nous ne sommes pas encore assez nombreux en France pour faire changer de comportement les artistes et pseudo-intellectuels qui plus ils deviennent vieux, plus ils deviennent c… – comme dit la chanson.
L’Éditeur Dupuis a assorti le retrait de l’album de ce message d’excuse, publié sur X : « Nous sommes profondément désolés si cet album a pu choquer et blesser. Cet album s’inscrit dans un style de représentation caricatural hérité d’une autre époque. Plus que jamais conscients de notre devoir moral et de l’importance que représente la bande dessinée en tant qu’éditeur et plus largement le livre dans l’évolution des sociétés, nous prenons en ce jour la pleine responsabilité de cette erreur d’appréciation ».
Un album inscrit dans « un style de représentation caricatural hérité d’une autre époque » ! C’est ici l’aveu réjouissant du travail d’un grand-père et sûrement arrière grand-père profondément ancré dans une époque évidemment raciste dont les codes picturaux sont mondialement connus – s’agissant des Noirs et autres non-blancs. Une époque où la caricature visait rarement les Blancs quand les non-Blancs faisaient partie du récit. Une époque dont le vieux dessinateur de Spirou est nostalgique. « Conscients de notre devoir […] en tant qu’éditeur […] nous prenons en ce jour la pleine responsabilité de cette erreur d’appréciation ». Que cela soit lu et entendu par tous partout en France !
Raphaël ADJOBI

En juillet 2024, l’association
Jeunes de Bourgogne et de Franche-Comté, dressez donc l’oreille et regardez du côté de la
Tous les ans, au mois de juin, l’AJFD organise une soirée de solidarité autour d’un repas où les cuisines africaines et antillaises occupent la première place. L’équipe qui entoure
Durant les deux semaines de leur séjour togolais, au-delà de leur contribution au chantier du musée d’Aného, la connaissance de l’histoire locale n’a pas été négligée. Outre la découverte de quelques danses traditionnelles et la vie ordinaire des jeunes du pays,
Bravo à l’équipe dirigeante de l’AJFD d’avoir su persévérer dans les difficultés pour atteindre ce niveau de reconnaissance quant à la qualité de ses projets. Bravo aux jeunes qui ont participé avec enthousiasme à cette première activité de solidarité internationale avec l’association cézycoise.
Je vous écris cette lettre non pour vous faire la leçon, ni pour vous expliquer d’une façon compliquée ce que l’on appelle « racisme » aujourd’hui.
Taina Tervonen, Franco-Finlandaise ayant passé les quinze premières années de sa vie au Sénégal – et
Ce que les Français blancs doivent retenir avant de formuler quelque opinion est que le phénomène d’expropriation ou de pillage de l’Afrique n’est pas uniquement français. Au moment de l’expansion coloniale dans le dernier quart du XIXe siècle, dans plusieurs villes européennes, naissent de grands musées consacrés aux colonies où l’Afrique 
Une leçon est à tirer du succès de cette soirée : en matière de culture, ne jamais dire « cela n’intéressera personne ». Il faut d’abord songer à proposer pour susciter l’intérêt du public.
Même si « la main coupée figure dans les armoiries d’Anvers depuis des siècles » (un internaute en 2012), même si Jean-Pierre Lefèvre assure que ce « biscuit traditionnel [a été] créé en 1833 » s’appuyant sur une légende anversoise (selon Wikipédia et
Une version anglaise de cette prière fut publiée dans le Sunday chronicle et des poètes s’inspirèrent du thème. Le célèbre poète Emile Verhaeren céda à la propagande et s’indigna des « Deux petits pieds d’enfant atrocement coupés » dans son poème L’Allemagne exterminatrice de races. N’allons pas plus loin. Nous savons désormais qu’à côté des mains coupées des Congolais sous les ordres de son zélé serviteur Fiévez, il y a aussi l’histoire des petites mains blanches inventées lors de la première guerre mondiale pour émouvoir les populations et fortifier leur animosité à l’égard de l’ennemi. Ajoutons qu’en France le ministre des finances, qui était à l’époque de cette propagande chargé de la censure de la presse, encourut l’indignation de l’éditeur du Figaro pour ne pas avoir autorisé la publication d’un récit sur les enfants belges aux mains coupées par les Allemands. Ce ministre, Klotz, raconte ce fait dans ses mémoires : le Figaro lui avait soumis une épreuve dans laquelle deux savants de grande renommée assuraient « par leur signature, avoir vu de leurs propres yeux une centaine d’enfants auxquels les Allemands avaient coupé les mains ». Comme l’éditeur du Figaro s’indignait de le voir douter des faits, il lui demanda que les savants lui indiquent le nom de la localité afin qu’une enquête soit menée « en présence de l’ambassadeur d’Amérique ». Le ministre a attendu jusqu’à sa mort !
« Combattre loin de chez soi »
Imaginez donc : non seulement le musée rend compte de la mobilisation humaine des colonies, mais il montre aussi leur mobilisation économique ! En d’autres termes,
Deux espaces du musée sont consacrés à des films documentaires : l’un s’attache à la géographie de l’empire colonial français et son évolution dans l’espace et le temps. Le deuxième, trop long selon moi, délivre l’actualité du musée au travers des visiteurs.
La soirée a commencé par un vibrant hommage à Françoise Parry, qui
Enfin, la secrétaire, Annie Biard, chargée également des actions locales a exposé les projets de films-débats pour l’année 2024 – 2025. Parmi ces projets filmiques,
L’occasion était belle pour
Merci aux membres du bureau et du Conseil d’administration pour leur implication qui a fait de notre stand un lieu d’échange permanent. Signalons que la coprésidente, Françoise Roure, a eu l’occasion d’échanger avec le maire Nicolas Soret et la conseillère départementale Frédérique Colas ; les deux élus lui ont semblé avoir compris que notre volonté d’animer notre cité ainsi que notre département, et aussi d’apporter à la jeunesse des connaissances sur des pans méconnus de notre histoire, a besoin de leur soutien.
° Premier principe
° Sixième principe :