Le Sénat français réagit au principe d’inaliénabilité des biens volés aux colonisés

Le bon sens ne guide pas toujours les hommes ; surtout tous ceux qui ont eu un jour – ou ont aujourd’hui – le sentiment d’être les maîtres du Monde. Comment peut-on voler les biens d’autrui, les enfermer chez soi et décréter que ces objets ayant franchi le seuil de sa porte ne peuvent plus jamais être rendus parce que frappés du sceau d’inaliénabilité de sa maison, de son État ? Que peut-on penser, à toutes les époques de l’histoire de l’humanité, d’un individu ou d’un État qui se drape de ce principe pour s’approprier les biens d’autrui ? Quand les colonisés n’avaient pas droit à la parole quant aux attitudes criminelles des colonisateurs, ceux-ci étaient libres d’affirmer avec ferme conviction que « profaner les tombes et amputer les dépouilles d’autochtones de leur crâne après les batailles ou les pillages » (1) était une excellente façon d’enrichir les cabinets de curiosité ou satisfaire les pseudos recherches scientifiques sur les races. Mais à l’heure où la question coloniale traverse toute la société française éclatée sur plusieurs continents et plusieurs océans, s’exprimer comme si la France était un pays exclusivement européen est une insulte dont beaucoup de Français – et surtout beaucoup de nos gouvernants – ne sont même pas conscients. Heureusement, il y a parmi nos compatriotes « blancs » quelques individus qui ont remarqué comme nous que le principe d’inaliénabilité que d’autres brandissent comme la plus belle invention française est mis à mal par le bon sens l’ayant rendu poreux au regard des nombreuses restitutions des biens réclamés par les anciens colonisés. Avouons-le : ces multiples restitutions, officielles ou officieuses, démontrent le discrédit jeté sur une loi déraisonnable qui n’honore nullement notre pays. Devant cette réalité implacable, réjouissons-nous de constater que le Sénat se penche sérieusement sur ce principe d’inaliénabilité. Si ce principe mérite d’être conservé pour tout ce qui concerne les éléments produits par la France (et reconnus comme tels), il importe de trouver des règles pour tout ce qui a été volé, pillé, disons acquis dans la violence ou la duplicité. Merci à Francine Guillou de nous informer sur ce projet du Sénat.

Raphaël ADJOBI

(1) Rémi Guezodje, L’heure de regarder ces crânes en face (Télérama n° 3965). Dans son article, il donne la parole à l’historien Pascal Blanchard, spécialiste de l’empire colonial français, qui assure que « l’État français est extrêmement en retard par rapport aux musées américains ou à la Nouvelle Zélande et l’Australie, qui intègrent [le] travail d’étude et de restitutions dans leurs collections ».

L’article de Francine Guillou

Est-ce la fin du fait du prince et des lois d’espèce ? Le 28 janvier, dans un hémicycle quelque peu dégarni mais solennel, les sénateurs ont adopté en première lecture un texte visant à encadrer la restitution des biens culturels.

Cette loi permettra donc de rendre un bien « dont il est établi ou dont des indices sérieux, précis et concordants font présumer qu’il a fait l’objet, entre le 20 novembre 1815 et le 23 avril 1972, d’une appropriation illicite par vol, pillage, cession ou libéralité obtenues par contrainte ou violence ou d’une personne qui ne pouvait en disposer ».

Elle crée ainsi une possibilité de dérogation au principe d’inaliénabilité des collections nationales, qui obligeait jusqu’alors à passer par des lois dédiées, un processus législatif chronophage et inadapté. Une quinzaine de demandes de restitution ont été reçues par la France, ces dernières années : l’Algérie réclame les effets personnels de l’émir Abdelkader figurant dans les collections du musée de l’Armée, le Bénin attend le retour de la statue du dieu Gou détenu par le musée du Quai Branly-Jacques-Chirac…

La Côte d’Ivoire, le Mali, le Tchad et l’Éthiopie préparent ou ont également fait valoir des demandes. Le texte doit maintenant être débattu à l’Assemblée nationale avant l’été.

Francine Guillou (Télérama n° 3969 du 4 février 2026).

LE LYCÉE FRÉDÉRIC JOLIOT-CURIE accueille “Les Noirs illustres et leur contribution à l’Histoire de France”

Du lundi 26 au vendredi 30 janvier 2026, le lycée Frédéric Joliot-Curie, à Dammarie-les-Lys, a accueilli pour la troisième année consécutive notre association pour découvrir le dernier élément de notre série de trois expositions. C’est dire qu’avec Les Noirs illustres et leur contribution à l’Histoire de France, nombreux sont des élèves du lycée qui ont été instruits des trois thématiques de notre travail pédagogique. Bravo donc à notre collègue Céline Elbé – professeure documentaliste – qui a eu à cœur cet objectif qui vient d’être atteint.

Je ne peux m’empêcher de souligner ici le souci de nombreux professeurs d’aller plus loin que le contenu des manuels scolaires en entendant d’autres discours, en découvrant d’autres images qui viennent parfois bousculer les savoirs académiques. Si l’Éducation nationale permet cette ouverture à la diversité des discours sur les mêmes faits de l’histoire, nous devons, en tant qu’enseignants et acteurs culturels, la faire nôtre. C’est la meilleure façon de rendre service aux jeunes générations, les citoyens de demain. Merci donc aux enseignants qui dynamisent le vie culturelle de leur établissement en adhérant aux projets de leurs collègues documentalistes.

Amitiés à toutes et à tous, et bravo aux élèves qui ont témoigné d’un réel intérêt pour les explications du conférencier.

Raphaël ADJOBI

LES GRANDES FIGURES DU MOUVEMENT ABOLITIONNISTE (une exposition de l’association LA FRANCE NOIRE)

En cours de réalisation, l’exposition LES GRANDES FIGURES DU MOUVEMENT ABOLITIONNISTE sera présentée en mai 2026 lors de la commémoration de l’abolition de l’esclavage qui mettra l’accent sur la loi Taubira proclamant l’esclavage des Noirs dans les Amériques et l’océan indien comme crime contre l’humanité. Elle sera disponible pour toutes les structures (pédagogiques, associatives, municipales) dès juin 2026. Nous présentons ici l’une des plus grandes figures françaises de la lutte pour l’abolition de l’esclavage de cette galerie de portraits.

ABBÉ GRÉGOIRE (décembre 1750 – Meurthe et Moselle – mai 1831 – Paris)

A l’heure des soubresauts de 1789, ce prêtre de 39 ans s’engage en politique et est élu parmi les 291 députés du clergé aux États généraux. Il se rapproche alors du tiers état et exprime sa volonté de faire abolir les privilèges de la noblesse, du clergé et des ordres religieux, ainsi que ceux des communautés de métiers qui leur appartenaient. Ce qui lui vaudra l’animosité de l’église catholique au moment de sa panthéonisation deux siècles plus tard (novembre 1989).

A la suite de la fuite de Louis XVI et son arrestation, l’assemblée constituante est dissoute le 30 septembre 1791 et les députés déclarés inéligibles. Mais grâce à son activisme à Blois, il est élu député de la première République en Loir-et-Cher à la convention nationale en septembre 1792.

PREMIER RÉFUTATEUR SCIENTIFIQUE DU RACISME ET PREMIER MILITANT DE L’ANTICOLONIALISME (Aimé Césaire)

Dès 1789, il se prononce favorable pour le droit de vote des « gens de couleur des îles françaises des Amériques ». En décembre de la même année, il devient membre de la société des amis des Noirs et participe aux débats qui, à la suite de la révolution de Saint-Domingue en 1791, aboutiront à l’abolition de l’esclavage en 1794. Il sera l’un des rares députés à voter contre le rétablissement de l’esclavage décidé en 1802 par Napoléon Bonaparte. C’est d’ailleurs cet événement qui a fait de lui le plus grand pourfendeur du pouvoir esclavagiste napoléonien avec la publication de De la traite et de l’esclavage des Noirs.

A partir de 1807, l’Angleterre qui avait perdu la guerre contre ses treize colonies des Amériques (1775 – 1783) qui refusaient de lui verser les taxes pour le fonctionnement du royaume s’était déclarée championne de l’abolition de la traite des Africains et avait entrepris de faire la guerre à tous les navires négriers européens.

Devant cette entreprise de l’Angleterre qui menaçait l’approvisionnement des Antilles en main-d’œuvre servile, la France napoléonienne signe avec elle en 1814 un traité l’autorisant à poursuivre pendant cinq ans encore la traite des Noirs, « c’est-à-dire voler ou acheter des hommes en Afrique [dans les comptoirs tenus par les Européens] les porter aux Antilles, où, vendus comme des bêtes de somme, ils arroseront de leur sueur des champs dont les fruits appartiendront à d’autres » (De la traite et de l’esclavage des Noirs)

Ce traité entre les deux royaumes offre à l’abbé Grégoire l’occasion d’affirmer officiellement que la raison de l’établissement de l’esclavage est la cupidité des colons et des dirigeants politiques qui ne voient que le péril de l’économie : « Quel moyen de raisonner avec des hommes qui, si l’on invoque la religion, la charité, répondent en parlant de cacao, de balles de coton, de balance commerciale ? ». 

Il a toujours maintenu le contact avec les révolutionnaires haïtiens : il est reconnu que c’est par son intermédiaire que le tableau Le serment des ancêtres(1822) de Guillaume Guillon Lethière – symbolisant l’union des « hommes de couleur » – est parvenu aux dirigeants de la République d’Haïti proclamée le 1er janvier 1804.

Raphaël ADJOBI

LES VOEUX 2026 DE LA FRANCE NOIRE

Chers abonné(e)s, lectrices, lecteurs, visiteuses et visiteurs de cet espace,

Les membres du bureau ainsi que tous les adhérents de La France noire (de l’hexagone, de la Guadeloupe et de la Martinique) se joignent à nous pour vous souhaiter une bonne année 2026. Qu’elle apporte à chacun d’agréables moments de réjouissance et l’espoir dans les combats qui vous tiennent à cœur.

Nous profitons de l’occasion pour vous dire combien nous sommes heureux de vous savoir nombreux à vous intéresser à l’histoire des Français noirs au sein de la République née à la fin du XVIIIe siècle. Après le livre de Raphaël intitulé Les Français noirs et la République, Une histoire mouvementée, Delphine Gardey vient à son tour de publier Le corps noir de la République rendant compte de « l’histoire des parlementaires colonisés de France, de la Révolution à la départementalisation » ; en d’autres termes, une chronologie des soubresauts de la représentation des territoires coloniaux au sein de notre Assemblée nationale, où se lisait à la fois volonté d’émancipation et volonté d’exploitation.

Et comme un cadeau tombé du ciel, Abd Al Malik vient de nous gratifier de la version cinématographique du plus long combat juridique mené par un esclave noir au début du XIXe siècle pour faire valoir sa dignité et sa légitimité au sein des institutions françaises. L’affaire de l’esclave Furcy, l’essai de Mohammed Aïssaoui publié en 2010 qu’Abd Al Malik met en scène, montre que pour être libre ou faire respecter son humanité – hier comme aujourd’hui – il y a deux voies qui s’offrent à l’opprimé : la voie judiciaire ou celle de la violence. Durant des siècles, les esclaves Africains ont fait usage de ces deux voies selon les circonstances. Nous espérons de tout cœur que vous ferez un bel accueil à ce film dont la sortie est prévue le 14 janvier 2026.

Merci pour votre précieuse confiance.

Amitiés.

Françoise ROURE & Raphaël ADJOBI

LA FRANCE NOIRE à la découverte du Paris noir avec la Fondation pour la Mémoire de l’esclavage (le 28 octobre 2025)

En attendant notre projet de groupe permettant à un grand nombre des membres de notre association de découvrir le PARIS NOIR, c’est notre coprésidente, Françoise Roure, qui a eu le plaisir de faire ce circuit à l’invitation de la F.M.E. Elle nous parle aussi de la réunion qui a suivi cette balade.

          La Fondation pour la mémoire de l’esclavage a invité les associations amies à découvrir Paris sous un angle nouveau : le Paris Noir.

          A l’origine de cette expérience Kévi Donat, guide d’origine martiniquaise, témoigne que les touristes étrangers sont souvent surpris par la diversité qu’ils rencontrent au cœur de Paris, d’où la création de circuits de visites avec le parti pris de présenter les monuments et quartiers de Paris, et plus précisément des Ve et VIe arrondissements, qui permettent de parler du passé colonial de la France et de l’importance de la capitale comme lieu de rencontre des artistes ou intellectuels noirs venus des Outres Mers, mais aussi des États-Unis ou d’ailleurs.

          Notre circuit démarre devant le Panthéon, avec le panthéonisé Alexandre Dumas, dont la grand-mère paternelle était haïtienne. Dans le film intitulé ‘L’autre Dumas’ sorti en 2010, ses origines ne sont pas évoquées ; comme elles sont peu connues du grand public. Ce film est d’ailleurs axé sur Auguste Maquet, son collaborateur qualifié de ‘nègre littéraire’ (en anglais on parle de ghost writer, la comparaison est intéressante !). C’est d’ailleurs l’occasion pour notre guide d’indiquer la bataille menée pour imposer le terme de prête-plume à la place du mot nègre, cette utilisation datant du XVIIIe siècle et faisant référence à l’exploitation des populations noires d’Afrique. Elle fut d’ailleurs popularisée dans un pamphlet raciste visant ce même Alexandre Dumas.

Peu d’autres personnalités noires sont au Panthéon.

Félix Eboué, petit-fils d’un couple né dans l’esclavage, partisan de De Gaulle pour une France Libre face au régime de Vichy. Il est le premier homme noir présent au Panthéon.

Joséphine Baker, espionne pour la France Libre dans les années 1940, elle s’est battue toute sa vie contre le racisme et les discriminations.

D’autres ont leur nom gravé sur des plaques installées au sein du Panthéon : Louis Delgrès, Toussaint Louverture, Aimé Césaire.

          Après le Panthéon, direction le Jardin des plantes pour découvrir ‘Le Cri, l’Écrit’ une sculpture commémorant l’abolition de l’esclavage. Cette œuvre de Fabrice Hyber est constituée de 3 maillons de chaîne, le premier, à moitié enfoui dans le sol, représente les racines, le deuxième, fermé et entier, illustre l’esclavage, et le troisième, ouvert, commémore l’abolition de l’esclavage.

          Un endroit idéal pour revenir sur l’histoire de l’abolition de l’esclavage, et pour évoquer la marche des 150 ans de l’abolition de l’esclavage en 1998. La loi Taubira sera promulguée 3 ans plus tard.

Kévi insiste sur la rupture que représente cette marche. Les générations précédentes voulaient devenir des Français comme les autres, durant cette marche les manifestants brandissent des panneaux soulignant l’histoire de leurs ancêtres « Descendants d’esclaves et fiers de nos aïeux ! ».

          Entre nous, un débat s’installe sur l’importance de l’enseignement, de la formation. Le représentant d’une association déplore que l’histoire ne soit pas toujours enseignée de la même manière, et prend l’exemple d’Haïti, dont il est question dans les manuels scolaires des lycées professionnels, mais pas dans ceux des lycées d’enseignement général, fréquentés par nos dirigeants de demain.

          A quelques pas de cette sculpture se trouve notre prochaine étape : le Sénat, décor idéal pour évoquer le destin de Gaston Monnerville, grand oublié de la République. Cet homme né en Guyane, dont les grands-parents antillais ont connu l’esclavage, aurait pu devenir le premier président noir de la République Française. Pendant plus de 20 ans, il fut président du Conseil de la République puis du Sénat. Élève brillant, avocat, homme politique aux multiples mandats, résistant, Gaston Monnerville, au CV impressionnant, est pourtant méconnu des Français. Opposé à la présidentialisation du régime, il s’attire l’hostilité du général de Gaulle à la fin des années soixante. Ceci-ci explique-t-il cela ?

          Sur le chemin de la Sorbonne, notre groupe empreinte la rue Monsieur le Prince pour découvrir une plaque sur la façade d’un immeuble où vécu l’écrivain américain Richard Wright entre 1948 et 1959. A cette époque, il fuit les USA, la ségrégation et le maccarthysme pour s’installer en France où il peut vivre et exprimer ses idées librement. Il est accueilli par Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre dans ce quartier latin.

D’autres auteurs américains ont suivi son chemin, comme James Baldwin, mais dans des conditions moins confortables, ou Chester Himes.

En poursuivant dans la rue Monsieur le Prince, nous passons devant une plaque à la mémoire de Malik Oussekine…

          L’arrivée place de la Sorbonne est l’occasion d’évoquer le premier Congrès international des écrivains et artistes noirs à la Sorbonne, organisé en 1956 par la revue Présence Africaine autour d’intellectuels noirs venus du monde entier. Présence Africaine c’est aussi le nom d’une libraire créée dans les années soixante dans la même mouvance, à deux pas de là, rue des écoles.

          La Sorbonne permet d’évoquer l’importance des femmes dans les mouvements intellectuels parisiens, comme les sœurs Nardal qui facilitent les rencontres entre les intellectuels et les artistes noirs présents à Paris. Elles ont en partie inspiré le courant littéraire de la négritude. Paulette Nardal, la plus connue, fut la première femme noire à étudier à la Sorbonne.

          Suzanne Lacascale a elle aussi étudié à la Sorbonne. Son grand-père paternel était un esclave guadeloupéen affranchi en 1838. Première femme de couleur à obtenir le baccalauréat en 1904, elle est aussi l’une des premières femmes non blanches à publier un livre en France.

          Ainsi s’achève ce circuit, après avoir également évoqué Suzanne Césaire qui était bien plus que ‘la femme de’, et Frantz Fanon, auteur d’un ouvrage visionnaire « Peau noire, masques blancs » où il questionne les notions d’identité, d’assimilation, de racisme à l’encontre des personnes noires, à travers son expérience d’Antillais installé dans l’Hexagone.

Françoise ROURE

Infos pratiques

3 circuits différents sont proposés dans Paris, autour des Ve et VIe arrondissements.

Devis à demander. Ordre de grandeur : pour 25 personnes 500€, 20€ par personne.

Les contacter via leparisnoir@gmail.com

Ne pas hésiter à dire qu’on fait partie des associations amis de la FME

Kévi Donat vient de sortir un livre sur le Paris Noir : À la découverte du Paris noir – Balade au cœur de l’histoire noire de la Ville lumière

Réunion suite à la balade Paris Noir

-Thème de l’année 2026 : les 25 ans de la loi Taubira

-Volonté de la FME de donner en 2026 une dimension internationale aux cérémonies de commémoration de l’abolition de l’esclavage.

-Rappel des 3 axes de la FME : histoire, culture, citoyenneté.

-Beaucoup de réponses aux appels à projet, ne peuvent pas aider à la hauteur des demandes, aimeraient faire plus.

-Rappel sur l’exposition : c’est notre histoire

  1. panneaux en 4 thèmes

1) La France et la naissance de l’esclavage colonial

2) L’apogée du système esclavagiste au 18ème siècle

  1. L’explosion du système et les abolitions

  2. Après l’abolition : héritages et mémoires de l’esclavage

-Communication sur l’exposition consacrée à 20 figures résistantes contre l’esclavage

10 femmes et 10 hommes

Exposition installée dans les gares fin 2024. Désormais en format portable, visuels disponibles pour impression si besoin, accompagnés d’un livret pédagogique et des vidéos.

https://www.vousnousils.fr/esclavage-expo

-Tour de table avec les projets pour 2026

LA FRANCE NOIRE invitée aux 2es Rencontres régionales de la lutte contre les discriminations par l’éducation à la citoyenneté mondiale

          Le jeudi 11 décembre 2025, le réseau régional multi-acteurs Bourgogne-Franche-Comté international (BFC International) a réuni plus de quatre-vingts personnes autour des moyens de lutter contre les discriminations. En effet, à travers la participation d’acteurs associatifs, d’élus et de représentants d’institutions qui réfléchissent et agissent sur le terrain, BFC International a voulu cette rencontre pour « favoriser un dialogue multi-acteurs et un partage de connaissances au service de l’intérêt général ». Avoir connaissance de ce qui se fait dans notre région en matière de lutte contre les discriminations, contre le racisme, mais aussi des moyens mis en oeuvre pour aider les démunis à connaître leur droit pour mieux se défendre est absolument nécessaire quand on est soucieux de la consolidation du vivre-ensemble et de la cohésion sociale.

          C’est notre ami Yves Gaucher (président de Lacim du sénonais) qui a délivré le mot de bienvenue aux participants en sa qualité d’administrateur de BFC International. Ce fut un réal plaisir de retrouver les ami(e)s de l’Yonne : outre Yves et Marie-Thérèse Gaucher, Sophie Montagne représentait l’association cézycoise Avenir des jeunes filles de Dapaong (AJFD). Je profite de l’occasion pour les remercier d’avoir aidé à la désinstallation de l’exposition.        La France noire a été sollicitée par BFC international pour présenter son exposition « L’invention du racisme et la négation des traces de l’homme noire dans l’histoire de l’humanité » avec à l’appui deux conférences. Nous sommes très reconnaissants à ce réseau régional pour avoir permis à notre exposition de rencontrer pour la première fois un public d’adultes. L’attention accordée aux panneaux présentés et les nombreuses photos prises par les participants témoignent du succès rencontré par notre travail. Quant au conférencier, il a été vivement félicité par de nombreux participants et pourrait même être invité par la ville de Besançon l’année prochaine.

Raphaël ADJOBI

VERDICT DU PROCÈS DES 11 MARTINIQUAIS impliqués dans le déboulonnage de 3 statues de l’époque esclavagiste et coloniale

          Deux dates à retenir, et un verdict qui honore la Justice ! 22 mai 2020, jour historique où les trois statues de l’époque esclavagiste et coloniale sont tombées en Martinique. 17 novembre 2025, jour du jugement des 11 personnes impliquées dans le déboulonnage de ces effigies. Verdict du tribunal correctionnel : 9 des prévenus sont relaxés ; 2 sont condamnés mais dispensés de peine. En d’autres termes, les 11 prévenus sont ressortis du tribunal sans condamnation effective.

          Ce verdict dit clairement que « les citoyens ont le droit à la désobéissance civile », le droit de défendre une cause qui agite le débat public, le droit d’avoir une position, une posture qui peut ne pas plaire au pouvoir en place, et cela sans tomber sous le coup de la loi – surtout quand les idées exprimées sont anticoloniales et antiesclavagistes. Selon le tribunal, « condamner un tel acte – qui est évidemment un acte politique (ne portant pas atteinte à la vie, à l’honneur, à la dignité de quiconque) serait une ingérence disproportionnée dans l’exercice de la liberté d’expression », a souligné l’un des avocats. Retenons donc que la Justice refuse de se mêler du débat politique, parce que le déboulonnage des trois statues était un acte politique commis dans le cadre d’un débat politique pour attirer l’attention de l’État et des citoyens !

          Tous les Français doivent retenir que le déboulonnage des statues de Victor Schoelcher, de Joséphine de Beauharnais, et de Pierre B. d’Esnambuc souligne la légitimité du débat sur la place des symboles de l’époque coloniale et esclavagiste qui polluent nos espaces publics. Surtout quand celles et ceux qui les défendent ignorent totalement comment les statues et les noms de rues se sont répandus dans ces espaces.

          Selon nous, ce verdict du tribunal de Fort-de-France est très réconfortant parce qu’il nous dit que la Justice de notre pays refuse d’être la caisse de résonance de ceux qui détiennent les pouvoirs et l’argent et qui croient que la raison est forcément de leur côté. On peut d’ailleurs se demander dans cette affaire qui a déposé la plainte ? Qui s’est déclaré propriétaire de ces statues pour demander justice ? Qui s’est senti offensé, blessé, insulté au point de porter plainte ? Si l’État veut honorer des hommes et des femmes qu’il juge dignes de l’estime de la majorité des citoyens, il dispose du Panthéon pour cela. S’il s’agit des descendants des esclavagistes qui s’accrocheraient à ces vestiges du passé, qu’ils sachent qu’il ne leur est pas interdit de les posséder dans leurs cercles privés. L’espace public n’est nullement le lieu d’exprimer sa volonté de puissance ou celle de ses aïeux par rapport à ceux d’autres compatriotes ! Attitude tout à fait malsaine. C’est pourquoi nous pouvons être pleinement d’accord avec cette jeune Martiniquaise qui dit que ce verdict va dans le sens du mieux vivre ensemble, car il n’est pas épanouissant et il n’est pas juste de grandir « entourés de symboles insultants ». Que le lecteur retienne cela ! Ces paroles nous emmènent à paraphraser celles d’un personnage de Sourires de loup de Zadie Smith à l’attention de cette catégorie de citoyens accrochés aux effigies de leurs aïeux qu’ils savent pourtant insultantes pour leurs compatriotes noirs :

est-ce que c’est vraiment aussi compliqué que ça, est-il vraiment impensable que Noirs et Blancs, coincés sur ces multiples territoires dispersés sur plusieurs océans et plusieurs continents qui constituent la France d’aujourd’hui, nous ne puissions parvenir à nous traiter les uns les autres comme des citoyens français aspirant aux mêmes idéaux comme lorsque nos aïeux combattaient côte à côte le même ennemi ?

Raphaël ADJOBI

LE PROCÈS DES 11 MARTINIQUAIS POUR DÉBOULONNAGE DE TROIS STATUES GLORIFIANT LE RÉCIT DE LA FRANCE BLANCHE : une répétition de l’abolition tronquée de 1848 !

          Le procès fait en ce mois de novembre 2025 aux 11 Martiniquais ayant participé au déboulonnage de trois statues d’hommes blancs de l’époque esclavagiste et coloniale dans leur département mérite un regard attentif et une analyse précise pour comprendre l’équité du balancier de la Justice de notre pays.

          Il convient de retenir que c’est au bout d’une vingtaine d’années de demande des activistes de la Martinique auprès des autorités locales, quant à l’inacceptable présence – parce qu’insultante – des effigies de trois personnages de notre histoire coloniale et esclavagiste, que leur décision fut prise de les déboulonner en mai 2020. Et cela quelques jours avant la mort de George Floyd aux États-unis. Ce constat dit clairement que l’écoute de l’Autre pour prendre en compte sa peine ou sa souffrance, qui est la plus grande forme d’équité, de justice, que la République doit à chacun de ses citoyens, a été négligée ou rejetée par la France. Sur ce sujet, il faut lire le chapitre « Faut-il déboulonner certaines statues » de mon livre Les Français noirs et la République – Une histoire mouvementée (L’Harmattan, 2024).

Aucun Français n’est censé ignorer l’histoire de l’esclavage des Noirs

          Je ne voudrais donc pas m’attarder sur les raisons qui ont poussé les Martiniquais à déboulonner les statues de Victor Schoelcher (dans une insultante posture paternaliste à l’égard d’une enfant noire) et de Joséphine de Beauharnais, puisque j’y ai consacré un chapitre dans mon livre que je viens de citer. Lire, c’est écouter l’Autre ! Ne lisez pas que les compatriotes blancs ! Lisez aussi les Français noirs pour compléter votre connaissance de l’Histoire de France.

          Rappelons que comme à notre époque Christiane Taubira, membre du gouvernement, avait été chargée de défendre ce qui est devenu le mariage pour tous, Victor Schoelcher était à son époque secrétaire d’État du gouvernement en place chargé du programme de l’abolition de l’esclavage avec indemnisation des colons ; ce qui aboutira à la mise au travail forcé des nouveaux citoyens jusqu’en 1946 ! En d’autres termes, l’un et l’autre étaient au service de l’État et ne peuvent donc pas être personnellement tenus pour responsables du résultat obtenu au point d’être glorifiés ou détestés ! L’inévitable détestation ou admiration des populations de ces faces émergées des actions de l’État doit donc être vue, chaque fois, comme un message clair adressé à l’État lui-même. C’est ce que chaque citoyen doit retenir ; et c’est ce que l’Histoire doit retenir ! Quant à Joséphine de Beauharnais, elle était l’épouse de Napoléon Bonaparte qui avait rétabli en 1802 l’esclavage aboli par la première république en 1794. Ce tableau me semble assez clair pour comprendre la contestation de la légitimité de ces deux personnages dans l’espace public martiniquais. J’ajouterai que personne, même pas la République, n’a le droit d’imposer aux citoyens de tel ou tel département des figures à honorer, surtout quand les populations les ont en horreur ! PERSONNE ! Sauf les suprémacistes convaincus de détenir la lumière devant éclairer le reste du monde condamné à les considérer comme des dieux incontestables ! Qui a déjà écouté les Martiniquais pour connaître leurs héros qui les ont libérés ou étaient sur le point d’y parvenir au moment de la proclamation officielle de l’abolition de l’esclavage ? D’ailleurs, sur son site, la Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage (F.M.E) éclaire les citoyens et l’État français sur la posture des Martiniquais à l’égard de Victor Schoelcher : https://memoire-esclavage.org/statue-de-victor-schoelcher-fort-de-france

        Maintenant, abordons plus largement la raison du déboulonnage de la troisième statue représentant un personnage que presque personne ne connaît en métropole. Les descendants des Africains en Martinique savent très bien que leurs aïeux ont été forcés par les colons blancs de remplacer les autochtones de l’île : les Arawak et les Kalidago, exterminés par Pierre d’Esnambuc (1585 – 1636) au moment de l’installation des colons français. Aujourd’hui, personne ne peut mentionner un seul descendant de ces deux peuples dans la population française ! Voilà une triste réalité appelée génocide et qui a pleinement atteint son but ! Et pourtant, Pierre d’Esnambuc avait une statue qui trônait en bienfaiteur digne d’admiration – selon l’administration française – sur une place publique de l’île avant sa destruction en juillet 2020 ! C’est croire que la disparition de presque toutes les statues de Christophe Colomb sous le ciel des Amériques – avec les manifestations qui ont suivi la mort de George Floyd – ne semble pas un enseignement pour nos autorités quant au fait que le terme « découvreur » de peuples étrangers est désormais considéré par des milliards d’êtres humains à travers le monde comme une insulte, voire une inqualifiable et détestable arrogance.

La République complice des suprémacistes békés ?

          En France, on déboulonne régulièrement des statues. Démonstration est faite dans mon livre cité plus haut. Celle de l’abbé Pierre, accusé d’agressions sexuelles, a été déboulonnée en septembre 2024 à Norges-la-ville en Bourgogne (21 – Côte d’or) et son image retirée des affiches publicitaires d’une fondation bien connue. Posons-nous cette question pour voir plus clair dans ce débat : qui juge de la dignité ou non de la présence de telle ou telle effigie dans les espaces publics ? Réponse : elles sont là grâce à des cercles d’amis, des partisans qui courtisent les officiels de l’État ! C’EST TOUT ! Personne en France ne peut soutenir le contraire ! Les représentants de l’État ne doivent donc pas négliger ce fait au risque de se rendre complices des offenses que cause la présence en certains lieux de certaines de ces statues. Voilà pourquoi, à la suite des Martiniquais, des centaines de statues ont été déboulonnées par des citoyens à travers le monde après la mise à mort raciste de l’Américain George Floyd.

          De toute évidence, l’enjeu de ce procès est de refuser aux Français noirs la légitimité de leur histoire française au sein de la République. En effet, le déboulonnage des trois statues était une revendication de la reconnaissance de leur légitimité – et donc de leur voix, de leur sentiment – au sein de la République. Les Martiniquais refusent que la République se rende complice des descendants des esclavagistes, ces békés qui tiennent à perpétuer les figures des crimes esclavagistes et coloniaux et les injustices qui les accompagnent comme œuvres civilisatrices dignes d’être honorées – même là où les blessures du passé sont encore vivaces. Ils savent que c’est cette complicité de l’État avec les aïeux des békés qui avait abouti à l’indemnisation des colons au lieu des esclaves au moment de la deuxième abolition de l’esclavage. Chaque citoyen français doit graver cela dans son esprit au moment de discuter des revendications de nos compatriotes des outre-mer.

          Malheureusement, nous n’avons plus en France d’intellectuels reconnus capables de porter une voix forte pouvant être entendue quand il s’agit de défendre la légitimité contestée d’un groupe social issu de notre histoire coloniale ou esclavagiste. Aussi l’expulsion de l’homme noir de l’histoire de l’humanité officialisée par les théories racialistes du XIX siècle – mais contestée au XXe siècle- a fini par triompher en ce début du XXIe siècle au sein du pouvoir politique républicain pour autoriser ce procès.

          Que chacun retienne ceci : aujourd’hui, la figure de Victor Schoelcher et celle de l’abbé Pierre sont contestées – pour des raisons différentes ; et la statue de chacun est déboulonnée parce que devenue gênante. Et la preuve que le procès des 11 Martiniquais est une contestation de la légitimité des Français noirs se trouve dans le fait que chaque action que ceux-ci posent pour sortir de l’invisibilité et accéder à une égalité de considération et de traitement avec le citoyen blanc est jugée par nos autorités comme une atteinte à l’ordre public ! Cela est un fait incontestable clairement démontré dans mon livre afin que personne ne demeure ignorant de l’institution de l’injustice à l’égard des Noirs au cœur de la République.

Raphaël ADJOBI

Nathacha APPANAH PRIX FEMINA 2025… mais pas le niveau suffisant pour être Française !

          La France détient l’art singulier d’humilier les descendant(e)s de ses anciennes colonies. Un art devenu risible. Nathacha APPANAH, la journaliste et écrivaine originaire de l’île Maurice (1), en est l’amère exemple. Prix Fémina 2025 pour son roman La nuit au cœur, elle n’aurait pas, selon l’administration française, le niveau suffisant pour obtenir la nationalité française.

          « Pour prouver son niveau de français, elle a envoyé ses grades de chevalier et d’officier des arts et des lettres, deux décorations remises par l’État français » au regard de ses nombreuses publications littéraires (Carole Lefrançois dans Télérama n° 3949 du 17/09/2025 p.141). « L’administration m’a répondu que ces honneurs ne correspondaient pas à un diplôme, ce que je savais, mais je me disais que peut-être avec mon curriculum vitae et les douze romans publiés, cela suffirait… ». NON ! Elle a été retoquée ! Quant à l’artiste Oxmo Puccino51 ans – il a beau partager ses questionnements avec tous les Français, c’est seulement cette année, en juillet 2025, qu’il a obtenu la nationalité française (avec l’aide de son entourage professionnel, précise-t-il) après trois tentatives infructueuses ; lui, qui vit à Paris depuis qu’il a 1 an ! « Lors de l’entretien […] l’on m’a posé des questions sur la culture française et demandé de réciter les paroles de la Marseillaise » (Télérama du 15/10/2025). L’administration de notre pays douterait-elle de la qualité de l’enseignement reçu dans nos établissements scolaires ? Quand en France un Blanc, premier ministre, n’est pas disqualifié pour avoir clamé publiquement que l’île de la Réunion est située dans l’océan Pacifique – et devient une décennie plus tard ministre des outre-mer ! – une partie de la population française a toutes les raisons de croire que les dirigeants de notre République sont injustes devant nos ignorances respectives.

          En effet, la France blanche a ses raisons que la raison ne connaît pas. Par exemple, c’est elle qui décide de classer les artistes et les écrivains qui n’ont pas la peau blanche dans telle ou telle catégorie de population de la terre, dans telle ou telle type de culture.

          Tenez, en matière de publications, le premier roman de Nathacha Appanah Les rochers de Poudre d’or – sorti en 2003 fut d’office classé dans la collection Continents noirs, chez Gallimard. L’autrice garde encore le souvenir de la déception ressentie alors : « Peut-être que j’avais oublié ma couleur de peau, peut-être que j’avais oublié d’où je venais… Bon sang ! Lisez-nous pour notre intention, pour les risques littéraires que nous prenons, ne nous lisez pas comme des sociologues déguisés, des anthropologues… mais pour le langage, l’émotion et ce personnage qui fait vous mettre à sa place » (Entretien avec Carole Lefrançois – Télérama).

          Et elle a pleinement raison parce que vous ne trouverez pas dans une collection étiquetée NOIR les titres comme Zamore et Mirza (1785) – drame en trois actes d’Olympe de Gouges, Ourika (1823) de Claire de Duras, Bug-Jargal (1826) de Victor Hugo, ou Alma (2020) de Timothée de Fombelle, dont les héros et héroïnes sont Noir(e)s”. Qui oserait aller chercher Georges d’Alexandre Dumas au rayon littérature francophone ?

(1) L’île a appartenu à la France de 1715 à 1810 avant de devenir colonie anglaise jusqu’en 1968.

Raphaël ADJOBI

Elles militent pour rendre plus visible la contribution des femmes à l’Histoire de l’humanité

Aujourd’hui, presque toutes les femmes sont d’accord avec Simone de Beauvoir pour dire que « toute l’histoire des femmes a été faite par les hommes » (Le deuxième sexe) et qu’il convient de prendre la parole pour déconstruire les paradigmes à l’origine du déni de leur rôle dans les inventions et innovations qui ont fait progresser l’humanité. En effet, à partir des années 2000, une nouvelle classe de chercheuses a donné un essor formidable à cette idée soulignée par Simone de Beauvoir en mettant l’accent sur l’invisibilité de la femme à travers les siècles : 
Marylène Patou-Mathis
(L’homme préhistorique est aussi une femme), Sophie de Beaune (conseillère scientifique du livre et du documentaire Lady sapiens), Olivia Gazalé (Le mythe de la virilité). Les journalistes Titou Lecoq (Les grandes oubliées) et Léa Mormin-Chauvac (Les sœurs Nardal) ont rejoint – respectivement en 2021 et en 2024 – ce combat qui participe à rendre plus visible la contribution de la femme à l’histoire de l’humanité. Saluons ici la voix magnifique de la poétesse Liss Kihindou qui vient s’ajouter à ce travail collectif par un hommage aux pionnières de ce combat.