La commémoration de l’abolition de l’esclavage à Joigny sous le regard de Léopold Sédar Senghor

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Le maire de Joigny, Monsieur Bernard Moraine, a assisté à la cérémonie en compagnie de Mme la députée Michèle Crouzet, Mme la Conseillère départementale Françoise Roure, et de M. Nicolas Soret Conseiller départemental et président de la communauté de communes du jovinien.


Extrait du discours du président de La France noire


              Nous sommes reconnaissants à l’association « Mémoires et partages », dont le siège est à Bordeaux, qui a réalisé l’exposition que nous présentons aujourd’hui. L’association a aussi une antenne au Sénégal ; ce qui explique le thème de cette exposition : « Senghor, l’Africain universel ».

         La figure de Léopold Sédar Senghor nous rappelle un pan de notre Histoire commune : l’histoire coloniale de notre pays.

         Léopold Sédar Senghor est né sujet Français à Joal, en Afrique, dans le territoire français du Sénégal. Comme tous les sujets français des colonies, sa vie va se construire dans le système colonial qui avait bien entendu besoin d’administrateurs locaux pour certaines fonctions. Mais, comme nous le savons tous, c’est la passion de la littérature qui va triompher en lui, et plus particulièrement l’amour de la poésie.

         On retient souvent de lui le poète et le chantre de la négritude – c’est-à-dire celui qui plaide pour la reconnaissance d’une histoire et d’une culture noires participant à une civilisation de l’universel au-delà des différences des traditions. Mais Senghor c’est aussi le sujet français très soucieux de remplir ses devoirs envers sa patrie, puisqu’il a participé à la deuxième guerre mondiale dans un régiment d’infanterie coloniale.

100_1416         Je voudrais ici m’attarder un peu sur un fait de l’histoire de cet homme ; un fait de son histoire qui nous éclaire sur l’histoire de la France avec les Noirs d’Afrique. Léopold Sédar Senghor étant noir et né dans une colonie française d’Afrique était sujet français et non pas citoyen français. Et ce n’est pas du tout la même chose ! Il pouvait participer à l’effort de guerre contre l’Allemagne mais ne pouvait entrer dans la fonction publique française métropolitaine. Sujet français, il lui a fallu demander la nationalité française afin de postuler au concours d’agrégation de grammaire et entrer ainsi dans l’enseignement en France en 1935.

         Mais alors, me direz-vous, quelle était la nationalité d’un sujet français ? Eh bien, il n’y en avait pas ! Senghor né au Sénégal n’était pas sénégalais ; puisque le Sénégal n’était pas une nation indépendante, la nationalité sénégalaise n’existait pas ! Avant d’obtenir la nationalité française, Senghor était donc officiellement « un Français sans papier » aussi bien au Sénégal qu’en France. C’était cela la réalité de la situation de tous les Africains des colonies françaises jusqu’en 1960.

100_1418         Ce n’est donc qu’en 1960, à 54 ans, à l’indépendance du Sénégal –  et de presque toutes les colonies françaises – que Senghor, citoyen Français, va devenir Sénégalais.

         Mesdames et messieurs, imaginez maintenant tous ces Africains « Français sans papier » – comme Senghor au départ – venus en France pendant les deux guerres mondiales et qui sont souvent restés en métropole ; imaginez tous ces Africains « Français sans papier » qui sont venus en France pour la reconstruction de la mère patrie à partir de 1946 ; imaginez tous ces Africains qui arrivaient en France après 1960 alors que les jeunes Etats indépendants n’avaient pas encore une administration pour identifier leurs populations et leur délivrer une nationalité (sénégalaise, gabonaise, malienne…). Si vous imaginez tout cela, alors, mesdames et messieurs, vous comprenez parfaitement pourquoi en France, jusqu’à la fin des années 1980, on employait plutôt l’expression « sans papier » pour désigner les Africains de France et non le mot « immigrés ». Les moins jeunes parmi nous peuvent témoigner que c’était cela la réalité : avant les années 1990, « sans papier » était pour ainsi dire le statut des Africains des anciennes colonies françaises.

              Retenons donc que cette exposition retrace l’histoire d’un Français « sans papier » – mais qui devait, si nécessaire verser son sang pour la France. 100_1410

Deuxième participation de la France noire à la fête des associations de Joigny

            Pour sa deuxième participation à la fête des associations de Joigny, La France noire a présenté au public quelques panneaux de ses deux expositions pédagogiques itinérantes. Et bien sûr, les visiteurs se sont montrés davantage curieux en prenant le temps de découvrir notre association et ses projets pédagogiques à destination des collégiens et des lycéens. Quel plaisir, en effet, de voir les gens prendre le temps de lire les cinq panneaux présentés ! Nous espérons que certains rejoindront notre association pour l’aider à grandir dans l’Yonne. Nous pourrons alors dire que non seulement la fête a été belle mais aussi qu’elle a été fructueuse.

            Merci à toutes et à tous pour votre soutien.

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Raphaël ADJOBI, Françoise Parry (secrétaire et trésorière) et Philippe Bouvier (membre du Conseil d’administration).

La France noire à la fête des associations du jovinien le dimanche 23 septembre 2018

Pour la deuxième fois, depuis sa création en 2015, notre association va participer à la fête des associations du jovinien sous le marché couvert de la ville de Joigny le 23 septembre 2018. Les membres du bureau et du conseil d’administration de la France noire mettront tout en œuvre pour faire de cette occasion un moment de communication avec la population locale. Mieux nous faire connaître à Joigny sera notre objectif essentiel ! Nous aurons le souci de montrer la singularité de notre association : une association porteuse de projets pédagogiques et citoyens à destination de la jeunesse par le biais des collèges et des lycées.

Les stands seront ouverts au public de 10h30 à 16h30

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Fête des asso. 2016

                           Adresse de La France noire : 53, rue des Saints 89300 Joigny

Le programme des activités 2018

Voici un récapitulatif de nos activités pour 2018. Afin que tout le monde soit informé des visites pédagogiques qui seront menées dans les établissements scolaires, nous avons tenu à mentionner dans ce programme celles qui ont été officiellement enregistrées. Nous avons élargi nos visites aux lycées. A ces derniers, en plus de notre exposition sur « Les résistances africaines à la traite et les luttes des esclaves pour leur liberté dans les Amériques », nous proposons, en première partie, une conférence ayant pour thème  « De la Déclaration des droits de l’homme à l’abolition de l’esclavage ». 

Par ailleurs, les membres du bureau vous signalent que nos projets ont été portés à la connaissance de Madame la députée de la troisième circonscription de l’Yonne le 14 septembre 2017 avec une demande de soutien réitérée le 29 décembre 2017. Nous sommes bien évidemment dans l’attente de sa réponse qui, n’en doutons point, ne saurait tarder.

Les membres du bureau

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La France noire appelle à la commémoration de l’abolition de l’esclavage le 10 mai 2017 à Joigny

Prospectus 2017 0003La France noire a le plaisir de vous appeler à assister à la deuxième cérémonie de commémoration de l’abolition de l’esclavage qui aura lieu le 10 mai 2017 sous le patronage de Monsieur Bernard Moraine, maire de Joigny. La manifestation sera animée par la chorale Croq’notes de Brion.

L’exposition sur la traite et l’esclavage des Noirs dans les Amériques sera présentée au public ce jour-là et sera visible dans le hall de la mairie jusqu’au 16 mai. Elle sera ensuite à la disposition des lycées et collèges. Les enseignants et les responsables des centres de documentation et d’information (CDI) intéressés peuvent dès maintenant prendre contact avec La France noire.

Notre exposition, à caractère pédagogique, a la particularité de mettre l’accent sur les résistances africaines à la traite ainsi que les procédés par lesquels les esclaves obtenaient leur liberté avant les abolitions officielles.

Le président

Raphaël ADJOBI

Journée internationale des droits des femmes : Olympe de Gouges, Reine de la médiathèque de Joigny

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Le mercredi 8 mars, en début de soirée, les autorités de la ville de Joigny (89300) ainsi que des représentants d’associations joviniennes se sont réunis autour de Monsieur Bernard Moraine, maire de cette cité, pour déclarer Olympe de Gouges reine de la médiathèque de Joigny. Entendez par là que cette maison de culture porte désormais son nom. Une Statue – œuvre du sculpteur Jacques Canonici, résidant à Pontigny – a été dévoilée pour l’honorer et fêter par la même occasion la journée internationale des droits des femmes. Cette cérémonie s’est déroulée en présence de l’ancien ministre et Sénateur Henri de Raincourt et ponctuée par la belle contribution de Madame Béatrice Kerfa, directrice de l’office du tourisme de Joigny et membre de l’agence départementale du développement touristique.

C’est justement madame Béatrice Kerfa qui a eu l’honneur de retracer la vie et surtout le combat humaniste et forcément politique d’Olympe de Gouges. Un récit fait du portrait d’une femme volontaire et pleine de conviction. Le combat de cette jeune provinciale du XVIIIe siècle pour une égalité parfaite entre les hommes et les femmes a été formalisé par sa Déclaration des droits de la femme devenue célèbre en ce XXIe siècle.

Aujourd’hui que ses idées et son combat sont mis à l’honneur, on oublie qu’au XVIIIe siècle – c’est-à-dire il y a plus de deux cents ans – il n’y avait pas que les femmes qui étaient exclues de la déclaration des droits de l’homme. Olympe de Gouges savait que les Noirs étaient aussi exclus de cette déclaration qui se voulait universelle ! Il convient donc de souligner qu’elle a mené de front deux combats : la défense des droits des femmes et celle des droits des Noirs. D’ailleurs, les colons esclavagistes ne lui ont jamais pardonné sa pièce de théâtre Zamore et Mirza ou l’heureux naufrage* qui traite de l’esclavage des Noirs dans les colonies françaises. Elle a été décapitée parce qu’elle était royaliste mais aussi parce qu’elle soutenait très ouvertement la cause des Noirs. Rappelons que Nicolas de Condorcet, Jacques Brissot et Etienne Clavière qui étaient les chefs de file de La société des amis des Noirs ont été ou guillotinés ou suicidés.

C’est pourquoi nous aimerions que le féminisme français de ce XXIe siècle ait dans son combat une vue aussi large que celle d’Olympe de Gouges. Nous aimerions que les femmes françaises de la métropole sachent que leurs sœurs de nos îles lointaines ne jouissent pas toujours des mêmes droits qui leur sont accordées à Paris, à Nantes ou à Strasbourg. Les avortements forcés pratiqués et les stérilisations à grande échelle dans les îles durant des décennies pour limiter le nombre d’enfants noirs – particulièrement à la Réunion – au moment même  où cette pratique était interdite et même criminalisée en France métropolitaine prouvent cette douloureuse injustice (La vidéo à la fin de l’article).

Parce que nous savons que le féminisme de la France hexagonale n’a jamais pris en compte ces crimes que constituent les mesures françaises appliquées aux femmes des Antilles, de la Réunion, de la Guyane et de la Nouvelle Calédonie, nous voudrions ici rappeler aux femmes de la métropole que mener le combat féministe dans la totale ignorance de ce que vivent leurs sœurs de ces régions de France, c’est refuser de partager avec elles les fruits de leur combat. Olympe de Gouges vous dit par le sien mené sur deux fronts que cette attitude est aussi criminelle que celle des hommes à votre égard.

Rien ne sert de mener un combat féministe en France si dans notre pays les femmes blanches négligent le sort que nos dirigeants réservent à une catégorie de la population française à la peau plus foncée. D’autre part, avant de se lancer dans la défense des femmes d’autres contrées de la terre, il serait bon de faire un état des lieux précis de l’ensemble de la France.

Si le logo de notre association – La France noire – comporte un arc de cercle autour de la France hexagonale, c’est justement pour symboliser la nécessaire prise en considération de ces territoires français que l’on ne voit pas et que l’on n’enseigne pas mais qui existent bel et bien. La France noire vous rappelle donc que dans le combat que vous menez, vous ne devez pas abandonner au bord du chemin vos sœurs à la peau bronzée du bout du monde.

* Zamore et Mirza ou l’esclavage des noirs.   /    LA VIDEO

Raphaël ADJOBI