Les grandes figures du mouvement abolitionniste : FREDERIK DOUGLASS

« S’il est un homme né en esclavage, qui réalisa le souhait insatisfait de millions d’esclaves, c’est Frederick Douglass », assure Howard Zinn dans le chapitre IX de son volumineux Histoire populaire des États-Unis, de 1492 à nos jours (édité en 1980 aux E.U et en 2002 en France par les Éditions Agone). Esclave expédié à Baltimore pour y travailler comme serviteur et ouvrier dans les chantiers navals pour le compte de son maître, il s’arrangea pour apprendre à lire et à écrire. En 1838, âgé de vingt et un an, il s’enfuit vers le Nord et deviendra le Noir le plus célèbre de son époque.

Il était convaincu que la honte de l’esclavage ne devait pas retomber uniquement sur le Sud de son pays mais sur la nation américaine tout entière qui en était complice. Le 4 juillet 1852, lors de la commémoration de l’indépendance des États-Unis, il prononça un discours qui mériterait d’être étudié dans tous les États d’Europe et des Amériques marqués par la diversité de leurs populations du fait de leur histoire esclavagiste et coloniale. En 1857, il déclarait : « L’histoire entière du progrès de la liberté humaine apporte la preuve que toutes les concessions faites jusqu’à ce jour en son auguste nom ont été imposées par la lutte. […] Sans lutte, pas de progrès ». Et il ajoute : « Ceux qui prétendent militer pour la liberté tout en condamnant l’activisme veulent semer sans d’abord labourer la terre. Il veulent la pluie sans les éclairs et les tonnerres ». Or, chacun doit retenir que « Le pouvoir ne cède rien sans qu’on le lui impose. Il ne l’a jamais fait et ne le fera jamais » !

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