LE LYCÉE FRÉDÉRIC JOLIOT-CURIE accueille “Les Noirs illustres et leur contribution à l’Histoire de France”

Du lundi 26 au vendredi 30 janvier 2026, le lycée Frédéric Joliot-Curie, à Dammarie-les-Lys, a accueilli pour la troisième année consécutive notre association pour découvrir le dernier élément de notre série de trois expositions. C’est dire qu’avec Les Noirs illustres et leur contribution à l’Histoire de France, nombreux sont des élèves du lycée qui ont été instruits des trois thématiques de notre travail pédagogique. Bravo donc à notre collègue Céline Elbé – professeure documentaliste – qui a eu à cœur cet objectif qui vient d’être atteint.

Je ne peux m’empêcher de souligner ici le souci de nombreux professeurs d’aller plus loin que le contenu des manuels scolaires en entendant d’autres discours, en découvrant d’autres images qui viennent parfois bousculer les savoirs académiques. Si l’Éducation nationale permet cette ouverture à la diversité des discours sur les mêmes faits de l’histoire, nous devons, en tant qu’enseignants et acteurs culturels, la faire nôtre. C’est la meilleure façon de rendre service aux jeunes générations, les citoyens de demain. Merci donc aux enseignants qui dynamisent le vie culturelle de leur établissement en adhérant aux projets de leurs collègues documentalistes.

Amitiés à toutes et à tous, et bravo aux élèves qui ont témoigné d’un réel intérêt pour les explications du conférencier.

Raphaël ADJOBI

LES GRANDES FIGURES DU MOUVEMENT ABOLITIONNISTE (une exposition de l’association LA FRANCE NOIRE)

En cours de réalisation, l’exposition LES GRANDES FIGURES DU MOUVEMENT ABOLITIONNISTE sera présentée en mai 2026 lors de la commémoration de l’abolition de l’esclavage qui mettra l’accent sur la loi Taubira proclamant l’esclavage des Noirs dans les Amériques et l’océan indien comme crime contre l’humanité. Elle sera disponible pour toutes les structures (pédagogiques, associatives, municipales) dès juin 2026. Nous présentons ici l’une des plus grandes figures françaises de la lutte pour l’abolition de l’esclavage de cette galerie de portraits.

ABBÉ GRÉGOIRE (décembre 1750 – Meurthe et Moselle – mai 1831 – Paris)

A l’heure des soubresauts de 1789, ce prêtre de 39 ans s’engage en politique et est élu parmi les 291 députés du clergé aux États généraux. Il se rapproche alors du tiers état et exprime sa volonté de faire abolir les privilèges de la noblesse, du clergé et des ordres religieux, ainsi que ceux des communautés de métiers qui leur appartenaient. Ce qui lui vaudra l’animosité de l’église catholique au moment de sa panthéonisation deux siècles plus tard (novembre 1989).

A la suite de la fuite de Louis XVI et son arrestation, l’assemblée constituante est dissoute le 30 septembre 1791 et les députés déclarés inéligibles. Mais grâce à son activisme à Blois, il est élu député de la première République en Loir-et-Cher à la convention nationale en septembre 1792.

PREMIER RÉFUTATEUR SCIENTIFIQUE DU RACISME ET PREMIER MILITANT DE L’ANTICOLONIALISME (Aimé Césaire)

Dès 1789, il se prononce favorable pour le droit de vote des « gens de couleur des îles françaises des Amériques ». En décembre de la même année, il devient membre de la société des amis des Noirs et participe aux débats qui, à la suite de la révolution de Saint-Domingue en 1791, aboutiront à l’abolition de l’esclavage en 1794. Il sera l’un des rares députés à voter contre le rétablissement de l’esclavage décidé en 1802 par Napoléon Bonaparte. C’est d’ailleurs cet événement qui a fait de lui le plus grand pourfendeur du pouvoir esclavagiste napoléonien avec la publication de De la traite et de l’esclavage des Noirs.

A partir de 1807, l’Angleterre qui avait perdu la guerre contre ses treize colonies des Amériques (1775 – 1783) qui refusaient de lui verser les taxes pour le fonctionnement du royaume s’était déclarée championne de l’abolition de la traite des Africains et avait entrepris de faire la guerre à tous les navires négriers européens.

Devant cette entreprise de l’Angleterre qui menaçait l’approvisionnement des Antilles en main-d’œuvre servile, la France napoléonienne signe avec elle en 1814 un traité l’autorisant à poursuivre pendant cinq ans encore la traite des Noirs, « c’est-à-dire voler ou acheter des hommes en Afrique [dans les comptoirs tenus par les Européens] les porter aux Antilles, où, vendus comme des bêtes de somme, ils arroseront de leur sueur des champs dont les fruits appartiendront à d’autres » (De la traite et de l’esclavage des Noirs)

Ce traité entre les deux royaumes offre à l’abbé Grégoire l’occasion d’affirmer officiellement que la raison de l’établissement de l’esclavage est la cupidité des colons et des dirigeants politiques qui ne voient que le péril de l’économie : « Quel moyen de raisonner avec des hommes qui, si l’on invoque la religion, la charité, répondent en parlant de cacao, de balles de coton, de balance commerciale ? ». 

Il a toujours maintenu le contact avec les révolutionnaires haïtiens : il est reconnu que c’est par son intermédiaire que le tableau Le serment des ancêtres(1822) de Guillaume Guillon Lethière – symbolisant l’union des « hommes de couleur » – est parvenu aux dirigeants de la République d’Haïti proclamée le 1er janvier 1804.

Raphaël ADJOBI

LA FRANCE NOIRE à la découverte du Paris noir avec la Fondation pour la Mémoire de l’esclavage (le 28 octobre 2025)

En attendant notre projet de groupe permettant à un grand nombre des membres de notre association de découvrir le PARIS NOIR, c’est notre coprésidente, Françoise Roure, qui a eu le plaisir de faire ce circuit à l’invitation de la F.M.E. Elle nous parle aussi de la réunion qui a suivi cette balade.

          La Fondation pour la mémoire de l’esclavage a invité les associations amies à découvrir Paris sous un angle nouveau : le Paris Noir.

          A l’origine de cette expérience Kévi Donat, guide d’origine martiniquaise, témoigne que les touristes étrangers sont souvent surpris par la diversité qu’ils rencontrent au cœur de Paris, d’où la création de circuits de visites avec le parti pris de présenter les monuments et quartiers de Paris, et plus précisément des Ve et VIe arrondissements, qui permettent de parler du passé colonial de la France et de l’importance de la capitale comme lieu de rencontre des artistes ou intellectuels noirs venus des Outres Mers, mais aussi des États-Unis ou d’ailleurs.

          Notre circuit démarre devant le Panthéon, avec le panthéonisé Alexandre Dumas, dont la grand-mère paternelle était haïtienne. Dans le film intitulé ‘L’autre Dumas’ sorti en 2010, ses origines ne sont pas évoquées ; comme elles sont peu connues du grand public. Ce film est d’ailleurs axé sur Auguste Maquet, son collaborateur qualifié de ‘nègre littéraire’ (en anglais on parle de ghost writer, la comparaison est intéressante !). C’est d’ailleurs l’occasion pour notre guide d’indiquer la bataille menée pour imposer le terme de prête-plume à la place du mot nègre, cette utilisation datant du XVIIIe siècle et faisant référence à l’exploitation des populations noires d’Afrique. Elle fut d’ailleurs popularisée dans un pamphlet raciste visant ce même Alexandre Dumas.

Peu d’autres personnalités noires sont au Panthéon.

Félix Eboué, petit-fils d’un couple né dans l’esclavage, partisan de De Gaulle pour une France Libre face au régime de Vichy. Il est le premier homme noir présent au Panthéon.

Joséphine Baker, espionne pour la France Libre dans les années 1940, elle s’est battue toute sa vie contre le racisme et les discriminations.

D’autres ont leur nom gravé sur des plaques installées au sein du Panthéon : Louis Delgrès, Toussaint Louverture, Aimé Césaire.

          Après le Panthéon, direction le Jardin des plantes pour découvrir ‘Le Cri, l’Écrit’ une sculpture commémorant l’abolition de l’esclavage. Cette œuvre de Fabrice Hyber est constituée de 3 maillons de chaîne, le premier, à moitié enfoui dans le sol, représente les racines, le deuxième, fermé et entier, illustre l’esclavage, et le troisième, ouvert, commémore l’abolition de l’esclavage.

          Un endroit idéal pour revenir sur l’histoire de l’abolition de l’esclavage, et pour évoquer la marche des 150 ans de l’abolition de l’esclavage en 1998. La loi Taubira sera promulguée 3 ans plus tard.

Kévi insiste sur la rupture que représente cette marche. Les générations précédentes voulaient devenir des Français comme les autres, durant cette marche les manifestants brandissent des panneaux soulignant l’histoire de leurs ancêtres « Descendants d’esclaves et fiers de nos aïeux ! ».

          Entre nous, un débat s’installe sur l’importance de l’enseignement, de la formation. Le représentant d’une association déplore que l’histoire ne soit pas toujours enseignée de la même manière, et prend l’exemple d’Haïti, dont il est question dans les manuels scolaires des lycées professionnels, mais pas dans ceux des lycées d’enseignement général, fréquentés par nos dirigeants de demain.

          A quelques pas de cette sculpture se trouve notre prochaine étape : le Sénat, décor idéal pour évoquer le destin de Gaston Monnerville, grand oublié de la République. Cet homme né en Guyane, dont les grands-parents antillais ont connu l’esclavage, aurait pu devenir le premier président noir de la République Française. Pendant plus de 20 ans, il fut président du Conseil de la République puis du Sénat. Élève brillant, avocat, homme politique aux multiples mandats, résistant, Gaston Monnerville, au CV impressionnant, est pourtant méconnu des Français. Opposé à la présidentialisation du régime, il s’attire l’hostilité du général de Gaulle à la fin des années soixante. Ceci-ci explique-t-il cela ?

          Sur le chemin de la Sorbonne, notre groupe empreinte la rue Monsieur le Prince pour découvrir une plaque sur la façade d’un immeuble où vécu l’écrivain américain Richard Wright entre 1948 et 1959. A cette époque, il fuit les USA, la ségrégation et le maccarthysme pour s’installer en France où il peut vivre et exprimer ses idées librement. Il est accueilli par Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre dans ce quartier latin.

D’autres auteurs américains ont suivi son chemin, comme James Baldwin, mais dans des conditions moins confortables, ou Chester Himes.

En poursuivant dans la rue Monsieur le Prince, nous passons devant une plaque à la mémoire de Malik Oussekine…

          L’arrivée place de la Sorbonne est l’occasion d’évoquer le premier Congrès international des écrivains et artistes noirs à la Sorbonne, organisé en 1956 par la revue Présence Africaine autour d’intellectuels noirs venus du monde entier. Présence Africaine c’est aussi le nom d’une libraire créée dans les années soixante dans la même mouvance, à deux pas de là, rue des écoles.

          La Sorbonne permet d’évoquer l’importance des femmes dans les mouvements intellectuels parisiens, comme les sœurs Nardal qui facilitent les rencontres entre les intellectuels et les artistes noirs présents à Paris. Elles ont en partie inspiré le courant littéraire de la négritude. Paulette Nardal, la plus connue, fut la première femme noire à étudier à la Sorbonne.

          Suzanne Lacascale a elle aussi étudié à la Sorbonne. Son grand-père paternel était un esclave guadeloupéen affranchi en 1838. Première femme de couleur à obtenir le baccalauréat en 1904, elle est aussi l’une des premières femmes non blanches à publier un livre en France.

          Ainsi s’achève ce circuit, après avoir également évoqué Suzanne Césaire qui était bien plus que ‘la femme de’, et Frantz Fanon, auteur d’un ouvrage visionnaire « Peau noire, masques blancs » où il questionne les notions d’identité, d’assimilation, de racisme à l’encontre des personnes noires, à travers son expérience d’Antillais installé dans l’Hexagone.

Françoise ROURE

Infos pratiques

3 circuits différents sont proposés dans Paris, autour des Ve et VIe arrondissements.

Devis à demander. Ordre de grandeur : pour 25 personnes 500€, 20€ par personne.

Les contacter via leparisnoir@gmail.com

Ne pas hésiter à dire qu’on fait partie des associations amis de la FME

Kévi Donat vient de sortir un livre sur le Paris Noir : À la découverte du Paris noir – Balade au cœur de l’histoire noire de la Ville lumière

Réunion suite à la balade Paris Noir

-Thème de l’année 2026 : les 25 ans de la loi Taubira

-Volonté de la FME de donner en 2026 une dimension internationale aux cérémonies de commémoration de l’abolition de l’esclavage.

-Rappel des 3 axes de la FME : histoire, culture, citoyenneté.

-Beaucoup de réponses aux appels à projet, ne peuvent pas aider à la hauteur des demandes, aimeraient faire plus.

-Rappel sur l’exposition : c’est notre histoire

  1. panneaux en 4 thèmes

1) La France et la naissance de l’esclavage colonial

2) L’apogée du système esclavagiste au 18ème siècle

  1. L’explosion du système et les abolitions

  2. Après l’abolition : héritages et mémoires de l’esclavage

-Communication sur l’exposition consacrée à 20 figures résistantes contre l’esclavage

10 femmes et 10 hommes

Exposition installée dans les gares fin 2024. Désormais en format portable, visuels disponibles pour impression si besoin, accompagnés d’un livret pédagogique et des vidéos.

https://www.vousnousils.fr/esclavage-expo

-Tour de table avec les projets pour 2026

LA FRANCE NOIRE invitée aux 2es Rencontres régionales de la lutte contre les discriminations par l’éducation à la citoyenneté mondiale

          Le jeudi 11 décembre 2025, le réseau régional multi-acteurs Bourgogne-Franche-Comté international (BFC International) a réuni plus de quatre-vingts personnes autour des moyens de lutter contre les discriminations. En effet, à travers la participation d’acteurs associatifs, d’élus et de représentants d’institutions qui réfléchissent et agissent sur le terrain, BFC International a voulu cette rencontre pour « favoriser un dialogue multi-acteurs et un partage de connaissances au service de l’intérêt général ». Avoir connaissance de ce qui se fait dans notre région en matière de lutte contre les discriminations, contre le racisme, mais aussi des moyens mis en oeuvre pour aider les démunis à connaître leur droit pour mieux se défendre est absolument nécessaire quand on est soucieux de la consolidation du vivre-ensemble et de la cohésion sociale.

          C’est notre ami Yves Gaucher (président de Lacim du sénonais) qui a délivré le mot de bienvenue aux participants en sa qualité d’administrateur de BFC International. Ce fut un réal plaisir de retrouver les ami(e)s de l’Yonne : outre Yves et Marie-Thérèse Gaucher, Sophie Montagne représentait l’association cézycoise Avenir des jeunes filles de Dapaong (AJFD). Je profite de l’occasion pour les remercier d’avoir aidé à la désinstallation de l’exposition.        La France noire a été sollicitée par BFC international pour présenter son exposition « L’invention du racisme et la négation des traces de l’homme noire dans l’histoire de l’humanité » avec à l’appui deux conférences. Nous sommes très reconnaissants à ce réseau régional pour avoir permis à notre exposition de rencontrer pour la première fois un public d’adultes. L’attention accordée aux panneaux présentés et les nombreuses photos prises par les participants témoignent du succès rencontré par notre travail. Quant au conférencier, il a été vivement félicité par de nombreux participants et pourrait même être invité par la ville de Besançon l’année prochaine.

Raphaël ADJOBI

RETOUR AU COLLÈGE PIERRE-AUGUSTE RENOIR À FERRIÈRES-EN-GÂTINAIS (45)

          Du lundi 24 au vendredi 28 novembre 2025, La France noire a été accueillie au collège Pierre-Auguste Renoir à Ferrières-en-Gâtinais (45 – Loiret), pour 10 heures de conférence sur notre exposition L’invention du racisme et la négation des traces de l’homme noir dans l’histoire de l’humanité. Et cela grâce à l’intérêt que notre collègue Eva Fakam porte aux thématiques qui, par leur vue sortant de l’ordinaire, dynamisent quelque peu notre système d’enseignement et permettent aux jeunes de jeter un regard analytique sur la société qui les entoure.

          Ce sont les classes de 5e à la 3e qui ont participé à cette rencontre avec le conférencier. Celui-ci retient que plus que partout ailleurs les élèves ont été très nombreux à venir personnellement lui témoigner leur reconnaissance non seulement pour la qualité de l’exposition mais aussi pour la justesse de ses explications. Très émouvant d’entendre les jeunes argumenter leur sentiment personnel ! Et notre collègue Eva Fakam ayant initié ce retour de notre association à Pierre-Auguste Renoir – qui avait reçu durant quatre années consécutives notre exposition sur l’esclavage – de nous écrire ces mots : « L’exposition a été très bien reçue par les élèves et j’espère qu’elle les conduira doucement mais sûrement à avoir une attitude plus respectueuse envers les différences ».

          Pour sa part, La France noire est très heureuse de constater qu’il y a des enseignant(e)s conscient(e)s des conséquences actuelles de la gestion racialiste du passé que nous avons en commun par les pseudo-scientifiques européens du XIXe et du XXe siècle et qui jugent nécessaire de réagir : permettre aux jeunes générations d’être confrontées à l’ampleur du travail de déconstruction des préjugés qui les attend s’ils veulent vivre dans un monde plus juste et plus respectueux des différences.

Raphaël ADJOBI

Le collège Marie-Noël de Joigny (89) accueille l’exposition L’INVENTION DU RACISME

          Retenons tout de suite qu’il y a au collège Marie-Noël de Joigny (89) un club de lutte contre le racisme ! Quelle merveilleuse idée ! Au regard de l’enthousiasme manifesté par quelques uns de ses membres à la découverte de notre exposition, on peut se demander pourquoi les initiateurs de cette belle œuvre n’ont-ils pas pensé plus tôt au travail de l’association La France noire qui a son siège dans cette ville ? En tout cas, nous sommes très reconnaissants à notre collègue Delphine MAZA qui a eu l’excellente idée de permettre aux enseignants de cet établissement scolaire d’exploiter le savoir-faire de notre association dont les travaux sont approuvés par l’Éducation nationale et la Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage (F.M.E).

          Du mardi 14 au vendredi 17 octobre 2025, La France noire est intervenue pendant 9 heures devant les élèves de quatrième et troisième pour leur montrer que la diversité de la population de la France d’aujourd’hui s’explique par deux histoires qui ont donné naissance à un phénomène connu de tous : le racisme ! En effet, ce n’est pas parce que les « Blancs » sont racistes qu’ils ont entrepris la mise en esclavage des Africains et le partage de leur continent ou la conquête des autres continents. C’est bien parce qu’ils ont voulu justifier leur volonté de prédation alimentée par l’appât du gain qu’ils ont inventé le racisme : catégorisation et hiérarchisation des êtres humains. Ce qui suppose dans leur esprit des êtres supérieurs et des êtres inférieurs selon des critères arrêtés par eux-mêmes. C’est la mise en pratique de cette théorie de la supériorité des « Blancs » sur les autres peuples de la terre que l’exposition souligne en y ajoutant des preuves de l’origine de la diversité des êtres humains à partir de l’Afrique, leur origine commune.

          Merci aux collègues qui ont montré une grande attention au travail de l’intervenant afin d’en tirer quelque profit pour l’instruction des jeunes. Merci à notre collègue Arnaud, professeur documentaliste, qui a été une aide précieuse durant cette semaine et surtout pour l’installation et la désinstallation de l’exposition.

Raphaël ADJOBI

LES RETROUVAILLES ANNUELLES de LA FRANCE NOIRE (édition 2025)

          Le vendredi 26 septembre, à 18h30, 10 membres de notre association qui ont pu se libérer se sont retrouvés à Saint-Julien-du-Sault dans le cadre des retrouvailles annuelles de La France noire. Pas de doute : les membres présents avaient eu une petite pensée pour les absents au moment d’ouvrir les premières bouteilles (« ça va les faire venir !! »). Merci à notre hôtesse – l’artiste qui nous a prêté son bel atelier – d’avoir passé un moment en notre compagnie.

          Ce rendez-vous annuel est très important pour notre association parce qu’il est le moment où nous mettons entre parenthèses nos projets – même s’il nous arrive de les évoquer – pour favoriser les échanges permettant de mieux nous connaître. Et mieux nous connaître, c’est déjà mettre des noms sur les visages ou des visages sur les noms, c’est découvrir les passions, les attentions, le degré d’engagement ou de militantisme des uns et des autres.

          Merci à toutes et à tous pour votre présence, pour vos rires, vos sourires, vos plaisanteries, vos anecdotes hilarantes qui ont rendu ce moment très agréable.

          Avec l’espoir que nous serons un peu plus nombreux l’année prochaine, les membres présents vous embrassent très fort. Nous avons une petite pensée pour tous nos adhérents qui sont loin et qui nous soutiennent et partagent avec nous en esprit ces moments qui forgent la vie d’une association.

          Merci à Annie, notre chargée des actions locales, qui a piloté ces retrouvailles 2025.

Pour l’équipe dirigeante de notre association

Raphaël ADJOBI

Conférence-débat au Cercle Condorcet du sénonais (89) autour du livre LES FRANҪAIS NOIRS ET LA RÉPUBLIQUE

        Une soirée conférence-débat bien agréable a eu lieu le 24 septembre 2025 à Sens (89) autour du livre LES FRANҪAIS NOIRS ET LA RÉPUBLIQUE, une histoire mouvementée de Raphaël ADJOBI. Une soirée organisée par le Cercle Condorcet du sénonais dont le dynamisme n’est plus à démontrer au regard du grand nombre de conférenciers invités chaque année dans cette cité bourguignonne abritant la première cathédrale gothique de France : Marylène Pathous-Mathis, Olivia Gazalé…

          Intervenant dans les collèges et les lycées avec trois expositions pédagogiques homologuées par l’Éducation nationale pour le compte de l’association La France noire dont il est le fondateur et le coprésident, l’auteur des Français Noirs et la République a d’emblée souligné l’atmosphère d’incertitude dans laquelle baignent les Français noirs en ce début du XXIe siècle quant à leur légitimité. Et cela malgré quatre siècles de présence en terre de France ! Il a d’une part donné des exemples de cette légitimité constamment contestée entraînant une vie de profonde incertitude et donc de crainte, mais il a d’autre part souligné l’espoir que nourrit en leur cœur la grande curiosité du public français devant les objets patrimoniaux centenaires témoignant d’une relation longue, ensanglantée et compliquée entre la France et l’Afrique que quelques institutions n’hésitent plus à exhumer.

          Ne devons-nous pas tous souhaiter que ces efforts qui nourrissent l’espoir soient encouragés par nos gouvernants pour alimenter la fraternité nationale ? Le conférencier a pour sa part plaidé pour une plus large transmission des connaissances du passé que la France partage avec l’Afrique pour que tous les Français noirs ne soient pas regardés comme des immigrés n’ayant aucun passé commun avec les Français blancs. Quant au public, il a participé au succès de cette soirée grâce à ses prises de parole pour des questions, des observations ou des analyses de faits du passé.

          Merci au Cercle Condorcet du sénonais – et à son président Jean-Pierre Chignardet – pour cette invitation qui souligne son intérêt pour le travail de l’auteur au sein de l’association La France noire. Merci de tout cœur à Bernard Périllat dont les qualités de poète que sont la curiosité et la volonté de toujours côtoyer d’autres horizons ont permis cette invitation. Merci aussi à Bernard PERNUIT qui a consacré du temps à l’invité et lui a permis de découvrir la belle cathédrale gothique de Sens dont certaines sculptures témoignent des dévotions des chrétiens locaux mais aussi de leurs querelles intestines et même parfois de l’esprit vengeur du clergé à l’égard de ses ennemis. Et surtout merci au Cercle Condorcet du sénonais qui a offert cette visite au conférencier !

Raphaël ADJOBI

CERCLE CONDORCET DU SÉNONAIS (CCS) : conférence – débat autour du livre LES FRANÇAIS NOIRS ET LA RÉPUBLIQUE

Le Cercle Condorcet est un ensemble d’associations implantées sur tout le territoire français et dans un certain nombre de pays étrangers. Fidèle à l’esprit de la Ligue française de l’enseignement (et de l’éducation permanente) qui a porté ce groupement d’associations sur les fonts baptismaux en 1987, le Cercle Condorcet du Sénonais (CCS) promeut l’esprit critique permettant de combattre la désinformation ; et dans la pratique, afin que ce projet soit visible pour toutes et pour tous, il tient à « donner aux citoyens l’occasion de se réunir afin d’affiner leur réflexion et jouer pleinement leur rôle dans le débat public, pour une démocratie enrichie et renouvelée » (Wikipédia). Et c’est justement là que ce projet rencontre celui de la collection Questions contemporaines des Éditions l’Harmattan qui a choisi de publier le dernier essai de Raphaël ADJOBI, fondateur et coprésident de l’association La France noire. Dirigée par le trio formé par les universitaires Jean-Paul Chagnollaud, Bruno Péquignot et Denis Rolland, cette collection a un objectif clair : « offrir un espace de réflexion et de débat à tous ceux, chercheurs, militants ou praticiens, qui osent penser autrement, exprimer des idées neuves et ouvrir de nouvelles pistes à la réflexion collective ». L’association La France noire profite de la rencontre de ces deux idéaux pour s’exprimer publiquement hors du circuit scolaire (collèges et lycées) où elle évolue depuis huit ans ! Rendez-vous donc à SENS (89) le mercredi 24 septembre à 18h30 autour du livre LES FRANÇAIS NOIRS ET LA RÉPUBLIQUE avec Raphaël ADJOBI.

LES JOURNEES DES MEMOIRES DE L’ESCLAVAGE 2025 A JOIGNY (89) avec l’école Sainte-Thérèse

          Annoncé en même temps que la cérémonie de commémoration de l’abolition de l’esclavage du 9 mai 2025 à Joigny, par les affiches et les flyers, la projection du film NI CHAÎNES NI MAÎTRES de Simon Moutaïrou au cinéma Agnès Varda le lundi 12 mai dans cette ville n’a pas bénéficié d’un compte rendu par notre association. Le succès de cette soirée-débat, qui a réuni plus d’une soixantaine de personnes, est resté comme un secret parce que nous avons commis l’erreur de ne pas l’avoir immortalisé par des images.

          Heureusement, la visite de notre exposition à Agnès Varda, quelques jours plus tard, par les élèves de CM2 du groupe scolaire Saint-Jacques/Sainte-Thérèse nous permet de vous en parler ici en ayant le sentiment de vous informer utilement.

          En effet, toutes les associations et tous les établissements scolaires de France qui envisageraient de faire de ce film français un outil pédagogique dont l’importance a été soulignée en octobre 2024* par le Directeur adjoint de la Fondation pour la Mémoire de l’esclavage (F.M.E), Pierre-Yves Bocquet, doivent désormais savoir qu’il peut être utilement accompagné de l’exposition de La France noire intitulée Marronnage, l’appel de la Liberté. Cette exposition permettra à toutes celles et à tous ceux qui verront le film d’aller au-delà de la beauté du récit qui la structure et de la force des images pour découvrir les différents aspects de la fuite des esclaves africains et son impact dans certaines sociétés des Amériques et de l’océan Indien de ce XXIe siècle.

          Proposée au public dans la salle d’exposition du cinéma Agnès Varda jusqu’au samedi 31 mai 2025, Marronnage, l’appel de la forêt a reçu la visite des CM2 de l’école primaire Sainte Thérèse – comme nous l’avons dit plus haut – grâce à la curiosité d’une professeure des écoles soucieuse de partager cette qualité avec les élèves dont elle a la charge. Bravo Madame ! Vous n’êtes pas de celles et ceux qui déplorent le manque de curiosité des plus jeunes alors qu’eux-mêmes n’osent jamais sortir des sentiers battus de notre histoire nationale.

          Pour terminer cette brève page, je voudrais sincèrement remercier notre secrétaire Annie BIARD, qui est également chargée de nos actions dans notre localité, pour l’enthousiasme avec lequel elle a pris en main l’organisation de la cérémonie de commémoration du 9 mai ainsi que la rencontre autour du film NI CHAÎNES NI MAÎTRES le 12 mai. Merci également à Monsieur Richard ZEIGER, deuxième adjoint au maire de Joigny, qui a honoré de sa présence la rencontre avec les élèves de l’école primaire Sainte-Thérèse de Joigny. Il a même pris la parole pour inviter les jeunes présents à faire montre d’attention à certaines pages de notre histoire touchant l’esclavage outre-atlantique.

* L’article de Pierre-Yves Bocquet : https://www.lagrandeconversation.com/societe/lignorance-qui-signore-a-propos-de-la-reception-mediatique-du-film-ni-chaines-ni-maitres/

Raphaël ADJOBI