La rentrée littéraire à LA FRANCE NOIRE !

Trois membres de l’association LA FRANCE NOIRE terminent l’année 2024 en publiant chacun un livre ; et cela dans des domaines différents. Présentation dans l’ordre de parution.

Luís-Nourredine PITA : membre du conseil d’administration de La France noire. Docteur en philosophie et professeur de lettres modernes, il vient de publier son premier roman : Errance – Un chemin lumineux le 18/10/2024 (Le Lys bleu Éditions).

Liss KIHINDOU : membre du conseil d’administration de La France noire. Docteure en littérature francophone et professeure de lettres modernes, elle vient de publier son deuxième roman destiné à la jeunesse (à partir de 10 ans) le 8/11/2024 : Kinokia et les ancêtres (Éditions L’Harmattan). Critique littéraire, elle totalise quatre essais sur des sujets très différents.

Raphaël ADJOBI : coprésident de La France noire. Docteur en littérature française et comparée et professeur de lettres modernes, il est le troisième membre de l’association à s’illustrer à la fin de cette année avec Les Français noirs et la République – une histoire mouvementée, publié le 28/11/2024 (Éditions L’Harmattan, collection Questions contemporaines). Critique littéraire depuis 2006, ce livre est son deuxième essai.

Le Musée de Meaux présente « L’Empire colonial dans la Grande Guerre »

Meaux combatre loin de chez soi          « Combattre loin de chez soi » est le titre choisi par le Musée de la Grande Guerre à Meaux pour rendre hommage aux hommes des colonies françaises faits soldats en quelques jours pour venir défendre la France (mère patrie) contre l’Allemagne. Une exposition magnifique, vivante parce qu’elle raconte l’histoire des populations venues de tous les coins du monde dans le sillage de quelques militaires français blancs. Impliqués dans un conflit dont ils ignoraient les tenants et les aboutissants, leur hardiesse sur les différents fronts est à la fois admirable et émouvante. Il fallait, leur disait la propagande de l’époque, défendre la civilisation contre la barbarie. Des non-Blancs qui défendent la civilisation dont ils sont exclus, cela donne à réfléchir.

          On peut dire que les chercheuses et chercheurs d’aujourd’hui qui travaillent aux expositions montrant la contribution des populations non européennes à la vie française le font dans un esprit de vérité ou d’objectivité et de justice ; tout à fait à l’opposé des discours politiques tendant à minimiser cette contribution ou à la passer sous l’éteignoir. C’est d’ailleurs cette volonté se situant loin des discours politiques qui fait dire à ces femmes et ces hommes du monde de la recherche qu’ils accomplissent une tâche sensible. Toutes et tous redoutent constamment la censure politique des élus locaux et des gouvernants comme hier on redoutait les foudres sorboniques (Rabelais – Gargantua / par référence à l’université de la Sorbonne qui faisait de la théologie la reine des sciences).

Meaux soldats en convalescence          Imaginez donc : non seulement le musée rend compte de la mobilisation humaine des colonies, mais il montre aussi leur mobilisation économique ! En d’autres termes, non seulement ce musée montre que les colonisés viennent verser leur sang sur les différents fronts, mais encore que ceux restés dans les colonies doivent travailler pour nourrir la France en guerre : « Les colonies fournissent pendant la guerre 2,5 millions de tonnes de matières premières : métaux, blé, riz, bois, caoutchouc, café… L’appel concerne principalement l’Afrique subsaharienne où des champs de commandement sont mis en place, c’est-à-dire des cultures forcées, que les cultivateurs doivent produire sur ordre des administrateurs ». Qui peut dire qu’on lui a enseigné cela sur les bancs de l’école ou qu’il l’enseigne ?

          Par ailleurs, « L’Empire fait appel à une main d’œuvre ouvrière issue de ses colonies. Mais, face aux difficultés de recrutement, des ouvriers étrangers [aux colonies françaises], notamment chinois (36 740), viennent en plus participer à l’effort de guerre dans l’industrie et l’agriculture ».

Meaux soldats coloniaux          Deux espaces du musée sont consacrés à des films documentaires : l’un s’attache à la géographie de l’empire colonial français et son évolution dans l’espace et le temps. Le deuxième, trop long selon moi, délivre l’actualité du musée au travers des visiteurs. Une randonnée organisée dans le parc du musée par un groupe de descendants de Marocains (association ? Collectif de parents ?), après la visite de l’exposition, est l’occasion pour les randonneurs d’exprimer leur fierté d’être des Français à part entière par le sang versé de leurs aïeux. Séduite par le travail des chercheuses et des chercheurs, une collègue affirme qu’aucun cours d’histoire avec les manuels dont nous disposons ne vaut la visite de cette exposition. De toute évidence (un parking vide de voitures particulières, mais trois cars présents), les établissements scolaires du département – et sans doute de toute l’Île-de-France – profitent pleinement de cette exposition visible jusqu’au 30 décembre 2024.

          Il est heureux de voir certains musées faire l’effort d’étendre les thématiques de leurs expositions à la diversité des histoires françaises pour coller au vrai visage de la France – tel qu’elle a tenu à le montrer lors des jeux Olympiques de Paris 2024. Malheureusement, ces initiatives ne semblent pas attirer certaines populations scolaires par un manque de volonté des établissements de varier les connaissances des élèves. Comme le fait remarquer un article de Télérama, le Pass culture mis en place par l’État n’a pas permis de diversifier les savoirs des élèves. Les postures de nos élus et de nos gouvernants qui empoisonnent constamment l’atmosphère ont produit dans les milieux scolaires comme dans les milieux artistiques un effet flagrant : un repli sur des projets « zéro risque », qui n’alimentent ni controverse ni débat de société. Loin des grandes métropoles, on se contente de projets de pur divertissement ou de ce que propose le patrimoine local où l’Autre est absent. Et forcément, « On sent poindre la fracture entre les grandes villes et les autres, comme si une partie de nos concitoyens [peuvent] tout voir, tout entendre, et une autre [doit] être mise sous cloche, préservée. Mais préservée de quoi, au juste ? De la culture, de la diversité, du féminisme, de l’homosexualité, de l’inclusion, du partage ? Une partie de la population française ne devrait plus avoir accès qu’au pur divertissement ? C’est infantilisant, bêtifiant, méprisant pour certains de nos concitoyens » et particulièrement pour les jeunes qui seront les citoyens de demain (Olivier Milot – Télérama n° 3897 du 21 au 27 septembre 2024).

Raphaël ADJOBI

La rentrée 2024 – 2025 à La France noire

Retrouvailles annuelles : Le vendredi 13 septembre, une dizaine des membres de La France noire se sont retrouvés pour un moment convivial, et aussi pour partager les projets en gestation.

Retrouvailles Françoises ParryLa soirée a commencé par un vibrant hommage à Françoise Parry, qui a été non seulement chargée depuis 2016 du secrétariat et de la trésorerie mais a également œuvré pour faire bénéficier à la France noire du soutien de ses connaissances personnelles. C’est ce dernier travail qui a permis à notre association d’avoir une assise locale notable dès 2017.

Ce fut aussi l’occasion pour la coprésidente, Françoise Roure, de nous faire le compte rendu de sa participation – le 3 septembre dernier – à la journée des retrouvailles annuelles de la Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage au siège de cette institution à Paris. Cette journée présidée par Monsieur Jean-Marc Ayrault a permis aux participant(e)s d’échanger sur les projets de la F.M.E pour les scolaires avec le concours de la flamme de la liberté, mais aussi sur les stratégies à mettre en place pour encourager les communes à commémorer l’abolition de l’esclavage chaque 10 mai – conformément aux recommandations de la lettre annuelle du premier ministre qu’elles reçoivent toutes.

Retrouvailles sept groupe AEnfin, la secrétaire, Annie Biard, chargée également des actions locales a exposé les projets de films-débats pour l’année 2024 – 2025. Parmi ces projets filmiques, Ni chaînes ni Maîtres de Simon Moutaïrou, qui a bénéficié du partenariat de la F.M.E, a particulièrement retenu notre attention. Un effort particulier sera fait pour que sa programmation dans notre localité bénéficie d’une belle publicité. Concernant les autres films, les membres sont appelés à communiquer leurs choix à Annie afin de l’aider à arrêter son programme. Dans la liste qui leur a été soumise, citons Toussaint Louverture (Philippe Niang), Beloved (Jonathan Demme), Amistad (Stephen Spielberg), Harriet (Kasi Lemmons), The birth of Nation (Mate Parker), La couleur des sentiments (Tate Taylor), Belle (Amma Asante), Les oubliés de la liberté (Guy Deslauriers)…

La fête des associations à Joigny : deux jours après cette agréable soirée où, pour la première fois le coprésident Raphaël Adjobi n’était pas le seul à porter la parole de l’association – et cela grâce à la nouvelle direction arrêtée lors de l’assemblée générale du 28 juin 2024 – les membres du Conseil d’administration ont participé à la fête des associations organisée par la ville de Joigny le dimanche 15 septembre.

Françoise Roure BlogL’occasion était belle pour La France noire qui a brillé par ses panneaux accrocheurs mais visiblement dérangeants pour celles et ceux qui feignaient de ne pas les voir. Retenons surtout la curiosité de ces visiteurs (comme Olivier, arrivé récemment de l’Alsace, que nous espérons revoir) et surtout de ces mères de familles (dont une est enseignante) qui se réjouissaient de l’existence d’une structure proposant des connaissances sur d’autres pans de notre histoire, de l’histoire de France. Je n’oublierai jamais cette mère qui m’a chanté une chanson raciste apprise à l’école. A sa grande surprise, son fils – aujourd’hui un adolescent – a appris la même chanson mais avec des paroles différentes !

Septembre 2024 AMerci aux membres du bureau et du Conseil d’administration pour leur implication qui a fait de notre stand un lieu d’échange permanent. Signalons que la coprésidente, Françoise Roure, a eu l’occasion d’échanger avec le maire Nicolas Soret et la conseillère départementale Frédérique Colas ; les deux élus lui ont semblé avoir compris que notre volonté d’animer notre cité ainsi que notre département, et aussi d’apporter à la jeunesse des connaissances sur des pans méconnus de notre histoire, a besoin de leur soutien.

Raphaël ADJOBI

Comment éduquer les jeunes à la citoyenneté mondiale ou nationale

          Le jeudi 6 juin 2024, La France noire a fait le déplacement à Beaune (21 – Côte d’Or), au lycée Étienne-Jules Marey, où elle a participé aux « 11èmes rencontres régionales de l’éducation à la citoyenneté mondiale en Bourgogne-Franche-Comté ». La journée a été animée par Mme Natacha Lanaud-Lecomte, conseillère de la rectrice de région académique et déléguée régionale académique aux relations européennes, internationales et à la coopération.

Beaune juin 2024 A          La matinée a été marquée par la conférence de Mme Marie-José Cantier, formatrice et experte pédagogique au sein de l’École des droits humains et de la Terre (EDDHT), sur le thème de l’« Éducation aux droits humains et à la paix » – qui était aussi le thème de ces 11èmes rencontres de BFC-International (Bourgogne-Franche-Comté International). Une conférence rythmée par la présentation du « contexte, (des) enjeux et (les) perspectives nationales ». En effet, il était utile de souligner que c’est après le traumatisme de la 2nde guerre mondiale que les pays vainqueurs ont décidé d’un texte qui consacre le droit de la personne humaine (1948). La notion de dignité apparaît avec force dans cette Déclaration universelle des droits de l’homme (1), à côté de celles de liberté et d’égalité. Ces trois catégories de droit montrent clairement l’évolution des sociétés humaines qui avaient au XVIIIe siècle défini, par exemple, la liberté de penser.

          Les exercices proposés aux participants ont montré à tous la nécessité pour les adultes de s’approprier les 30 articles de la Déclaration universelle des droits de l’homme ainsi que quelques unes des conventions qui les ont élargis ou les ont rendus plus contraignants (1984 : convention contre la torture ; 1965 : convention contre toutes les formes de discrimination raciale…). En effet, comme l’a si bien souligné la conférencière, si on fait de l’éducation aux droits humains, c’est parce que nous savons que ces droits ne sont pas respectés. Aussi, pour un renouvellement de la société favorable à la paix, il convient de mobiliser les enfants dès le plus jeune âge au fait que chaque être humain a droit au respect et à la dignité.

          Il faut très tôt apprendre aux jeunes que les rencontres font tomber les idées préconçues ; que l’on se transforme parce qu’on se confronte à des personnes ayant des idées différentes, des couleurs différentes, des manières différentes de vivre et de voir le monde. Il n’est donc pas trop tôt d’établir des liens entre les thématiques enseignées (comme l’histoire de l’esclavage) et la société dans laquelle évoluent les jeunes. Il ne faut pas enseigner l’histoire ou certains thèmes littéraires à la manière d’un médecin légiste qui travaille sur des corps sans vie n’ayant aucune conscience du présent pour forger des réflexions par rapport au monde qui les entoure. Les élèves ne sont pas des corps sans vie qui ne se posent pas de questions, qui n’envisagent pas l’avenir en analysant les limites que la société leur impose. Non, les savoirs doivent aider les jeunes à comprendre notre diversité aussi bien nationale que mondiale. C’est ainsi que les enseignants donneront à leurs élèves une éducation qui éveille leur conscience, c’est ainsi qu’ils leur offriront des expériences qui les aideront à s’engager pour la paix.

Beaune texte couleur A          Aussi, La France noire a beaucoup apprécié la prise de parole du collègue représentant Monsieur le proviseur du lycée Étienne-Jules Marey qui abritait cette rencontre. A partir du constat d’une flagrante lacune en langues étrangères des élèves* de la ville de Beaune – pourtant très touristique avec des populations venant du monde entier – l’établissement a pris la ferme résolution de multiplier les stages des élèves à l’étranger, de multiplier les partenariats avec des établissements européens, d’organiser des séjours linguistiques à Malte. Les élèves reviennent transformés de ces sorties : autonomes, sachant gérer un budget, ravis d’avoir pour la première fois été confrontés à des personnes de cultures différentes…

Beaune texte couleur B          En ce milieu d’année 2024 où les événements politiques ont fait prendre conscience à une grande majorité de Français que la peur de l’autre gouverne l’esprit de beaucoup au point de porter une grave atteinte aux valeurs de la République, il était réjouissant de connaître l’existence d’une structure comme Bourgogne-Franche-Comté International qui œuvre depuis des années pour le respect des droits humains sur son aire géographique en proie de manière criante au rejet de l’autre. Il faut que des structures semblables soient plus nombreuses à ne pas cacher leur humanité et à transmettre leurs savoirs aux jeunes pour que la peur de l’autre s’éloigne.

(1) A ne pas confondre avec la déclaration française des droit de l’homme et du citoyen de 1789.

* Dans Il faut remettre le français au centre de l’enseignement (éd. Les impliqués, 2021), J’ai consacré un chapitre à ce sujet.

Raphaël ADJOBI

Le collège Pablo Picasso à Châlette-sur-Loing découvre le travail de « La France noire »

          La France noire a passé les journées du lundi 17 et du vendredi 21 juin 2024 au collège Pablo Picasso à Châlette-sur-Loing (45) où, pour la première fois, les enseignants ont découvert – en même temps que leurs élèves – notre exposition sur l’esclavage. Ce premier déplacement dans ce collège du Loiret a été possible grâce à notre collègue professeure documentaliste, Aude Garcia del Prado, qui avait apprécié Les résistances africaines à la traite et les luttes des esclaves pour leur leur liberté dans les Amériques lorsqu’elle était en fonction à Ferrière-en-Gâtinais (Loiret). « Si vous êtes d’accord, nous partons pour des années de collaboration », a-t-elle lancé avec le sourire. Bien sûr, une telle proposition ne peut que faire plaisir à La France noire

Pablo Picasso Ch-sur-Loing 3          La journée du lundi 17 juin a permis aux élèves de 5è, attendus en 4è à la rentrée prochaine, d’avoir un avant-goût d’un sujet de leur programme d’histoire : l’esclavage des Noirs dans les Amériques ! Une classe de troisième et une de quatrième ont aussi profité de la présence du conférencier. Une journée très satisfaisante aux dires des élèves eux-mêmes – selon leurs mots adressés directement au conférencier ou par l’intermédiaire de Madame Roux, leur professeure d’histoire qui a préparé avec la professeure documentaliste notre venue au collège Pablo Picasso.

Pablo Picasso Ch-sur-Loing 1          Le vendredi 21 juin, ce sont quatre classes de 4è qui ont participé à la rencontre. Pour ces élèves, c’était évidemment le prolongement du cours d’histoire sur l’esclavage qu’ils ont eu quelques mois auparavant. Découvrir le monde de la traite et de l’esclavage des Noirs dans les Amériques sous l’angle de leur opposition à la condition qui leur était faite est toujours un choc pour les jeunes. En effet, avoir pour la première fois sous les yeux cette résistance à l’esclavage qui a justifié l’invention d’outils et de techniques de torture, aussi bien que des théories pour reléguer le Noir au rang des animaux, est absolument nécessaire pour comprendre certaines idées et attitudes d’aujourd’hui. Alors, on devine bien que les questions et les observations n’ont pas manqué.

Pablo Picasso ajout 2          La France noire dit bravo à tous les jeunes pour leur curiosité et surtout pour leur grande attention aux explications du conférencier. Merci aux collègues Aude Garcia del Prado et Emelyne Roux pour leur souci de permettre aux élèves d’acquérir des savoirs complémentaires aux manuels scolaires, et aussi pour l’accueil. Merci à tous les autres collègues qui ont adhéré au projet d’élargir les connaissances des jeunes dont ils ont la charge.

Raphaël ADJOBI

Commémoration 2024 de l’abolition de l’esclavage à Joigny (89) : hommage à Louis Delgrès

Lors de la cérémonie publique du 17 mai 2024, le président de « La France noire » et la Première adjointe au maire – représentant Monsieur le maire – ont rendu un vibrant hommage à la résistance et au sacrifice de Louis Delgrès à la volonté de Napoléon Bonaparte de mettre fin aux valeurs de liberté et d’égalité de la première République. La cérémonie a été animée par la chorale « Les Croq’Notes de Brion » (89).

Commémoration Joigny 2024

Discours du président de La France noire

Madame la première adjointe, représentant Monsieur le maire,

Mesdames et Messieurs les Conseillers municipaux,

Chers ami(e)s président(e)s et représentant(e)s des mouvements associatifs,

          nous voici réunis cette année encore, conformément aux dispositions du décret du 31 mars 2006 fixant le 10 mai comme « jour des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions ». Avant cette date, l’abolition de l’esclavage n’était commémorée que dans les départements d’Outre-mer où elle faisait l’objet d’une journée fériée depuis 1983. En d’autres termes, c’est grâce à la loi dite Taubira de 2001 que – cinq ans plus tard – le décret du 31 mars 2006 a fait officiellement entrer cette page de notre histoire commune dans la vie des Français de la métropole ; et cela afin que cette histoire, sans cesse répétée, garantisse à travers les générations la mémoire du crime de l’esclavage des Noirs. Dans l’Yonne, c’est depuis 2017, qu’une municipalité – Joigny, bien évidemment – tente de faire entrer cet événement dans notre mémoire collective.

          Cette année, selon les vœux du président de la Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage – Monsieur Jean-Marc Ayrault – les commémorations, ainsi que les travaux et manifestations scolaires, doivent être placés sous le signe de la résistance : « résistance des personnes menacées (en Afrique) par les captures et la traite, résistances sur les bateaux (lors de la traversée de l’Atlantique), résistances dans les colonies (des Amériques) sous toutes les formes possibles – par la culture, par la religion, par le marronnage, par les révoltes… », mais aussi résistance de ceux qui, depuis l’Europe, avaient pris leur défense : Olympe de Gouges, Condorcet, l’abbé Grégoire, Victor Schoelcher…

          Conformément à ce vœu du président Jean-Marc Ayrault, La France noire a choisi de rendre hommage à un personnage très mal connu de l’histoire de France. Il s’agit du colonel de l’armée de la Première République Louis Delgrès qui, en 1802, s’est résolument dressé contre la volonté de Napoléon Bonaparte de mettre fin à la jeune République ; oui, Louis Delgrès s’est sacrifié en s’opposant à la volonté de Napoléon d’établir en France une aristocratie impériale à l’image de celle d’avant la Révolution de 1789 en commençant par le rétablissement de l’esclavage des Noirs, au grand bonheur de ses partisans.

          Voici, Mesdames et Messieurs, la proclamation faite par Louis Delgrès avant sa mort par un suicide collectif devant les forces anti-républicaines. Cette proclamation s’adresse avant tout à chacun des Français d’aujourd’hui ; à chacun de nous présent dans cette assemblée. Nous sommes tous sa postérité et il nous prend à témoin de la réalité d’un fait historique. Vous noterez dans cette proclamation que je vais vous lire, deux noms renvoyant aux deux acteurs principaux chargés par Napoléon Bonaparte d’exécuter sa volonté de rétablir l’esclavage aboli en 1794 (8 ans plus tôt) : le contre-amiral Jean-Baptiste Lacrosse nommé préfet de l’île de la Guadeloupe et le général Antoine de Richepance.

          Le premier, le préfet Jean-Baptiste Lacrosse, avait eu pour mission – une année avant la proclamation de Delgrès – de mettre de l’ordre sur l’île en démobilisant les soldats noirs pour les renvoyer dans les plantations. Le deuxième, le général Antoine de Richepance, arrive un an plus tard, au début du mois de mai 1802 à la tête de trois mille cinq cents hommes (3 500). Vous comprenez bien que le rétablissement de l’esclavage devait se faire techniquement en deux étapes afin d’avoir des chances de réussir à la Guadeloupe. Mais comme vous le verrez, Louis Delgès se refusait à croire que cette volonté de rétablir l’esclavage venait de Napoléon. Il avait en effet de Napoléon une idée plus haute : l’idée d’un homme pétri des valeurs du siècle des lumières.

Commémoration 2024 Croq'Notes

Proclamation de Louis Delgrès le 10 mai 1802

À l’univers entier

Le dernier cri de l’innocence et du désespoir

C’est dans les plus beaux jours d’un siècle à jamais célèbre par le triomphe des lumières et de la philosophie qu’une classe d’infortunés qu’on veut anéantir se voit obligée de lever la voix vers la postérité, pour lui faire connaître lorsqu’elle aura disparu, son innocence et ses malheurs.

Victime de quelques individus altérés de sang, qui ont osé tromper le gouvernement français, une foule de citoyens, toujours fidèles à la patrie, se voit enveloppée dans une proscription méditée par l’auteur de tous ses maux. Le général Richepance, dont nous ne savons pas l’étendue des pouvoirs, puisqu’il ne s’annonce que comme général d’armée, ne nous a encore fait connaître son arrivée que par une proclamation dont les expressions sont si bien mesurées, que, lors même qu’il promet protection, il pourrait nous donner la mort, sans s’écarter des termes dont il se sert. À ce style, nous avons reconnu l’influence du contre-amiral Lacrosse, qui nous a juré une haine éternelle… Oui, nous aimons à croire que le général Richepance, lui aussi, a été trompé par cet homme perfide, qui sait employer également les poignards et la calomnie.

Quels sont les coups d’autorité dont on nous menace ? Veut-on diriger contre nous les baïonnettes de ces braves militaires, dont nous aimions à calculer le moment de l’arrivée, et qui naguère ne les dirigeaient que contre les ennemis de la République ? Ah ! Plutôt, si nous en croyons les coups d’autorité déjà frappés au Port-de-la -Liberté, le système d’une mort lente dans les cachots continue à être suivi. Eh bien ! Nous choisissons de mourir plus promptement.

Osons le dire, les maximes de la tyrannie les plus atroces sont surpassées aujourd’hui. Nos anciens tyrans permettaient à un maître d’affranchir son esclave, et tout nous annonce que, dans le siècle de la philosophie, il existe des hommes malheureusement trop puissants par leur éloignement de l’autorité dont ils émanent, qui ne veulent voir d’hommes noirs ou tirant leur origine de cette couleur, que dans les fers de l’esclavage.

Et vous, Premier consul de la république, vous guerrier philosophe de qui nous attendions la justice qui nous était due, pourquoi faut -il que nous ayons à déplorer notre éloignement du foyer d’où partent les conceptions sublimes que vous nous avez si souvent fait admirer ! Ah ! sans doute un jour vous connaîtrez notre innocence, mais il ne sera plus temps et des pervers auront déjà profité des calomnies qu’ils ont prodiguées contre nous pour consommer notre ruine.

Citoyens de la Guadeloupe, vous dont la différence de l’épiderme est un titre suffisant pour ne point craindre les vengeances dont on nous menace, – à moins qu’on veuille vous faire le crime de n’avoir pas dirigé vos armes contre nous, – vous avez entendu les motifs qui ont excité notre indignation. La résistance à l’oppression est un droit naturel. La divinité même ne peut être offensée que nous défendions notre cause ; elle est celle de la justice et de l’humanité : nous ne la souillerons pas par l’ombre même du crime. Oui, nous sommes résolus à nous tenir sur une juste défensive ; mais nous ne deviendrons jamais les agresseurs. Pour vous, restez dans vos foyers ; ne craignez rien de notre part. Nous vous jurons solennellement de respecter vos femmes, vos enfants, vos propriétés, et d’employer tous nos moyens à les faire respecter par tous. Et toi, postérité ! accorde une larme à nos malheurs et nous mourrons satisfaits.

Le Commandement de la Basse-Terre Louis DELGRÈS

          Dix jours après cette proclamation, c’est-à-dire le 20 mai 1802, à des milliers de kilomètres de la Guadeloupe, à Paris, Napoléon Bonaparte signe officiellement le premier décret rétablissant l’esclavage en ces termes froids et implacables : « La traite des Noirs et leur importation dans lesdites colonies (les colonies françaises des Amériques) auront lieu conformément aux lois et règlements existants avant ladite époque de 1789 » ! La première proclamation de la déchéance de la nationalité venait d’être mise en place et appliquée dans toute sa rigueur.

          Mesdames et Messieurs, comme vous venez de l’entendre, Louis Delgrès nous demande une chose simple : ne pas oublier ses compagnons et lui afin que leur mort pour la défense de la liberté et de l’égalité ne soit pas inutile. C’est d’ailleurs pourquoi le journaliste et grand reporter au journal Le Monde, Benoît Hopquin, a été le premier à saluer son héroïsme en 2009 dans son livre Ces Noirs qui ont fait la France.

          Benoît Hopquin disait que si la France républicaine avait l’honnêteté de passer en revue les grands défenseurs de ses idéaux de liberté et d’égalité, il lui serait difficile de trouver une figure aussi « exemplaire de beauté tragique » à honorer. Pourquoi donc ? – la réponse est dans la suite de son propos qui doit faire réfléchir tous les Français de la métropole – Il dit : « si la brutale disparition de celui qui se sacrifia le 28 mai 1802 – à 36 ans – dans un suicide collectif avec trois cents de ces compagnons au cri devivre libre ou mourir s’était déroulée en métropole, son acte n’aurait pas manqué d’emplir les manuels, de nourrir les romans, de susciter des pèlerinages ». Pensez donc, poursuit-il, « un colonel de l’armée républicaine, couvert de gloire sur les champs de bataille, qui succombe devant les forces contre-républicaines de Napoléon Bonaparte. Si la scène s’était déroulée à Paris en Bretagne ou en Alsace, celui-là aurait son nom à tous les frontons » de nos écoles, collèges, lycées et autres lieux symbolisant l’amour de la liberté ou du savoir.

          Louis Delgrès savait, à cette époque déjà, que c’est ainsi que les peuples d’Europe écrivent leur histoire, que c’est ainsi que que partout les individus prennent place pour longtemps dans la mémoire de leurs populations. Sûr de ce fait, il a clairement exprimé cette demande à tous les Français qui viendront après lui et ses compagnons de lutte en terminant sa proclamation par ces termes que nous ne devons pas oublier : « Et toi postérité ! Accorde une larme à nos malheurs et nous mourrons satisfaits » !

          Je vous remercie.

Retour de l’exposition « L’invention du racisme… » au lycée des métiers François Mitterrand à Château-Chinon (58 – Nièvre)

Château-Chinon 2024 Lolli oui          Du lundi 8 au vendredi 12 avril 2024, grâce à notre collègue professeure documentaliste, Hélène Boitière, La France noire a été invitée par l’équipe pédagogique du lycée des métiers François Mitterrand à Château-Chinon (58-Nièvre) pour présenter aux étudiants son exposition sur « L’invention du racisme et la négation des traces de l’homme noir dans l’Histoire de l’humanité ». Afin de permettre aux jeunes de profiter largement de la richesse de l’exposition, et surtout des analyses du conférencier, la rencontre avec chaque classe a duré 1h30 au lieu d’1h – comme ce fut le cas l’année dernière.

Château-Chinon 2024 A          Compte tenu donc d’un planning qui accorde plus de temps aux élèves, les échanges ont été très riches grâce aux nombreuses réactions devant les images publicitaires empreintes de racisme ainsi que les stéréotypes renvoyant – hier comme aujourd’hui – les Noirs au monde des primates. Les jeunes des 8 classes qui ont participé à ce rendez-vous ont fait montre de beaucoup d’attention et n’ont pas hésité à exprimer leurs sentiments personnels devant les conséquences des théories qui ont alimenté le racisme. En les écoutant, La France noire peut être fière d’offrir à la jeunesse les outils nécessaires pour reconnaître le racisme qui se cache derrière certaines images que véhicule notre société en ce XXIe siècle. Bravo aux jeunes pour leur franchise qui a rendu chaque moment très agréable.

Château-Chinon 2024 B          Merci aux collègues dont la curiosité et l’enthousiasme ont encouragé la professeure documentaliste à renouveler ce rendez-vous pédagogique. C’est un réel plaisir de les entendre souligner l’utilité de notre action auprès des étudiants dont ils ont la charge et dont ils connaissent les besoins. Merci à toutes et à tous d’apprécier autant que nous ce moment particulier de la vie du lycée des métiers François Mitterrand.

Raphaël ADJOBI

Le lycée Charles Le Chauve à Roissy-en-Brie (77) accueille « Les résistances africaines à la traite et les luttes des esclaves pour leur liberté… »

Roissy-en-Brie 3          Du lundi 5 au vendredi 9 février 2024, le lycée Charles Le Chauve a accueilli notre exposition sur l’esclavage avec deux journées de conférences devant les jeunes (jeudi et vendredi). C’est toujours un réel plaisir de constater que certaines professeures documentalistes jouent pleinement leur rôle d’animatrices de l’espace culturel qu’est le CDI dont elles ont la gestion ; cette liberté qu’elles ont de solliciter des intervenants extérieurs pour élargir les savoirs des élèves mérite d’être imitée.

          Parmi les 9 classes inscrites à la rencontre, certaines ont pu découvrir en amont l’exposition, accompagnées de leur professeur, et ont bénéficié de plus de temps d’échange avec le conférencier ; d’autres – toujours grâce à leur professeur – ont travaillé sur la connaissance de l’histoire française de l’Autre avant le jour du rendez-vous. En effet, une collègue a été sensible à cette formule de notre site Internet : « Lorsque les autres ignorent que vous avez une histoire, ils n’ont pas d’estime pour vous ». Oui, l’histoire de l’esclavage dans les Amériques fait partie des pages de l’histoire d’une partie de la population française ; la connaître, c’est aussi comprendre la diversité de la France d’aujourd’hui. Nous avons également eu l’agréable surprise de voir des enseignants visiter l’exposition avant leurs classes.

Roissy-en-Brie 1          C’est donc avec une grande attention que les lycéens ont écouté le conférencier après la lecture des panneaux dont les images ne peuvent laisser indifférents. Évidemment, les questions ont souvent tourné autour des violences infligées aux femmes et aux hommes africains en cas de résistance à la volonté des esclavagistes. Sous leurs yeux se peignaient effectivement les images des révoltes, des suicides et des infanticides qui étaient des réponses individuelles et collectives à la captivité et à l’exploitation que ces Africains ne comprenaient pas et n’acceptaient pas. Merci à tous les jeunes qui ont activement participé aux échanges ; bravo à tous pour votre écoute attentive. Vos applaudissements nous ont vraiment fait plaisir.

Roissy-en-Brie 4          Merci à notre collègue professeure documentaliste qui a pris soin de nous durant ces deux journées. Nous sommes également reconnaissants à tous les enseignants qui, soucieux d’aiguiser la curiosité de leurs élèves, les ont inscrits à ces rencontres. Cela est stimulant pour les professeures documentalistes. Merci à toutes et à tous de nous avoir franchement témoigné votre satisfaction.

Raphaël ADJOBI

Le lycée Benjamin Franklin à Orléans accueille « La France noire » pour la sixième fois

Orléans Janv. 2024 A          Depuis l’année scolaire 2018-2019, le lycée Benjamin Franklin maintient une relation étroite avec La France noire autour des outils pédagogiques qu’elle propose. Et fait exceptionnel, cet établissement scolaire est le premier à avoir accueilli les trois expositions de l’association. Les professeurs documentalistes de ce lycée peuvent, par conséquent, valablement témoigner de la qualité de l’ensemble de nos travaux auprès d’autres établissements.

          Cette année, c’est notre exposition Les résistances africaines à la traite et les luttes des esclaves pour leur liberté dans les Amériques – exposition labellisée (une garantie officielle de qualité accordée) par la Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage (FME) dirigée par Jean-Marc Ayrault – qui a été choisie ; et cela pour la première fois. Bien sûr, nous avons retrouvé à Benjamin Franklin les fidèles de La France noire ; des fidèles auxquels se sont joints de nouveaux enseignants qui n’ont pas manqué de nous témoigner leur enthousiasme. Merci à tous les collègues qui prennent le temps de lever la tête des manuels scolaires afin d’élargir quelque peu l’horizon des jeunes sur d’autres façons de présenter et d’enrichir les thématiques des programmes scolaires.

Orléans 2024 B          Les sept classes inscrites à la rencontre avec l’intervenant ont découvert la traite et l’esclavage des Noirs dans les Amériques sous un angle jamais présenté dans les manuels et nos livres d’histoire. Quel bonheur, et quel plaisir de voir les choses autrement ! Aussi, l’attention des jeunes était grande devant les explications du conférencier ; et leur étonnement était tout aussi grand devant la violence des techniques inventées par les esclavagistes pour briser la soif de liberté des femmes et des hommes déportés depuis l’Afrique. Bravo aux élèves pour leurs belles remarques et leurs questions qui ont nourri les différentes rencontres. Nous vous disons sincèrement merci pour vos applaudissements et pour votre très grande attention qui témoigne du réel intérêt que vous portez à ce pan de notre histoire commune.

          Bien sûr, ces moments d’échanges ne seraient pas possibles sans les professeurs documentalistes qui, à Benjamin Franklin, jouent pleinement leur rôle d’animateurs culturels en proposant régulièrement aux enseignants et à leurs élèves des rencontres avec des intervenants extérieurs. En inscrivant leurs classes à ces activités, les enseignants encouragent les professeurs documentalistes à poursuivre leur travail qui va au-delà de la gestion du matériel pédagogique. C’est aussi, de la part de ces collègues, une marque de curiosité qu’ils transmettent d’une certaine façon à leurs élèves.

Raphaël ADJOBI

Le collège Saint-Michel à Reims accueille notre exposition sur le racisme

St-Michel Reims Janv. 2024 II          Après avoir reçu notre travail sur l’esclavage l’année dernière, le collège Saint-Michel à Reims a poursuivi l’échange pédagogique avec La France noire en accueillant, du 8 au 12 janvier 2024, L’invention du racisme et la négation des traces de l’homme noir dans l’histoire de l’humanité. C’est Madame Bindi, professeure documentaliste – exerçant pleinement sa fonction d’animatrice culturelle de l’établissement – qui a proposé aux élèves de cinquième et à leurs professeur(e)s de découvrir cette thématique à travers notre exposition. En répondant présents à son appel, ces derniers ont pris un réel plaisir à s’immerger dans l’histoire du racisme et ses impacts sur nos sociétés.

          Il est tout à fait magnifique de constater dans les réactions des jeunes que notre exposition leur fait prendre conscience de certaines réalités auxquelles nous ne prêtons pas l’attention qu’elles mériteraient ; une attention nécessaire pour aller vers la réflexion et l’analyse de certains comportements de la vie ordinaire. Et dans cette exposition, ce sont les idées et les comportements de certains adultes qui leur sont présentés. Que le lecteur se rassure : aucun des jeunes n’a manifesté le souhait de ressembler à ces adultes.

Image et texte          Bravo à tous les élèves qui ont participé à la rencontre avec le conférencier le mardi 9 janvier 2024 ainsi qu’à ceux qui ont pris part, durant les autres jours de la semaine, aux ateliers organisés par Madame Bindi. En effet, l’exposition est restée dans l’établissement jusqu’au vendredi 12 pour un travail interne. Merci aussi aux collègues qui ont montré un grand intérêt pour cette exposition et l’ont même fait découvrir à des classes de quatrième. S’adressant au conférencier, Madame Bindi a eu ces mots : « les jeunes aiment qu’on leur raconte des histoires. Et vous le faites si bien que leur attention est également remarquable ».

          C’est un réel plaisir de rencontrer dans les établissements scolaires des animateurs culturels aussi désireux que nous d’ouvrir l’esprit des jeunes au monde afin qu’ils se nourrissent le plus possible de toutes ses richesses dans le domaine des savoirs. C’est donc avec un pincement au coeur que nous ne reverrons plus Madame Bindi dans cette fonction au collège Saint-Michel. L’heure de la retraite a sonné pour elle dès la fin de ce mois de janvier 2024… La France noire vous remercie, Madame Bindi, de lui avoir permis de semer dans votre région un peu de ces pans méconnus de l’histoire de France mais dont la connaissance est si précieuse pour la construction de la fraternité nationale.

Raphaël ADJOBI