Prêtons attention à la douleur de notre amie Liss qui vient d’accueillir notre exposition sur le racisme dans le souci d’apporter des connaissances aux jeunes du collège Saint-Grégoire (Pithiviers – 45) afin de nourrir leurs réflexions sur leurs comportement dans la société. Quelques jours plus tard, elle apprend le passage à tabac d’un producteur de musique…. par des adultes animés de ce détestable sentiment que nous défendons aux jeunes !
Le 26/11/20 – Article du Courrier du Loiret et texte de Liss Kihindou pris sur sa page Facebook
J’ai appris ce soir dans les médias la suspension de trois policiers, suite aux brutalités racistes dont ils ont été les auteurs. S’il n’y avait pas eu les vidéos accablantes, l’opinion publique aurait plutôt corroboré le rapport de police qui présentait une toute autre version des faits. Autrement dit le racisme ne doit pas être un sujet tabou, c’est une réalité dont il faut parler avec les jeunes, pour qu’ils soient plus tard des citoyens dignes, des citoyens qui feront honneur aux valeurs de notre République : Liberté, Egalité, Fraternité. Au collège Saint-Grégoire, nous travaillons en ce sens et j’espère que jamais, plus tard, je n’aurai à reconnaître un de mes anciens élèves parmi les policiers qui se seront tristement rendus célèbres pour cause de violences racistes. Il n’y a pas qu’au sein de cette institution d’ailleurs que les méthodes ou les pratiques sont à revoir. Quelles valeurs transmettons à nos enfants ? Je suis plutôt fière des nombreux enfants qui nous sont confiés chaque année, ils ont réagi avec tant d’intelligence et de sensibilité à l’exposition de l’association La France noire : « L’invention du racisme et la négation des traces de l’homme noir dans l’Histoire de l’humanité ». Raphaël Adjobi, en excellent pédagogue, sait comment parler aux élèves. Voici un autre article dans le journal « Le Courrier du Loiret », édition du jeudi 26 novembre 2020.

Raphaël ADJOBI / Le 27/11/2020
Toute cette violence pour le non-respect du port du masque ! Quelle image de la France construit-on ainsi ? Aller à trois – aucun des policiers n’a été capable de réflexion ou d’humanité – frapper durant une vingtaine de minutes, sur son lieu de travail, quelqu’un qu’on a vu quelques secondes plus tôt sans masque dans la rue, c’est dépasser toutes les bornes du simple bon sens. Il faut croire que c’est ainsi qu’on livre la guerre déclarée contre la COVID-19, ou alors il s’agit de policiers animés d’une féroce animosité pour en arriver là. Je le redis ici : l’application de la loi n’a jamais rendu les hommes meilleurs. Criminel est celui qui applique la loi sans conscience. Et tu as tout à fait raison, chère Liss, d’espérer que les jeunes qui ont la chance d’accéder aux connaissances que propose La France noire ne seront pas, demain, parmi les amoureux des violences policières gratuites.
La vidéo de ce lynchage confirme ma profonde conviction : au sein de nos institutions, de nombreux adultes sont de très mauvais exemples pour notre jeunesse. Et cela est bien triste pour notre pays. Oui, Liss, pendant que nous, enseignants de La France noire soutenus par une équipe formidable, témoignons un réel souci pour la valorisation des trois piliers de notre devise nationale – Liberté, Egalité, Fraternité – et apportons des connaissances aux jeunes pour préserver leur esprit et leur coeur du racisme ainsi que des violences verbales et physiques qui vont avec, certains adultes s’appliquent de toutes leurs forces, de toute leur volonté à déconstruire ce que nous construisons. C’est ce que montre cette vidéo. Pourtant, qu’ils sont intarissables ces adultes quand il faut accuser la jeunesse de tous les maux ! Pour se permettre de donner des leçons de conduite et vouloir mener les autres dans le droit chemin, il faut commencer par se montrer exemplaire en toute circonstance dans sa fonction sociale. Et quand on a été incapable d’exemplarité, on le reconnaît et on présente sincèrement des excuses au lieu de s’enfermer dans le mensonge comme l’ont fait ces policiers. Le mensonge de ces adultes est un autre mauvais exemple pour la jeunesse.
Toutefois, ne nous décourageons pas ; semons et espérons.
° Avec notre exposition sur le racisme, les jeunes comprennent que l’image ci-dessous n’est pas anodine ; ils comprennent qu’elle est l’expression d’une culture née à une époque précise de notre histoire et propagée par d’autres images faussement scientifiques qui structurent nos sociétés depuis environ deux siècles. Ils peuvent aussi aisément imaginer l’éducation que les adultes qui diffusent de telles images donnent à leurs enfants.



La première sortie de notre exposition sur le racisme a eu lieu le jeudi 19 et le vendredi 20 novembre 2020 à Pithiviers, dans le Loiret. Notre amie Inès Kihindou – écrivaine sous le nom de Liss Kihindou – professeure de français à qui la direction du collège Saint-Grégoire avait confié la gestion de la visite de l’exposition a écrit un article sur son blog que nous reprenons ici. Auparavant, dès le soir du vendredi 20, elle avait manifesté sur sa page Facebook sa satisfaction de ces deux journées. En réponse à cette brève publication, je lui avais laissé un message exprimant mes impressions personnelles. Voici son article avec les photos qu’elle a prises et publiées. Signalons que le collège Saint-Grégoire de Pithiviers a reçu notre exposition sur l’esclavage durant l’année scolaire 2017-2018.
Le collège Saint-Grégoire, de Pithiviers, a accueilli l’exposition



Au milieu du XIXe siècle, en Amérique centrale – précisément au sud du Mexique – un paysan découvre un rocher émergeant de la terre. En le dégageant, il met au jour une sculpture gigantesque représentant la tête d’un homme. L’année même de cette découverte – 1862 – poussé par la curiosité,
Jusqu’au 21 juillet 2021, le musée du Quai Branly organise une exposition sur cette fascinante civilisation. C’est l’occasion saisie par la revue Télérama pour un article d’une page sur les Olmèques et les cultures du golfe du Mexique (n° 3693 – 24 au 30 octobre 2020). En lisant cet article, j’ai été outré par la ferme assurance de son auteur qui, non seulement s’oppose radicalement au point de vue de José Maria Melgar y Serrano – cité plus haut – mais encore par sa manière arrogante de juger ceux qui sont de son avis. A lire Sophie Cachon, on croit qu’elle seule a les bons yeux pour voir les caractéristiques de ces statues colossales. Elle écrit :
«Devant des journalistes, le représentant Yoho m’a traitée de… je cite putain de salope. Ce sont les mots que le représentant Yoho a prononcés à l’encontre d’une femme élue au Congrès. Nous les femmes du Congrès et de ce pays avons dû faire face à cette situation d’une manière ou d’une autre à un moment de notre vie. J’ai entendu les mots prononcés par M. Yoho ; des mots que j’entendais d’autres hommes prononcer quand j’étais serveuse dans un restaurant. J’ai jeté hors des bars des hommes qui avaient employé le même langage que M. Yoho. J’ai fait face à ce type de harcèlement dans le métro de New York. Ce genre de langage n’est pas nouveau. C’est bien là le problème. M. Yoho n’est pas seul en cause… Il marchait coude-à-coude avec le représentant Roger Williams. Et c’est là que l’on comprend que le problème ne se résume pas à un incident isolé.