Le lycée Charles Le Chauve à Roissy-en-Brie (77) accueille « Les résistances africaines à la traite et les luttes des esclaves pour leur liberté… »

Roissy-en-Brie 3          Du lundi 5 au vendredi 9 février 2024, le lycée Charles Le Chauve a accueilli notre exposition sur l’esclavage avec deux journées de conférences devant les jeunes (jeudi et vendredi). C’est toujours un réel plaisir de constater que certaines professeures documentalistes jouent pleinement leur rôle d’animatrices de l’espace culturel qu’est le CDI dont elles ont la gestion ; cette liberté qu’elles ont de solliciter des intervenants extérieurs pour élargir les savoirs des élèves mérite d’être imitée.

          Parmi les 9 classes inscrites à la rencontre, certaines ont pu découvrir en amont l’exposition, accompagnées de leur professeur, et ont bénéficié de plus de temps d’échange avec le conférencier ; d’autres – toujours grâce à leur professeur – ont travaillé sur la connaissance de l’histoire française de l’Autre avant le jour du rendez-vous. En effet, une collègue a été sensible à cette formule de notre site Internet : « Lorsque les autres ignorent que vous avez une histoire, ils n’ont pas d’estime pour vous ». Oui, l’histoire de l’esclavage dans les Amériques fait partie des pages de l’histoire d’une partie de la population française ; la connaître, c’est aussi comprendre la diversité de la France d’aujourd’hui. Nous avons également eu l’agréable surprise de voir des enseignants visiter l’exposition avant leurs classes.

Roissy-en-Brie 1          C’est donc avec une grande attention que les lycéens ont écouté le conférencier après la lecture des panneaux dont les images ne peuvent laisser indifférents. Évidemment, les questions ont souvent tourné autour des violences infligées aux femmes et aux hommes africains en cas de résistance à la volonté des esclavagistes. Sous leurs yeux se peignaient effectivement les images des révoltes, des suicides et des infanticides qui étaient des réponses individuelles et collectives à la captivité et à l’exploitation que ces Africains ne comprenaient pas et n’acceptaient pas. Merci à tous les jeunes qui ont activement participé aux échanges ; bravo à tous pour votre écoute attentive. Vos applaudissements nous ont vraiment fait plaisir.

Roissy-en-Brie 4          Merci à notre collègue professeure documentaliste qui a pris soin de nous durant ces deux journées. Nous sommes également reconnaissants à tous les enseignants qui, soucieux d’aiguiser la curiosité de leurs élèves, les ont inscrits à ces rencontres. Cela est stimulant pour les professeures documentalistes. Merci à toutes et à tous de nous avoir franchement témoigné votre satisfaction.

Raphaël ADJOBI

Le lycée Benjamin Franklin à Orléans accueille « La France noire » pour la sixième fois

Orléans Janv. 2024 A          Depuis l’année scolaire 2018-2019, le lycée Benjamin Franklin maintient une relation étroite avec La France noire autour des outils pédagogiques qu’elle propose. Et fait exceptionnel, cet établissement scolaire est le premier à avoir accueilli les trois expositions de l’association. Les professeurs documentalistes de ce lycée peuvent, par conséquent, valablement témoigner de la qualité de l’ensemble de nos travaux auprès d’autres établissements.

          Cette année, c’est notre exposition Les résistances africaines à la traite et les luttes des esclaves pour leur liberté dans les Amériques – exposition labellisée (une garantie officielle de qualité accordée) par la Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage (FME) dirigée par Jean-Marc Ayrault – qui a été choisie ; et cela pour la première fois. Bien sûr, nous avons retrouvé à Benjamin Franklin les fidèles de La France noire ; des fidèles auxquels se sont joints de nouveaux enseignants qui n’ont pas manqué de nous témoigner leur enthousiasme. Merci à tous les collègues qui prennent le temps de lever la tête des manuels scolaires afin d’élargir quelque peu l’horizon des jeunes sur d’autres façons de présenter et d’enrichir les thématiques des programmes scolaires.

Orléans 2024 B          Les sept classes inscrites à la rencontre avec l’intervenant ont découvert la traite et l’esclavage des Noirs dans les Amériques sous un angle jamais présenté dans les manuels et nos livres d’histoire. Quel bonheur, et quel plaisir de voir les choses autrement ! Aussi, l’attention des jeunes était grande devant les explications du conférencier ; et leur étonnement était tout aussi grand devant la violence des techniques inventées par les esclavagistes pour briser la soif de liberté des femmes et des hommes déportés depuis l’Afrique. Bravo aux élèves pour leurs belles remarques et leurs questions qui ont nourri les différentes rencontres. Nous vous disons sincèrement merci pour vos applaudissements et pour votre très grande attention qui témoigne du réel intérêt que vous portez à ce pan de notre histoire commune.

          Bien sûr, ces moments d’échanges ne seraient pas possibles sans les professeurs documentalistes qui, à Benjamin Franklin, jouent pleinement leur rôle d’animateurs culturels en proposant régulièrement aux enseignants et à leurs élèves des rencontres avec des intervenants extérieurs. En inscrivant leurs classes à ces activités, les enseignants encouragent les professeurs documentalistes à poursuivre leur travail qui va au-delà de la gestion du matériel pédagogique. C’est aussi, de la part de ces collègues, une marque de curiosité qu’ils transmettent d’une certaine façon à leurs élèves.

Raphaël ADJOBI

Le collège Saint-Michel à Reims accueille notre exposition sur le racisme

St-Michel Reims Janv. 2024 II          Après avoir reçu notre travail sur l’esclavage l’année dernière, le collège Saint-Michel à Reims a poursuivi l’échange pédagogique avec La France noire en accueillant, du 8 au 12 janvier 2024, L’invention du racisme et la négation des traces de l’homme noir dans l’histoire de l’humanité. C’est Madame Bindi, professeure documentaliste – exerçant pleinement sa fonction d’animatrice culturelle de l’établissement – qui a proposé aux élèves de cinquième et à leurs professeur(e)s de découvrir cette thématique à travers notre exposition. En répondant présents à son appel, ces derniers ont pris un réel plaisir à s’immerger dans l’histoire du racisme et ses impacts sur nos sociétés.

          Il est tout à fait magnifique de constater dans les réactions des jeunes que notre exposition leur fait prendre conscience de certaines réalités auxquelles nous ne prêtons pas l’attention qu’elles mériteraient ; une attention nécessaire pour aller vers la réflexion et l’analyse de certains comportements de la vie ordinaire. Et dans cette exposition, ce sont les idées et les comportements de certains adultes qui leur sont présentés. Que le lecteur se rassure : aucun des jeunes n’a manifesté le souhait de ressembler à ces adultes.

Image et texte          Bravo à tous les élèves qui ont participé à la rencontre avec le conférencier le mardi 9 janvier 2024 ainsi qu’à ceux qui ont pris part, durant les autres jours de la semaine, aux ateliers organisés par Madame Bindi. En effet, l’exposition est restée dans l’établissement jusqu’au vendredi 12 pour un travail interne. Merci aussi aux collègues qui ont montré un grand intérêt pour cette exposition et l’ont même fait découvrir à des classes de quatrième. S’adressant au conférencier, Madame Bindi a eu ces mots : « les jeunes aiment qu’on leur raconte des histoires. Et vous le faites si bien que leur attention est également remarquable ».

          C’est un réel plaisir de rencontrer dans les établissements scolaires des animateurs culturels aussi désireux que nous d’ouvrir l’esprit des jeunes au monde afin qu’ils se nourrissent le plus possible de toutes ses richesses dans le domaine des savoirs. C’est donc avec un pincement au coeur que nous ne reverrons plus Madame Bindi dans cette fonction au collège Saint-Michel. L’heure de la retraite a sonné pour elle dès la fin de ce mois de janvier 2024… La France noire vous remercie, Madame Bindi, de lui avoir permis de semer dans votre région un peu de ces pans méconnus de l’histoire de France mais dont la connaissance est si précieuse pour la construction de la fraternité nationale.

Raphaël ADJOBI

Le lycée Frédéric Joliot-Curie à Dammarie-lès-Lys accueille « La France noire » avec son exposition sur l’esclavage

Dammarie-lès-Lys déc. 2023          Le lundi 18 et le vendredi 22 décembre 2023, La France noire a présenté son exposition « Les résistances africaines à la traite et les luttes des esclaves pour leur liberté dans les Amériques » au lycée Frédéric Joliot-Curie à Dammarie-lès-Lys (Seine-et-Marne 77) grâce à l’invitation de la professeure documentaliste Céline Elbé. Celle-ci avait découvert deux de nos travaux l’année dernière, à Tournan-en-Brie où elle était en fonction, et a jugé utile de faire venir cette exposition-conférence de notre association dans son nouvel établissement afin que les enseignants et leurs élèves en profitent.

          C’est avec une grande attention que les différentes classes ont écouté la présentation de l’exposition avant d’échanger avec le conférencier après avoir lu et observé les différents panneaux. Curieux, les élèves sont souvent revenus sur les violences infligées aux esclaves pour en comprendre les raisons ; ce qui a permis de leur faire prendre conscience de la volonté des esclavagistes de briser leur farouche attachement à la liberté les poussant à multiplier les actions de résistance : fuite (marronnage), infanticide, rébellions… Les élèves étaient visiblement très heureux de connaître cette page de l’histoire de France dans les détails. Certains sont même venus déclarer leur satisfaction au conférencier.

Dammarie-lès-Lys déc. 2023 b          Quant aux collègues, c’est avec un réel enthousiasme qu’ils ont accueilli notre exposition sur l’esclavage comme un complément utile à leur travail. Nous les remercions d’avoir répondu à l’appel de la professeure documentaliste qui, jouant pleinement son rôle, leur a permis de découvrir d’autres aspects des thématiques de leur enseignement. En se montrant curieux, ils encouragent par la même occasion la curiosité de leurs élèves ; et cela est heureux.

          « Je pense que vous êtes légitime pour parler de cette histoire ; en plus, vous en parlez avec une telle passion que vous captivez l’attention de votre auditoire. C’est ce qui m’a plu dès notre première rencontre », ainsi s’est exprimée Céline Elbé*, notre collègue documentaliste, à qui je dis sincèrement merci pour ce compliment. Nous lui sommes par ailleurs reconnaissants d’avoir été pour l’association une excellente ambassadrice auprès des autres professeurs documentalistes de la Seine-et-Marne. Résultat : quatre visites pédagogiques prévues dans ce département durant cette année 2023-2024.

Raphaël ADJOBI

*LIRE l’article de Céline Elbé sur le site du lycée F. Joliot-Curie à Dammarie-lès-Lys 

La cité scolaire Pierre Larousse à Toucy accueille pour la sixième fois « La France noire »

Toucy 2          La cité scolaire Pierre Larousse (collège et lycée) à Toucy a invité La France noire, pour la sixième année consécutive, à sa « semaine de la citoyenneté » qui s’est déroulée du lundi 11 au vendredi 15 décembre 2023. Une semaine que Monsieur le directeur adjoint chargé de la SEGPA et responsable de son organisation définit comme « un voyage éducatif [qui] s’inscrit dans la durée et la pérennisation, et non dans l’actionone shot” en lien avec la médiatisation de certains sujets ». Et il a parfaitement raison parce que l’instruction se fait dans la continuité des connaissances choisies permettant à tous les jeunes d’en bénéficier.

Toucy déc. 2023 a          C’est donc avec plaisir que nous avons présenté notre exposition « Les résistances africaines à la traite et les luttes des esclaves pour leur liberté dans les Amériques » aux collégiens et aux lycéens durant deux journées (lundi et vendredi). Tous les enseignants conviennent que cet aspect de l’histoire de l’esclavage des noirs est absent des manuels scolaires et se réjouissent de la richesse de l’exposition qui suscite la curiosité des élèves. J’épargne aux lecteurs les compliments de tous ceux qui assurent ne pas se lasser de la prestation du conférencier dont ils connaissent pourtant le contenu du discours. Une collègue a d’ailleurs dit avoir eu peur de perdre sa place à cette rencontre avec ses élèves. Merci à toutes et à tous pour vos compliments qui obligent le conférencier à s’investir davantage dans les livres et la découverte des expositions organisées sur cette thématique en France. Ainsi, à chaque rencontre, les habitués apprennent des choses nouvelles et ne regrettent pas d’être venus.

Toucy déc. 2023 c          Les différentes classes du collège et du lycée ont eu droit, durant une heure, à un temps de présentation permettant de comprendre pourquoi il y a des Français noirs depuis la première République au XVIIIe siècle, puis à la visite de l’exposition suivie d’un temps de questions-réponses avec le conférencier. Si l’attention des élèves est variable au moment de découvrir les panneaux, elle est plus soutenue lors de la présentation ainsi que pendant le temps des échanges avec le conférencier ; ce qui montre bien qu’ils sont désireux de se nourrir de connaissances. Des moments de grand plaisir pour tout enseignant.

          Évidemment, au moment de quitter Monsieur le directeur adjoint, nous n’avons pas manqué de le remercier de nous avoir invités une fois de plus. Vous savez, nous a-t-il répondu, ce sont désormais les enseignants eux-mêmes qui demandent à ce que vous figuriez parmi nos invités. Tout est dit.

Raphaël ADJOBI

Le lycée Adam de Craponne (Salon-de-Provence) découvre « L’invention du racisme »

Adam de Craponne 1          Le jeudi 23 novembre 2023, La France noire était au lycée Adam de Craponne où elle était invitée par le collègue Luc Forestier pour l’accompagner dans le projet pédagogique sur le racisme qu’il mène cette année avec ses élèves. Voir une autre manière de présenter cette thématique afin de permettre aux jeunes publics de bien saisir l’impact de ce phénomène sur la société depuis le XIXe siècle est essentiel, dit notre collègue. La France noire partage pleinement son avis sur ce chapitre. Par ailleurs, nous avons été très heureux de constater la présence, à cette rencontre, de deux professeurs stagiaires qui, sûrement, ont dû comprendre qu’aujourd’hui l’enseignement des professeurs des lycées et des collèges peut être secondé par des intervenants extérieurs afin de diversifier les regards sur les savoirs proposés aux jeunes.

Adam Craponne 2          En une demi-journée, les trois classes participant au projet ont donc rencontré le conférencier pour des explications complémentaires après la visite de l’exposition précédée d’une présentation générale de nos histoires de France motivant la thématique « L’invention du racisme ». Et ici comme ailleurs, les images publicitaires ont retenu l’attention de nombreux élèves. Cela nous permet de souligner la nécessité de ne jamais négliger le poids des images dans la construction de notre conscience individuelle ou collective. Merci aux passeurs des savoirs – que sont les enseignants – d’encourager La France noire en l’associant à leurs projets pédagogiques.

Visite au Mucem à Marseille

          Notre passage à Salon-de-Provence a été aussi l’occasion de nous offrir un déplacement culturel à Marseille, au Mucem (Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée) où se tient l’exposition Une autre histoire du monde jusqu’au 11 mars 2024. Un travail très instructif, et surtout absolument renversant, réalisé par Pierre Singaravélou, Fabrice Argounès et Camille Faucourt.

Le Mucem à Marseille          Les trois commissaires de cette exposition nous montrent que le récit d’une Europe qui abriterait depuis l’Antiquité une succession de civilisations jusqu’à nos jours et donc chargée de guider l’humanité que nous avons pris l’habitude de relater n’a jamais convaincu les autres peuples de la terre parce qu’ils possèdent leur propre conception de l’Histoire. Aussi, leur travail propose de « faire découvrir tout ce qu’on a souvent tu, tout ce qui est resté jusqu’ici dans l’invisibilité » (Pierre-Olivier Costa – président du Mucem). L’exposition propose de faire découvrir d’autres histoires du monde. Et on en ressort avec l’image que la petite Europe, qualifiée de vieux continent, comme pour asseoir son antériorité, a trop longtemps vécu à la périphérie du monde des grands navigateurs, des grands voyageurs de la terre… A voir absolument !

          Nous reviendrons plus longuement sur la visite de cette exposition. Nous voudrions terminer par cette pensée sincère : de même que les travaux pédagogiques de La France noire voyagent pour instruire les jeunes, les belles expositions comme Une autre histoire du monde devraient voyager dans quelques grandes villes pour l’instruction du plus grand nombre possible des Français. La France noire n’a pas le monopole de l’ouverture au monde mais le maillon d’une chaîne de chercheurs et de vulgarisateurs de savoirs et de fraternité humaine dont notre collègue Luc forestier fait humblement partie à son niveau.

Raphaël ADJOBI

Retour de « La France noire » au collège Laurent Monnier (Saint-Aubin/Jura)

Saint-Aubin          Le vendredi 15 septembre, La France noire a débuté ses activités pédagogiques 2023-2024 par des rencontres avec les élèves de quatrième du collège Laurent Monnier à Saint-Aubin, dans le Jura. C’est la deuxième année consécutive que notre collègue Yoan Frelin, professeur d’histoire et géographie, sollicite notre exposition sur Les résistances africaines à la traite et les luttes des esclaves pour leur liberté dans les Amériques pour l’accompagner dans son projet pédagogique avec ses classes. Mais il convient de signaler que notre collègue connaît notre travail depuis 2018, lorsqu’il était en fonction au collège Saint-François de Sales à Dijon où nous étions intervenus cette année-là.

Saint-Aubin B          Afin de permettre à ses élèves de tirer le plus grand profit des explications du conférencier, la rencontre avec chacune des classes a duré 1h15 au lieu des 55 minutes habituelles. Le temps restant a été accordé aux élèves pour répondre au questionnaire préparé par leur professeur. Ainsi, chacun était libre de relire les panneaux à la recherche des réponses aux questions. Certains ont profité de l’occasion pour revenir vers le conférencier pour des compléments d’informations sur des points qui continuaient à les intriguer.

          Susciter la curiosité des jeunes sur des pans méconnus de l’histoire de notre pays, c’est élever leur conscience de citoyen. D’autre part, « on mesure la culture des jeunes à ce que les adultes leur offrent ». Ces deux raisons suffisent pour que les enseignants soient soucieux de diversifier les savoirs à leur proposer ; surtout des savoirs qui participent à une meilleure connaissance de l’Autre.

Raphaël ADJOBI

Soirée des retrouvailles à « La France noire »

Retrouvailles modifiées 1          Le vendredi 8 septembre 2023, les membres de La France noire ont marqué la reprise des activités de leur association par la soirée annuelle des retrouvailles. Ce moment convivial est surtout pour tous l’occasion de faire plus ample connaissance. C’est effectivement le moment où l’on partage un repas ensemble autour d’une table en parlant un peu de tout.

          Cette fois, il n’a pas été nécessaire de parler des moyens à mettre en œuvre pour accroître nos interventions auprès des établissements. L’homologation des trois expositions de l’association par l’Éducation nationale lui évite cette peine. Grâce à la plateforme numérique ADAGE, toutes les équipes pédagogiques de France accèdent aux ressources (dont nos trois expositions) mises à leur disposition sur le Pass culture pour concevoir des projets à destination des élèves aux frais de l’Éducation nationale.

Retrouvailles modifiées 2          C’est donc l’esprit léger que les quinze membres, qui ont pu se retrouver, ont passé une soirée bien agréable pleine de rires et d’échanges de toutes sortes. C’est à une heure du matin que les derniers à quitter la table se sont séparés. C’est indubitablement des moments conviviaux de ce type qui soudent une équipe en créant un esprit de confiance. Nous espérons que les membres qui sont loin du siège social de La France noire, ainsi que ceux de l’Yonne qui n’ont pas pu se déplacer, se réjouiront des images témoignant de l’esprit de cohésion régnant au sein de notre association.

Raphaël ADJOBI

DISCOURS DU PRESIDENT DE « LA FRANCE NOIRE » – Commémoration de l’abolition de l’esclavage mai 2023

DiscoursMadame et Monsieur les Conseillers départementaux : Mme Frédérique Colas / M. Philippe Burier

Monsieur le maire honoraire de la ville de Joigny : M. Bernard Moraine,

« La France noire » se réjouit de votre fidélité à cette cérémonie nationale qui est l’une des rares occasions d’évoquer un pan de notre histoire commune ayant contribué à forger la diversité nationale.

Monsieur le maire,

merci d’avoir rappelé aux responsables des établissements scolaires de Joigny la date anniversaire de la loi dite Loi Christiane Taubira reconnaissant la traite et l’esclavage des Noirs comme crime contre l’humanité. Après avoir évoqué dans cette adresse notre exposition qui sera visible du 13 au 19 mai dans le hall d’honneur de la mairie, vous avez tenu à leur préciser votre sentiment personnel en ces termes : « Je souhaite que les jeunes générations se rappellent ces pages sombres de notre histoire. Et vous avez ajouté – Dans la suite de cette manifestation, je serai très heureux si vos élèves pouvaient visiter cette exposition ».

Monsieur le maire,

Ce rappel de ce qui EST (ou doit être) fait plaisir d’autant plus que nos gouvernants et les responsables de nos institutions ont tendance, quand l’indifférence ou le mépris s’installe, à oublier de rappeler à tous les citoyens la direction que la République a choisi de suivre. La commémoration de l’abolition de l’esclavage décidée par la République ne doit pas être considérée comme une anecdote vouée à l’indifférence puis à l’oubli. Les événements que rappelle la manifestation d’aujourd’hui ont participé à la formation de la France ; et leurs héritages sont encore vivants. Les héritages de ces événements ne se lisent pas seulement dans la géographie actuelle de la France éclatée sur plusieurs continents et plusieurs océans ; ils se lisent aussi dans les monuments des villes comme Bordeaux, Nantes, la Rochelle, Bayonne, le Havre, Saint-Malo, Paris, Orléans, Marseille. Et aujourd’hui, dans plusieurs de ces villes sont organisés des circuits dits négriers pour découvrir la richesse de la France générée par l’esclavage des Africains. Et c’est une très belle leçon donnée à ceux qui ont voulu tourner la page de cette histoire sans la lire. A ceux-là, nous disons qu’ils n’ont pas le droit d’empêcher la jeunesse de connaître ce passé de la France !

ChoraleMesdames et Messieurs les conseillers municipaux,

Mesdames et Messieurs les présidents et représentants des mouvements associatifs, chers amis,

Si j’ai tenu à relever ce rappel de Monsieur le maire aux représentants locaux de l’Éducation nationale, c’est parce que cet appel à se souvenir est un devoir républicain qui est allègrement négligé. Si la première circulaire relative à la commémoration de l’abolition de l’esclavage signée par le Premier Ministre en avril 2008 reste imprécise quant aux structures chargées de l’organisation des manifestations locales, depuis 2021, cette circulaire du Premier ministre ou de la Première Ministre aux préfets et aux recteurs d’académie leur demande d’inviter les maires et les chefs établissements scolaires à consacrer une journée à la commémoration de l’abolition de l’esclavage. Donc tous les ans, depuis 2021, cette circulaire dit explicitement ceci : « Le mois de mai est devenu le Mois des Mémoires de l’esclavage et de ses héritages. C’est en effet durant cette période qu’interviennent les deux journées nationales aujourd’hui fixées par le calendrier républicain – le 10 mai, la journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions […] et le 23 mai, la journée nationale en hommage aux victimes de l’esclavage » ; journée qui se décline en des dates différentes dans les îles françaises des Amériques et de l’océan Indien. Plus loin, la circulaire s’adresse aux préfets en ces termes : « Vous diffuserez la présente circulaire à l’ensemble des maires de votre département, en les invitant à organiser une cérémonie similaire, ou tout autre initiative, notamment culturelle, en rapport avec la mémoire de l’esclavage et l’histoire des relations entre la France, l’Afrique, l’Amérique, les Caraïbes et l’océan Indien […], soit le 10 mai, soit le 23 mai, soit à une autre date à choisir par la municipalité, à l’intérieur des limites du Mois des mémoires (c’est-à-dire entre le 27 avril et le 10 juin) ».

La recommandation est claire et le calendrier très large pour permettre à chaque municipalité, à chaque établissement scolaire, de se souvenir par la marque qui lui convient. Dans l’Yonne, il serait bon de savoir quelle autre municipalité que la ville de Joigny consacre du temps à cette mémoire commune. Toujours dans l’Yonne, quels sont les établissements – mis à part trois ou quatre – qui se montrent soucieux de la transmission de cet héritage aux jeunes générations ? Or les jeunes sont les héritiers de notre histoire. Retenons tous qu’un héritage, qu’on le veuille ou non, on doit savoir qu’il existe et connaître sa teneur. C’est une obligation ! Quand vous avez pris connaissance de l’existence d’un héritage, vous pouvez décider de l’exploiter, de le développer dans votre intérêt ou en mémoire du disparu qui représente votre histoire ; vous pouvez aussi choisir de ne pas en profiter (La langue, un héritage – par l’écrivaine Liss Kihindou). Mais personne n’a le droit de refuser d’avoir connaissance de l’héritage laissé par ses aïeux ! Ce qui veut dire que nul n’a le droit de priver les jeunes générations de leur héritage historique touchant l’esclavage des Noirs et la colonisation de l’Afrique ! Il faut obligatoirement qu’ils en aient connaissance ! Ce qu’ils en feront plus tard est leur affaire !

Voilà pourquoi cette exposition de La France Noire est régulièrement reçue pendant l’année scolaire par certains collèges et lycées pour contribuer à l’instruction des jeunes. Elle est depuis novembre 2022 homologuée – comme nos deux autres expositions – par l’Éducation nationale dans le cadre de son dispositif Pass culture et donc conseillée à tous les collèges et lycées de France. Elle participe non seulement à l’instruction des jeunes mais elle est aussi un outil de commémoration de l’abolition de l’esclavage dans les établissements scolaires. c’est ainsi que cette année La France noire a été invitée par le lycée du Dauphiné à Romans-sur-Isère dans la Drôme pour une manifestation commémorative magnifique qui témoigne d’une réelle volonté d’ancrer l’esclavage des Africains dans notre récit national afin que n’importe quel Noir ne soit pas vu comme un immigré, un étranger. Oui, il y a heureusement en France des établissements scolaires qui commémorent tous les ans l’abolition de l’esclavage par des manifestations de leur choix et sont prêts à accueillir notre exposition.

Cette exposition qui vous est proposée est construite en trois parties :

° L’organisation de la traite à partir des comptoirs ou forts gérés par les émissaires des royaumes européens et les résistances africaines à ces forces militaires possédant des armes à feu que les Africains ignoraient.

° Les résistances des captifs africains pendant la traversée vers les Amériques.

° Les différentes formes de résistance des esclaves africains dans les Amériques.

Mais pour bien comprendre cette exposition, il faut se poser les bonnes questions.

A – Qu’est-ce que l’esclavage ? En d’autres termes, qu’est-ce qu’un esclave ?

L’esclavage, c’est l’exploitation de la force physique de l’autre pour son profit personnel. Vous faites de quelqu’un un esclave quand vous le faites travailler mais qu’ensuite vous vous appropriez le fruit de son travail. L’esclavage est donc une histoire universelle. Partout dans le monde – hier comme aujourd’hui – des hommes ont subi l’exploitation par d’autres. Les Africains ne sont pas les seuls peuples de la terre dont la force physique a été exploitée par d’autres. Voilà pourquoi notre exposition ne présente pas des esclaves africains au travail.

En remontant à l’origine du mot « esclave » les choses deviennent encore plus claires.

B – L’origine du mot esclave” :

° Le mot esclave est un terme européen dérivé d’un mot désignant les populations d’Europe centrale : LES SLAVES (Ukraine, Biolorussie, sud la Russie actuelle, la Pologne et la Tchéquie, la Slovaquie). ° Que s’est-il passé avec les Slaves ? Au Moyen âge, le commerce maritime se développe autour de la Méditerranée avec la multiplication des galères qui sont d’immenses navires à rames. Entre le VIIIe et le XVIIIe siècle, les Européens vont enlever des populations slaves pour les faire travailler sur les galères. Bien sûr, d’autres populations européennes seront aussi condamnées aux galères sur la Méditerranée, mais les Slaves seront les plus nombreux.

Avec le temps, on assiste à la déformation du nom « slave » qui devient « esclavus » en latin et « esclave » en français. « esclavus » va donc remplacer le mot « SERVUS » qui – depuis l’antiquité – veut dire serviteur et qui a donné en français le « serf ». En résumé : « esclave » va remplacer « serviteur ou serf », et le mot « esclavage » va remplacer le mot « servitude ».

Les Africains ne sont pas des Slaves mais vont hériter de la déformation du mot. D’ailleurs en Anglais le mot « slave » n’a pas été déformé : on parle bien de « slaves » en anglais.

Mais alors, me direz-vous, si les Africains n’ont pas été les seuls êtres humains dont la force physique a été exploitée pour enrichir d’autres, pourquoi parle-t-on constamment de leur mise en esclavage ? La réponse est claire et simple : Cet esclavage a provoqué la plus grande déportation humaine dans l’histoire de l’humanité. D’autre part, elle a complètement modifié la pensée européenne puis celle du reste du monde : le racisme qui s’est infiltré dans l’histoire de l’humanité vient de là !

Cela nous conduits à parler de ce qui caractérise cet esclavage et donc de l’exposition qui vous est présentée aujourd’hui.

C – ce qui caractérise cette exposition

Ce qui caractéristique cette exposition, c’est la violence. Cela veut dire tout simplement que face à la volonté prédatrice des Européens, les Africains ont développé une résistance permanente. Et ce sont les Européens eux-mêmes qui montrent ces résistances à travers les images présentées ici.

Au regard des multiples rébellions qui se sont produites à bord des navires négriers, l’historien américain Marcus Rediker remarque que « chaque navire contenait en son sein un processus de dépouillement culturel venant d’en haut, et un contre-processus de création culturelle venant d’en bas » ; c’est-à-dire qu’à la violence exercée sur leur corps par les Européens pour les soumettre, les Africains s’ingéniaient à trouver les moyens de leur résister : par les révoltes, les suicides, le refus de s’alimenter. Et sur le continent américain, ils vont inventer d’autres moyens de résistance comme le marronnage – c’est-à-dire la fuite – les avortements et les infanticides pour les femmes.

          A ceux qui font passer leur inculture pour du savoir et qui croient que la République s’est levée un beau matin et s’est dit « Tiens, on va abolir l’esclavage aujourd’hui », disons ceci :

          La révolution de Saint-Domingue dirigée par Toussaint Louverture ayant abouti en 1793 à l’abolition de l’esclavage sur l’île n’est que le point d’orgue de la résistance africaine à la traite et à l’esclavage des Noirs partout dans les colonies européennes des Amériques.

          Oui, c’est sous la pression initiée par les esclaves africains dirigés par Toussaint Louverture et ses amis que le commissaire Sonthonax proclame leur libération à la fin du mois d’août 1793. Sonthonax enverra ensuite trois émissaires à Paris expliquer devant la convention la nécessité d’abolir l’esclavage dans toutes les colonies françaises. Ce sera chose faite le 5 février 1794.

          Toussaint Louverture est donc incontestablement une figure illustre qui émerge du monde politique européen avec la Révolution française. Ce héros de la Révolution deviendra général en chef des armées françaises de Saint-Domingue le 1er septembre 1797, puis gouverneur général de l’île. Enlevé par l’armée de Napoléon au moment où celui-ci avait décidé le rétablissement de l’esclavage, Toussaint Louverture mourra le 7 avril 1803 au fort de Joux, près de Pontarlier, sept mois après son incarcération.

          En 2023, placer le 175e anniversaire de l’abolition de l’esclavage sous le signe d’un hommage à Toussaint Louverture n’est donc que justice. C’est reconnaître officiellement que l’abolition de l’esclavage en France est d’abord le fait de la lutte des opprimés pour recouvrer leur liberté. Une lutte permanente qui ne permettait pas la poursuite des méthodes anciennes. Après sa mort, ses amis Dessalines, Christophe et Pétion triompheront de l’armée de Napoléon à Vertières en novembre 1803 et proclameront aussitôt l’indépendance de l’île ; indépendance qui sera officialisée le 1er janvier 1804 et redonnera à l’île son nom ancien : Haïti.

          Voilà donc, Mesdames et Messieurs, chers amis, la réalité de l’histoire de la traite et de l’esclavage des Africains faite d’une part de l’insoumission des Africains et d’autre part de l’inventivité des Européens en matière de supplices pour briser à la fois leur corps et leur esprit. Et c’est ce que vous pouvez découvrir dans cette exposition. Après Toussaint Louverture, d’autres figures françaises reprendront le flambeau de la lutte jusqu’à la deuxième abolition de l’esclavage en France en 1848. Retenons donc tous que seule la lutte paie.

          Je vous remercie.

Raphaël ADJOBI

Le lycée du Dauphiné à Romans-sur-Isère commémore l’abolition de l’esclavage

Romans discours coupé          Dans le cadre de la commémoration du 175e anniversaire de l’abolition de l’esclavage en France, le lycée polyvalent du Dauphiné à Romans-sur-Isère a fait du jeudi 27 avril une journée particulière qui marquera pour longtemps l’esprit des jeunes qui y étudient. Une journée de mémoire et de fête à laquelle ont été conviés non seulement des intervenants pour partager des savoirs – comme La France noire – mais aussi des animateurs culturels.

Romans accueil          La veille, Monsieur le proviseur, son adjointe et notre collègue documentaliste ont reçu leurs invités qui étaient déjà arrivés pour un bon repas dans un restaurant ; l’occasion de faire connaissance et vivre un moment de partage. Excellente idée parce que le lendemain chacun était à son poste pour jouer son rôle afin que la fête soit belle.

          La journée du jeudi commencera d’abord par le rassemblement de l’équipe pédagogique, des intervenants et animateurs autour des personnalités qui honoraient de leur présence la cérémonie. Après les mots de bienvenue, Monsieur le proviseur rappela l’histoire de l’abolition de l’esclavage en France qui se fit en deux étapes : une première fois en 1794, et une deuxième fois en 1848 parce que Napoléon Bonaparte avait décidé de remettre les citoyens noirs en esclavage en 1802. Puis le représentant du maire prit la parole pour se réjouir de cette belle fête commémorative qui marque aussi une vie nouvelle dans un établissement agréablement rénové. Effectivement, même si certains bâtiments attendent d’être réhabilités, l’établissement a fière allure, surtout avec son CDI dont l’intérieur vous donne l’impression d’être dans une cathédrale. La dernière à prendre la parole fut Madame la conseillère régionale : non seulement elle souligna l’importance de la cérémonie qui commémore une histoire nationale, mais elle appela la jeunesse à se souvenir afin de contribuer à rendre l’avenir plus fraternel. Un message qui rejoint celui de La France noire accompagnant ses expositions pédagogiques itinérantes.

Romans chorale et gospel - couleur          La journée a ensuite été marquée par la participation des lycéens aux rencontres avec les intervenants mais aussi à des moments festifs à l’extérieur avec deux groupes d’animation : un trio de gospel et un joyeux groupe de tambours aux couleurs vives. Bien vu de la part de l’équipe éducative !

Romans-sur-Isère l'équipe de la restauration          La direction du lycée du Dauphiné a tenu aussi à marquer cette journée d’une note spéciale : une cuisine créole pour tous ! C’est en effet dans les îles des Amériques, alors colonies françaises, que des populations venues d’ailleurs – oppresseurs et opprimés – vont forger leur destin. Le personnel de la restauration a donc travaillé avec le concours d’une équipe de dames spécialistes de la cuisine créole pour transporter chacun dans les îles le temps d’un repas.

Romans conférencier          La France noire* se réjouit d’avoir été invitée à cette belle fête commémorative nourrie d’inventivités et donc d’intervenants venus d’horizons différents. Aujourd’hui, grâce au Pass culture, les établissements scolaires n’hésitent plus à solliciter des acteurs de la vie culturelle dont le siège est à l’autre bout de la France. C’est dire que la culture traverse plus aisément les frontières de nos régions. Et cela est heureux.

* Les interventions de La France noire se sont déroulées sur deux journées (jeudi 27 et vendredi 28) et ont permis à 9 classes de bénéficier de la rencontre avec notre intervenant.

Raphaël ADJOBI