Bilan partiel des visites pédagogiques 2017 – 2018

Amilly 3Depuis la rentrée scolaire, en septembre dernier, l’existence de notre exposition dans sa nouvelle présentation a été largement portée à la connaissance des différents établissements scolaires de l’Yonne et des départements environnants.

Durant ce premier trimestre, nous sommes intervenus dans deux établissements de l’Yonne (Collège Jean BERTIN à Saint Georges-sur-Baulche et Albert CAMUS à Auxerre) et dans un établissement du Loiret (Collège Robert Schumann à Amilly).

Pour 2018, trois autres établissements ont sollicité notre visite (deux dans l’Yonne et un dans le Loiret). Espérons que 2018, année du 170e anniversaire de l’abolition de l’esclavage, incitera plus de collèges à prendre du recul et à découvrir notre exposition sur « Les résistances africaines à la traite et les luttes des esclaves pour leur liberté dans les Amériques ».

20171201_110920            Les professeurs d’histoire que nous avons rencontrés ont unanimement reconnu la grande qualité de notre travail et découvert avec beaucoup d’intérêt les résistances en Afrique et dans les Amériques pendant la traite et l’esclavage des Noirs Outre-Atlantique ; faits absents des manuels scolaires. Les trois établissements visités sont prêts à renouveler la demande de visite pour leurs classes de 4e. Cela est très réjouissant et encourageant !

Amilly 4            Force est de constater tout de même que malgré l’intérêt qu’elle suscite, notre exposition n’a pas été, pour le moment, davantage sollicitée ; et cela pour deux raisons :

° La première tient au fait que les budgets des établissements étaient déjà bouclés ; ceux qui nous ont reçus – ou qui sont prêts à nous recevoir – ont dû faire un effort exceptionnel motivé par l’intérêt du sujet. Nous retenons donc que c’est en mai que notre travail doit être annoncé afin qu’il soit éventuellement intégré dans les projets pédagogiques et faire l’objet de demande de subvention ou de budget approprié.

° la deuxième raison est liée au  choix de l’interlocuteur. Nous retenons qu’il est préférable de s’adresser aux chefs d’établissement qui seuls ont le pouvoir de motiver leurs troupes et orienter leur regard vers ce qui peut apporter un plus aux élèves, même s’il ne faut pas négliger le contact avec les professeurs documentalistes.

20171121_141525            Nous tiendrons compte de ces expériences pour améliorer la communication avec les collèges et les lycées afin d’espérer multiplier les interventions et atteindre notre objectif : mieux faire connaître les pans de notre histoire qui impliquent les Noirs de France.

Merci à tous de continuer à accorder votre confiance aux membres du bureau et du conseil d’administration de notre association. Merci de tout cœur à tous de faire confiance à celui qui a la lourde et délicate charge de réaliser le contenu pédagogique des expositions.

Raphaël ADJOBI

La conférence de La France noire devant les membres du Club Kiwanis d’Auxerre

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Le lundi 13 novembre 2017, La France noire a eu l’honneur d’être l’invitée de la section départementale du club Kiwanis international d’Auxerre pour donner une conférence sur « Les résistances africaines à la traite et les luttes des esclaves pour leur liberté dans les Amériques ».

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J’avais commencé mon exposé par une définition de l’histoire qui passe parmi nous pour une science alors qu’elle est un récit dont le contenu s’éloigne de la vérité dès lors que le narrateur néglige ou travestit certains faits devant le structurer. Puis j’ai insisté sur l’immensité de l’Afrique qui est comparable aux États-Unis, l’Europe et la Chine mis ensemble. Par conséquent, avais-je dit, il convient de ne jamais la considérer comme  homogène, physiquement et humainement. Ensuite, j’avais pris soin de délimiter les zones du continent africain qui connaissaient la pratique de l’esclavage comme l’Europe – le servage n’étant rien d’autre qu’un mot issu du latin désignant l’esclavage – avant de souligner que la zone forestière l’ignorait totalement. Pour preuve, j’avais fait remarquer à l’assistance que la fin de la traite négrière atlantique au milieu du XIXe siècle a coïncidé avec la fin de la traite et de l’esclavage dans cette partie de l’Afrique. Cela est un fait historique indéniable. D’ailleurs, à la fin du XIXe siècle, les déportations et les assassinats des chefs africains opposés à la colonisation européenne – avec son lot de travaux forcés – constituent des preuves supplémentaires de la non-pratique de cette forme d’asservissement de l’homme par l’homme dans la zone forestière africaine.

J’avais ensuite développé l’étrange avalanche des abolitions de l’esclavage à partir de la fin du XVIIIe siècle ; étrange avalanche des abolitions parce que l’apogée de l’esclavagisme se situe effectivement au XVIIIe siècle. Pourquoi les abolitions se multiplièrent-elles au moment même où les royaumes européens étaient de plus en plus riches grâce à la traite et à l’esclavage des Noirs ? J’avais alors établi un lien entre la perte de ses 13 colonies d’Amériques en 1783 et l’engagement de la Grande Bretagne à mettre fin à la traite négrière atlantique à partir de 1807. Par ailleurs, en n’appliquant pas l’abolition de l’esclavage prononcée par le Portugal en 1761, le Brésil signifiait à cet état européen qu’il était indépendant ! Les colonies se rebellaient donc contre les royaumes dont ils dépendaient. J’avais montré comment la France de Napoléon Bonaparte a plaidé et obtenu de la Grande-Bretagne la poursuite, durant quelques années supplémentaires, la déportation des Africains dans ses colonies d’Amérique. Pour terminer, j’avais insisté sur le fait que c’est dans cette période de conflit entre les royaumes européens et leurs colonies que s’étaient multipliées les rébellions d’esclaves. Tout cela voulait dire que les abolitions de l’esclavage étaient le fait de circonstances économiques et de la volonté des esclaves de saisir une situation de conflit entre les Amériques et l’Europe et nullement une question uniquement philanthropique.

La France noire remercie les membres du Club Kiwanis pour leur écoute attentive, signe de l’intérêt qu’ils portaient au sujet. Un merci particulier à monsieur le président qui a pris le risque d’accepter la proposition de cette conférence qui lui a été faite par Madame Marie-Aimée Siopathis. Un agréable moment qui nous a permis de découvrir une équipe ouverte à la connaissance de l’autre pour mieux respecter sa différence. Idéal cher au cœur de La France noire.

Raphaël ADJOBI

Retrouvailles à la France Noire !

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Le vendredi 29 septembre, les membres de La France noire résidant dans le jovinien et les environs se sont retrouvés autour du verre de l’amitié pour partager un moment convivial et aussi les informations sur les dernières actions de leur association.   100_1183

Depuis le mois de mai 2017, l’association met à la disposition des lycées et collèges de l’Yonne une exposition sur les résistances africaines à la traite et les luttes des esclaves pour leur liberté dans les Amériques. Afin d’éviter aux établissements scolaires les soucis d’accrochage, l’exposition a été réalisée sur un nouveau support plus moderne et plus mobile et dans un format encore plus grand et plus agréable à regarder. Depuis la mi-septembre, l’association s’est engagée à informer tous les collèges et tous les lycées de l’Yonne ainsi que certains établissements des départements environnants (selon leur proximité) de l’existence de cette exposition afin que les uns et les autres puissent prendre part dès maintenant à la commémoration du 170e anniversaire de l’abolition de l’esclavage en 2018. Sensibles à la qualité du travail présenté, certains CDI (centres de documentation et d’information chargés de relayer l’information auprès des enseignants) commencent à se manifester ; et c’est réjouissant. 100_1182

Merci à tous ceux qui ont fait le déplacement. Leur présence a non seulement contribué à rendre ce moment très agréable mais elle a aussi ravivé la flamme de l’espoir dans nos cœurs. Merci à Mme Françoise Roure, notre Conseillère départementale qui ne ménage pas son temps pour soutenir un projet qu’elle partage sincèrement. Merci aussi à tous les autres membres qui, bien que loin de Joigny, continuent à nous accorder leur fidélité parce que convaincus du bien-fondé de notre idéal commun.

Amitiés à tous.

Raphaël ADJOBI

Au nom des membres du Conseil d’administration

         Voici deux panneaux de notre exposition qui en compte 23

Capture La liberté à tout prix                Capture La chase au nègre

L’affiche officielle de la commémoration de l’abolition de l’esclavage 2017 à Joigny

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La commémoration de l’abolition de l’esclavage à Joigny est un moment très original. Outre les deux discours d’usage, le public est invité à découvrir une exposition. Cette année, celle qui lui sera proposée est exceptionnelle parce qu’elle montre pour la première fois les résistances africaines à la traite et les luttes des esclaves pour leur liberté dans les Amériques. Par ailleurs, la cérémonie est animée par une chorale. Nous avons été accompagnés l’année dernière par le groupe Ébène. Cette année, c’est la chorale Les Croq’notes de Brion dirigée par Christian Loubat qui a accepté d’animer la cérémonie. D’avance nous disons merci aux choristes et à leur chef.

Raphaël ADJOBI

Président de la France noire

La France noire appelle à la commémoration de l’abolition de l’esclavage le 10 mai 2017 à Joigny

Prospectus 2017 0003La France noire a le plaisir de vous appeler à assister à la deuxième cérémonie de commémoration de l’abolition de l’esclavage qui aura lieu le 10 mai 2017 sous le patronage de Monsieur Bernard Moraine, maire de Joigny. La manifestation sera animée par la chorale Croq’notes de Brion.

L’exposition sur la traite et l’esclavage des Noirs dans les Amériques sera présentée au public ce jour-là et sera visible dans le hall de la mairie jusqu’au 16 mai. Elle sera ensuite à la disposition des lycées et collèges. Les enseignants et les responsables des centres de documentation et d’information (CDI) intéressés peuvent dès maintenant prendre contact avec La France noire.

Notre exposition, à caractère pédagogique, a la particularité de mettre l’accent sur les résistances africaines à la traite ainsi que les procédés par lesquels les esclaves obtenaient leur liberté avant les abolitions officielles.

Le président

Raphaël ADJOBI

Les Français noirs dans l’océan Indien

                         Les Français noirs dans l’océan Indien

(Une conférence de Luis-Nourredine PITA pour La France noire)

Le mardi 21 février 2017 à 18h30, une conférence ayant pour thème « Les Français noirs dans l’océan Indien »  a rassemblé un peu plus d’une quarantaine de personnes à la Halle aux grains de Joigny. Le conférencier, Luis-Nourredine Pita,  était arrivé de Murcie, en Espagne, pour la circonstance.

Jovinien de naissance, Luis-Nourredine PITA – vice-président de La France noire – a fait une très grande partie de sa carrière d’enseignant à La Réunion. Conseiller pédagogique pour l’éducation nationale, il a sillonné les archipels de l’océan Indien – les Seychelles, les Comores et les Mascareignes (La Réunion, Maurice et Rodrigues) – ainsi que l’Afrique du Sud, le Mozambique et la Tanzanie.

Le conférencier a d’abord replacé l’histoire de ces archipels dans les luttes de possession et d’influence des puissances européennes ; principalement anglaises et françaises. Il a ensuite insisté sur l’évolution du statut des populations de cette région qui sont certainement les plus métissées au monde parce qu’elles sont l’émanation de trois influences : africaine, indienne et chinoise.

En effet, si ces populations n’ont pas connu la traite négrière vers les Amériques, elles ont connu le statut d’esclave* et, après les abolitions, celui de l’indigène appliqué à toutes les colonies françaises. Le code de l’indigénat faisait des « nouveaux citoyens » français une catégorie à part vouée au rôle de sujet. L’indigène ou le sujet français devait par son travail mériter l’accès au titre de citoyen exclusivement réservé à la population de la métropole.

Le conférencier a ensuite abordé la question de l’indépendance des Comores en juillet 1975 après le référendum de 1974. Détaché de Madagascar depuis 1946 avec le statut de Territoire d’outre-mer (Tom), la France va profiter du référendum de 1974 pour amputer cet archipel d’une de ses quatre îles : Mayotte. Si la consultation a montré que l’ensemble de l’archipel des Comores a voté à plus de 96% pour l’indépendance, les voix de Mayotte comptabilisées séparément étaient favorables pour le maintien dans le giron de la France. On pense que c’est la marine Française qui a poussé l’Elysée à annexer purement et simplement Mayotte en se fondant sur son vote favorable à la France. Situation stratégique dans la région oblige ! Depuis, un conflit politique oppose le gouvernement comorien et les autorités françaises. L’Assemblée générale des Nations-Unis – par plus de vingt résolutions – ainsi que l’Union Africaine condamnent cette partition des Comores faite par la France.

Il apparaît aujourd’hui que l’île de Mayotte se trouve sur une voie d’acculturation accélérée, une marche forcée vers les lois de la République française. L’autorité des juges musulmans qui géraient les conflits sociaux n’est plus reconnue. Non seulement les liens de parenté avec les populations des îles sœurs de Comores et particulièrement avec celles d’Anjouan sont niés par la France, mais les populations sont contraintes d’aligner leur nom et prénom (souvent à rallonge) sur le modèle français. Les traditionnelles relations commerciales avec l’Afrique, Madagascar, et les autres îles des Comores subissent désormais des taxes afin d’obliger Mayotte à ne commercer qu’avec la France et plus largement avec la communauté européenne.

Le public de la Halle aux grains de Joigny a été très sensible au drame humain que pose la séparation administrative et juridique de Mayotte de ses îles sœurs des Comores. Une séquence d’environ 10 minutes du documentaire « Mayotte, où va la République »* a été projetée pour illustrer ce drame humain que le pouvoir métropolitain couvre de son silence. Au XIXe siècle, le partage de l’Afrique entre les grandes puissances européennes avait séparé des familles, des villages, des royaumes et causé des traumatismes qui agitent encore ce continent. Nous pensions que cette erreur ne se reproduirait plus. Eh bien, nous avions tort. L’histoire se répète à Mayotte.

Monsieur Bernard Moraine, maire de Joigny, ainsi que Madame Françoise Roure, conseillère départementale, nous ont fait le plaisir d’honorer de leur présence cette première conférence de La France noire. Nous avons été également sensibles à la présence de Madame Célia Davaine, directrice du collège Saint-Jacques, ainsi que celle de Madame Blandine vassaux, directrice de l’école Sainte-Thérèse, de Monsieur Claude Josselin, Adjoint au maire chargé des associations patriotiques.

Le président de La France noire

Raphaël ADJOBI

* L’affaire de l’esclave Furcy, Mohammed Aïssaoui, édit. Gallimard

* Un film de Frédéric Lambolez et Jean-Marie Pernelle, Enquête prod. août 2008