Faut-il se ressembler pour s’assembler ? (Nicole Lapierre)

Numérisation_20200130          Faut-il se ressembler pour s’assembler ? est une réflexion, en plusieurs étapes, que Nicole Lapierre a menée autour d’un fait qui a marqué son enfance. Quand elle n’avait que six ou sept ans, elle s’est brouillée avec sa meilleure amie. La mère de celle-ci lui avait alors lancé : «vous êtes toutes les deux juives, vous devez être amies, vous devez vous serrer les coudes». Avec ce livre, l’auteure voudrait dire à la mère de son amie qu’elle avait tort de lier si intimement identité et solidarité au point de faire de l’amitié un devoir. Très rapidement, elle nous fait comprendre comment, en se référant presque toujours aux liens biologiques au sein d’une famille, les groupes sociaux, les partis politiques et les populations d’un même pays, d’une même région ont, à travers les siècles, mis en place des mécanismes d’exclusion des populations minoritaires.

          Un livre à la fois agréable et passionnant dont la clarté des multiples chapitres ou thématiques qui le composent oblige le lecteur à former régulièrement son propre jugement. Un livre de réflexions qui s’appuie sur de multiples faits historiques pour nous permettre de saisir – au-delà de l’implacable évidence de la formule «qui se ressemble s’assemble» – la permanence d’une pratique qui devrait rendre chacun vigilant et les gouvernants plus attentifs aux besoins de « ceux perçus comme étrangers ou différents». Nicole Lapierre constate – et nous sommes de son avis – que parce que «le modèle républicain, fondé sur l’égalité formelle des citoyens, refuse toute distinction», nos gouvernants demeurent aveugles sur la différence et donc «aveugles aux injustices fondées sur la couleur de la peau ou sur tout autre signe de différence visible». Ils ne doivent cependant pas oublier, rappelle-t-elle, qu’ «il ne peut y avoir d’intégration réussie que si la promesse d’égalité est tenue». Idée qui nous rappelle ce que disait déjà Simone de Beauvoir dans Le deuxième sexe : «C’est du point de vue des chances concrètes données aux individus que nous jugeons nos institutions» et non du point de vue de l’idée parfaite que nous en avons.

Raphaël

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