Si grâce au Pass culture les expositions pédagogiques de La France noire peuvent être accueillies partout en France, ce dispositif permet aussi aux établissements scolaires de ne pas se limiter à une seule invitation quand ils sont satisfaits d’un acteur culturel qui propose plusieurs thématiques pour l’instruction des jeunes. Ainsi, après avoir reçu « Les Noirs illustres et leur contribution à l’histoire de France » en décembre dernier, le lycée Clément Ader à Tournan-en-Brie (77 – Seine-et-Marne) vient de découvrir « Les résistances africaines à la traite et les luttes des esclaves pour leur liberté dans les Amériques ». C’est la première fois que La France noire est invitée deux fois par le même établissement au cours de la même année scolaire !
Du lundi 27 au vendredi 31 mars 2023, les élèves et les enseignants de ce lycée de la Seine-et-Marne ont pu découvrir des aspects méconnus de l’histoire de l’esclavage des Noirs dans les Amériques et se faire une idée plus précise du combat de ces derniers contre leur asservissement. Ils ont tous compris que la maltraitance, les mutilations n’avaient pour seul objectif que de briser leur résistance ! La force de cette exposition a nourri dans l’esprit de notre collègue Thibault Noël-Artaud, professeur de philosophie et acteur des deux invitations, un nouveau projet : emmener ses élèves sur les traces de l’esclavage des Noirs à Paris ; en d’autres termes, aller découvrir les réalisations faites dans cette ville avec l’argent de la traite et de l’asservissement des Noirs dans les colonies. C’est l’antenne de l’association bordelaise Mémoires & Partage qui propose les visites « Paris négrier ».
Les 12 heures de conférence sur les deux journées – lundi et vendredi – ont permis à un maximum d’élèves de comprendre qu’il faut de temps en temps lever la tête des manuels scolaires pour accéder aux connaissances qui permettent de découvrir les réalités du monde. Et quand je les entends s’exclamer « Pourquoi on ne nous apprend pas tout çà ! », ma réflexion est toujours simple : «On devrait effectivement. Et c’est parce que tout cela n’est pas dans les manuels scolaires que vos enseignants me sollicitent pour vous apporter ces connaissances ». Et c’est vrai que les enseignants modestes sont toujours désireux de connaissances et soucieux de partager leurs découvertes avec leurs élèves. L’enthousiasme de nos collègues devant la qualité de notre travail fait plaisir et nous encourage à persévérer. Merci à notre collègue documentaliste qui est rapidement devenue une excellente ambassadrice des expositions de La France noire.
Je termine ce billet par un conseil aux collègues qui abandonnent définitivement l’étude des romans sur l’esclavage des Noirs avec leurs élèves parce que leur premier choix n’a pas été concluant. Quand vous ne maîtrisez pas un sujet, il n’y a aucune honte à faire appel à un collègue pour partager avec lui ses connaissances. La France noire est née pour permettre cette collaboration grâce à son savoir-faire spécifique. Pensez-y ! Ne privez pas les jeunes de connaissances en démissionnant devant les difficultés. Faites confiance à quelqu’un dont cette thématique est une passion, car, comme le dit si bien Didier Eribon « Au fond, c’est l’enthousiasme qui compte, et le désir de tout découvrir. Le contenu vient après » (Retour à Reims, Champs essais, 2018).
Raphaël ADJOBI

L’événement mérite d’être souligné : grâce au dispositif Pass culture mis en place par le ministère de l’
Quel grand plaisir de voir tous les enseignants enthousiastes, montrant un grand intérêt pour notre travail ! Les échanges furent forcément très riches : le professeur documentaliste voyait déjà le profit qu’il fera, dans un futur projet, de la partie de notre travail consacrée au racisme dans la publicité ; un collègue n’a pas hésité à rappeler aux élèves l’importance de l’histoire dans le développement de chaque individu – rejoignant ainsi une collègue qui a insisté sur l’importance d’avoir des connaissances pour apprécier les discours ambiants ; un autre collègue a dit combien son épouse, chef d’établissement, sera heureuse d’avoir des informations sur notre exposition. Quant au surveillant, il voyait dans cette exposition des arguments pour désamorcer les conflits entre les élèves internes de l’établissement. Indubitablement, tous ont vu dans l’attention des élèves que le racisme n’est tabou que dans l’esprit des adultes et nullement dans celui des jeunes.
Chaque fois que l’on parle des canaux de vulgarisation du racisme, les chercheurs et le commun des citoyens pensent immédiatement aux expositions coloniales et aux images de propagande qui ont appuyé les théories racistes des pseudo-scientifiques du milieu du XIXe siècle. Personne ne pense à la force extraordinaire de la bande dessinée qui permettait à tout le monde – jusqu’aux confins des campagnes les plus reculées d’Europe et des Amériques – de partager les images et les opinions des racialistes puis des racistes à l’égard des Noirs ! Voilà l’originalité et le grand intérêt du livre de Fredrik Str
Quant à Tarzan, il a façonné pour longtemps l’imaginaire des Européens. « Enfant élevé par les nobles animaux de la jungle africaine », avec lui, le continent africain est une seule nation, consistant uniquement en jungles habitées par des sauvages sur lesquels il règne. Une conception du continent qui a provoqué les protestations des Africains devant les Nations Unies. Mais pour tous les racistes de ce XXIe siècle qui veulent continuer à colporter les stéréotypes sur les Noirs, il leur suffit de dire qu’ils ne sont pas racistes et ils sont aussitôt pardonnés. C’est presque drôle d’entendre chacun dire : « je le connais, il ne peut pas être raciste ! » Ici, on distribue la communion aux Blancs sans confession.
Du lundi 20 au vendredi 24 février 2023, le
En effet, quand les jeunes prennent conscience de l’ampleur de l’immixtion du racisme dans la science, dans la publicité jusqu’en ce XXIe siècle, dans les actes devenus populaires comme jeter des bananes aux joueurs noirs sur un terrain de football ou se décaper la peau pour la blanchir, ils ne peuvent que se poser cette question : comment lutter contre le racisme ? Voici la réponse de l’un d’entre eux à son camarade qui a posé la question : « Je ne crois pas qu’en quelques décennies ou même en un siècle on pourra faire disparaître le racisme. Il est trop profondément ancré dans nos sociétés ». Devant la classe montrant un visage perplexe, la réponse du conférencier s’imposait : « Ne nous soucions pas du temps que cela prendra.
Moment inoubliable dans la vie d’un conférencier :
Qui a dit que le passé colonial n’intéresse pas les Français au point d’entrer dans les manuels scolaires ?
Il est tout à fait malheureux de
Bien sûr, son travail fait penser à Sempé. Mais quiconque s’arrête à cette figure
L’exposition s’est déroulée du 8 septembre au 28 octobre 2022
Raphaël ADJOBI
Dans sa série d’émissions intitulée « La case du siècle », France 5 avait publié en avril 2021 un documentaire montrant une Meghan Markle en princesse différente, indépendante, rebelle. A l’image de Diana, elle était présentée comme une militante qui sait s’identifier à tous les sujets oubliés, en souffrance dans le royaume britannique. Il faut dire qu’enfant, Meghan admirait Diana.
Tous les médias assurent aujourd’hui qu’à son époque, Diana avait subi sans broncher les diktats du protocole pendant plusieurs années avant d’affirmer sa différence. Meghan par contre est allée beaucoup plus vite. Mais avec le temps, tout le monde comprend désormais qu’il ne s’agissait pas d’une simple imitation de l’idole de son enfance.
C’était le point d’orgue d’un racisme latent à l’égard du couple dans les médias et sur Internet. Dans le passé, dit le journaliste Max Forster (CNN), la tradition était d’ignorer ce genre de chose. Mais le couple a refusé d’accepter cela. « Ils ont fait bloquer le site sur le net. Ils ont passé du temps à chercher les trolls pour les empêcher de répandre leur haine. » Quinze jours après la naissance, sur l’insistance de la grand-mère Elizabeth II, Harry présente son fils nouveau-né aux voraces objectifs de la presse royale. Bien sûr, certains réactionnaires du royaume étaient impatients de savoir si Archie ressemblait à sa mère ou à son père, c’est-à-dire, s’il était plutôt Noir ou Blanc. En pensant encore une fois au parcours de Didier Eribon, je formule cette question :
Ce que tout le monde ne savait pas et que va révéler le couple princier plus récemment, c’est qu’avant la venue au monde d’Archie, des membres de la famille royale s’étaient inquiétés de la couleur de peau du futur prince ! Par ailleurs, le prince Harry lui-même a confirmé le fait que les commentaires racistes dans la famille royale sont bien connus. Bien sûr, le privilège des Blancs à l’égard des Noirs est le même que s’octroient les riches, les aristocrates et les bourgeois à l’égard des pauvres ; ils ne voient que ce qu’ils veulent voir, alors que les autres doivent tout voir (Erri de Luca –
Jusqu’au 27 février 2023, se tient au Centre Georges Pompidou une exposition photographique – intitulée Décadrage colonial – sur un pan de l’histoire coloniale de la France : celui de
Ce que l’on apprend essentiellement dans cette exposition du Centre Pompidou, c’est la dénonciation par le mouvement surréaliste de la politique impérialiste de la France par l’organisation d’une contre exposition intitulée
Raphaël ADJOBI
Le collège Saint-Grégoire – qui fait partie de l’Enseignement Catholique Beauce Gâtinais (ECBG) – a accueilli notre exposition
Avouons-le tout de suite : si l’initiative de cette nouvelle invitation a cette fois été prise par notre collègue Pierre-Louis Boggio, professeur d’
Ce fut une journée très agréable avec des élèves intéressés donc attentifs aux explications de l’intervenant qui leur apportait des compléments de connaissances à leur cours sur l’esclavage.
Pari gagné donc pour notre amie Liss Kihindou qui, en 2018
Le succès rencontré, en janvier 2022, au lycée Benjamin Franklin par notre exposition
C’est la cinquième année consécutive que le lycée Benjamin Franklin invite notre association. Et c’est la deuxième fois qu’il accueille