LES JOURNEES DES MEMOIRES DE L’ESCLAVAGE 2025 A JOIGNY (89) avec l’école Sainte-Thérèse

          Annoncé en même temps que la cérémonie de commémoration de l’abolition de l’esclavage du 9 mai 2025 à Joigny, par les affiches et les flyers, la projection du film NI CHAÎNES NI MAÎTRES de Simon Moutaïrou au cinéma Agnès Varda le lundi 12 mai dans cette ville n’a pas bénéficié d’un compte rendu par notre association. Le succès de cette soirée-débat, qui a réuni plus d’une soixantaine de personnes, est resté comme un secret parce que nous avons commis l’erreur de ne pas l’avoir “immortalisé” par des images.

          Heureusement, la visite de notre exposition à Agnès Varda, quelques jours plus tard, par les élèves de CM2 du groupe scolaire Saint-Jacques/Sainte-Thérèse nous permet de vous en parler ici en ayant le sentiment de vous informer utilement.

          En effet, toutes les associations et tous les établissements scolaires de France qui envisageraient de faire de ce film français un outil pédagogique dont l’importance a été soulignée en octobre 2024* par le Directeur adjoint de la Fondation pour la Mémoire de l’esclavage (F.M.E), Pierre-Yves Bocquet, doivent désormais savoir qu’il peut être utilement accompagné de l’exposition de La France noire intitulée Marronnage, l’appel de la Liberté. Cette exposition permettra à toutes celles et à tous ceux qui verront le film d’aller au-delà de la beauté du récit qui la structure et de la force des images pour découvrir les différents aspects de la fuite des esclaves africains et son impact dans certaines sociétés des Amériques et de l’océan Indien de ce XXIe siècle.

          Proposée au public dans la salle d’exposition du cinéma Agnès Varda jusqu’au samedi 31 mai 2025, Marronnage, l’appel de la forêt a reçu la visite des CM2 de l’école primaire Sainte Thérèse – comme nous l’avons dit plus haut – grâce à la curiosité d’une professeure des écoles soucieuse de partager cette qualité avec les élèves dont elle a la charge. Bravo Madame ! Vous n’êtes pas de celles et ceux qui déplorent le manque de curiosité des plus jeunes alors qu’eux-mêmes n’osent jamais sortir des sentiers battus de notre histoire nationale.

          Pour terminer cette brève page, je voudrais sincèrement remercier notre secrétaire Annie BIARD, qui est également chargée de nos actions dans notre localité, pour l’enthousiasme avec lequel elle a pris en main l’organisation de la cérémonie de commémoration du 9 mai ainsi que la rencontre autour du film NI CHAÎNES NI MAÎTRES le 12 mai. Merci également à Monsieur Richard ZEIGER, deuxième adjoint au maire de Joigny, qui a honoré de sa présence la rencontre avec les élèves de l’école primaire Sainte-Thérèse de Joigny. Il a même pris la parole pour inviter les jeunes présents à faire montre d’attention à certaines pages de notre histoire touchant l’esclavage outre-atlantique.

* L’article de Pierre-Yves Bocquet : https://www.lagrandeconversation.com/societe/lignorance-qui-signore-a-propos-de-la-reception-mediatique-du-film-ni-chaines-ni-maitres/

Raphaël ADJOBI

La commémoration de l’abolition de l’esclavage 2025 à Joigny en images

Le 9 mai 2025, l’association La France noire et la ville de Joigny commémoraient l’abolition de l’esclavage. Voici la version courte de la vidéo de cette cérémonie ; vidéo réalisée par Sébastien Baus à qui nous disons sincèrement merci. La version longue suit tout de suite après.

Voici la version longue de la vidéo :

La cérémonie de commémoration de l’abolition de l’esclavage 2025 à Joigny : l’article de L’Yonne Républicaine

La cérémonie commémorant l’abolition de l’esclavage organisée chaque année par l’association La France noire en partenariat avec la ville de Joigny s’est déroulée le vendredi 9 mai. Une belle cérémonie animée par le groupe Zitisa Singers qui a été très apprécié par le public. A cette occasion a été présentée une exposition ayant pour thème MARRONNAGE l’appel de la liberté. Sujet peu connu en métropole et qui méritait, selon notre association, une exposition comme outil explicatif. Travail réalisé par Annie BIARD (secrétaire, chargée des actions locales) et Raphaël ADJOBI (coprésident chargé des actions pédagogiques). Avant la cérémonie, les deux présidents ont rencontré le quotidien local L’Yonne Républicaine.

Commémoration de l’abolition de l’esclavage à Joigny (89) : le reportage de PRESSE EVASION

          Le 9 mai 2025, La cérémonie de commémoration de l’abolition de l’esclavage à Joigny (89) fut belle. Le lendemain, on en parlait encore à Joigny lors de l’inauguration du Square Bernard Moraine en hommage au précédent maire de la localité qui a complètement changé la physionomie sociale et politique de la ville ; ce maire qui, en 2016, avait accepté le partenariat avec notre association pour commémorer cet événement de notre histoire. A notre connaissance, aucune autre mairie de l’Yonne (89) ne se plie à la demande nationale des gouvernements successifs transmise par les préfets pour mener des activités commémorant l’abolition de l’esclavage. Chose que la coprésidente Françoise Roure a souligné dans son discours ce 9 mai. C’est parce qu’avec Bernard Moraine Joigny est passée de la cité des « notables » à celle des « associatifs » que La France noire bénéficie d’une certaine attention quant à son objectif pédagogique : mieux faire connaître la contribution des Français noirs à l’histoire de France.

          Vous faire ici un compte rendu de cette cérémonie en ma qualité de coprésident de l’association La France noire serait tout à fait logique et vous serait donc chose ordinaire. Je voudrais donc aujourd’hui sortir de l’ordinaire pour donner la parole à Thierry BRET de Presse évasion qui, comme l’a si bien formulé l’écrivaine et amie Liss Kihindou, « a fait son article animé par la même flamme que La France noire ». Et elle a ajouté : « Vraiment, cela fait ÉNORMÉMENT plaisir ! ».

Voici l’article de Thierry Bret : Cliquez ici Presse évasion

L a belle histoire du succès d’une affiche du cinéma français : NI CHAÎNES NI Maîtres (par Chloé Delos-Eray)

          C’est l’affiche du cinéma français la plus percutante qui retient l’attention depuis quelques mois. Une affiche qui s’écarte des chemins racoleurs habituels mais qui pourrait devenir une référence. Chaque fois qu’une association l’a exploitée pour une activité locale, je n’ai pas manqué de m’exclamer : « elle est sublime cette affiche ! ». Si chaque fois je saisissais son caractère exceptionnel, je n’avais pas trouvé les mots pour en rendre compte. Chloé Delos-Eray, elle, a trouvé les mots justes pour dire ce que je ressentais.

          « C’est d’abord leur regard qui frappe. Tellement qu’on manquerait presque d’épithètes pour le décrire. Fier, courageux… imposant. [oui, le regard fier et imposant des deux personnages retient l’attention !]. Lui est au premier plan. Il paraît plus âgé. Plus soucieux également : il fronce légèrement les sourcils. La lumière d’un soleil que l’on devine de plomb joue avec la fine pellicule de sueur qui recouvre son front. Derrière lui, elle est une force tranquille [c’est exactement cela !], tête haute, statuaire [deux fois oui !)]. Ils soutiennent notre regard sans ciller, faisant abstraction de la garnison de soldats qui s’agitent au second plan, minuscules, mousquets à l’épaule, sur une butte de terre en friche – le morne Brabant, apprend-on dans le film. Sur le ciel dégagé, le titre du film se dessine comme un mantra : Ni chaînes ni maîtres ». [Une description qui me comble. Bravo Chloé Delos-Eray ! Télérama, du 26/04 au 2/05/2025]

          Camille Cottin, magnifique dans son rôle de chasseuse d’esclaves, et Benoît Magimel – deux grands noms du cinéma français et jouant deux rôles significatifs dans le film ne figurent pas sur l’affiche ! Anne Gagnot, responsable marketing chez Studiocanal, juge cette omission évidente : « Il est certain que deux stars peuvent pousser le grand public à aller voir un film. Mais le sujet était plus fort que ces considérations marketing. Pour coller à notre positionnement, on n’avait pas besoin qu’ils soient physiquement sur l’affiche. Au contraire, ça aurait enlevé de la force à notre propos ». En d’autres termes, il faut savoir s’effacer devant ce qui prime dans l’histoire, devant ceux qui portent le message que retient l’histoire et dont nous ne sommes qu’un maillon ! Bravo ! Un pied de nez aux affiches racoleuses montrant des d’artistes dont les visages sont censés drainer leurs admirateurs dans les salles de cinéma.

          Le réalisateur Simon Moutaïrou est en parfait accord avec Anne Gagnot, la responsable marketing qui assure que seule l’exigence artistique les a guidés dans la conception de l’affiche : « L’idée, c’était que l’affiche exprime le cœur du film : cet hommage aux marrons et aux marronnes, à ce tandem père-fille ». Cependant, Anne Gagnot n’avait pas oublié le sort fait à l’affiche de 12 years a slaves de Steve McQueen en Italie. Contrairement à la France qui avait reproduit l’affiche américaine dans toute sa sobriété avec un fond immaculé et au premier plan l’acteur principal « lancé dans une course effrénée vers la liberté », les italiens avaient mis en avant le visage de Brad Pitt et de Michael Fassbender, pourtant personnages secondaires dans le film, et se sont attiré les foudres du public et des critiques du cinéma.

          Mettre en avant des visages blancs pour attirer le public blanc qui admirerait des acteurs Blancs sans rien comprendre à l’histoire racontant le passé des Africains confrontés à la volonté d’exploitation des Blancs, quel intérêt aurait le film ? Malheureusement, en général, le marketing ne va pas plus loin que çà. Et c’est ce que Ni chaînes ni maîtres a évité.

Raphaël ADJOBI

LA FRANCE NOIRE à la commémoration de « LA DOUBLE DETTE D’HAÏTI » et au forum des associations membres de la F.M.E

          vendredi 17 avril 2025, dans le cadre de la Commémoration de « La double dette d’Haïti » (17 avril 1825 – 17 avril 2025) aux Archives nationales à Pierrefitte-sur-Seine, la Fondation pour la Mémoire de l’esclavage (F.M.E) a organisé un forum réunissant les associations membres de cette institution. La France noire y était donc conviée et était représentée par ses coprésidents Françoise ROURE et Raphaël ADJOBI.

          Il était important pour les acteurs culturels et mémoriels soucieux de mieux faire connaître nos histoires françaises de se pencher sur la teneur des documents officiels par lesquels le pouvoir français, avec l’ordonnance du roi Charles X en 1825, a imposé à la première République noire du monde un impôt en guise de punition pour s’être volontairement affranchie du joug de l’esclavage. Et l’occasion fut riche de rencontres, au regard de la foule présente aussi bien dans le hall de la Maison des archives nationales – où se tenait le forum – que dans son grand amphithéâtre où s’est tenue la cérémonie officielle suivie de la « table ronde » et des échanges avec le public comprenant les associations membres de la F.M.E ainsi que les visiteurs.

          Retenons qu’à la conférence de Vienne de septembre 1814 à juin 1815, les pays vainqueurs de Napoléon Bonaparte réunis pour rédiger les conditions de la paix, et donc de déterminer les nouvelles frontières – tout en établissant un nouvel ordre pacifique entre Européens – avaient reconnu à la France le droit de reconquérir Haïti déclaré indépendant en janvier 1804 après sa victoire sur les troupes napoléoniennes à la bataille de Vertières en novembre 1803. Haïti était effectivement libre mais isolé sur la scène politique internationale parce que « ni les États-Unis, ni les puissances européennes n’ont officiellement reconnu son indépendance » (Les notes de la F.M.E n°4). C’est donc fort de ce consensus – qui en réalité n’engageait que la France – que Charles X ordonna à Haïti le paiement de 150 millions de francs-or en échange de la reconnaissance de son indépendance. Ce qui suppose qu’en cas de refus c’est la reconquête qui s’imposera.

          Cependant, il est bon de signaler qu’avant le règne de Charles X, durant dix ans la France avait vainement tenté de reprendre Haïti. C’est à partir de 1814 avec les premières relations diplomatiques entre les deux pays que le pouvoir post-napoléonien demanda à Haïti de « réintégrer purement et simplement l’Empire colonial français ». Ce qui fut refusé par les dirigeants haïtiens. En 1821, reprenant une idée du premier président de la République haïtienne, Alexandre Pétion, le président Boyer qui vient de lui succéder propose à la France la reconnaissance de son pays contre le paiement d’une indemnité qui serait le rachat de l’île. A l’avènement de Charles X en 1824, et devant l’avidité de plus en plus grande de ses partisans, le roi transforma cette proposition de rachat en indemnisation des colons propriétaires des terres et des esclaves qui les cultivaient ; ce qui permettait de multiplier par dix le chiffre qui semblait convenu entre les deux parties. En effet, ce sont les grandes fortunes coloniales qui, revigorés par un pouvoir ultra royaliste, ont arrêté la liste de ceux qui ont eu droit à l’indemnité réclamée au regard du nombre d’esclaves déclarés. Il reste bien entendu que c’est la force de l’esclave travaillant la terre – donc sa valeur par rapport à ce qu’il peut produire – qui fait la fortune et non la terre nue. En d’autres termes, la terre que veulent racheter les gouvernants haïtiens ne vaut rien aux yeux des anciens colons anti-révolutionnaires et anti-républicains ! Les esclaves perdus, si ! Les indemnités seront donc calculées selon les têtes nègres perdues par chaque colon, et devront êtres versées dans un délai de cinq ans !

Que veut dire « La double dette » ?

          Pour payer la dette qui lui a été imposée et exigée par le pouvoir de France, Haïti a été contraint d’emprunter la somme exigée aux banques françaises par le biais de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), elle-même chargée de répartir cette somme entre les grandes fortunes coloniales ! Pas mal du tout le beau tour de passe-passe ! Les contre-révolutionnaires ou ennemis de la République venaient de triompher ! Évidemment, à leur tour, les banques ont imposé à Haïti un remboursement de la somme avancée avec des intérêts exorbitants sur près de 100 ans !

          Il est aussi intéressant de savoir qui a effectivement payé cette « double dette ». A l’époque, il n’y avait que les paysans, fraîchement sortis de l’esclavage ou du travail forcé, auxquels il pouvait être demandé l’effort nécessaire au remboursement de cette « double dette ». Par voie de conséquence, les pouvoirs successifs, jouant les intermédiaires entre la force productrice du monde paysan et la force prédatrice du pouvoir français avec ses banques, tenteront de se donner un train de vie respectable en prélevant leur part sur le travail du paysan ! Tout à fait comme dans toute colonie dirigée par un valet local. Ainsi, sans envahir Haïti, la France a fait travailler le peuple haïtien pendant près de 100 ans pour elle et ses banques ! Quel talent !

          Aujourd’hui, l’heure des comptes a sonné ! En 1825, la France avait officiellement reconnu et chiffré la valeur de la force productrice du nègre pouvant être évaluée sur les années passées en esclavage de génération en génération. Ce qui veut dire que tôt ou tard, quelqu’un devra passer à la caisse pour les 100 ans de travail accompli sous la contrainte par les Haïtiens. « L’histoire est un juge impitoyable. Elle expose au grand jour nos erreurs les plus tragiques, nos imprudences et nos secrets les plus intimes ; elle jouit de son recul sur les événements avec l’arrogance d’un détective qui détiendrait la clef du mystère depuis le début » (David Grann – La note américaine).

Raphaël ADJOBI

Gagny (93) accueille l’exposition « Les Noirs illustres et leur contribution à l’Histoire de France » en mai 2025

         Dans son programme des manifestations de l’année 2025, la ville de Gagny a choisi de présenter au public durant tout le mois de mai notre exposition Les Noirs illustres et leur contribution à l’Histoire de France. Ce projet arrêté depuis bientôt un an entre dans le cadre de la commémoration nationale de l’abolition de l’esclavage et se déroulera à la médiathèque Georges Perec. Une occasion pour les populations de cette commune et des environs de découvrir des personnalités noires qui ont marqué leur époque depuis la Révolution jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale.

          Afin de ponctuer de manière vive la journée nationale commémorant la fin officielle de l’esclavage des Africains dans nos colonies des Amériques de de l’océan Indien, une conférence avec le coprésident de La France noire est prévue le 10 mai à 11h.

          Les membres du conseil d’administration de notre association se joignent aux coprésidents – Françoise ROURE et Raphaël ADJOBI – pour remercier la municipalité de permettre à la médiathèque Georges Perec de varier ses choix culturels en offrant notre exposition sur la contribution des Noirs à l’Histoire de France à ses administré(e)s.

Raphaël ADJOBI

Les voeux de LA FRANCE NOIRE à ses abonné(e)s

          Les membres du conseil d’administration de La France noire se joignent à Françoise ROURE et à Raphaël ADJOBI, coprésidents de notre association, pour souhaiter à toutes et à tous une heureuse année 2025. Nous espérons de tout coeur que les réjouissances que vous partagerez avec les vôtres ne vous feront pas oublier votre « engagement » pour une meilleure connaissance de l’Autre à travers notre association. Nous avons totalement confiance en vous et vous remercions d’avance pour l’attention que vous continuerez à porter à nos projets et à nos réflexions.

              En 2024, plus d’une dizaine d’établissements ont été visités par notre association avec nos trois expositions pédagogiques désormais consultables sur PASS CULTURE ou ADAGE par tous les enseignants de France désireux de varier leur pratique. L’année 2025 se présente riche en événements et nous vous invitons à partager votre joie de nous connaître avec celles et ceux que vous aimez. Nous espérons que, comme vous, ils seront heureux de nous suivre pour partager ensemble la même passion : mieux connaître l’Autre pour respecter sa différence.

Les coprésidents

Françoise ROURE &

Raphaël ADJOBI

         

Journée singulière de LA FRANCE NOIRE à Ambérieu-en-Bugey (01 – Ain)

          Invitée par notre jeune collègue Antoine Bedin pour l’accompagner dans son projet engagé avec ses classes qu’il a inscrites au concours de La flamme de la liberté organisé tous les ans par la Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage (F.M.E) dirigée par Monsieur Jean-Marc Ayrault, l’équipe pédagogique s’est retrouvée face à des enseignants heureux de découvrir un outil pédagogique qu’ils ne soupçonnaient pas ; un outil pédagogique accompagné par un conférencier qu’ils ont unanimement apprécié. Celui-ci n’oubliera JAMAIS le visage rayonnant de certain(e)s de ses collègues lors de sa prestation !

            Avant même d’aller plus loin, l’équipe pédagogique de La France noire tient à remercier Madame la proviseure qui a tenu à l’accueillir pour lui souhaiter la bienvenue. Merci Madame d’avoir pris le temps de jeter un œil à l’exposition. Enfin, merci de nous avoir témoigné votre satisfaction quant à sa qualité visuelle pour susciter l’intérêt des jeunes.

            A vrai dire, c’est la personnalité faite d’un franc enthousiasme du collègue Antoine Bedin qui a drainé les autres enseignants et leurs élèves vers le CDI où était installée l’exposition Les résistances africaines à la traite et les luttes des esclaves pour leur liberté dans les Amériques. Au lieu d’une demi-journée, c’est en fait une journée entière que l’équipe de La France noire a passée avec un grand plaisir au lycée des métiers Alexandre Bérard. Le trésorier de la France noire – Pascal Compaoré – qui a intégré pour la circonstance l’équipe pédagogique a observé, comme nous auparavant, qu’avant l’intérêt des jeunes pour la qualité de l’exposition, c’est celui qu’ils portent à la qualité du discours du conférencier que tous les observateurs peuvent et doivent retenir. En effet, c’est le discours de la reconnaissance des histoires françaises des uns et des autres négligées ou jamais racontées dans le grand livre de l’Histoire de France qu’est l’école qui suscite l’attention des élèves ! Pour preuve : le conférencier et lui ont été les témoins d’une scène inédite : trois jeunes approchent le conférencier pour le remercier vivement de la qualité de son discours. Le premier des trois lui dit sans détour : « mon grand-père est Noir ; il est Antillais ». Le trésorier de l’association et le conférencier ont été quelque peu obligés de lui dire qu’ils sont l’un et l’autre les grands-parents de jeunes Blancs ! Et c’est parce qu’ils ne veulent pas que leurs petits-enfants blancs ou noirs aient honte de leurs aïeux que l’association La France noire milite pour une instruction qui apprenne aux jeunes à se connaître pour mieux respecter leurs différences au sein de la République qu’ils ont reçue en héritage. Car à sa naissance, la république n’était pas blanche ! Elle était blanche et noire dès 1794 ! Cela est incontestable et doit être connue de tous ! Et c’est d’ailleurs ce que la seconde république a voulu rappeler à tous en faisant sculpter la première Marianne noire en 1848 ! Mais combien sommes-nous à savoir cela et à l’enseigner ?*

           Merci à tous, et surtout aux jeunes porteurs du projet avec leur professeur Monsieur Bedin. Vos questions, vos observations et vos sentiments sur les panneaux de l’exposition ont permis au conférencier de vous conduire plus loin dans la connaissance de la lutte des esclaves noirs pour leur liberté dans les Amériques. Chose hier ignorée et qui a permis de ne retenir que la glorification de quelques Européens dans nos livres et espaces publics. Votre travail sur les héros noirs de la lutte pour la liberté – que nous ne dévoilerons pas ici – sera la preuve de votre volonté de réparer une injustice. Merci donc à vous !

Raphaël ADJOBI

* https://lafrancenoire.com/2021/09/19/les-tribulations-de-la-marianne-noire-de-1848/